Catégorie : énergie fossile

  • Où va le pétrole, où vont nos sociétés ?

    Où va le pétrole, où vont nos sociétés ?

    ImagesLes deux scénarios de Goldman Sachs sont inquiétants et quasi révolutionnaires.
    Nos sociétés, économiquement, sont bâtis sur la consommation énergétique en général, et surtout sur l’automobile.
    Enlevez cette industrie en France, il ne reste quasi rien.
    C’est pour cela que la récente augmentation est porteuse d’orages et de nuées.
    Bien sûr, il faut réduire les consommations, bien sûr, il faut

    passer à un autre genre de civilisation, mais le tout est de savoir si on le fait sauvagement ou de manière organisée.
    Les deux scénarios sont l’alternative du choix.
    Si les prix se maintiennent, on peut investir et modifier l’avenir de manière civilisée.
    Dans le cas d’une montée exponentielle, la chute sera exponentielle aussi.
    Bien des pays d’ailleurs, ne s’en relèveront pas.
    Ce sera une crise par tâches, comme en connait le tiers monde. Un pays s’effondre de l’intérieur.

    Mais il faut bien observer la courbe. Nous sommes bel et bien dans une bulle énergétique, comme dans une bulle nourriture. La montée jusqu’au ciel est exclue.

  • La mécanique infernale…

    La mécanique infernale…

    Famine_1847 Ou bien moins qu’hier et bien plus que demain.
    la mécanique infernale se met en place sur le monde.
    Cet enfer sur terre s’appelle l’économie de marché.
    Céréaliers et riziculteurs produisent ce qui est susceptible d’être vendu. Comme les prix multipliés par 5 ont appauvris une multitude de personnes.
    Moins d’acheteurs (solvables) et sa conséquence, c’est la réduction de la production. Pas l’augmentation.
    La famine risque d’être pire demain.
    Regardez le Zimbabwé. Les prix flambent, mais la production s’effondre. Salaires bloqués et/ou inexistants ont ramenés l’agriculture à ce qu’elle était au départ.

    C’est à dire une agriculture de survie, jardinière et paysanne, mais pas plus.
    Si encore, on a conservé quelques semences.
    Le gouvernement de Mugabe espérait réduire la population de moitié. Ce ne sera pas de moitié, mais de 90 %.
    Les greniers sont vides et n’importe quel incident vient aggraver le problème.
    Regardez la Birmanie. Un cyclone, 100 000 morts, et pire, la destruction de la récolte, en Birmanie et dans l’ Océan indien, combien ses voisins, Bangladesh et Thaïlande ont ils été touchés ?
    La Thaïlande, est d’ailleurs le dernier gros exportateur de riz.
    Elle venait de liquider ses stocks pour casser la hausse…
    Aux temps anciens, pas si anciens d’ailleurs, du 18° siècle, la production était quasi-entièrement autoconsommée. Le marché, qui touchait si durement la population par ses soubresauts ne concernait que des quantités marginales 15/20% au maximum.

  • TOTAL: un trimestre en roue libre

    TOTAL: un trimestre en roue libre

                                 Les résultats de Total sont globalement décevants, mais pas plus que d’habitude, me direz-vous? Les productions de liquides (pétrole + condensats de gaz) du premier trimestre sont en baisse de 41 mille barils par jour par rapport à celles enregistrées au même trimestre 2007. Les légers progrès africains (+37 mille barils/jour) étant plus qu’effacés par la chute de 20% des productions en Europe (-74 mille barils/jour). Les productions de gaz ont progressé de 4% par rapport au premier trimestre mais ont régressé de 1,6% par rapport à celles du quatrième trimestre 2007. Globalement les productions sont stables (FIG.)Total2008t1

                    Dans un marché ou les prix de vente des liquides ont augmenté de 65% en un an et celles de gaz de 17%, la croissance de 39% des résultats de l’Amont est largement écornée par la baisse de 56% des résultats de l’Aval (raffinage et distribution) mais aussi par la baisse de 43% des résultats de la Chimie. Les volumes raffinés ont baissé de 1,3%, les volumes de ventes de produits raffinés ont baissé de 3,6%.

