Catégorie : actualités

  • Stagnation de la production industrielle en Allemagne et en France au mois de Février

    Stagnation de la production industrielle en Allemagne et en France au mois de Février

     Il doit y avoir un bug dans le logiciel d'Eurostat qui annonce, pour le mois de Février, une croissance de 0,9% de la production industrielle dans la Zone Euro avec des chiffres de croissance nulle ou négative pour la plupart des grands pays qui la composent: Allemagne (-0,1%), France (0%), Italie (0%), Espagne (-0,1%), Pays-Bas (-2,3%). Le Luxembourg affiche bien une progression de 3,6% mais il n'est pas évident que cela suffise à rétablir la balance.

     Si l'on en croit les chiffres publiés, il apparaît donc une profonde stagnation de la production industrielle allemande depuis le mois de Septembre 2009 (FIG.). Quand à la progression de la production industrielle française durant la même période, elle est vraiment discrète.

    Prod-industrielle-Allem-France-2008-2010-02

    LIRE le communiqué d'Eurostat.

    Le 15 Avril 2010

  • Allemagne: stabilité du chiffre d’affaires dans l’industrie manufacturière au mois de Février

    Allemagne: stabilité du chiffre d’affaires dans l’industrie manufacturière au mois de Février

     Le chiffre d'affaires de l'industrie manufacturière allemande manque de tonus. Il affiche depuis plusieurs mois une stabilité inquiétante avec une valeur (CVS, CJO) de son index à 95 pour une base 100 en 2005 (FIG.I, courbe marron). La composante de l'activité intérieure (courbe rouge) est en baisse (-0,3% en Février) celle de la composante exportation (courbe rose) est en progression (+0,3% en février après +0,4% et +1,1% les deux mois précédents). Mais cette part des exportations est elle-même très contrastée avec une décroissance de 1,1% des facturations vers la zone euro au mois de Février et une croissance de 1,5% vers le reste du monde.

    FIG.I : Chiffre d'affaires de l'industrie manufacturière allemande (Destatis, base 100 en 2005)

    Allemagne-CA-industrie-manufacturière-2002-2010

     La décroissance des facturations de l'industrie manufacturière allemande vers l'ensemble de la zone euro, y compris l'Allemagne, illustre et explique la stagnation économique de l'Europe. Ces pays pas sérieux de l'Europe méditerranéenne ("le Club Med") qui hérissent tant le poil des dirigeants allemands, sont aussi ses clients les plus importants. Alors il va bien falloir faire preuve de solidarité…par force. Après tout, les dirigeants chinois aident financièrement les Etats-Unis pour leur fourguer leurs exportations et assurer l'emploi en Chine. Un scénario de ce genre devra être un jour mis en place par l'Allemagne vis à vis de ses clients les plus fragiles de la même zone monétaire, sous peine de régression de l'ensemble de la zone.

    FIG.II : Commerce extérieur allemand: la baisse des importations en 2009 a permis de conserver une balance commerciale excédentaire malgré la chute des exportations (Destatis)

    Allemagne-commerce-extérieur-2008-2010 

     Il faudra que le leader de la zone euro se résigne à investir ses copieux excédents commerciaux, 12,6 mrds d'euros pour le seul mois de Février dernier (FIG.II) dans les "bonds" grecs, portugais, espagnols, irlandais… ou français. Dankeschön!

    LIRE le communiqué de Destatis sur le sujet.

    Le 9 Avril 2010

  • Les cours du pétrole-papier sont favorables à un accroissement de l’offre et à une limitation de la demande

    Les cours du pétrole-papier sont favorables à un accroissement de l’offre et à une limitation de la demande

     Tout le monde a bien compris que les cours du pétrole-papier et autres commodities associées, instruments de couverture contre la dépréciation du dollar et de diversification de portefeuille, sponsorisés par des taux financiers administrés voisins de zéro, sont repartis dans une phase de croissance, ou rallye, jusqu'à ce que la nouvelle bulle spéculative n'éclate sous l'impact destructeur, pour les économies mondiales, de ces accroissements programmés et immodérés des cours. C'est ainsi que notre ami Jeffrey Currie de Goldman, après avoir expliqué que la pénurie était proche, prédit un pétrole à 96,5 $/baril dans les 12 mois à venir. (Appréciez la virgule qui ajoute à la crédibilité de la prédiction quasiment scientifique). Ces derniers jours, il n'a fallu qu'une légère détente du dollar contre les autres monnaies, pour voir immédiatement repartir ce rallye sur le pétrole démarré il y a un an déjà. Les blablas de l'IEA sur le prix optimal du pétrole, qui serait entre 70 et 80$/baril, doivent faire doucement sourire les teneurs de Marché qui sont en ce moment au-dessus des 84$/baril.

