Auteur/autrice : patrick reymond

  • Importations de gaz : ça gazera !

    Importations de gaz : ça gazera !

    Images Il y a des bêtises dont on ne se lasse pas. J’aime bien ce jeu.
    On prend une courbe passée, on la projette en avant, et tout baigne.
    Effectivement c’est complètement idiot. C’est ainsi que la France produisit 50 millions de tonnes d’acier !
    Ah non ? Ah bon !
    Pour le gaz, c’est pareil.
    La DGMEP (direction générale de l’énergie et des matières premières), voit les importations de gaz français doubler de 2006 à 2030.
    Pour d’autres, c’est les éléphants roses.

    Récapitulons. Le tiers des gisements de gaz voient leur production décroitre, la différence entre Pic-oil et pic du gaz est très tenue, et non de trente ans comme on croyait (sur quelle base d’ailleurs ?).
    Avec en outre, des prix, des prix, des prix. Et bien entendu des énergies renouvelable, mais surtout des économies phénoménales à faire…
    La production de gaz est DEJA insuffisante. Les zétazunis n’arrivent pas à approvisionner leurs turbines à gaz, et les exemples sont nombreux dans le monde…
    Donc, dire que les importations vont doubler, cela suppose que l’on reste solvable, que l’effort d’économie d’énergie ne rime à rien et ne sera pas fait.
    Déjà, beaucoup de ménages ont du mal à joindre les deux bouts, et la plupart seraient mis à mal par un doublement du prix de l’énergie.
    Pour résumer, plafonnement des ressources et envolée du prix seront une raison bien suffisante pour casser cette "dynamique" ou plutôt, pour arrêter ce chien crevé au fil de l’eau.
    En utilisant toutes ses ressources naturelles et autres, la France pourrait produire environ 80 millions de tonnes de TEP. Ce n’est pas le retour à la préhistoire. Juste le début des années 1960.
    C’est déjà, pas mal. Et il faudra s’en contenter.

  • Energie : l’échec de Washington.

    Energie : l’échec de Washington.

    Images La volonté de Washington de faire main basse sur les ressources énergétiques du Moyen-orient et de l’Asie centrale sont mortes et enterrées.
    D’abord en Ukraine. Le sort de l’Ukraine était, comme je l’avais déjà dit, d’être dépecé en cas d’adhésion à l’Otan. Cette fois ci, c’est Wladimir Poutine qui l’a dit.
    " le président russe a déclaré que l’Ukraine n’était même pas un Etat, qu’une partie de son territoire appartenait à l’Europe de l’Est et que l’autre, considérable, lui avait été offerte par la Russie ".
    Pour être tout à fait clair :
    "si l’Ukraine était tout de même admise à l’OTAN, cet Etat cesserait tout simplement d’exister. Il a, de fait, menacé la Crimée et l’Est de l’Ukraine d’annexion par la Russie  ".
    On peut aussi remarquer que cette menace, on ne peut plus clair, s’adressait AUSSI à la Géorgie, dont les territoires séparatistes sont peuplés à 80 % de citoyens russes (bon, et si en plus, quelques obus tombaient sur un gazoduc pas loin de là…).
    Menace d’autant plus crédible qu’il n’a qu’à appuyer sur le bouton "OFF" du pétrole et du gaz…

    En ce qui concerne l’Irak, c’est à front renversé. Les politiques veulent la guerre, les militaires la paix.
    Et les militaires prennent visiblement un malin plaisir à dézinguer l’administration en place :
    Général Mac Caffrey  :   "C’est fini ",  "Les Etats-Unis n’ont plus la volonté de continuer",  "nos alliés nous ont abandonnés",
    Robert Scales Jr : " les Etats-Unis  ont épuisé toutes les options militaires  ",
    Général William Odon : "seule stratégie raisonnable consiste à se retirer rapidement mais en bon ordre " (la possibilité d’une déroute est donc évoquée),
    Mais le propos le plus ravageur lui revient : " le fait que notre vice-président ainsi que certains membres du Sénat se trouvent sur la même ligne que Al Qaeda dans leur volonté d’étendre la guerre à l’Iran ".
    Pour lui, tout le monde dans la région hait Al Qaeda, qui sera détruit sitôt que les américains auront tournés les talons.
    Les militaires Yankee ont donc le sens de la réalité.
    Quand à la troisième tête de pont qui était destinée à être une route de l’énergie, l’Afghanistan, hors le cas français (" Les nombreuses tâches de maintien de la paix et de défense des droits de l’homme que Paris assigne à la Défense nationale imposent une charge écrasante à une économie française déjà exsangue" ) qui présente tout les syndromes d’un "étirement impérial" (précédant l’effondrement), tout "renforcement "  des troupes déjà en place sera nuisible, la raison en est simple, c’est que la logistique ne suit pas.
    Ce "renforcement" risquerait de créer les conditions d’un  Dien Bien Phu, qu’il faut clairement envisager. 