                    Le taux moyen d’imposition sur le résultat net ajusté de l’amont à augmenté de deux points à 62,3% et celui du Groupe de 5,4 points à 59,4%.

                    Le Cash ajusté de 4,3 milliards d’euros n’est en progression que de 0,2 milliards en un an malgré la hausse des prix. Ramené au baril de pétrole équivalent produit durant ce trimestre ce cash représente 19,6 euros par baril extrait, en progression d’un seul euro par baril par rapport à il y a un an.

                     En conclusion la formidable augmentation des prix du gaz et du pétrole en un an n’apparaît pratiquement pas dans les résultats trimestriels de Total en raison de la baisse des cours du dollar, de la montée des taux d’imposition, des résultats piteux de la Chimie et du Raffinage et de la baisse des productions de liquides. Il n’y a vraiment  pas de quoi à pavoiser, messieurs les Directeurs.

    Le 7 Mai 2008

  • Grande-Bretagne: les prix à la production industrielle tributaires des prix de l’énergie

    Grande-Bretagne: les prix à la production industrielle tributaires des prix de l’énergie

                                      La Grande-Bretagne a bâti une partie de son expansion économique des 40 dernières années sur les ressources de gaz et de pétrole de la Mer du Nord. Malheureusement  la déplétion de ces ressources et l’inexorable ascension des prix des ressources énergétiques carbo-polluantes agissent depuis quelques années négativement sur la santé économique de ce pays. Importatrice des trois quarts de son charbon, importatrice nette de gaz et de pétrole, le renchérissement de ces sources d’énergies impacte de plein fouet les prix industriels britanniques.Prodindus_3

                         Les indices des prix à la production industrielle publiés par Eurostat en témoignent. Il suffit de comparer les indices (base 100 en 2000) des prix industriels hors construction avec et sans énergie et de les comparer avec ceux de la France en mars 2008 (FIG.). Alors que la variation de l’indice de la France comprenant les prix de l’énergie (17,9%) est majoré d’un tiers environ par rapport à la variation des prix hors composante énergétique (+13,3%). Pour la Grande-Bretagne les variations des prix à la production industrielle sont multipliés par 2,3 (39,5/16,9) par rapport à celle de l’indice sans composante énergétique.

                       Ces comparaisons simples montrent le grand désarroi énergétique dans lequel se trouve aujourd’hui la Grande-Bretagne qui a enfin décidé de prendre une nouvelle orientation dans ses choix énergétiques, en décidant de moderniser son outil électronucléaire et de céder ses parts dans British Energy. Les objectifs de la commission européenne obligeant les britanniques à produire 40% de leur électricité en énergie renouvelable en 2020 alors qu’ils sont à 5% est complètement irréaliste. Souhaitons qu’ils arrivent à cet objectif en incluant l’électricité électronucléaire, ce serait déjà bien par rapport aux 19% d’électricité non thermique à flamme produits aujourd’hui.

                    Ces chiffres montrent aussi la chance de la France d’avoir su maîtriser ses coûts énergétiques grâce à son électricité hydroélectrique, son parc de centrales électronucléaires et la formidable taxe sur les produits pétroliers (TIPP) qui a sponsorisé la diésélisation du parc automobile. Souhaitons que l’arrivée des stupides 4X4 et des onéreuses éoliennes allemandes ne sera qu’une mode passagère.

    Le 6 Mai 2008

  • Géorgie : la guerre ?

    Géorgie : la guerre ?

    Images Les gouvernements géorgiens et russes sont d’accord là dessus : on court à la guerre.
    C’est leur seul point d’accord, d’ailleurs.
    Le ton monte, l’enjeu est important, plus pour Moscou que pour Tblissi d’ailleurs.
    L’enjeu, c’est la crédibilité de south stream d’une part, de la Russie d’autre part et de l’ Otan.
    Les deux pays massent des troupes, la Russie en Abkhasie et la Géorgie à sa frontière.
    Mais cette crise risque de dépasser amplement le Caucase, notamment s’il y a intervention occidentale autre que symbolique.