     Il y a bien sûr dans ce mouvement de hausse des cours tous les éléments pour soutenir l'offre. Aucun pays membre de l'OPEC ne refuserait de vendre un baril de plus de pétrole à ces prix là. Les vannes sont largement ouvertes, même si formellement les quotas de Décembre 2008 sont toujours en vigueur. Quand aux pays NON-OPEC tels que la Russie ou le Brésil, ils feront tout pour participer à la fête. Plus aucun pétrolier ne réduit ses investissements dans l'exploration-production. On voit même l'administration Obama vouloir étendre peu à peu le domaine d'exploration-production accessible dans l'offshore américain au large de la Virginie et au plus près (125 miles au lieu de 235) des côtes de Floride. Il est évident que la volonté de satisfaire à la demande de pétrole est intacte dans le monde des Compagnies Pétrolières. C'est leur job et leur gagne pain.

     Mais il y a l'autre versant qui est la demande. Et là les choses sont beaucoup plus complexes puisque la demande mondiale est la résultante de deux importants mouvements l'un à la hausse, provenant des pays qui se développent (Chine, Inde, Moyen-Orient, Brésil,…) et l'autre à la baisse qui concerne les pays les plus riches de l'OCDE en phase de réduction de leur formidable gaspillage énergétique. Bien sûr les prix des produits pétroliers à la pompe ainsi que la montée en puissance des biocarburants qui apporte 2 millions de barils/jour, agissent sur cette demande.

    Import-US-énergie-1999-2009

    FIG.  Les importations d'énergie des Etat-Unis sont passées en-dessous de leur niveau de 1999. (Rem.: un quadrillion de BTU vaut 293 TWh thermiques) 

     Pour illustrer l'impact de cette forte baisse de la demande, bien souvent sous-estimée, il est intéressant de bien mesurer ce qui s'est passé aux Etats-Unis depuis quatre ans. Entre 2005 et 2009, les importations nettes d'énergie des USA nous dit l'EIA sont passées de 30,1 QBTU à 22,8 QBTU ce qui représente une baisse de 24% en quatre ans (FIG., courbe rouge). Parmi les diverses composantes de ce retrait, ce sont les importations nettes de pétrole et de produits pétroliers qui apportent la contribution majeure avec une chute de 26,8 QBTU à moins de 21 QBTU (FIG., courbe noire) soit une baisse de 22%. Le restant est imputable à la baisse des importations de gaz naturel dont les Etats-Unis regorgent. Ces baisses d'importations sont dues à la décroissance des consommations de pétrole par les foyers et les industries américains, à la montée en puissance des biocarburants, à l'accroissement des productions autochtones de pétrole (Golfe du Mexique) et de gaz naturel (gaz de schistes).

    A partir de cet exemple, amplifié par les baisses de consommations de pétrole au Japon et en Europe, il est possible de pronostiquer, en opposition avec les grandes officines de prévision, que les consommations de pétrole dans le monde vont rester globalement stables et qu'elles pourraient reprendre même leur mouvement de détente si les prix poursuivent leur ascension spéculative. Cela va se traduire par une stagnation des volumes consommés et donc produits. Certains appelleront ce phénomène peak oil …mais peu importe. Il sera porteur de la prochaine crise économique.

    Le 1er Avril 2010

  • Les chiffres de croissance du fret aérien publiés par l’IATA sont embellis par un effet de base trompeur

    Les chiffres de croissance du fret aérien publiés par l’IATA sont embellis par un effet de base trompeur

     Le fret aérien en Europe s'est accru en Février 2010 de 7,2% par rapport à celui du même mois de 2009 informe l'IATA. Bravo me direz-vous? Mais cette institution oublie de nous dire que ce même fret en Février 2009 avait plongé de 23% par rapport à celui de 2008. Il résulte de ces deux effets antagonistes que le fret aérien en Février 2010 a baissé de 17% par rapport à celui du même mois de 2008 qui, il est vrai, avait compté un jour de plus.

    Fret-aerien-asie-2010-02

     Un simple travail de correction de base, opéré en ramenant les variations d'activité par rapport à il y a deux ans, donne une image beaucoup plus pertinente du fret aérien en ce début de 2010 (FIG.). Il ressort que le fret en Asie a d'ors et déjà rejoint puis dépassé l'activité du début de 2008, d'avant crise (courbe rouge). En revanche, le fret en Europe est toujours aussi déprimé (courbe violette) ce qui est en accord avec les derniers chiffres connus d'activité commerciale de cette région avec le reste du monde. L'Europe ne s'est toujours pas remise de la dépression de l'hiver 2008-2009. Compte tenu du caractère avancé de cet indicateur, cela signifie que le premier semestre économique en Europe va poursuivre sa lente convalescence qui ressemble étrangement à une stagnation.

