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  • Energie: identifier les domaines où les progrès vont être exponentiels

    Energie: identifier les domaines où les progrès vont être exponentiels

      Gosolarca1                                                                                      Dans ses écrits, "The Law of Accelerating Returns", "The Singularity is Near", Ray Kurzweil montre que la loi d’accélération exponentielle de Moore des capacités de calcul des semiconducteurs, peut être appliquée à bien d’autre domaines et en particulier à ceux de l’énergie. Son approche de non spécialiste de ces problèmes demeure assez générale et fortement liée aux progrès réalisables à l’aide de "la révolution des nanotechnologies" (LIRE sur le web un extrait des convictions de R.K. dans le domaine de l’énergie). Sans vouloir refaire du Kurzweil à la petite semaine, il semble intéressant de se poser la question suivante: parmi les évolutions technologiques actuelles, quelles sont celles qui peuvent permettre de réaliser des avancées d’un facteur 5, 10 ou 100 dans les années à venir, avec ou sans les nanotechnologies. Si cet inventaire est important il sera alors évident de conclure, comme le fait Kurzweil, que les extrapolations linéaires qui prévoient l’épuisement des ressources énergétiques, seront battues en brèches et classées dans l’immense répertoire historique des fausses certitudes humaines qui vont de la planéité de la terre à la génération spontanée.

                           Le premier domaine identifiable où des progrès majeurs peuvent être réalisés, concerne l’efficacité énergétique dans le domaine résidentiel et commercial. L’isolation des bâtiments, l’adoption de pompes à chaleur, l’utilisation de sources d’éclairement à hauts rendements, l’utilisation de panneaux solaire,etc. peuvent permettre de rendre quasi négligeables les besoins résidentiels en énergie. Les solutions existent, les règlementations dépendent des administrations nationales ou transnationales pour l’Europe, des incitations financières permettront d’accélérer les processus de mise en place. En effet les principaux écueils dans ce domaine sont la lenteur des réalisations et l’inertie des habitudes. L’accroissement des prix de l’énergie (fuel, gaz, électricité) devrait naturellement accélérer les processus dans les pays à fort gaspillage, comme les Etats-Unis.

                           Un autre secteur ou les progrès à accomplir sont importants et déterminants est le domaine des transports. Le transport routier qui est le plus important, avec des camions qui consommeront moins de 20 litres de gasoil aux cent kilomètres, avec des voitures hybrides ou électriques qui permettront de récupérer une partie l’énergie cinétique ou thermique (freinage, pot d’échappement), avec des infrastructures routières qui réduiront le nombre de bouchons de circulation. Le transport aérien arrivera à une consommation de kérosène inférieure à trois litres/km/passager. Enfin, les transports de masse avec des bus hybrides, des rames de métro modernisées et un maillage de TGV  dans toutes les zones du monde à haute densité de population* rendront superflu pour beaucoup, l’utilisation d’un mode individuel de transport. L’accroissement inattendu par son ampleur, des prix des carburants est un formidable stimulant à l’accélération de cette révolution des transports. Ce qui était imaginable il y a un an, sur plusieurs décennies va démarrer avec les voitures électriques d’ici à 2010 au Japon et aux USA et en 2011 en Europe.

                       *Remarque: Un réseau TGV serait le bienvenu par exemple en Californie qui compte 36 millions d’habitants, ou au Texas qui en compte 24 millions. Huit Etats américains seulement, représentent 50% de la population des Etats-Unis.

