Auteur/autrice : Raymond Bonnaterre

  • Les plantureuses productions de pétrole de l’OPEP commencent à agacer les marchés

    Les plantureuses productions de pétrole de l’OPEP commencent à agacer les marchés

     Les papiers attachés aux cours du pétrole sont devenus des instruments financiers qui se sont totalement détachés des vicissitudes de l'offre et de la demande physique du produit ainsi que de ses niveaux de stocks. Par exemple depuis un an les cours du brut à New-York ont plus que doublé dans un marché à la demande dépressive et à l'offre abondante. Les lecteurs du Blog Energie savent bien que depuis des mois (FIG.), accompagnant la hausse des cours, les membres de l'OPEP se sont assis sur leurs quotas définis en Décembre 2008 et produisent gaillardement 2 millions de barils de plus par jour. A ces données, il faut ajouter les productions non plafonnées de l'Iraq qui seront appelées à croître dans les années à venir avec l'arrivée des pétroliers internationaux auxquels les autorités locales ont confié la mise en valeur d'immenses champs pétroliers. En bref, le marché n'est pas près de manquer de pétrole, le premium pour charger du pétrole en 2015 a fortement baissé, affirme Bloomberg.

    OPEC-prod-quotas

     Le phénomène est amplifié par la confirmation de la poursuite probable de cette poussée de l'extraction par les données chiffrées de Baker Hugues qui constate un accroissement du nombre de forages en ce début d'année dans les pays de l'OPEP. Au prix du baril, on peut comprendre l'empressement de ces membres à vouloir produire plus. Mais à quelques jours de la réunion de l'OPEP qui se tiendra le 17 Mars à Vienne, certaines voix de sages bédouins se sont élevées pour affirmer qu'à ce rythme de croissance des productions les cours risquaient de chuter lourdement.

     Il n'en a pas fallu plus pour que subitement le pétrole perde 1,4$/baril et repasse en-dessous des 80 dollars. Bien sûr, la réunion à Vienne passée, les choses reviendront dans l'ordre et les cours du papier-pétrole pourront reprendre leur ascension pour retrouver les sommets attendus de 96,5 dollars (Goldman-Sachs) puis de 104 dollars en 2012 (Société Générale) et enfin de 150$ en 2014 (Merrill Lynch). La route est toute tracée par de fins stratèges, à moins que l'économie mondiale, minée par cette saignée programmée, ne retombe en crise d'ici là.

     LIRE l'intéressant papier de Bloomberg sur le sujet qui, pour une fois, met en évidence les contradictions de ce marché complètement loufoque et totalement manipulé.

    Le 15 Mars 2010

  • Un exercice de haute école: prévoir l’activité des industries du photovoltaïque

    Un exercice de haute école: prévoir l’activité des industries du photovoltaïque

     Après la débandade des autorités espagnoles en 2008 qui, effrayées par la croissance incontrôlée de la facture, avaient subitement stoppé toutes les autorisations d'implantation de modules solaires sur le territoire, de tristes prévisions d'activités avaient été réalisées pour l'exercice 2009. i-Suppli au mois d'Avril avait prévu un marché 2009 de 3,5GW (LIRE) qui devait succéder au marché 2008 de 6 GW. Nomura Securities pronostiquait également des volumes commercialisés en baisse pour 2009 (FIG.) autour des 5 GW.

     Nomura-2002-2011-2009Rares étaient ceux qui prévoyaient un marché en croissance. Seul peut-être, Gartner, à partir d'une base erronée, prévoyait une croissance en volumes de 24%, pour atteindre 6,4GW en 2009 avec une stagnation du chiffre d'affaires mondial. (LIRE).

    PV-market-2009

     Le résultat qui vient d'être publié par Solarbuzz (FIG.II) indique qu'entre 2008 et 2009 le marché mondial des modules photovoltaïques s'est accru de 6% pour atteindre 6,43GW. Ce marché dopé par la demande germanique en fin d'année voulant profiter des tarifs avantageux encore en vigueur, par une demande italienne soutenue, par une croissance japonaise subventionnée et par une bonne activité américaine, a finalement fait beaucoup mieux que prévu par la plupart des analystes de ce marché.