    Images_2 En effet, les rôles ont notablement changés depuis 1991.
    La Russie est un pays différend qui a réussi une mue difficile, qui a liquidé une grande partie de sa puissance militaire, mais que celle-ci reste considérable, en même temps que les circonstances actuelles font du pétrole, du gaz et de l’uranium russe, une clef de la situation.
    Dans ce contexte, c’est l’occident qui désormais est en crise, immobilière, boursière, financière et économique.
    Les puissances occidentales sont, de leur côté, extrêmement dépendantes de sources extérieures d’approvisionnements.
    Seule la Géorgie sera écrasée.
    Si les USA, l’ OTAN aident la Géorgie, l’Europe risque de voir le gaz russe coupé, à moins de se découpler totalement des USA et de faire éclater l’ OTAN.
    Dans le même temps, la dépendance mondiale vis-à-vis du pétrole russe apparaitra clairement.
    L’Union européenne bâtie en période d’abondance verrait arriver une crise économique colossale.
    Elle n’y survivrait sans doute pas.

  • Le parfait courtisan…

    Le parfait courtisan…

    Images_4 Le journal "les échos", multiplie les lieus communs.
    En publiant un article d’ Henri Martre, plat et sans arguments : le renouvelable ne saurait suffire, heureusement que nous aurons la fusion !
    Tant pis si la fusion n’est pas au point et qu’elle ne le sera probablement jamais.
    Comme on peut le voir actuellement, une autre solution n’est aucunement envisagée : la réduction de la consommation, par la modernisation.
    La seule mort des ampoules à incandescence serait un pas important.
    la stagnation technique dans un pays aussi important que les USA, n’est même pas abordée.

    On retombe dans le classique de l’économie : investissement, modernisation, intervention de l’état pour définir enveloppes et priorités.
    Les différences -très significatives- de consommations énergétiques, à niveau égal de civilisation,  sont très élevées, et dénote des dominations sociales et économiques.
    M. Al Gore, vivrait sans doute très bien aussi dans une maison de SEULEMENT 300 M2, et non un manoir.
    On ne pourra donc faire l’impasse sur la question fondamentale de la consommation.
    En attendant, laissons quelques terreplatistes rêver de leur source d’énergie inépuisable, qui nous permettrait de nous vautrer dans une orgie énergétique sans fin.

  • USA : les Sénateurs proposent une loi portant sur l’exploitation des ressources énergétiques locales

    USA : les Sénateurs proposent une loi portant sur l’exploitation des ressources énergétiques locales

    Capitole_2                               Devant la montée des cours des produits pétroliers, devant l’échec annoncé des divers plans biocarburant de première et de deuxième génération de l’Administration américaine qui ont sous estimé l’impact de ces agro industries sur les marchés et l’environnement mais aussi mal estimé, pour la deuxième génération, les limitations posées par la disponibilité de ressources et les épineux problèmes de logistique, des Sénateurs américains veulent relancer l’exploitation des ressources énergétiques locales. C’est l’ "American Energy Production Act 2008" présenté le 1er Mai, par le Sénateur du Nouveau Mexique, Pete Domeneci, membre du Comité de l’Energie et des Ressources Naturelles du Sénat.

                                     Que dit cette proposition de Loi?

                           L’American Energy Production Act est un fourre tout qui tend à abolir les contraintes législatives ou règlementaires limitant l’exploitation des ressources naturelles aux USA. Il comprend en particulier des propositions de libération des prospections dans l’Atlantique et le Pacifique, dans le Refuge des Espèces Sauvages du Nord Alaska. L’exploitation des schistes ("oil shales") du Colorado, du Wyoming et de l’Utah serait débloquée. La reprise de construction de raffineries serait autorisée ainsi que la production d’essence à partir de charbon avec des émissions de CO2 comparables. L’accélération de la production de batteries avancées fait également partie du projet. D’autres propositions moins importantes y figurent également.

                        Lire les points clés du projet de Loi (en anglais)

    Le 5 Mai 2008

  • Le cas bolivien.

    Le cas bolivien.