                          Côté génération de courant il existe deux domaines où les progrès vont être exponentiels: le photovoltaïque et le nucléaire. Le photovoltaïque par mise en oeuvre de productions de masse de cellules en couches minces de grandes surfaces et  réduisant par 50 les consommations de Silicium va permettre de réduire les coûts par 10 ou 20 des panneaux solaires dans la décennie à venir. Sharp est en train de construire une usine au japon qui produira un gigawatt (1000 MW) de cellules solaires. Ses grands concurrents européens ou américains doivent élaborer des plans similaires sinon plus importants. Les productions de cellules solaires qui ont atteint 2,8 GW en 2007, vont connaître une croissance exponentielle le jour où le prix non subventionné de l’énergie photovoltaïque sera compétitive avec l’électricité obtenue à partir de gaz ou de charbon. Compte tenu de l’effet de ciseau prévisible par la réduction de coûts des panneaux solaires et l’accroissement des prix du gaz et du charbon, cette inversion des prix de revient pourrait se produire d’ici à 5 ou 7 ans. En effet à raison d’une production annuelle de 2000 Wh par une cellule de 1W, en Californie, l’investissement initial peut être amorti en 5 ans pour un prix d’installation de 0,5$/watt et un prix de vente de l’électricité de 50$/MWh. Cet investissement de 0,5$/Watt n’est que le cinquième du prix actuel.

                       L’énergie électronucléaire attend elle aussi sa révolution, brisée par l’arrêt de Superphénix en 1997 et de Monju au Japon en 1995, avec l’arrivée programmée de la génération de réacteurs à neutrons rapides, surgénérateurs, dits de génération IV, qui réduiront les quantités d’Uranium consommées par un facteur 50. La charge après usage contient plus de matière fissile qu’elle n’en contenait initialement et qui peut donc être complétée, après traitement, avec de l’Uranium naturel ou appauvri. Mitsubishi Heavy Industries et AREVA travaillent de concert sur le sujet.

                         Dans le domaine du transport d’énergie électrique les technologies de très haute tension en courant continu ou de réseaux en matériaux supraconducteurs, constitueront les ossatures des grands réseaux électriques reliant les sources intermittentes et continues de création d’électricité et permettront de réduire dramatiquement les pertes en ligne. Le transport de gaz avec l’utilisation d’hydrate de méthane solide permettra d’accéder à un très grand nombre de gisements de gaz naturel à l’aide d’investissements modérés.

                         Par contre il existe des domaines ou les progrès dans les années à venir semblent plus problématiques. L’énergie éolienne par exemple ne semble pas devoir faire des progrès majeurs dans les années à venir. Bien sûr vont apparaître des éoliennes offshores de 5MW, mais qui vont coûter très cher à installer et à maintenir. Ces solutions offshore vont ôter le principal avantage de cette filière: la simplicité de mise en oeuvre.  Sera-t-elle plus tard supplantée ou complétée par la capture le l’énergie des vagues ou des courants marins?  L’autre filière problématique est la filière des biocarburants. Qu’elle soit de biodiesel ou de fuel éthanol de première ou de deuxième génération, elle souffre d’un problème de limitation de la taille des unités de production, en raison des problèmes de logistique posés par l’approvisionnement en matières premières. Une usine ne peut présenter qu’une taille artisanale sur une zone de quelques centaines de kilomètres carrés d’approvisionnement, la technologie doit donc être simple et ne nécessiter que peu de main d’oeuvre qualifiée. Les plus importantes seront les unités rattachées à l’industrie du bois (Stora Enso en Finlande ou Weyerhaeuser en Amérique), en charge de la valorisation des déchets; ou bien seront des usines situées dans des ports qui importeront les huiles végétales ou des graisses animales (l’usine Neste Oil à Rotterdam ne produira que 16000 barils par jour, celle de Tyson Foods en Louisiane 5000 baril/jour). Les fermes aquatiques produisant des algues ne déplaceront pas fondamentalement le problème. Ces technologies fortement subventionnées, éoliennes et biocarburants, risquent donc de ne rester que marginales dans le bilan énergétique mondial.

