Auteur/autrice : patrick reymond

  • Le long martyr d’Alitalia.

    Le long martyr d’Alitalia.

    Images Alitalia fait comme un certain nombre d’aéroports, elle n’en finit pas de mourir.
    Le plafonnement des énergies fossiles, leur renchérissement auront eu raison d’elle, avec, pour clou de son cercueil, l’obstination bruxelloise de ne vouloir aucune subvention.
    Les déluges d’argent de la banque centrale sur les banques étant considérés comme "à part".
    Suppressions d’emplois et prise en charge des salariés par la collectivité, concentration du trafic sur l’aéroport de Rome, franc symbolique pour les actionnaires qui devraient s’estimer heureux comme des canes, ils ont été traités comme prévu par le marché.
    Comme il n’y a qu’un acheteur (pas pressé) et un vendeur, le couteau sous la gorge, le prix, payé en action représentera 2 % du capital d’air France.

    Facile, dans ses conditions pour Air France de se présenter comme "le sauveur".
    On sait comment cela finira : par la reconstitution de monopoles ou d’oligopoles qui imposeront "librement" leur prix à des clients qui pourront "librement" dire oui.
    Jusqu’à ce que le transport aérien soit réduit à ce qu’il était à l’origine : réservé à des gens riches.
    Reste que cet extrémisme néolibéral pousse à des revirements politiques, notamment Berlusconien, en effet, l’Italie, arrière-cour de Air France ?
    C’est tout bonnement insultant !

  • Retour aux fondamentaux.

    Retour aux fondamentaux.

    Images Les troubles éclatent dans les provinces intérieures chinoises, et il faut rappeler maintenant un point souvent signalé par les historiens des siècles passés, l’importance des voies de communications.
    Et la voie de communication est portuaire, elle permet en cas de manque d’importer vite, et à cout relativement bas les denrées quand elles manquent sur un marché, généralement à cause de mauvaises récoltes.
    Dans le port et sa région, ce n’est que le manque affreux, ailleurs, c’est la mort.
    Le chemin de fer, la route avait fait oublier les conditions de vie de nos ancêtres, notamment à l’intérieur des terres, parce que le transport du pondéreux était lent et long et couteux.
    Pour le moment, on parle de provinces périphériques touchées, en Chine, en Afrique, en Amérique latine, mais, même dans les flamboyants USA, il est terrible de vivre sans transports.

    Le pétrole bon marché est fini. Les haricots du Kenya aussi. On les trouvait sur nos étals. Il faudra des productions locales.
    D’ailleurs, certaines évolutions ne s’y trompent pas.
    La Sncf veut (re)devenir , un acteur du fret autre que misérable, d’ici 2012.
    C’est court, en matière d’évolution. Et pourtant.
    Je me souviens de deux rencontres. L’une avec un paysan qui se plaignait des routes au début du siècle. Partir au marché, une fois par semaine pour un homme entreprenant, c’était d’emporter deux paniers.
    Il n’y avait, dans sa régions, pas de routes, seulement des chemins creux.
    Une autre fois, on m’a raconté une odyssée. C’était la remontée des vendanges dans le midi.
    En 1942, il avait fallu deux jours, pour, en train faire Nimes/le Puy…
    Les tonneaux donnés par les vignerons (c’était la partie de la rémunération en nature), avait eu le temps d’être largement vidés, au cours des innombrables haltes.
    Une autre manière de voir l’espace et le temps.

  • « la lutte à mort »…

    « la lutte à mort »…

    Images Beijing mène une "lutte à mort", au Tibet, comme visiblement dans toute l’Asie Centrale qu’elle contrôle. Certains pensent sérieusement à mettre en corrélation des anniversaires.
    Celui du soulèvement de 1959, mais ils sont grandement à côté de la plaque.
    Bien sûr, il y a des précédents.
    La guerre en Irlande du nord a été déclenché par l’attribution inéquitable d’un appartement
    Là, le terreau de la révolte s’appelle, plus que le Dalaï Lama, chute de neiges, ruptures d’approvisionnements, manque de charbon, de pétrole, d’électricité, et enfin, parce que le reste était supportable, inflation alimentaire et pénurie.