    LIRE le communiqué de l'IATA.

    Le 30 Mars 2010

  • France: malgré un progrès en fin 2009, le PIB est loin d’avoir retrouvé ses niveaux d’avant crise

    France: malgré un progrès en fin 2009, le PIB est loin d’avoir retrouvé ses niveaux d’avant crise

     L'INSEE publie les chiffres du PIB du dernier trimestre 2009 qui apparaissent en progression en volume de 0,59% par rapport au trimestre précédent mais en régression de 0,26% par rapport à il y a un an et de 1,9% par rapport au dernier trimestre 2007 (FIG.). Sur l'ensemble de 2009 ce PIB chaîné, c'est à dire calculé avec les prix de l'année précédente, ressort en retrait de 2,2% à 1607 milliards d'euros.

    PIB-France-2009-T4

     Cette croissance de 0,6% du dernier trimestre 2009 ne doit pas faire impression. Elle résulte en particulier d'une contribution des variations de stocks de 1% (le destockage est terminé), d'une contribution négative du solde du commerce mondial de -0,8% en raison d'exportations inchangées par rapport au trimestre précédent et d'importations en vive croissance de 3,2% (Rem.: la prime à la casse a fortement stimulé les importations de voitures). Enfin les dépenses de consommation des ménages ont progressé de 1% ce qui s'accompagne d'une légère baisse du taux d'épargne financière des ménages, qui passe de 7,7% du revenu disponible brut au T3 à 7,3% pour le dernier trimestre. Ces chiffres indiquent que les Français épargnent encore durant ces périodes troublées. Rappelons que ce taux était de 5% avant la crise.

     Bien entendu toutes ces données ne sont guères porteuses d'optimisme et montrent les limites de la politique de relance qui favorise largement les importations, pour un faible bénéfice des acteurs économiques locaux.

    LIRE le communiqué de l'INSEE, dont le titre "Fin 2009, le PIB accélère" ressort de la Méthode Coué.

    Le 30 Mars 2010

  • La Zone euro plombe le commerce mondial entraîné par la locomotive asiatique

    La Zone euro plombe le commerce mondial entraîné par la locomotive asiatique

     Le "Netherlands Bureau for Economic Policy Analysis" publie tous les mois les résultats d'une étude sur le commerce mondial par grandes zones. Il ressort de cette étude quelques points forts tels que:

    – le rôle moteur de l'Asie (hors Japon) sur la lente reprise du commerce mondial qui patine au mois de Janvier. Le rapport confirme que les importations asiatiques croissent plus vite que les exportations ce qui est en accord avec le retour vers l'équilibre de la balance commerciale chinoise, par exemple.

    Commerce-mondial-Asie-2010-01

    – la position de dernier de la classe de la Zone euro dans ce classement.

    Commerce-mondial-Europe-2010-01 

    – la reprise des exportations japonaises tirées par le dynamisme asiatique

    Commerce-mondial-Japon-2010-01

    CONSULTER ce rapport sur cpb.nl

    Le 30 Mars 2010
      

  • Un nouvel écueuil dans les flots des prévisions climatiques: le flux du Gulf Stream irait en accélérant

    Un nouvel écueuil dans les flots des prévisions climatiques: le flux du Gulf Stream irait en accélérant

     C'est la NASA qui nous informe que Josh Willis du Jet Propulsion Laboratory de Pasadena par des mesures satellitaires altimétriques et des données locales du réseau ARGO sur les courants océaniques, menées le long du 41ème degré de latitude, ligne passant par New York et le nord du Portugal, vient de montrer qu'entre 2002 et 2009 il n'avait décelé aucune variation significative du flux des courants océaniques dans l'Atlantique Nord (autour de 15,5 millions de m3 par seconde). Reprenant d'anciennes mesures altimétriques remontant à 1993, l'auteur de cette étude conclut que les données antérieures laissent à penser que le flux, en opposition avec les prédictions de certains travaux de simulations climatiques, se serait accru de près de 20%. Ces phénomènes seraient peut-être dus à une phase de cycles naturels, commente Willis.

    Thermohaline-circulation-2

    Décidément, les faits sont têtus et ne veulent absolument pas étayer d'hypothétiques conclusions issues de travaux apparemment rudimentaires, sinon erronés qui annoncent le ralentissement du Gulf Stream et le retour plus ou moins rapide vers une nouvelle aire glacière. Alors pour ceux qui prévoient audacieusement, à l'aide de ces travaux de simulation, le climat qu'il fera en 2050 à Ouagadougou, peut-être feraient-ils mieux d'aller à la pêche…le long des golfes clairs, baignés par le Gulf Stream?

