Auteur/autrice : patrick reymond

  • La question alimentaire.

    La question alimentaire.

    Images_3 La question alimentaire se pose de façon de plus en plus lancinante devant l’augmentation des prix et devant l’augmentation des prix de l’énergie.
    On dit que la planète peut techniquement nourrir sans peine les 9 milliards d’êtres humaines que certains prévoient. C’est théoriquement possible.
    Mais c’est politiquement improbable.
    Pourquoi ? Parce que produire est le plus facile, répartir est plus compliqué. Il y faudrait un monde vraiment égalitaire et une structure sociale harmonieuse.
    En effet, un état fort peut augmenter sa population, la nourrir, imposer des structures agricoles, une politique qui lui permette de la nourrir.

    Car approvisionner correctement et à bon prix une population est une question politique et non pas de marché.
    Le marché n’a jamais rien fait de bon en la matière.
    Car ce qui pose problème est l’alimentation des pauvres et souvent, les pauvres sont hors les circuits commerciaux, ils ne sont donc pas intéressant au niveau économique.
    Au mieux, ils pratiquent l’autosubsistance, hérésie aux yeux des fanatiques du marché.
    Ils consomment ce qu’ils produisent,  au mieux avec un excédent ridicule, au pire sans.
    Il faut donc un pouvoir vraiment fort qui impose le respect des droits des pauvres : l’accès à un foncier que les riches considèrent comme "le leur" même non exploité, maintien de prix intérieurs élevés pour encourager la production.
    La latifundia est synonyme de mauvaise exploitation, la minifundia n’a pas d’excédents, et entre les deux, l’équilibre est instable. Ou les exploitations dégénérent, ou elles grandissent.
    Dans la latifundia moderne, le tracteur a remplacé la main d’oeuvre servile, mais sa production n’est toujours pas à  la disposition des pauvres. 

  • Le gaspillage.

    Le gaspillage.

    Images_3 "La Russie exploite aujourd’hui plus de 70% des gisements de pétrole et 60% des gisements de gaz prospectés à l’époque soviétique. Toute la "crème" a pratiquement été mangée, le reste sera épuisé au cours des prochaines années.  ".
    L’ agence de presse RIA NOVOSTI met en exergue aujourd’hui un problème qui n’est pas significativement russe, mais international, celui du déclin de la prospection minière.
    En Russie, ce déclin a commencé avec l’implosion de l’ Union Soviétique.
    La ressource, exploitée et la prospection, liquidée.

    "Comme on le sait, le sous-sol russe recèle un tiers des réserves mondiales de gaz, un dixième des réserves de pétrole et un cinquième des réserves de charbon. Mais ce sont, pour l’essentiel, des prévisions qui doivent encore être prouvées, après quoi l’extraction ne pourra commencer que dix ans plus tard.  "
    Mais, la condamnation de l’économie libérale est sans appel :
    "si, à l’époque soviétique, 20.000 gisements de minéraux utiles avaient été ouverts, parmi lesquels 2.000 déterminaient la croissance de l’économie du pays, ces 17 dernières années, pratiquement aucun gisement conséquent n’a été mis en exploitation.   ".
    En effet, prospecter coûte, pour -peut-être- rapporter dans 50 ans.
    Et là, même les gisements connus n’ont pas fait l’objet d’investissements…
    Paradoxalement, cet activisme dans la prospection a tué l’union soviétique, économie minière trop liée
    aux aléas des cours mondiaux.
    Aujourd’hui, le non-investissement, général à l’économie mondial, rend sa puissance évanouie à la Russie, en faisant flamber les cours .

  • Peak coal.

    Peak coal.

    Images Merci à Emile pour son commentaire sur l’Afrique du sud, un article à lui tout seul :
    "La fin du charbon approche, si le diamant est éternel (oui, mais, lui n’est pas détruit dans son usage, donc la production s’ajoute aux stocks), le charbon n’en a pas pour deux siècles".
    En effet, selon la théorie néolibérale, plus le prix augmente, plus les réserves augmente aussi. Hors, entre 1999 et 2005, les réserves prouvées sont passées de 227 à 144 ans. (Personnellement, j’avais pas vu que le temps avait passé si vite, je pensais, naïvement que seuls 6 années s’étaient écoulées, pas 83).
    " . Alors : Brusque fin du charbon en 2075 ou 2048 ? selon la tendance actuelle d’augmentation de la production, ou selon une progression plus faible de celle-ci. Entre 1999 et 2005, les réserves ont diminué quatre fois plus vite que le cumul de la production au cours des six années. La diminution est surtout due à un affinement des évaluations antérieures"… "En réalité, la production de charbon passera par un maximum vers 2030, avec une production proche de 8.000 millions de tonnes par an, le "peak coal", puis entrera en déclin. "

    Evidemment, Emile nous apporte un point de vue plein de bon sens, l’accroissement de la production n’est pas synonyme d’accroissement des réserves, mais de diminution par une consommation plus rapide.
    Le cas de l’ Afrique du sud, lui est atypique, car apparemment, c’est un des rares endroits  où un indicateur n’avait pas faibli, la production d’anthracite.
    En effet, un "pic de l’anthracite" ancien, a eu lieu en 1920.
    Ce pic de l’anthracite indiquait un épuisement des gisements.
    Le cas ici, est avant tout un problème d’investissement. Dans bien des endroits ailleurs, y compris en Chine, c’est d’épuisement géologique qu’il est question.
    Comme dans le cas du pétrole, des positions politiques et/ou économiques peuvent notablement avancer cette date.
    D’ailleurs, que reste t’ il du monumental appareil éolien et du gigantesque aménagement des fleuves qu’il existait en France en 1800 ?
    Faute d’investissements, rien.