                       En conclusion, un examen des techniques connues montre que des progrès formidables dans les prochaines décennies, sont attendus dans la génération d’électricité avec les technologies photovoltaïques et électronucléaires de quatrième génération. De plus, la consommation d’énergie sera fortement infléchie dans les domaines du transport, du résidentiel et du commercial. Enfin le transport d’électricité devrait connaître des améliorations considérables. Bien sûr de nouvelles innovations dans l’amélioration des rendements énergétiques des procédés industriels viendront s’ajouter à ces progrès. Il est donc puéril,  sinon irresponsable, dans un monde traumatisé par l’envol des prix de l’énergie, d’envisager des évolutions linéaires de consommations  à l’horizon 2030 comme vient de le faire dans son scénario de base l’Energy Information Administration américaine (LIRE). Le monde consommera beaucoup moins d’énergie d’origine fossile en 2030 qu’en 2008.

    Le 30 Juin 2008.

  • L’émeute..

    L’émeute..

    Images Quand un endroit est mûr pour craquer, ça craque, quelque fut le motif.
    Les incohérences d’une société font qu’un incident, à priori mineur, se transforme en gouffre entre la société et ceux qui la dirige.
    "Plusieurs bâtiments administratifs et des voitures ont été incendiés dans le sud-ouest de la Chine en signe de protestation contre la conduite d’une enquête sur la mort d’une adolescente  "…
    La Chine, présenté comme le pays de l’avenir prend tout les traits d’une société en voie d’explosion.
    Le vent a desséché la prairie et ce vent porte le nom d’inégalités sociales, de flambée alimentaire, de flambée énergétique, de corruption généralisée et de perte de confiance dans les autorités.

    Ces incidents, pudiquement appelés "incidents de masse", où les autorités locales sont littéralement pulvérisées par des marées humaines, sont extrêmement nombreuses.
    Aux dernières nouvelles, jamais sur les médias officiels, sauf quand ils sont politiquement corrects comme le Tibet, peuvent être estimés à la cadence de trois par jour (1 pour 8 heures), encore que la manière de les voir ait beaucoup changées.
    En effet, on règle souvent, "en famille", localement, les "petits incidents".
    A savoir les mouvements qui n’ont concernés "que" quelques centaines de personnes, les galéjades, genre algarades…

    Image : ça tombe bien, la Chine était grosse productrice de pavés. Avec la flambée des coûts de transport, elle ne savait qu’en faire…

  • Les dispersions sur les taux d’imposition des divers pays européens tendent à se réduire

    Les dispersions sur les taux d’imposition des divers pays européens tendent à se réduire

                          Eurostat vient de publier les chiffres de recettes fiscales en 2006, ramenées au PIB, des divers pays européens. Un examen au cours des dernières années de ces ratios pour les grands pays européens, montre une tendance à la réduction des dispersions au cours du temps (FIG.I). La Suède leader incontesté de l’imposition européenne a, tout de même, réduit son taux de prélèvement de 1,4 points en 10 ans. A l’inverse l’Espagne et la Grande-Bretagne ont accentué leurs dépenses d’Etats et donc accrû les prélèvements de 3,4 points et de 2,4 points, respectivement. La France est restée stable autour de 44% pour une moyenne de la Zone Euro 4 points en dessous. Il faudrait réduire les prélèvements de la France d’environ 10% pour rejoindre la moyenne européenne. L’Allemagne est située à un point au dessous de cette moyenne, la Grande-Bretagne trois points au dessous.Recettesfiscales2006

                         Ces prélèvements portent sur trois postes: la consommation, le capital et le travail. Il semble intéressant de comparer chacun des Etats sur chacun des postes, pour cela on calcule le taux implicite qui est le rapport entre la somme des prélèvements et la totalité de l’assiette d’imposition de la catégorie considérée.

                      La Consommation: il est le plus faible en Espagne, ce qui est en particulier vrai sur les produits énergétiques, il est très élevé en Suède et aux Pays-Bas (FIG.II). Pour la France ce taux (20%) est légèrement inférieur à la moyenne de la Zone Euro. Il reste donc peu de marge de progrès, dans l’hypothèse d’une redistribution de la fiscalité en France (TVA Sociale).Recettesconso2006

                       Le Capital : il est fortement imposé en France, il est très faiblement imposé en Allemagne et aux Pays-Bas. L’Espagne l’a fortement fait progresser de 20% en 1996 à 38,7% en 2006. (FIG III).