    Parce que le détonateur de ces émeutes c’est d’abord la faim.
    Que s’est il passé ? Peut être ne le saurons nous jamais, mais une rixe sur un marché qui dégénère, alors qu’avant, on aurait simplement serré les poing.
    Mais le Tibet est une province pauvre, tout l’intérieur chinois est pauvre, et dans les anciennes famines, il valait mieux être sur les côtes, facilement approvisionnées que dans l’intérieur, où cet approvisionnement est toujours un casse-tête, surtout avec l’ enchérissement du prix du prix du pétrole et qui plus est, l’essence manque.
    A côté de cela, les provinces maritimes sont celles qui concentre richesse, investissement, et où les couts d’approvisionnements sont les plus réduits.
    Les attaques les plus graves contre le pouvoir chinois devront donc se concentrer dans ces provinces pauvres et affamées.
    Elles coïncident aussi avec des minorités, mais la masse chinoise n’est pas indifférente.
    D’ailleurs, les "incidents de masse" sont loin de concerner seulement le Tibet. Elles sont des émeutes avant tout de la faim, de la misère, du renchérissement des prix du pétrole, de l’inflation, mais peu du fait du Dalaï-lama.
    Le détonateur est social. Cette "lutte à mort", est déjà, coté chinois, perdue.

  • Corée : 300 turbines sous la mer.

    Corée : 300 turbines sous la mer.

    Images_3 Une usine marée motrice de 300 unités pour 300 MW de puissance sera installé en Corée.
    Des essais sur une turbine pilote auront lieu en 2009, afin d’évaluer les impacts environnementaux.
    Chaque turbine (sous marine) mesurera 11.5 Mètres et sera lesté de 2500 tonnes.
    Cette turbine, conçue par Rotech (Aberdeen) et fabriquée par Hyundai, si elle est concluante, serait le signal d’une production massive d’énergie électrique par tous les pays disposant de façades maritimes, non grevées de fosses océaniques (comme le Japon).
    On voit donc son intérêt.
    De plus, elles tourneraient en continue.

    Et l’on s’est aperçu de l’intérêt de l’énergie marée-motrice avec le recul qu’on a sur l’usine de la Rance.
    La différence essentielle étant que la Rance utilise des rivages et que c’est finalement, très peu commode, alors que ce projet, utilisant les fonds marins, permettrait l’éclosion de vastes surfaces de centrales sous marines.
    Peut être un avant goût et une composante d’une nouvelle révolution industrielle.

  • Jean qui rit, Jean qui pleure.

    Jean qui rit, Jean qui pleure.

    Images_2 Le renchérissement du prix de l’énergie fait des heureux, car s’il y a des perdants, comme les compagnies aériennes, il y a aussi des "jean-qui-rit", et profitent amplement de la situation.
    La Sncf en fait partie, elle triple son bénéfice.
    Je ne ferais pas l’injure à l’intelligence de faire croire que ce sont les "mesures" de redressement qui en sont responsables, c’est le déversement des voyageurs, d’un moyen de transport sur l’autre.
    Les grandes lignes TGV concurrencent directement l’avion, largement déconsidéré sur les lignes intérieures par les flambées de prix, les TER font aussi bonne figure, seuls les intercités souffrent.

    L’activité fret voit ses pertes se contracter, mais elle risque de rester longtemps "l’homme malade de l’entreprise".
    En effet, les zones industrielles actuelles sont adaptées aux camions et guère aux voies ferrées.
    Mais, à très long terme, l’activité de la SNCF sera aussi menacé par le déclin des énergies fossiles, comme le prouve les difficultés du transport intercités.
    En effet, il faudra produire le plus possible local, avec des moyens locaux.
    Mais, contrairement à ce que l’on dit, ce ne sera jamais une entreprise "comme les autres" et "très rentable".
    En effet, au 19°siècle, c’est le chemin de fer qui avait ouvert la voie aux premières nationalisations.
    Il faut, en effet, trop d’investissements pour que le rail soit réellement rentable.

  • Massacre chez Delta Airlines…

    Massacre chez Delta Airlines…

    Images La situation de delta airlines évoque le dernier carré de la garde. elle veut supprimer 2000 emplois sur 55000, mais va proposer un départ volontaire à 30000 personnes, histoire de bien faire sentir qui est compressable, qui verra son poste supprimé la prochaine fois et qui partira dans de moins bonnes conditions demain.
    Effectivement, s’il y avait plus de 2000 départs, la direction n’en serait guère chagrinée.
    Les vols sur les ZUSA seraient réduits dans un premier temps de 5 %, puis de 10 %, sur l’ensemble de l’année.
    Il est clair que les aéroports les plus rentables ne verront sans doute pas de baisse de trafic.