     Dans ce marché dominé à 74% par les pays européens et leurs aides tarifaires, il est évident que de vouloir avancer tout pronostic sur les activités à venir relève du doigt mouillé. Pour l'instant tout le monde annonce un marché en croissance soutenue, mais seuls les consommateurs qui paient l'électricité au prix fort, pourraient un jour ne plus être d'accord. L'enthousiasme écologique mercantile pourrait se heurter au mur des réalités économiques.

    LIRE le résumé du papier de Solarbuzz

    Le 15 Mars 2010

     

  • La consommation de carburants pour le transport routier va inexorablement décroître en Europe

    La consommation de carburants pour le transport routier va inexorablement décroître en Europe

     L'Europe est un gros importateur en ressources énergétiques fossiles. Les importations de combustibles minéraux publiés par Eurostat indiquent une dépense de 287 milliards d'euros en 2009. La facture croît avec les prix du brut: elle était de 27 milliards d'euros au mois de Décembre dernier, elle avait atteint les 48 milliards d'euros en Juillet 2008 au plus fort de la bulle financière sur les commodities. Il est évident qu'une telle dépense pour l'Europe qui voit de moins en moins de pétrodollars venir se recycler dans son économie au profit de l'Asie, est un formidable frein à son développement. Il lui reste cependant une option importante: réduire à tout prix ses consommations en énergies primaires fossiles et tout particulièrement ses consommations en produits pétroliers dans les transports terrestres. Par exemple, en 2008, ces consommations ont représenté pour la France 44% des 1,946 million de barils/jour de consommations pétrolières. La répartition des consommations totales de carburants entre véhicules légers ou petits utilitaires et poids lourds ou bus était respectivement de 60% et 40%. 

    Mix-europe-2007-2009 

    Sous l'impulsion des mesures financières d'incitations gouvernementales, de la demande de la majorité des consommateurs pour des véhicules à prix réduits et d'une nouvelle approche marketing des constructeurs mettant en avant des véhicules moins polluants et donc moins avides de carburants, un retournement des ventes au profit des petits véhicules s'est nettement dessiné depuis deux ans. En 2009, les ventes des catégories "small" et "lower medium" ont atteint 75% des volumes (FIG.), en parallèle la cylindrée moyenne des voitures neuves commercialisées a fortement chuté et la dispersion entre grands pays s'est considérablement réduite.

     Conséquences de ces évolutions commerciales et technologiques, les émissions nominales moyennes de CO2 des véhicules vendus en 2009 ont fortement chuté (FIG.II).

    CO2-voitures -europe-2006-2009

    Les émissions de CO2 moyennes des véhicules neufs immatriculés en 2009 ont été réduites de 5,1% pour friser les 145 grammes de CO2 au kilomètre. Cette valeur correspond à des consommations moyennes de 6,2 et 5,5 litres aux cent kilomètres pour des véhicules à essence ou diesel respectivement. Si, à partir de la structure du parc automobile français, on suppose que la consommation des voitures et autres véhicules utilitaires mis à la casse en Europe en 2009 consommaient au moins 8 litres d'essence ou 7 litres de gasoil aux 100km, ces véhicules, à taille du parc sensiblement constant, ont donc été remplacés par des véhicules neufs consommant 24% de carburant en moins en moyenne. Les ventes de voitures neuves en Europe en 2009 ont atteint 14,5 millions d'exemplaires soit 6,3% du parc automobile estimé à 230 millions. Il est facile de conclure que de remplacer 6% du parc auto par des véhicules consommant un quart en moins, c'est 1,5% de la consommation de carburant économisé pour l'année suivante, par simple effet de noria.

    Le taux dynamique de remplacement du parc automobile par des voitures de petites cylindrées et de faibles consommations est un élément important et récurrent de réduction des consommations de pétrole en Europe. En partant du modèle français, il peut être évalué à 0,4% des consommations totales de pétrole en 2009. Bien sûr ce paramètre n'est pas le seul à déterminer les consommations de carburants par les voitures en Europe. La circulation totale exprimée en milliards de véhicules kilomètres qui est le produit de la taille du parc par le trajet moyen annuel des véhicules, est un paramètre déterminant. Il va dépendre de l'activité économique, des prix des carburants et du développement des transports en commun. L'Europe et son système de reporting moyenâgeux est incapable de nous donner la moindre information sur le sujet. On sait cependant que pour la France à 553 milliards de km x véhicules, la circulation avait baissé de 1% en 2008. L'autre paramètre est la fluidité du trafic, la qualité des infrastructures routières et le mode plus ou moins sportif de conduite local. L'opposition systématique de mouvements idéologiques bornés à toute amélioration des infrastructures routières n'est pas de nature à faire progresser rapidement ce poste important d'économies. L'introduction des véhicules hybrides est une façon de détourner le problème en offrant une technologie mieux adaptée aux "bouchons écologiques" urbains ou périurbains.