                       Le Travail: là encore la France se faite remarquer après la Suède et l’Italie (mais en Italie quel est le vrai taux d’imposition du travail ?). C’est la Grande-Bretagne qui taxe le moins le travail parmi les grands pays européens.Recettestravail2006

                  En conclusion: cet examen comparatif met en lumière le mauvais positionnement de la France par rapport aux autres grands pays européens, en termes de fiscalité. Elle taxe fort et à égalité le Capital et le Travail et il reste peu de marges pour tranférer une partie de cette charge sur la consommation. Cela signifie que les taux d’imposition ramenés au PIB sont trop élevés et qu’il faut à la fois une politique qui  réduise le montant des impôts et une économie qui fasse croître le PIB de notre pays. Cela suppose que notre pays se remette un jour à innover et à créer des produits nouveaux, des concepts nouveaux.

                            Dans le domaine de l’énergie ses industries sont en avance sur le charbon propre et le nucléaire, c’est un petit acteur mondial du photovoltaïque, il est absent de l’éolien. Il est évident qu’il pourrait faire mieux.

    Le 29 Juin 2008;

  • Les valeurs pétrolières constituent un bon refuge sur les Marchés actions.

    Les valeurs pétrolières constituent un bon refuge sur les Marchés actions.

                            La semaine boursière s’est terminée par une baisse généralisée des indices. L’indice Dow Jones a perdu 500 points en une semaine à 11346 et le CAC 40 a lâché 112 points à 4397, revenant à des  valeurs connues trois ans auparavant. Dans ce casse pipe généralisé toujours orchestré par les valeurs bancaires qui recapitalisent à tout va, avec les pétrodollars des pays du Golfe Persique, recyclage bien stérile de ces capitaux. Mais dans ce paysage lunaire, il apparaît que les indices des actions pétrolières tiennent le choc. L’Amex Oil Index qui rassemble un panier de pétrolières et de raffineurs américains et européens ( LIRE la composition pondérée de cet indice) a gagné cette semaine 14 points à 1508. La raison est simple: depuis le début de l’année, malgré l’envolée des cours du gaz naturel et du pétrole, les cours des actions pétrolières sont restés calmes (FIG.)Exxontotal2008

                          Exxon Mobil qui est la valeur "benchmark" du secteur a perdu 9% de sa valeur depuis la fin 2007, la remise en cause du management d’Exxon par certains actionnaires y est sûrement pour beaucoup; mais l’action Total qui profite de la bonne image de son patron, n’a pas varié en dollars à New York depuis la fin 2007, à plus de 83$. Elle a perdu 7% de sa valeur en euros à Paris, pour cause de taux de changes.

                          Les valeurs pétrolières n’ont pas depuis le mois de Février intégré dans leurs cours la formidable envolée des cours du gaz (passés de 8$ à plus de 13$ le million de BTU) et du pétrole (courbe rouge). Les Groupes pétroliers intégrés font actuellement de gros profits sur l’amont (gaz naturel et pétrole), gagnent correctement leur vie sur le gazole et le kérosène, mais perdent de l’argent sur l’essence et sa distribution. Leurs programmes d’investissements se sont fortement accrus, en raison d’un plus grand effort d’exploration et de mises en production, mais aussi en raison de l’accroissement des coûts de sous-traitance. Cette utilisation du cash, vitale pour la pérennité et le développement des Groupes, paradoxalement ne plait pas aux milieux financiers.

                          Cette divergence entre cours du gaz ou du pétrole et la valorisation des sociétés, permet de penser que les actions des groupes pétroliers intégrés bien gérés, comme Total ou BP, constituent des valeurs refuges de premier choix dans ces moments boursièrement agités.

    Le 29 Juin 2008.