  • Le poids de l’énergie.

    Le poids de l’énergie.

    Images Le poids de la facture énergétique sonne le retour de la lutte des classes.
    Explications : le poids des dépenses énergétiques passe de 10 à 15 % du budget pour les ménages les plus pauvres et cette part diminue avec l’aisance.
    "La part des dépenses énergétiques des 20% de ménages les plus pauvres est 2,5 fois plus élevée que celle des 20% de ménages les plus riches, rappelle l’Ademe  ".
    Equipements plus anciens, plus consommateurs que ce soit l’automobile, le chauffage, l’électro-ménager, la totalité de la vie quotidienne est concernée.

    Un ménage gêné économiquement achètera son réfrigérateur chez ENVIE, sans se soucier d’autre chose que du prix immédiat. Un ménage aisé prendra du A++.
    De même l’entretien de l’immobilier et la moindre consommation énergétique qui en découle n’est pas à la portée des petites bourses.
    Une pompe à chaleur, c’est cher, même en tenant compte des crédits d’impôts.
    Les travaux d’isolations, la qualité d’un logement, ce n’est pas donné non plus.
    Sans parler, bien sûr, de la voiture, forcément plus ancienne, et qu’on fait durer plus longtemps chez les gens modestes.
    On ne peut oublier, non plus une différence fondamentale : plus on est aisé, plus on peut choisir facilement son lieu de résidence, strictement calqué sur les revenus des classes sociales.
    Quand à la lutte des classes, elle a toutes les bases pour revenir sur le devant de la scène : blocage des salaires, smicardisation de la société, montée en flèche du prix de l’énergie d’abord, de la nourriture ensuite.
    Quand à nos gouvernants, ils en appellent à la bienfaisance du marché, qui en la matière, n’existe plus.
    Ils voient le monde de haut, ils risquent de finir par le voir d’ encore plus haut : du haut de l’échafaud.
    A partir de 2010, la hausse risque d’être exponentielle.
    Nos gouvernants n’ayant que la régulation par les prix en bouche, il est clair que cette solution injuste finira par éclater.

  • Charlton Heston est mort…

    Charlton Heston est mort…

    Images_2 Charlton Heston est décédé à 84 ans. De son vrai nom, John Charles Carter, il avait eu une carrière dense et des rôles légendaires, Ben Hur, Moïse et bien d’autres.
    Mais désormais, c’est "Soleil Vert" qu’il nous faut évoquer.
    Dans ce film de 1974, Charlton Heston est policier et il va découvrir le secret de la société dans laquelle il vit.
    Les ressources naturelles sont épuisées, la terre surpeuplée, et le "Soleil Vert" qui seul approvisionne les populations, c’est du cannibalisme.
    La société est très policière et terriblement répressive.
    On ne peut que conseiller de voir ce film.

    Mais le débat est à recadrer.
    En effet, les effondrements de sociétés passés, ne se sont pas produits ainsi.
    Effectivement, s’il y a eu cannibalisme, il concernait surtout les enfants.
    Imagine t’ on une société qui s’écroule ? L’espérance de vie baisse drastiquement.
    C’est le cas de l’ancienne URSS, c’est le cas de bien des pays d’Afrique, voir d’une érosion en amérique du nord.
    Plus proche de nous, en France, on a laissé se vider les hôpitaux psychiatriques entre 1940 et 1944.
    Si Sainte-Marie au Puy n’en a perdu aucun (la soeur économe visiblement avait eu fort à coeur de justifier son titre, l’hôpital ayant tenu sur ses réserves), beaucoup n’en ont conservé aucun.
    100 % de mortalité. 40 000 morts en tout.
    En réalité, ce n’est pas d’une société ultra-policière dont nous devons avoir peur, c’est d’une société désorganisée.
    Les vieux mourront, les famines frapperont, et en fin de compte, les épidémies.
    Le 14° siècle n’a vu la peste noire prendre ce caractère explosif que parce que les états étaient affaiblis par la crise du crédit, les faillites en occident, l’hyperinflation en orient.
    Un état fort aurait fait face à la crise. Pas un état désorganisé.
    Désormais, crise énergétique, crise alimentaire évoquent plus ce 14° siècle, que jamais…

  • Ma poubelle (nucléaire) au Canada

    Ma poubelle (nucléaire) au Canada

    Images C’est la chanson qu’ils vont pouvoir chanter aux Zétazunis.
    Déjà massivement excédentaire en production d’électricité, déjà massivement excédentaire dans son commerce avec le voisin du sud, le Canada, qui ne sait quoi inventer pour faire plaisir à son voisin sudiste va encore produire plus d’électricité via un développement et une explosion de son nombre de centrales nucléaires.
    Bien fourni en gisement d’uranium (MC Clean lake, 690 Tonnes, Mc Arthur River 7193 Tonnes, avec celle prévue de Cigar lake pour 7000 tonnes et Midwest), le Canada veut encore les développer (l’autonomie du Nunavut, par exemple a été voté à cette intention là), même si certaines tournent à la galéjade et ne seront visiblement jamais exploitées.