  • Solaire Photovoltaïque et thermique en 2007.

    Solaire Photovoltaïque et thermique en 2007.

    Images_3 Le solaire photovoltaïque s’adjuge un + 200 % en 2007, soit 45 MW, surtout concentré dans les Dom (40 %), plutôt qu’en métropole (60 %).
    Il faut bien préciser qu’ EDF, n’a pas eu la même politique dans les Dom, car, ne disposant pas, là-bas, de centrales nucléaires, EDF y vendait son courant à perte.
    Il y a beau temps que les politiques sont plus axées sur les économies d’énergie.
    Côté solaire thermique, 323 000 m2 de capteurs installés. C’est une progression de 15 %, mais le marché du thermique est beaucoup plus mûr techniquement parlant, et possède une rentabilité économique à long terme, même sans subventions, ce qui est loin d’être le cas pour le photovoltaïque.

    Cette rentabilité serait atteinte beaucoup plus vite si les prix n’étaient pas délirants, alléchés par les crédits d’impôts, et guidés par l’appât du gain sur les nouveautés, fabricants, installateurs, vivent une grande rente de situation.
    La solution la plus utilisée pour le thermique est celle du chauffe-eau. Le système solaire combiné eau sanitaire et chauffage est trop onéreux pour percer encore.
    Développement donc, et l’on pourrait espérer voir contrarier le déclin de l’activité dans le bâtiment par une politique accrue d’économie d’énergie.

  • Afrique du sud : fin de règne difficile.

    Afrique du sud : fin de règne difficile.

    Danse_macabre Le président Thabo Mbeki vit ses dernières heures de pouvoirs dans une ambiance difficile. 
    L’économie s’effondre, le non-investissement a été fatale a cette économie, minière s’il en fut une.
    Pourtant, les ressources ne manquent pas, notamment charbonnières, mais il faut y consacrer de l’argent, du temps, et ne pas sombrer dans les mensonges de l’économie tertiarisée, et du libéralisme.
    Au total, aujourd’hui, l’ Afrique du sud manque de charbon, manque par conséquent d’ électricité (fournie à 90 % par le charbon), et la plupart des mines se sont arrêtées, les unes après les autres.

    Le gouvernement en est réduit à conseiller des douches plutôt que des bains, d’éviter de se servir des bouilloires, veut aussi promouvoir les lampes économes, tout en conseillant, "d’aller se coucher plus tôt."
    A cette allure là, l’économie sud africaine n’existera bientôt plus, malgré une croissance officielle de 5 à 6 %.
    Le président est aussi déconsidéré pour ses déboires diplomatiques, ses prises de position sur le sida, alors que son pays est le premier infecté et que 800 personnes en meurent chaque jour.
    Le pays vit une bataille de Verdun chaque année, en terme de pertes humaines…

  • 262 000

    262 000

    Images_2 Nouveau record solaire, au Portugal cette fois, le village d’ Amareleja a vu s’installer 262 000 panneaux sur 250 hectares de terrain.
    Ce village est considéré comme le plus chaud du Portugal.
    La capacité passera de 2.5 MW à 46.41 MW, produira 93 GWh d’électricité, la consommation de 30 000 foyers.
    Ce sont des "panneaux tournesol " : 2520 modules de 104 panneaux suivront la trajectoire du soleil.  

    L’investissement total atteint près de 240 millions d’euros, et, il faut le répéter, la seule bonne solution est dans un investissement massif.
    Que ce soit pour ce projet, ou pour les 20 % d’énergies renouvelables prévues au Danemark, il n’y a pas de secret, c’est l’investissement à long terme, sur deux générations.
    A l’heure où l’industrie est présentée comme dévaluée, elle reprend ici ses lettres de noblesses.
    Cela sera vrai pour le solaire, comme pour l’éolien.
    Le nucléaire, lui-même n’aurait jamais décollé sans investissements massifs, et publics, il n’était tout simplement pas rentable, pas amortissable, et avec trop d’inconnus.

  • Floride : panne d’électricité.

    Floride : panne d’électricité.