    Pour les poids-lourds, leur activité est étroitement corrélée à l'activité économique et il est connu par ailleurs que cette activité en Europe est très faible. Par contre les ventes de ces poids-lourds ayant fortement régressé le taux de renouvellement du parc est très faible en ce moment. Cependant de bonnes avancées dans l'économie des carburants peuvent être obtenues par l'optimisation de la logistique soit à l'échelle européenne mais aussi à l'échelle d'un pays ou d'une région. L'introduction de structures légères en aluminium par exemple dans la définition des poids lourds (FIG.III, étude d'Alcoa) est également un facteur important d'optimisation de la charge.

    Poids-lourd-alu-alcoa

    De telles solutions sont d'autant plus intéressantes économiquement que les prix des carburants, comme en Europe, sont élevés. 

     Sur douze mois glissants, la consommation de pétrole des pays européens de l'OCDE affiche une baisse continue des consommations (FIG.IV) qui était au mois de Novembre dernier à 14,6 millions de barils/jour soit à 7,4% en-dessous du maximum observé en Octobre 2006. Compte tenu de la conjoncture économique médiocre et des efforts déployés pour maîtiser les consommations de pétrole, ce mouvement de forte chute des consommations, avec une pente d'un million de barils par an, devrait se prolonger sur une partie de 2010.

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     L'Europe et, avec elle, les pays de l'OCDE sont partis pour une décroissance des consommations de carburants qui va se dérouler durant la décennie à venir. C'est pour cela que les agences prévoyant toujours un net rebond des consommations de pétrole mondiales pour 2010 et au-delà se gourent. De plus, leurs prévisions agissant sur la hausse des cours, introduisent elles-mêmes une boucle de régulation négative des consommations comme cela s'est déjà vu en 2008.

    LIRE la présentation d'Alcoa sur le rôle de l'aluminium dans l'équation énergétique des bus et autres poids-lourds.

    Le 14 Mars 2010

  • Les Agences revoient à la hausse les prévisions d’accroissement de consommation de pétrole en 2010

    Les Agences revoient à la hausse les prévisions d’accroissement de consommation de pétrole en 2010

     Les Agences de suivi et de prévision des consommations de pétrole se trompent régulièrement et parfois lourdement dans leurs pronostics. Cela ne les empêche par de persévérer et de revoir tous les mois leurs chiffres à la hausse ou à la baisse. Elles révisent encore par exemple leurs "prévisions" de consommations pour 2009 et émettent des hypothèses sur les variations des consommations entre 2009 et 2010. Il est donc intéressant d'examiner tous les mois où en sont leurs prévisions, bien qu'elles aient de moins en moins d'impact sur l'établissement des cours des produits pétroliers. Au mois de Mars, c'est l'Energy Information Administration (EIA) qui a le plus chamboulé ses prévisions avec un accroissement de 270 mille barils par jour sur la variation 2010/2009 des consommations qui devraient atteindre 1,47 millions de barils/jour (FIG., courbe rouge). L'EIA justifie de nouvelles prévisions à la hausse pour la Chine et le Moyen-Orient sur la base de fortes progressions des PIB, sorte de méthode globale assez empirique. Ces prévisions ont très peu impressionné le marché qui se pose des questions sur la validité des consommations chinoises qui semblent assez floues. Il semblerait, d'après PetroMatrix que le raffinage chinois étant excédentaire, une partie des produits soient mis en stock ou exportés après traitement, ce qui ferait de la Chine un exportateur net de produits raffinés.

    Previsions-pétrole-2010

    L'Agence Internationale de l'Energie (IEA), toujours en pointe, à revu sa prévision 2010/2009 bien que déjà élevée, à la hausse pour la porter à 1,6 million de barils/jour (courbe bleue). Mais plus personne ne se préoccupe réellement de ses publications.