    Images_2 La Bolivie ressemble beaucoup au Canada, ou à la Belgique.
    Dans les deux cas, on a des parties plus riches que d’autres, qui ne veulent rien donner à la collectivité, veulent "davantage d’autonomie", pour ne rien transférer du tout.
    Il est oublié le temps, où c’était eux les pauvres, c’est le cas de l’Alberta et des Flamands.
    La Bolivie veut entrer dans le club des pays où une fraction veut profiter des ressources minérales, en évitant d’en faire profiter la collectivité nationale.
    En conséquence, en France, le département des Landes auraient du demander son indépendance au moment du gaz de lacq.

    L’état de Santa Cruz, en Bolivie organise un référendum -illégal- pour demander son autonomie. Le point de vue est simple. Il produit 46 % des richesses et n’en reçoit que 15 % du gouvernement central.
    Bien entendu, les hydrocarbures se sont implantés là, à cause de la bonne gestion du pays.
    C’est bien connu, c’est toujours ce que font les hydrocarbures.
    L’évolution de l’Amérique Latine se poursuit cahin-caha.
    Le maitre d’hier, nord américain, n’y est guère plus entendu, et ne provoque que raidissement et radicalisation  (nationalisation des hydrocarbures et télécoms en Bolivie).
    Hors la Colombie, tout semble perdu, a tel point que, pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, les USA ont reconstitué une flotte pour cette partie du monde.
    Dans le mouvement à l’autonomie, on peut préciser que la désire les 4 provinces (sur 9), les plus riches, et que ne la veulent pas, les 5 autres… Personne n’est surpris ?

  • Crise alimentaire : la France aussi…

    Crise alimentaire : la France aussi…

    Images La France va se mettre aussi à la crise alimentaire.
    Le gouvernement et le président, déjà passablement atteint dans leur popularité défunte, devraient aborder le cap ultime : la Elstinisation, c-a-d 2 % de popularité.
    A ce degré là, il y a toujours des gens qui répondent de travers aux sondages.
    Michel Barnier s’était entendu répliquer par le Financial Times que l’idée d’autosuffisance était " une idée mauvaise et mortelle".

    C’est bizarre, parce que cette idée a traversé les siècles et que l’idée de bienfaisance du marché n’a été promu que pour engendrer la révolution française, ainsi que quelques autres broutilles dans le même genre depuis.
    Mais il faut le reconnaitre, c’est une idée d’intégriste religieux.
    On va donc se retrouver dans la conjoncture de 1933 : entre le loyer et manger, il va falloir choisir.
    Si l’Europe s’accroche à la libre circulation des marchandises, elle va connaitre, elle aussi, la faim.
    Quand à M. de Schutter, il est beaucoup plus clair et explicite : "La "main invisible " n’est pas la solution, c’est le problème  ".
    C’est dit. Le "pacte de famine" est de retour.

  • Tout va très bien, madame la Marquise…

    Tout va très bien, madame la Marquise…

    Images_3 On vient de donner trois sous au PAM (programme alimentaire mondial), et hop, MAGIQUE, les histoires de famines et d’émeutes s’envolent, disparaissent, comme ça.
    En réalité, le PAM n’aidera qu’une très petiote fraction de démunis.
    Au Sénégal, les prix flambent, il n’y a plus qu’un repas par jour, celui de midi a sauté, les loyers sont inabordables.
    Le responsable ? Ou plutôt les responsables ? FMI et Banque Mondiale, les deux voyous qui ont privilégiés les cultures d’exportations et la fin de l’autosuffisance alimentaire.

    Pourtant, le Sénégal n’est pas un pays surpeuplé et les marges de manoeuvres existent et sont mêmes énormes.
    2.5 millions d’hectares sont cultivés, pour 4 millions de cultivables.
    Mais ce n’était pas "moderne".
    Les importations et le libre échange ont détruit l’agriculture vivrière. Les couts de transports étaient bas et l’abondance régnait.
    Maintenant, le transport est cher, si le transport terrestre a flambé, le transport maritime s’est encore plus valorisé, les pays exportateurs de riz sont devenus rares et ils vendent aux plus offrant.
    Le remède, là aussi, est simple.
    Il faut investir des montants dérisoires et donner du crédit. Mais, c’est tellement plus simple de sucer à mort les peuples pour placer l’argent dans le "subprime".
    Ce genre de développement s’appelle le "substitut d’importations" et a toujours fonctionné, contrairement au spécialiste de l’échec : le libre-échange.