    LIRE le papier de la NASA sur le sujet et le résumé paru dans Geophys. Res. Lett. qui précise les chiffres mesurés.

    Le 29 Mars 2010

  • Le patron de Siemens à la recherche de la solution pour résister face à la concurrence asiatique

    Le patron de Siemens à la recherche de la solution pour résister face à la concurrence asiatique

    Ne vous-y trompez pas! L'industrie allemande triomphante c'était avant la crise, avant l'euro trop fort, avant le décollage de l'Asie qui voulait alors s'équiper à tout prix. Alors les grands patrons d'industrie allemands se posent des questions sur comment tenir le coup face à la concurrence américaine et asiatique. C'est le cas de Peter Löscher qui publie une interview dans le Financial Times de ce matin. "Siemens seeks to stead ahead of Asian rivals", annonce le titre. Il cherche à rester devant dans une ambiance de surcapacité de ses clients potentiels et de reprise molle (sluggish). Et pour Löscher il n'y a qu'une approche pour résister: garnir ses offres de prestations de services qui lui assurent une meilleure rentabilité et des revenus récurrents. Assurer la maintenance du parc d'équipements commercialisé semble être la voie à suivre. C'est ce qu'il fait dans les éoliennes offshore dont Siemens est leader mondial. Mais quels que soient les propos rassurants de ce capitaine d'industrie, un examen des entrées de commandes trimestrielles de Siemens, depuis un peu plus de deux ans, illustre parfaitement la chute des commandes observée sur les quatre trimestres consécutifs à cheval sur 2008-2009. Malgré une certaine reprise au cours du deuxième semestre 2009, la tendance n'est pas terrible. Je vous propose donc de remplacer le portrait de PL du Financial Times par cette courbe…c'est beaucoup plus parlant.

    Siemens-commandes

    LIRE l'interview de Peter Löscher.

    Le 25 Mars 2010 

  • Zone euro: les entrées de commandes à l’industrie se traînaient au mois de Janvier vers des niveaux de 2004

    Zone euro: les entrées de commandes à l’industrie se traînaient au mois de Janvier vers des niveaux de 2004

    Eurostat publie les données d'entrées de commandes à l'industrie manufacturière du mois de Janvier dans la Zone euro. Elles ressortent pour une base 100 en 2005 à l'indice 91,5. C'est le niveau qui préexistait six ans en arrière (FIG.).

    Entrées-commandes-2010-01

    Les petites variations d'un mois sur l'autre n'ont que bien peu de signification. On sait par exemple que cet indice avait été artificiellement gonflé pour la France au mois de Décembre par les commandes anormales d'automobiles. Une comparaison par rapport à il y a deux ans, en Janvier 2008, montre que cet indice a chuté de 26%. Il ressort à 85,9 pour la France et à 97,3 pour l'Allemagne.

    Ces chiffres confirment le manque de dynamisme industriel de la Zone euro où il est nécessaire encore d'aligner 4 dollars pour acheter 3 euros et dans laquelle chacun prépare en sous-main son plan de rigueur sur le modèle de celui de la Grèce. Il y a dans cette nonchalance un élément de limitation macroéconomique naturel des cours mondiaux du pétrole et autres commodities, qui neutralise les effets des excès chinois. Dans le contexte actuel l'économie européenne supporterait-elle une envolée des cours du brut? C'est peu probable, tout au moins pour les Etats les plus fragiles.

    LIRE le communiqué d'Eurostat.

    Le 24 Mars 2010

  • France: les commandes à l’industrie perdent 9 points en Janvier avec la baisse du dopage des ventes d’automobiles

    France: les commandes à l’industrie perdent 9 points en Janvier avec la baisse du dopage des ventes d’automobiles

     Au mois de Décembre dernier les commandes à l'industrie française avaient connu une embellie, tirées par les commandes opportunistes d'automobiles à la veille d'une baisse des primes d'Etat. L'indice INSEE, base 100 en 2005, était passé de 83.2 en Novembre à 96.3 en Décembre (+13,5 %): la reprise était en marche. Mais voila, il faut déchanter: au mois de Janvier l'indice qui revient à 85,9 soit -9,4%, se positionne ainsi sur une tendance de reprise très molle de l'activité (FIG.).

    Entrées-commandes-France-2010-01

    Ces valeurs d'entrées de commandes permettent d'anticiper une reprise d'activité de l'industrie manufacturière en France très indolente tout au long du premier semestre.

    LIRE le papier de l'INSEE sur le sujet.

    Le 19 Mars 2010