Auteur/autrice : patrick reymond

  • Les compagnies aériennes…

    Les compagnies aériennes…

    Images … se ramassent à la pelle. Parole et chansons d’ Yves Descendant.
    Le prix du pétrole à plus de 100 dollars fait mourir les compagnies, les unes après les autres, les zétazunis, principal pays des compagnies aériennes, le plus vaste, au réseau le plus développés souffre le plus.
    Comme pour la famine : d’abord les petits. Puis quand ceux qui étaient juste au dessus deviendront petits (ou pauvres), ce sera leur tour, jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un milliard d’hommes sur terre. Pardon, erreur, quelques compagnies aériennes.
    La logique est la même.
    C’est la reconstitution des monopoles et la fin de la concurrence après une brève période de concurrence.

    L’accord de ciel ouvert va aggraver la situation quelques temps, le régime des faillites aussi, jusqu’à décantation.
    Le transport aérien sera très réduit, très couteux, réservé à une "jet-set" et aux militaires.
    Bien sûr, le mouvement de développement des aéroports sera bientôt abandonné. Les destinations les moins intéressantes, les plus fragiles sont arrêtées, et ne reprendront pas.
    Beaucoup seront rendus à d’autres utilisations, ou à des usages très locaux, avant de mourir définitivement.
    La concentration va s’opérer sur les zones les plus rentables, les liaisons de capitales éloignées à capitales éloignées.
    Peut être assisterons-nous à des scènes dignes de Pagnol et du ferriboite :
    "Quand est-ce qu’on décolle ? Quand on sera plein ! Ou quand la partie de boules, sur la piste sera finie !".
    Méfiez vous donc, si le pilote s’appelle Escartefigue.

  • Bassorah, veine jugulaire du monde…

    Bassorah, veine jugulaire du monde…

    Images_2 Bassorah tourne au cauchemar pour la puissance occupante.
    Alors que celle-ci a du mal à s’imposer aux factions, malgré sa puissance, un assaut mal conçu, mal mené, malgré l’appui terrestre et aérien des états-unis, par un gouvernement faible, corrompu et incompétent a montré qui était le vrai patron dans la région.
    Il n’a fallu que deux jours pour arriver à un cessez-le-feu, négocié par l’Iran.
    Et visiblement l’armée du Mehdi est sorti renforcé des combats.
    Les clefs de la vallée du Tigre et de l’Euphrate ont été confiées, involontairement à l’Iran.

    2 000 000 de barils y passent chaque jour.
    Là aussi, un élément de vrai puissance échappe désormais à l’occupant.
    Pire, une logique "Dien Bien Phu" se met en place, ici, comme elle se met en place en Afghanistan.
    Dans les deux cas, l’arrière pensée de l’occupant est battue en brêche.
    Dans le cas Irakien, c’était de faire main basse sur les gisements pétroliers, dans le cas de l’Afghanistan, c’était de créer un couloir de sortie pour les richesses minérales d’Asie centrale.
    Dans les deux cas, c’est raté.
    Mais le cas irakien, est, à court terme, pire.
    En effet, une flambée de guerre sur le couloir de Bassorah, ou simplement du sud Irakien provoquera une flambée des prix, peut-être des coupures de production.
    Là, la crise énergétique deviendrait soudaine et immédiate, avec toutes les conséquences qu’on puisse imaginer.
    Z Brzezinski, qui fut conseiller à la sécurité nationale de la maison blanche, et stratège de haute volée, juge durement la façon dont fut mené la guerre.
    Le choix pour la puissance occupante est finalement clair. Chercher à conserver un peu d’influence, ou la perdre. Pour le sud Irakien, c’est déjà, en partie, perdu.

  • « Abandonner le pétrole »…

    « Abandonner le pétrole »…

    Images … "Avant qu’il ne nous abandonne". Faith Birol de l’AIE (agence internationale de l’énergie), semble avoir abandonné la langue de bois.
    "Même si nous ne sommes pas encore à court de pétrole, nous sommes à court de temps ".
    Pour lui, les voies du salut sont simples.
    Abandon du pétrole, là où il est remplaçable "usages industriels, le chauffage et la production d’électricité ", car la production a atteint son maximum.
    Les solutions envisagées, progrès technologiques, fusions et absorptions, utilisation des gisements marginaux, ne changera rien.