    Bien sûr, l’insolvabilité prochaine, quasi certaine du voisin du sud, n’est jamais prise en compte.
    La liste des projets est longue :
    – l’Alberta qui vise à créer une centrale (deux tranches) dans un premier temps pour exploiter ses sables bitumineux, bien entendu, si ces centrales donnaient satisfaction, on en verrait une ribambelle d’autres,
    – la modernisation de tous les autres CANDU (CANadian Deuterium Uranium), en Ontario, Québec, Nouveau Brunswick,
    – bien sûr, un certain nombre de "réacteurs frais" sont dans les cartons.
    Visiblement, le Canada veut devenir le pays le plus nucléarisé du monde, ce qui nous débarrassera, sans doute, en France de notre secteur à nous, totalement dépendant des importations d’une production mondiale en déclin.

  • Promis, c’est pour dans un siècle.

    Promis, c’est pour dans un siècle.

    Images C’est à dire jamais. La fusion est repoussée aux calendes grecques, dans un siècle.
    Le gouvernement qui arrêtera ça dans 10, 20, 30 ans ou plus aura beau jeu de clamer l’irresponsabilité du gouvernement qui l’aura lancé, sa gabégie, son caractère dépensier.
    De plus, il est clair qu’un siècle, devant nous, nous ne l’avons pas.
    Les ressources pétrolières, gazières, charbonnières et nucléaires ne tiendront pas un siècle.
    C’est un pari démesuré pour savant fou.
    La seule chose qu’ ITER va réussir à fusionner, ce sont des milliards d’euros.

    Quand on pense aux épreuves supportés par les peuples aux 20° siècle, mais aussi à chaque siècle précédent, on imagine la stabilité politique -impossible-, qu’il faudra pour mener à bien ce projet, et bien sûr, le fait que l’enveloppe sera largement dépassée, que la plupart des pays laisseront tomber, les uns après les autres…
    Reste à voir ITER comme il faut le voir : un monument à la mégalomanie comparable aux pyramides d’Egypte.
    D’ailleurs, le même volume de matériau que Kéops sera déplacé…
    A ce niveau là, cela dépend plus de la psychiatrie que du projet industriel, ou alors c’est de la subvention déguisée à l’industrie nucléaire…Sans doute est-ce un mélange des deux.

  • Prix du riz.

    Prix du riz.

    Images_3 A l’heure actuelle, alimentation et énergie peuvent être considérés comme synonymes.
    Ce bref rappel explique pourquoi, j’en parle si souvent.
    Une agriculture industrielle, qui a tué le petit paysan, et une production certainement pas locale, mais souvent internationale, pour des productions baladeuses, qui voyagent souvent beaucoup plus que bon nombre d’habitants sur cette planète.
    La donnée est dramatiquement simple. 147 millions de tonnes de stock il y a 7 ans, 71 aujourd’hui.
    Ce n’est vraiment pas beaucoup, pour cette céréale qui nourrit la moitié de l’humanité.
    Des pays qui plafonnent les exportations, les interdisent, les taxes, ou qui ne les autorisent, comme

    l’Egypte, qu’à titre de clearing (échange) contre du blé.
    Le prix, lui, je n’en parlerais même pas. Demain, il aura déjà changé.
    En attendant, les émeutes se propagent dans le monde.
    Il est toujours plus rentable de nourrir le 4X4 du riche que le ventre du pauvre.
    La seule solution est la production intensive locale.
    La pomme de terre est l’aliment de choix de cette nouvelle révolution verte en gestation.
    Un pays l’a déjà mis en place, c’est Cuba, pendant la décennie 1990.
    Et vue le nombre de pays qui déjà ont rompu avec le marché sur ce créneau, il est évident qu’il y aura relocalisation.

  • Sommet de l’Otan.

    Sommet de l’Otan.

    Images_2 Le sommet de l’Otan vient de se terminer.
    Il y a un vainqueur et beaucoup de vaincus.
    D’abord l’alliance elle-même. 400 000 hommes serait nécessaires à la victoire en Afghanistan, il y en a
    60 000 et personne n’est en mesure de les renforcer significativement.
    L’alliance n’est plus qu’un monstre bureaucratique.
    L’Otan est une alliance qui vient de perdre la seule guerre qu’elle a mené.
    Mais, c’est autour de la Russie que tout s’est joué.
    Washington voulait embarquer les états européens dans une confrontation avec la Russie. C’est raté.