    Images Nouvelle gigantesque panne d’électricité, en Floride, cette fois.
    Toujours la même cause, un réseau vétuste, à la limite de ses capacités, qui s’arrête suite à un incident bénin.
    2 à 4 millions de personnes privées d’électricité, feux de signalisation éteints, ascenceurs  bloqués, métro, idem…
    Mais la mauvaise foi extrême des autorités est ailleurs :  "Des personnes ont été coincées dans des ascenseurs, mais aucun incident n’est à déplorer, selon les autorités. ".
    Bloqués dans un ascenceur, ou métro hors service, ce n’est pas des "incidents" ?

    Et c’est l’ensemble du dispositif qui s’est arrêté :
    "les deux réacteurs de la centrale nucléaire de Turkey Point ont été mis à l’arrêt, et la panne s’est alors répandue jusqu’à Tampa, dans le Nord de l’Etat. 8 centrales électriques ont été mises hors service  ".
    La cause selon les autorités est  ", un incendie, combiné à une défaillance technique  ", mais absolument rien  de la vérité ne transpire : un défaut d’investissements depuis 30 ans qui fait qu’un incident somme toute bénin prend des allures cataclysmiques.
    Après la crise sud-africaine, chinoise, à qui le tour ?

  • Tartuffe en avion…

    Tartuffe en avion…

    Images_4 Richard Branson a fait voler un de ses avions avec un carburant issu de la noix de coco, et de la noix de babassu.
    Nouvelle absolument nulle et complètement sans intérêt.
    En effet, si techniquement, des tas de choses sont possibles, pratiquement cette pratique est inapplicable économiquement parlant.
    Faire voler quelques avions, c’est possible, mais certainement pas les flottes actuelles.
    La production de coco est elle, trop réduite pour en tirer un volume suffisant.
    Une seule utilisation de la noix de coco à usage de carburant fut attesté dans l’histoire, la guérilla philippine faisait fonctionner ses radios à l’huile de coco pendant la seconde guerre mondiale.  ("les soldats oubliés de Mindanao").

    Pour cet usage réduit et peu important, les ressources locales étaient tout juste suffisantes.
    A ce titre là, le colonel W.  Fertig qui commandait la guérilla demanda que le commandement sud des forces armées américaines prit des opérateurs radios plus rapides, ceux en place, trop lents lui consommant trop de carburant, par des liaisons trop longues…
    Regardons donc le coup de R. Branson, comme il se doit, médiatique, c’est tout.

  • Bloquer South Stream

    Bloquer South Stream

    Mer_noire La reconnaissance du Kosovo présente plusieurs facettes.
    Une d’entre elle est la possibilité de bloquer le projet South stream, et d’avantager Nabucco.
    Enfin, presque.
    D’abord, la clef du conflit, quelle est elle ? C’est qu’une guerre dans les balkans ne déplairait pas à Washington.
    Surtout si c’est une guerre généralisée.
    La Russie dispose du gaz pour South Stream, les USA, n’ont rien à proposer. Leur unique poids, est désormais un poids de nuisances.

    Une guerre dans les balkans reporteraient sine die, le projet south stream aux calendes grecques. Et comme South stream est dix fois plus avancé que Nabucco, sans manipulations, Nabucco n’avait aucune chance.
    Mais ce calcul est quand même cousu de fil blanc.
    La majeure partie du gaz viendra de Russie, Nabucco passe par L’ Iran, et après, par des voies très étroites, facilement coupables, et encore après, en Turquie.
    La Turquie elle même, est en passe d’être déstabilisée par son intervention au Kurdistan.
    La manoeuvre américaine est une politique du pire.
    Parce qu’il peut aussi arriver de nombreux problèmes à Nabucco. Et qu’il faut compter sur la bonne volonté de l’ Iran, qui, comme chacun le sait, ADORE les états-unis.

  • Reçu 5/5 fort et clair.

    Reçu 5/5 fort et clair.

    Images_3 Au Moyen-orient, certains ont compris de suite, ce que signifiait la proclamation unilatérale de l’indépendance du Kosovo.
    Cette indépendance approuvé par les grands benêts de l’union européenne, met fin à la charpente Westphalienne qui organisait depuis 1648 les relations internationales.
    Seule une négociation entre les parties pouvait créer ou modifier les frontières.
    La propagande nationaliste et hitlérienne d’ailleurs se servit amplement de la notion de "diktat de Versailles".
    Aujourd’hui, on en revient, grâce à des demeurés de la politique, à la charpente antérieure : la guerre endémique, entrecoupée de trêves, plus ou moins longues, où seul compte la force. Les relations serbo-kosovars ont déjà pris cette tournure, les relations kurdo-turcs, la prennent, dans une région riche en pétrole.

    10 000 militaires Turcs se sont embarqués pour 4 à 6 semaines en Irak. En compensation, le PKK appelle à la guerre en Turquie.
    Dans les parages passent 300 000 barils jours. On imagine sans peine ce qui peut leur arriver, ainsi qu’au cours du baril de pétrole.
    Comme on le sait, une guerre de 4 à 6 semaines, a plus de chances de devenir une guerre de 4 à 6 ans, et d’entrainer un Moyen-orient déjà peu stable dans un maëlstrom complet.
    Joli coup, pour nos politiciens…