    La donne se complique d’un caractère politique. Les pays producteurs jouent, de plus en plus, LEUR jeu.
    Le fait que les états du Golfe aient, pour l’instant, renoncer à casser leur PEG avec le dollar, les fait hésiter à augmenter leur production.
    Il n’y a en effet, pas d’intérêt à accumuler cette devise qui ne permettra bientôt d’acheter que des clous et des néfles.
    Enfin un langage clair de l’AIE, une reconnaissance des problèmes, surtout du caractère politique de la crise énergétique.

  • Récoltes russes.

    Récoltes russes.

    Faucheuse Dans le monde actuel, il y a ceux qui manipulent le vent, rien, en faisant les importants.
    Et ceux qui parlent peu, mais agissent beaucoup.
    Bâtir une puissance est une chose longue et ardue.
    Mais elle s’articule sur des choses vraies.
    Le gaz russe, le pétrole russe et maintenant les récoltes russes sont des choses vraies.
    L’agence Ria Novosti annonce 85 millions de tonnes de céréales en 2008 et, dans un monde où la faim devient une hantise, les trois éléments sont des éléments de vraie puissance.

    "La politique étrangère russe se concentre sur les intérêts de ses propres entreprises publiques, notamment de Gazprom qui a conclu des accords avec bon nombre de pays et compagnies étrangères pour un approvisionnement monopolistique  ".
    Rien de différend avec les autres pays.
    "les consommateurs n’ont pas confiance dans les fournisseurs qui coupent l’approvisionnement, augmentent leurs tarifs sans prévenir, exproprient leurs concurrents et laissent la production diminuer  ".
    Propos d’ignorant. Quand il n’y a plus de marge de manoeuvre, la fiabilité importe peu.
    De plus, avant d’être un problème, il faudrait que les réserves soient épuisées.
    De mémoire elles sont égales à 120 jours.
    En ce qui concerne l’agriculture, la Russie a en partie réussie une reconstitution, vers les productions végétales. Elle a de la marge de manoeuvre d’ailleurs, 20 % de ses terres ne sont pas exploitées.
    Et à tout seigneur tout honneur, s’il y a eu reconstitution, c’est bien grâce a l’interventionnisme du pouvoir politique.
    L’ Ukraine, bien mieux placé géographiquement n’a guère réussi, par contre.
    La Russie, en usant de ses  atouts naturels, reconstitue patiemment sa puissance. 

  • Crise de l’eau.

    Crise de l’eau.

    Images_5 Les zétazunis vont entrer dans une crise de l’eau.
    Réductions des disponibilités, certes, mais aussi besoins en hausse et sous-investissement chronique en sont les causes.
    Le système économique est coutumier du genre. Pour donner 15 % de rendements aux actionnaires, et les compagnies des eaux sont abonnés à ce comportement, la solution est simple, c’est investir au minimum.
    Dans un premier temps l’augmentation tendancielle de la consommation d’eau rentabilise, dans un deuxième temps crée le problème.
    Quel sont les causes du problème ? D’abord un changement des habitudes de vie, générations après générations.

    La première qui a eu l’eau courante s’en servait peu.
    La suivante se considérait comme sale si elle ne se douchait pas tous les jours.
    la troisième veut une piscine.
    Les productions agricoles et industrielles sont gourmandes.
    Les réseaux s’étendent, et l’extension crée des fuites de plus en plus nombreuses.
    L’assèchement et le drainage de zones humides a fait perdre le bénéfice qu’elles apportaient, celui de la régularisation des débits.
    En réalité, cette crise n’en est pas une. les siècles précédents aussi ont connus des périodes irrégulières, et pourtant ils étaient extrêmement sobres en la matière.
    C’est une crise de la consommation importante de l’eau. Elle nécessite une production abondante et bon marché.
    Rien d’étonnant, donc qu’elle touche d’abord ce qui fut le pays le plus évolué.
    La réponse est fiscale.

  • Que s’est il passé à Bassorah ?