    Paradoxalement, la plus commentée et prise au sérieux a été la nouvelle prévision de l'OPEC qui a revu l'accroissement de consommation de pétrole mondial entre 2009 et 2010 en hausse de 80 mille barils/jour à 0,88 million (courbe verte). 

    Le choix est large, il va quasiment du simple au double et chacun peut choisir son meilleur pronostic. Personnellement j'ai plus tendance à croire en la courbe verte autour de 800 mille barils/jour.

    Remarque: ces prévisions mondiales de consommations pour 2010 qui sont au mois de Mars de 85.24 (OPEC), 85.51 (EIA) et 86 (IEA) millions de barils/jour, englobent le pétrole brut, les gaz comprimés liquéfiés et les biocarburants. Les variations 2010/2009 représentent celles de la demande finale. Pour avoir la variation de la demande en pétrole il faut intégrer une hypothèse de variation des usages de biocarburants. Entre Janvier 2009 et Janvier 2010 la production mondiale de biocarburants est passée de 1,68 à 1,93 millions de barils/jour. En supposant cet accroissement constant tout au long de 2010 il faut donc soustraire 0,25 million de barils aux chiffres indiqués pour avoir la pression exercée sur la ressource pétrolière.

    Le 12 Mars 2010

  • Tirée par le poste énergie, la progression de la production industrielle de la Zone Euro séduit les médias

    Tirée par le poste énergie, la progression de la production industrielle de la Zone Euro séduit les médias

     Les Gazettes affichent à grands caractères la bonne nouvelle: la production industrielle de la Zone Euro a progressé de 1,7% au mois de Janvier par rapport au mois précédent. Bien sûr, il n’est pas question de se plaindre que la mariée est trop belle, mais le maquillage y est pour beaucoup. En effet dans cet indicateur figure la consommation énergétique; or, en raison de la variabilité naturelle du climat et de la complexité des mécanismes météorologiques mis en jeu, il a fait très froid sur l’ensemble de l’hémisphère nord au mois de Janvier et donc sur l’Europe. Cela s’est vu sur l’indice français de production industrielle en progression de 1,6%, composé d’un poste « industries extractives, énergie, eau » en hausse de 5,6%, d’un poste « industrie manufacturière » en hausse de 0,8% seulement et enfin d’un poste « construction » en baisse de 0,1%. Ce qui est vrai pour notre pays semble l’être pour la Zone Euro. En effet une analyse plus fine de la publication d’EUROSTAT montre que la variation mensuelle de l’indice « énergie » à +2,6% au mois de Janvier, doit jouer un rôle déterminant dans cette croissance annoncée.

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     Une analyse graphique du comportement industriel de l’Allemagne et de la France (FIG.) montre que le processus de rétablissement de la France est toujours très lent (courbe rouge) et que celui de l’Allemagne stagne depuis cinq mois consécutifs (courbe violette). Avec la fin des intempéries et un moindre impact du poste énergie, il faudra s’attendre donc à une poursuite de ce processus de stagnation industrielle des plus inquiétants.

    LIRE le communiqué d’EUROSTAT.

    Le 12 Mars 2010

  • Les immenses ressources mondiales de gaz naturel vont complètement modifier l’équation énergétique mondiale

    Les immenses ressources mondiales de gaz naturel vont complètement modifier l’équation énergétique mondiale

    Le CERA vient de publier un papier sur la nouvelle équation énergétique des Etats-Unis qui ont découvert depuis quelques années qu'ils disposent d'énormes réserves de gaz naturel soit sous forme conventionnelle en Alaska ou dans le Golfe du Mexique, soit sous forme de gaz de schistes. Ces derniers représentent aujourd'hui 20% des extractions de gaz américaines, en 2035 le CERA pronostique qu'elles devraient représenter 50% des volumes de gaz naturel extraits du sous-sol. Dans le même temps, en raison du prix de revient faible de ce gaz (5$/MMBTU), de sa bonne performance écologique comparée à celle du charbon par une réduction de moitié au moins des émanations de CO2 et de la flexibilité de sa mise en oeuvre en backup des énergies renouvelables, l'utilisation du gaz naturel pour produire de l'électricité aux Etats-Unis devrait doubler.