  • Fumeurs de havanes, fumeurs de moquettes…

    Fumeurs de havanes, fumeurs de moquettes…

    Images Si Dieu, pour certains est un fumeur de Havane, certains responsables du nucléaires sont des fumeurs de moquettes.
    En effet, certains rêvent de faire passer le nombre de centrales en exploitations de 435 à 700, d’ici 2030.
    435, comme je l’ai indiqué sont en exploitation, 25 en construction, 284 en projet.
    Comme la plupart des existantes seront réformées d’ici là, il faudra doubler l’effort.
    Quand à la question diversification des sources d’énergies, c’est raté. Le marché de l’uranium est fort concentré, avec un producteur encore plus prédominent que l’Arabie saoudite pour le pétrole, c’est le Canada.

    Mais comme visiblement, la production ne suffira pas (elle ne suffit déjà plus, depuis longtemps), en plus des guerres et des troubles politiques que créeront la dispute pour l’accès au gaz et au pétrole, on aura en plus la guerre et la dispute pour l’accès à l’uranium.
    Là aussi, la ressource est insuffisante et les sources "alternatives" de production d’uranium, comme le phosphate, ont atteint… leur pic de production (1988), et certains n’auraient pas la bonne teneur
    Bref, toujours le même problème : les officiels nient la réalité, le bas prix de l’uranium pendant longtemps, le yoyo des prix aujourd’hui n’incite guère à l’investissement pour un marché capricieux et pas si porteur.
    De plus, il ne faut pas oublier que les projets de développement, les centrales en constructions peuvent l’être depuis fort longtemps, ou être arrêtées, fort longtemps aussi, pour un tas de motifs…

  • Charbon Gallois…

    Charbon Gallois…

    Images Une mine de charbon du pays de Galles est réouverte.
    Elle faisait partie de ces 97 exploitations fermées.
    Sur 97, les 2/3 étaient rentables…Même à l’époque…
    Le charbon extrait dans cette mine, c’est de l’anthracite.
    C’est le plus intéressant en matières de charbon et le "pic de l’anthracite" est assez vieux dans l’histoire de l’humanité : 1920.
    Il ne faut pas se laisser abuser par les quantités extraites, c’est du charbon de mauvaise qualité qui est produit actuellement. 

    Cela juge aussi une décision qui fut avant tout politicienne (visant à détruire la puissance de syndicats combattifs) la fermeture des mines de charbon anglaises.
    Car au vue de la durée de production prévue (20 années), l’épuisement est très loin…
    Rajoutons à cela que les coûts de production en Asie viennent d’exploser, que les coûts de transports explosent, cela dévalue et juge la globalisation : une machine visant à la régression sociale…
    Avec l’augmentation du prix de l’alimentation, on peut voir en fin de course, le foirage complet de l’orientation économique des 30 dernières années, dont le seul paradigme véritable était un coût de transport faible.

    Image : GNU Free Documentation license

  • Métro fluvial.

    Métro fluvial.

    Image Le maire de Paris vient d’inaugurer un "métro fluvial" avec J-P Huchon, entre gare d’ Austerlitz et Maison-Alfort.
    Hors le caractère anecdotique de la nouvelle, il faudrait rappeler ce que fut la navigation dans notre pays, pendant des siècles.
    Les fleuves étaient très peuplés, aujourd’hui abandonnés ils faisaient vivre une très nombreuse population, la quasi-totalité des marchandises transportées l’étant par le fleuve.
    Ils étaient les autoroutes de l’époque.
    Les corporations étaient revendicatives et violentes, en même temps que puissamment organisées.
    Pendant les périodes de troubles, elles sont aussi puissantes que craintes.
    La batellerie humaine fut interdite au 16 ° siècle par l’église, qui avait en charge la protection sociale

    à l’époque.
    La plus grosse partie du trafic, d’ailleurs, ne se faisait que dans le sens de la descente.
    Le développement maximal du réseau fluvial ne fut atteint qu’au 19°siècle, et le ministre Freycinet y laissa son empreinte, mais il n’atteignit jamais le maillage du territoire qu’on avait rêvé pour lui.
    Il dépérit alors suite à la concurrence du rail.
    Le transport de marchandises par celui-ci fut développé à grand coup de dumping économique, jusqu’à ce que le transport par voie d’eau deviennent marginal, ensuite le transport par camions finit le travail.