    Que s’est il passé à Bassorah ?

    Images On s’est battu à Bassorah.
    L’armée du Mahdi contre l’armée Irakienne appuyée par les américains, pour la possession de cette zone, vitale dans le commerce du pétrole.
    En effet, dans un contexte d’approvisionnement tendu, les exportations irakiennes pèsent désormais lourd sur les prix.
    En réalité, en dehors des péripéties, on peut constater un phénomène classique.
    Une armée s’use et perd en qualité (l’armée US), une autre s’organise, se professionnalise et se renforce de son expérience et de la connaissance de son ennemi de jour en jour.

    Ses effectifs font que, malgré ses pertes, elle n’est pas réellement atteinte.
    Cela lui permet de monter des attaques par vagues, avec des vagues différentes, pendant qu’en face, les effectifs ne sont pas remplacés.
    Pire encore du point de vue étazunien.
    Les iraniens profitent largement de cette expérience de combat.
    On voit donc le grand classique d’une occupation.
    Le gouvernement sous contrôle étranger envoie ses troupes ratisser. Elles échouent, le gouvernement est affaibli, les rebelles renforcés, militairement et politiquement, sans compter toutes les unités qui n’attendent que de le rejoindre.
    Bassorah a été un lourd échec. Le prix du brut a flambé quelques jours.Et le bourbier s’est étendu et approfondi.

  • Emeutes en côte d’Ivoire.

    Emeutes en côte d’Ivoire.

    Images_2 La flambée énergétique se traduit par une flambée alimentaire.
    Il n’y a pas de jours sans que des troubles graves éclatent ici et là.
    Les fiefs politiques n’y échappent pas, et en côte d’Ivoire, le gouvernement vit des heures difficiles, surtout dans les zones qui le soutenaient.
    Emeutes dispersées à coups de tirs à balles réelles, mais émeutes renaissantes immédiatement.
    Car ventre affamé n’a pas d’oreilles.
    Demba Moussa Dembelé, lui, parle de faire des économies. En réduisant le gouvernement ivoirien.
    Riche idée, qui devrait être reprise par F. Fillon, qui devrait congédier les 2/3 des ministres, la totalité des sénateurs et la moitié des députés. Je suis sûr que tout le monde applaudirait.

    Il en appel à mettre à la porte FMI et Banque Mondiale.
    Il n’y a pas le choix : "Si les gouvernements africains ne changent pas de manière durable la façon dont ils gèrent leurs économies, les émeutes vont recommencer et même s’étendre à d’autres pays ".
    Le moyen terme s’exprime ainsi : "Devraient suivre des mesures pour encourager une consommation accrue des produits locaux, un soutien des Etats aux revenus les plus faibles et une protection des marchés nationaux.  ".
    A long terme : " il faut carrément s’orienter vers des politiques de souveraineté alimentaire, comme les associations de producteurs  ".
    Le contraire du marché tel qu’on l’enseigne actuellement.
    Mais il n’y a pas et plus le choix.

  • Grande Bretagne et Allemagne : même combat.

    Grande Bretagne et Allemagne : même combat.

    Images_3 Un seul producteur décide de restreindre ses exportations de riz, et celui-ci flambe en une journée de 30 %.
    Cet exportateur n’est pas très important, c’est le Viet-Nam, et il n’est pas non plus très fiable.
    Les récoltes sont irrégulières.
    On voit que les pays s’alignent sur leurs capacités. GB et Allemagne sont structurellement déficitaires au niveau alimentaire.
    Ils sont donc contre les "bio" carburants actuel.
    L’équation, est, je dirais simple.
    1 % de la nourriture distillée comme carburant, c’est à terme 100 millions de mort et 1 000 millions de pauvres supplémentaires.