    Monde-gas-shale

    Ce que pronostique le CERA pour les Etats-Unis est également valable pour de vastes régions du monde qui vont avoir de plus en plus accès au gaz naturel provenant de sources les plus diverses. Soit issu de gisements classiques (Europe, Russie, Moyen-Orient, Afrique, Australie) avec un acheminement par gazoduc ou sous forme de GNL. La liquéfaction pourra être réalisée à bord de navires usines pour les gisements offshores (LIRE). Soit issu de schistes qui sont largement abondants dans le monde (FIG.). Tous les continents disposent d'immenses gisements de schistes susceptibles de se transformer en d'immenses ressources prouvées de gaz naturel. Outre la Russie, l'Amérique du Sud, l'Afrique et l'Australie il est important de noter que la Chine dispose de larges réserves de schistes qui pourraient lui servir un jour de ressource énergétique moins polluante que le charbon utilisé massivement aujourd'hui.

    Parmi les modes d'utilisation de ce gaz naturel, c'est bien sûr la génération d'électricité couplée aux énergies renouvelables qui est la principale candidate. Mais il ne faut pas oublier les transports routiers en particulier pour les bus et les poids lourds qui en mode d'alimentation uniquement au gaz pour les véhicules urbains ou en mode d'alimentation mixte gaz-gasoil pour les poids au long cours (LIRE) permettrait de réduire significativement les consommations mondiales en produits pétroliers.

    LIRE le résumé de l'étude du CERA

    LIRE la très intéressante présentation de Richard Newell sur ce sujet à Amsterdam en début de ce mois

    Le 11 Mars 2010

  • INSEE: le poids des mots, le choc des graphiques

    INSEE: le poids des mots, le choc des graphiques

    N'est-ce pas parfois manquer d'objectivité que d'analyser les phénomènes de trop près?

    Un exemple:

    INSEE-ind-manufact-2010-01

    ou encore:

    INSEE-mat-transport-2010-01

    et la cerise sur le gâteau:

    INSEE-automobile-2010-01

    LIRE le communiqué de l'INSEE sur le sujet

    Le 10 Mars 2010
       

  • Confirmation au mois de Janvier de l’apathie du commerce extérieur allemand

    Confirmation au mois de Janvier de l’apathie du commerce extérieur allemand

     Tout se passe comme si le monde n'avait plus besoin des équipements et des fournitures européens trop chers, trop sophistiqués, trop datés sinon dépassés. La France a validé cette évidente constatation avec son échec devant les coréens pour la vente d'une centrale nucléaire, la rumeur semble dire qu'il en serait de même devant les chinois pour la fourniture de TGV à l'Arabie Saoudite. Sans parler des avions ravitailleurs EADS pour l'armée de l'air américaine, pour lesquels l'obstacle, totalement politique et désinvolte, montre ainsi la faible importance qu'attache l'Administration américaine à ses bonnes relations avec l'Europe. L'Europe du libre échange et de la libre concurrence, en phase de repli sur elle même, se retrouve complètement larguée. Cette tendance se retrouve même dans les chiffres du commerce allemand avec le reste du monde dont les exportations ressortent en repli, par rapport à celles du mois de Décembre (-6%), stables par rapport à celles du triste mois de Janvier 2009 et donc en retrait à euros courants de 23% par rapport aux valeurs du mois de Janvier 2008 (FIG., en pointillés les valeurs brutes). La part de ces exportations pour les deux tiers en direction de l'Europe étouffée par un euro germanique est en léger repli (-1,1% dont -2,1% pour l'eurozone) et la part vers le reste du monde est en légère progression (+2,5%) par rapport à il y a un an.

    Allemagne-export-2008-2010-01

     Ces valeurs sont à rapprocher, pour les deux premiers mois de 2010, à la progression de 31% des exportations chinoises à 204 mrds$ et aux 64% de progression des importations à 182 mrds$. Bien sûr Audi et autres Daimler font des exploits…mais en Chine.

    Ce résultat, pour un peuple bosseur qui se serre la ceinture depuis des années dans le but de favoriser ses exportations, doit être excessivement décevant. L'euro serait-il devenu trop cher pour l'économie allemande? En tous les cas, il l'est devenu pour ses clients.

    LIRE la statistique allemande sur le sujet.