  • Trois Français sur quatre seraient prêts à acheter un véhicule hybride avec un bonus de l’Etat

    Trois Français sur quatre seraient prêts à acheter un véhicule hybride avec un bonus de l’Etat

                           Le fournisseur de sous-ensembles automobiles germano-américain Continental  qui a décidé de se lancer dans la définition et la production de batteries avancées de type Li-Ion pour véhicules de nouvelles générations, en s’associant à ENAX (LIRE), vient de faire réaliser un sondage dans plusieurs pays (FIG.) pour mieux connaître la perception du public vis à vis des futurs véhicules hybrides. Il ressort tout d’abord de ces sondages qu’une grande partie des conducteurs questionnés (45%) ont modifié leurs habitudes de conduite avec l’accroissement des prix des carburants. Ils sont 63% au Japon, 55% en Allemagne et 43% aux USA. Par contre dans certains pays, une grande partie des conducteurs n’ont rien modifié à leurs habitudes, ils sont 60% en Grande-Bretagne. Effet du flegme britannique?Continental2008_2

                             Spontanément comme solution à l’accroissement des prix des carburants, 20% des personnes interrogées citent les véhicules hybrides. Mais si ils sont 47% des Japonais dans la patrie de Toyota et de Honda, ils ne sont que 3,9% des Britanniques et  6,6% des Américains à citer le véhicule hybride, ce qui traduit un niveau très faible de notoriété de la solution technologique et donc d’information sur le sujet. On peut regretter que ce sondage n’ait pas étudié plus précisément la Californie, où sûrement les scores auraient été meilleurs que sur l’ensemble des Etats-Unis. Pour la France c’est le véhicule électrique qui est cité en premier avec une notoriété de 32%, résultat des diverses tentatives d’introduction de cette technologie dans notre pays. Le véhicule hybride ne vient qu’après.

                               Après explication des avantages des véhicules hybrides, la question portant sur un achat éventuel avec ou sans aide financière gouvernementale conduit, en moyenne, 36% des conducteurs dans le monde à avouer être intéressés par un véhicule hybride et ce chiffre monte à 64% avec un bonus. Avec un Bonus 73% des Français plébiscitent le véhicule hybride (FIG.), ils sont moins nombreux sans aide financière, mais pas loin d’un sur deux. Paradoxalement les japonais font partie des moins enthousiastes.

                              Les résultats de ces sondages illustrent les changements en cours de mentalités des conducteurs dans le monde, prêts à choisir des solutions innovantes plus économes en carburants. Les véhicules hybrides ou électriques apporteront, n’en doutons pas, une réponse satisfaisante aux 40% de conducteurs dans le monde qui font moins de 10000 km par an en milieu urbain et sur de faibles parcours.

    Le 28 Juin 2008

  • Les cours du pétrole ne monteront pas jusqu’au ciel

    Les cours du pétrole ne monteront pas jusqu’au ciel

                            La meute des économistes et des commentateurs est en parfait accord: les cours du pétrole seront plus haut demain, rien ne peut arrêter cette ascension, les pays producteurs augmentent leurs prix(?) pour compenser la baisse du dollar. Un Président de l’OPEP, Chakib Khelil, vient pourtant de bien expliquer la puissance de "l’effet Trichet" (FIG.) qui par une simple menace d’augmentation des taux courts en Europe, déclenche une vague spéculative d’achats de "future" à New York pour se débarrasser d’un dollar qui brûle les doigts, c’est du "edging". Mais voila, plus les cours sont élevés et plus cet exercice de haute finance devient périlleux. Alors l’effet Trichet s’amortit, ce n’est plus 10 dollars comme la fois précédente qu’a gagné le pétrole hier, mais un dollar. Jct

                           En effet, après un plus haut de tous les temps à 142,99 dollars le baril du pétrole en séance sur le NYMEX, le baril a reperdu plus de 2 dollars dans les trente dernières minutes de trading à New York, pour terminer à 140,21 dollars. Les marchés des commodities et ceux des produits pétroliers sont très nerveux. Les cours du gaz, sur les prévisions météorologiques clémentes aux Etats-unis, ont même perdu un peu de terrain.