    La production de ce genre de carburant est négligeable au niveau mondial, mais les effets sont déjà dévastateurs.
    Elle préfigure une grande famine, déjà inscrite dans les tablettes.
    Elle préfigure la mort de tout commerce, d’abord alimentaire, ensuite industriel, pour le repli sur les frontières nationales.
    Elle préfigure le retour violent du stalinisme.
    Explications.
    On s’ennuie beaucoup dans le monde fermé des campagnes russes.
    On y boit donc beaucoup. Pour boire beaucoup, il faut distiller aussi (du grain) énormément.
    Dans les années 1920 en Russie, on détruisait déjà de la sorte, énormément de récoltes.
    Tous les paysans distillaient en masse et l’alcool leur permettait d’acheter les autorités locales, tout aussi alcooliques.
    Pour être membre du parti communiste à l’époque, il fallait être parrainé.
    Souvent le motif du parrainage était : "il ne boit pas" ou "il ne boit pas trop". 4 ou 5 mots.
    Cet état de fait explique, pour une bonne part, la collectivisation brutale de l’agriculture au début des années 1930.
    Les dirigeants soviétiques ne supportaient plus de voir les récoltes détruites dans ce but.  (Ce n’est pas la seule explication, mais elle a pesé très lourd ).
    Allemagne et Grande Bretagne ont besoin du monde.
    L’ Allemagne y  vend ses machines, la Grande Bretagne du vent (son marché boursier).
    En cas de repli, surpeuplés, ils auront de gros problèmes.

  • Eolien Chinois.

    Eolien Chinois.

    Images_2 L’éolien chinois continue son envol, en même temps que décolle la production locale.
    10° il y a deux ans en termes d’installations, elle est passée au 5° rang cette année, n’étant dépassée que par les USA, l’Allemagne, l’Espagne et l’Inde.
    Mais, le plus important est que sa production est de plus en plus locale.
    Les imports ne constituent plus que 44 % du marché, et si le reste de la production est l’assemblage de pièces produites à l’étranger (à 70 %), dans deux ans, la proportion sera tout autre.
    De plus, les achats de firmes étrangères de ce secteur se multiplient, lui permettant d’acquérir savoir faire à moindre cout.

    Je me rappelle les mots d’un commissaire européen.
    Il faut parler d’une seule voie à la Chine.
    Si c’est pour lui dire que le libéralisme c’est bien, c’est complètement idiot.
    Pour la Chine, ça ne sert qu’à une chose, acquérir la technologie qu’elle ne maitrise pas encore.
    Après, on ne lui vend plus rien.
    Ensuite, elle tue votre industrie avec ses productions à bas cout en même temps que de qualité incertaine.

  • Argentine : suspension de la grève…

    Argentine : suspension de la grève…

    Images_3 La grève est suspendue en Argentine, la Grève des agriculteurs.
    En effet, le gouvernement argentin, devant la flambée des prix agricole avait décidé de taxer des produits qui ne l’étaient pas, et d’augmenter la taxe sur le soja de 35 à 45 % suivant les quantités.
    Le but étant de maitriser l’inflation et de faire contribuer un peu plus les agriculteurs après des années fastes.
    La population agricole est bien entendue, très réduite, symbolique même.
    Les céréaliers négocieront donc avec Cristina Fernandez Kirchner.

    La grève durait depuis 15 jours, comprenant barrages routiers et suspensions d’exportations (ça du être bon pour les prix intérieurs).
    Politiquement, la flambée alimentaire atteint aussi les pays producteurs, on le voit partout et la gourmandise des industriels de l’alimentation, paysans ou autres leur fait perdre de vue un état ancien des choses.
    La réaction des autorités peut être très brutale, car elle repose sur la terreur qu’elle inspire, et sur la terreur ressentie par les gouvernants.
    En effet, dans les siècles passés, la réquisition militaire à prix taxé était très répandue, et la réaction stalinienne dans les années 30 n’en fut qu’un des derniers exemplaires.
    On peut voir aussi deux manières de s’en sortir.
    Cuba après l’écroulement du bloc soviétique (les 2/3 de sa nourriture était importée, et ses productions exportées) a relancé la micro-agriculture biologique très intensive, arrivant presqu’ à l’autosuffisance, l’ex-Urss a pu passer la transition grâce au jardin familial, en revanche, certains s’en tiennent au bienfait du marché.
    En effet, on parle aux USA, de l’interdiction pure et simple du potager.
    Nous verrons donc. Devant cette mesure, même Staline avait reculé.