    Mais les petites destinations seront touchées, "l’écrémage" des destinations est déjà donc largement commencé et amplifié.
    Les avionneurs, airbus et boeing, montraient des prévisions délirantes à l’horizon 2020/2030.
    Il va sans dire que la décision de Delta va mettre sur le tarmac 15 à 20 avions grandes lignes et 20 à 25 appareils régionaux.
    Ceux -ci seront sans doute mis au sec dans le désert mojave, à moins qu’on utilise leurs piéces détachées, comme il est de coutume.
    La seule manière pour airbus et boeing d’atteindre leurs objectifs sera de réduire drastiquement les consommations des nouveaux modèles.
    Et encore, cela provoquera une cessation du déclin, mais certainement pas une reprise.
    Le Pic Oil, c’était quand déjà ?

  • Saumâtre, saumâtre…

    Saumâtre, saumâtre…

    Images_3 Les pays bien burnés en ressources naturelles, commencent à trouver la situation cocasse et saumâtre.
    En effet, loin de trouver actuellement dans leurs ressources minières, gazières ou pétrolières, -considérables- des ressources stables, malgré des prix en augmentations, ils y trouvent inflation, dévaluation de l’épargne, crise sociale et économique.
    Au point que de plus en plus de pays songe à jeter aux orties, leur froc, la monnaie de cotation, le dollar, car ils ont perdus la foi.
    En février, les ventes en Chine explosent de 20 %.
    Même  pas une bonne nouvelle :  devant la flambée des prix alimentaires, les ménages stockent les nouilles, après la "tempête de neige du siècle" qui les priva de carburant, d’électricité, de chauffage…
    Et ils fuient leur monnaie…

    Le président Chavez, dont on connait les relations difficiles, orageuses et compliquées avec Washington, veut à son tout abandonner le dollar comme monnaie de transaction, mais son cas est bien plus grave pour les zétazunis que l’Iran (qui vend surtout en euro), ou que la Russie, car ces deux pays ne leur vendent rien ou presque, alors que pour le Vénézuela, c’est le client privilégié.
    Que les européens achétent gaz et pétrole russe en euro, cela ne mettait pas à bas le système, que l’Iran vende en Yen au Japon, ou en Yuan aux chinois, non plus.
    Mais là, cela signifie, que les nord-américains devraient acheter de l’euro…
    On imagine le pouvoir de destruction d’une telle demande sur la devise américaine.
    Dans le tour du monde des situations qui deviennent impossible, on peut citer l’afrique du sud.
    Celle-ci, malgré des ressources en or encore considérables et malgré un prix de l’once à 1030 $, la production régresse.
    En effet, le manque d’électricité, la carence d’investissements touche les mines directement.
    Les prix des produits alimentaires, en nette hausse, touchent souvent aussi de plein fouet ces pays producteurs de petrole, gaz ou autres, qui n’ont jamais, de par ces ressources, développé leur agriculture.
    Les ressources naturelles ? L’or du diable !

  • L’agriculture post-soviétique.

    L’agriculture post-soviétique.

    Images_4 A l’époque soviétique, l’agriculture faisait figure d’homme malade et de boulet du régime.
    L’URSS avait inventé un nouveau métier, tractoriste, et une décoration pour ceux d’élites.
    Mais il est à craindre, que l’agriculture, malgré les intentions gouvernementales soit encore plus malade qu’à l’époque, et pire, que ses crises de sous-production se ressentent désormais dans le monde entier.
    Staline disait qu’il ne pouvait tolérer une agriculture incapable d’approvisionner le pays une année sur trois.
    On en est encore là, et même, on en est là, toutes les années.