    Le principe de real-politik l’a emporté.
    Energétiquement, la Russie, c’est la sécurité du continent européen, sécurité alimentaire, gazière, pétrolière et uranifère.
    L’Ukraine et la Géorgie ne seront donc pas intégrés ni aujourd’hui, ni demain.
    Le principal vaincu est le président américain, la vision américaine, la diplomatie américaine.
    Si deubeuliou reconnait des problèmes économiques intérieurs, ni lui, ni personne dans son entourage ne veulent se voir autrement que comme une super-puissance.
    Il faut bien constater l’usure de celle-ci, qui est phénoménalement rapide.
    Hors l’alignement du président français, dans le cadre d’une réintégration pleine et entière, l’hostilité à l’hostilité aux russes l’a emporté chez les européens de l’ouest.
    Seul la présence des anciens pays de l’est, membres du comecon a masqué la perte d’influence des zétazunis.
    Leur puissance économique avait crée leur puissance diplomatique, le déclin de celle-ci entraine le déclin de celle-là.
    La Russie a fait voir son vrai visage, celui de vainqueur. Car elle a les atouts d’un vrai vainqueur. Des ressources, une économie reconstruite, et un potentiel gigantesque.
    Il faut noter aussi la victoire, en Allemagne de la faction pro-russe, qui existait déjà au temps de Bismarck et même de Hitler.
    En même temps, pour dominer ce sommet, la Russie n’a pas eu à faire grand chose. ça, c’est le signe d’une vraie puissance. Décidément, les russes ont beaucoup appris.

  • Qui vient en premier ?

    Qui vient en premier ?

    Danse_macabre_2 Un article paru dans New Scientist pose le problème. Qu’arrivera t’il en premier ?
    " Mais c’est désormais une course entre deux seuils – qui viendra en premier lieu, le passage à des technologies durables, ou l’effondrement ?".
    Pour Luis Bettencourt du laboratoire national de Los Alamos :
    " un taux d’innovation toujours plus élevé est nécessaire pour maintenir la croissance des villes et prévenir la stagnation ou l’effondrement, et à long terme cela ne peut pas être soutenable. "
    Des habitants toujours plus nombreux, toujours moins frugaux, pompant les ressources naturelles en régression de toujours plus vastes régions.

    Le schéma est simple, et inchangé depuis toujours :
    – précipitations irrégulières,
    – donc constructions de canaux d’irrigations,
    – donc curage des canaux,
    – population plus nombreuse, plus de terres exploitées, plus de canaux,
    – donc bureaucratie pour l’entretien,
    – donc impôts,
    – donc administration fiscale…
    Jusqu’à ce que le système s’effondre sous son propre poids. Pour exemple, l’empire Khmer eut jusqu’à 25 millions d’habitants. C’était au 12° siècle. Au 19°, quand il devient un protectorat français, il était bien rétréci et ne comptait que 500 000 habitants.
    Le cycle, construction, effondrement, reconstruction, toutes les civilisations l’ont connues. Toujours le cout humain a été considérable.

  • Le Temps des Troubles.

    Le Temps des Troubles.

    Images_2 Il y a huit ans, on nous sortait des couillonnades et des cagasses sur "la nouvelle économie", toujours en croissance, toujours plus belle.
    Pour la "nouvelle économie" en gestation, les dirigeants occidentaux font figures d’inadaptés profonds, d’autistes graves et d’arriérés mentaux.
    La nouvelle économie est née en quelques mois.
    Son principal souci est la taxation des prix alimentaires.
    Pour ce faire, la plupart des pays ont pris des mesures radicales.
    Le retour au protectionnisme a été express et déterminé.
    On n’exportera plus rien, ou le minimum, ce qui est hors de prix. Le riz Basmati, par exemple.

    Au Tibet, en Afrique, d’abord dans les pays du tiers monde, mais aussi dans nos pays "riches", une période tendue, d’énergie chère et d’alimentation chère est là.
    Nos dirigeants, complètement déphasé s’occupent… de faciliter les importations… Alors qu’il est de plus en plus fréquent que les exportations des autres (nos imports à nous) soient interdites ou plafonnées.
    A tel point que la "riche" Allemagne vient de faire un enterrement express, rapide et déterminé aux nécro-carburants.
    Pour répartir la rareté, le libéralisme ne fonctionne pas.
    L’on peut certes produire une -petite- partie de biocarburants.
    Cela suppose deux choses :
    – Taxer les prix alimentaires,
    – faire de la possession d’une automobile, non pas un droit, mais le résultat d’une autorisation.
    Le monde que nous allons connaitre sera donc fort différent de celui que nous avons connu.
    La seule question simple est de savoir si se sera avant ou après des troubles graves.