    Le 10 Mars 2010

  • Photovoltaïque: Showa Shell présente la deuxième génération de modules en couches minces CIGS

    Photovoltaïque: Showa Shell présente la deuxième génération de modules en couches minces CIGS

    Solar-frontier-showa-shell  Shell, au travers de sa filiale japonaise Showa-Shell, veut devenir un des leaders mondiaux du photovoltaïque. Pour cela depuis des années, les équipes ont décidé de se focaliser sur la technologie en couches minces de type CIGS (Cuivre Indium Gallium diséléniure). Cette technologie, d'une maîtrise apparemment complexe, présente l'avantage majeur de présenter un formidable potentiel d'amélioration au cours du temps, en raison de ses propriétés fondamentales qui lui confèrent une sensibilité spectrale élevée sur un large spectre visible et infrarouge (LIRE). Pour affirmer ses ambitions Showa-Shell vient de présenter, à PV EXPO 2010 à Tokyo, sa nouvelle gamme de modules de deuxième génération qu'il a l'intention de produire massivement dès 2011 dans sa nouvelle usine japonaise de Miyazaki. Ces produits seront commercialisés sous la marque mondiale Solar Frontier et se présenteront sous la forme de modules de surface accrue (1255 X 977 mm) par rapport à la gamme Solacis actuelle (1200 X 600 mm). Cet accroissement de la surface des modules illustre la progression de l'industriel dans la maîtrise des procédés. Le taux de conversion annoncé est de 13,3% en 2011, de 14,2% en 2012. Il est même envisagé pour 2014 d'atteindre des taux de conversion de 15% au travers d'une troisième ou quatrième génération de produits.

    L'objectif clairement affiché de Showa-Shell, grâce à une approche mondiale du marché, est d'entrer en 2012 dans le club des happy-few producteurs en Gigawatt. Pour cela il va devoir se heurter à certains concurrents déjà bien en place dans les technologies économiques en couches minces comme First Solar. Mais il disposera pour réussir de deux avantages déterminants: la performance technique et une maison-mère riche et puissante.

    LIRE le communiqué de Showa-Shell

    Le 10 Mars 2010

  • Photovoltaïque: le chinois Yingli voudrait entrer dans le club des producteurs en gigawatt

    Photovoltaïque: le chinois Yingli voudrait entrer dans le club des producteurs en gigawatt

    Yingli Produire annuellement au moins un gigawatt de modules ou de cellules photovoltaïques fait partie des impératifs de survie des grands acteurs industriels du secteur. Sur une base d'un prix du Watt attendu vers 1,5 dollar, cela conduit à un CA annuel autour de 1,5 milliard de dollars ou d'un milliard d'euros nécessaire au maintien d'un programme de R & D indispensable dans un domaine technologique à évolution rapide et où les réductions de coûts par watt sont existentielles. En 2009 le seul industriel au monde ayant atteint ce seuil important est l'américain First Solar avec sa technologie en couches minces au Cd-Te et des usines asiatiques, américaines et européennes, équipées de lignes standard de 50 MW. C'est aujourd'hui le produit qui offre le meilleur rapport performance/prix pour les grandes installations photovoltaïques. En 2010, si le marché subventionné se développe comme prévu par cette industrie, le japonais SHARP et le chinois Suntech devraient rejoindre ce club très fermé des producteurs en gigawatt. Un autre chinois Yingli à l'intention de se doter d'une telle capacité de production en 2010. Ce quatrième larron vient de publier des informations sur son activité 2009 qui mettent en évidence une formidable croissance en volume de 87% pour atteindre 525 MW de modules ou cellules commercialisés. Tout cela pour afficher une croissance de chiffre d'affaire de 4% seulement en raison de la baisse des prix qui conduit à un score de 2,02 $/Watt.

    La seule stratégie possible pour Yingli comme pour ses homologues est la course au volume. Il prévoit donc d'atteindre en 2010 les 950MW à 1 GW en volumes commercialisés grâce à des investissements de capacité en cours d'installation. Bien sûr Yingli, comme ses homologues, compte vendre ces volumes en Allemagne et plus largement en Europe, ce qui bien évidemment pose le problème du réalisme de ces hypothétiques projections.

    Après la publication des chiffres trimestriels de Yingli, son cours à New York a reculé de 6% à 12.15$. Le Green Business lorsque les prix de marché s'effondrent ressemble étrangement à un marché de composant parmi bien d'autres.

    LIRE les résultats de Yingli.

    Le 9 Mars 2010