    Le lopin, le jardin de 5000 M2 auquel a droit tout citoyen, existe toujours.
    Il permet d’assurer en gros l’essentiel des besoins, on dit 50 %, elle est concentré sur 10 000 000 hectares.
    Apparemment, son existence et son poids paralyserait le développement de l’agriculture industrielle.
    Si l’approvisionnement en matière végétal n’est pas en cause, l’approvisionnement en viande dépend désormais de l’extérieur. Mais la consommation a beaucoup chuté, signe de crise évidente. Les russes sont devenus végétaliens, par pauvreté.
    Le réseau d’irrigation n’a pas été entretenu ces dernières années, et cette absence a causé la chute de production du grenier de blé ukrainien, entrainant en 2007, la flambée des prix au niveau mondial.
    Alors, toute idéologie mise de coté quel est son vrai problème ? Tout d’abord, un problème d’investissement, on l’a vu en système d’irrigation, mais aussi en machines. Le parc est vieux et peu remplacé. Les grandes fermes (kolkozes et sovkozes) de l’ére soviétique existent toujours, mais sous un régime juridique à peine modifié.
    Les conditions naturelles font que l’agriculture est une activité risquée, que l’élevage est très contraignant (7 mois de mise en étable), ce qui a conduit à sa chute après 1991.
    Pour résumer, les contraintes naturelles, fortes, impliquent une activité agricole risquée, aléatoire dont on ne peut rendre responsable les régimes.
    L’élevage est en grande régression, mais le libéralisme ambiant n’en est sans doute pas la cause.
    C’est, vu les conditions, une activité trop contraignante.
    Le monde risque donc de vivre désormais sous le signe d’une économie agricole russifiée. Elle alternera les périodes de bonnes récoltes, et celles de mauvaises, déstabilisant le monde à chaque fois.
    Les russes, gens pragmatiques, détruisaient les trop bonnes récoltes (souvent inexportables à cause des carences de transports), en les distillant.
    Rien, finalement de bien nouveau depuis le 18° siècle et ce qui avait été signalé par Malthus,  qui avait déjà dressé le constat des maux de l’agriculture russe.

  • Gaz de vaches… Ou vache de gaz ?

    Gaz de vaches… Ou vache de gaz ?

    Images_3 Bientôt, on ne demandera pas combien produit une vache, en litres de lait, on demandera combien elle produit de M3 de gaz.
    Le gouvernement fédéral et l’état du Vermont (USA) subventionnent la production de biogaz à partir du fumier. Celui ci est stocké dans des silos souterrains à 38°, où il produit du méthane.
    "Le magazine (power) a notamment souligné les immenses avantages du programme pour l’environnement, notamment l’amélioration de la qualité de l’air et de l’eau, la diminution des mauvaises odeurs dues au fumier et la réduction des émissions de gaz à effet de serre. L’article citait également les avantages qu’en tiraient les agriculteurs concernés, à savoir un revenu régulier qui compense les fluctuations du prix du lait.  "

    En réalité, cela ne pose aucun problème technique, mais politique.
    En effet, ce qui était bien vu dans les classes politiques occidentales, c’était les énergies, pétrole ou gaz, car finalement, elles demandaient fort peu de main d’oeuvre, et étaient, à l’inverse des mineurs de charbon, très peu remuantes et on pouvait les satisfaire à bon compte, même si elles étaient très bien payées.
    En effet, produire, par exemple en France 100 ou 150 millions de TEP (tonnes équivalents pétrole) en renouvelable, c’est possible, mais on revient à la donne de 1950, on se remet à dépendre d’une classe sociale importante (des dizaines de milliers de personnes) qu’un parti, comme le parti communiste, peut encadrer, et qu’un parti politique encadrera, un jour.
    De plus, cette classe sociale bénéficiera d’un avantage fantastique, celui de la pérennité des emplois.
    L’horreur économique pour la classe dirigeante.

  • Le point de vue des zétazuniens.

    Le point de vue des zétazuniens.

    Images_2 Un récent sondage du Pew research center donne le point de vue des habitants des zétazunis sur la consommation énergétique.
    Pour 54 % d’entre eux, c’est la recherche de nouvelles sources d’énergie qui prime sur la défense de l’environnement (36 %), mais ce jugement est à nuancer.
    90 % veulent davantage d’efficacité énergétique pour leur véhicule,
    81 % et 72 % veulent un soutien fédéral aux énergies alternatives et aux transports publics,
    57 % apportent leur soutien à l’éthanol, contre 67 il y a peu,

    L’énergie nucléaire reste contestée (48 % contre, 44 pour),
    et 3 américains sur 4 sont opposés à la taxation de l’essence.
    Finalement, les pensées du CITOYEN ne sont pas opposés à ce qui prévaut en Europe.
    Moins de confort ? Non, mais plus d’économies, et énergies alternatives…
    Le seul problème, c’est que l’effondrement en cours de l’économie américaine risque de les prendre de cours, notamment au niveau des transports.
    Une évolution sans à-coup semble impossible devant l’effondrement du dollar, l’incapacité nord-américaine de fournir des quelconques produits d’exportations.
    En un mot, la puissance dominante devient non seulement faible, mais insolvable…
    Et devra se débrouiller avec ses ressources domestiques, certes importantes, mais sans rapport avec ses besoins.