                          Barclays Capital vient de publier des indications sur les marchés des commodities en Europe. Ce qui est important c’est le flux de cash frais qui vient s’investir sur ces marchés, pour faire grossir la bulle. BC note une décroissance de ces flux au deuxième trimestre. Ils ont été de 800 millions de dollars contre 1,9 milliards de dollars au premier trimestre. Les placements sur les produits agricoles ont baissé de 68%, ceux sur les métaux précieux de 50% et les flux sur les métaux et l’énergie ont été négatifs. Les seuls papiers sur lesquels les nouveaux flux se sont placés sont des "produits courts" liés à l’énergie qui permettent de jouer la baisse des cours.

                          Un autre indicateur est donné par les consultations des traders par Bloomberg. Une majorité d’entre eux pronostique maintenant une baisse des cours en raison des baisses de consommations de produits pétroliers aux Etats-Unis et des hausses de stocks prévisibles. Le marché de l’énergie est un marché à évolution lente, analogue au phénomène physique de thixotropie (LIRE), mais des prix élevés pendant longtemps arriveront bien à faire décroître la demande.

                           Hors évènement géopolitique majeur, toutes ces raisons militent pour une pause dans la hausse des cours du pétrole à New York, la hauteur du niveau atteint risque de donner l’envie à certains de redescendre un peu. La baisse des taux du 10 ans US à moins de 4% en fin de semaine indique que les financiers, quittant le Marché en péril des actions, arbitrent sûrement vers des produits moins risqués que les "futures" à l’approche de l’été.

    Le 28 Juin 2008.

  • Europe: l’industrie du biodiesel souffre de la concurrence subventionnée américaine.

    Europe: l’industrie du biodiesel souffre de la concurrence subventionnée américaine.

                          L‘European Biodiesel Board (EBB) vient de publier les résultats d’activité de cette industrie en 2007. Ils sont très décevants: les volumes produits en croissance de 17% sont passés de 4,9 millions de tonnes en 2006 à 5,7 millions de tonnes en 2007. Cette faible croissance pour une activité émergente, ne suit pas l’accroissement important des capacités de production (FIG.). Ce résultat, dans un marché du gazole européen en croissance, voisin de 200 mille tonnes par an (3,8 millions de barils/jour), montre que les unités de production européennes, essentiellement allemandes et françaises, produisent en moyenne à 60% de leur capacité de production. Biodiesel

                            L’European Biodiesel Board explique cette contre performance par la concurrence des biodiesels importés des Etats-Unis, qui ne proviennent pas forcément tous de ce pays. En effet il existe une réelle "biodiesel connection" qui optimise les aides fiscales mondiales. Un bateau de biodiesel en provenance du Brésil ou de Malaisie arrive dans un port américain du Golfe du Mexique. Il ajoute 1% de gazole à sa cargaison et il touche 1$ par gallon de subvention de l’Administration américaine. Puis il part pour l’Europe et vend son "B99" américain en touchant les subventions européennes. Un exemple de plus montrant la faiblesse de tous ces mécanismes de subventions. L’EBB a déposé une plainte le 29 Avril qui a déclenché une procédure d’investigation antidumping et antisubventions de la part de la Commission Européenne à l’encontre du biodiesel américain.

                          Dans un nouveau climat de marché en 2008 en forte croissance des prix du pétrole et de prix élevés du gazole mondial, la non reprise des productions européennes de biodiesel poserait alors des questions plus fondamentales de viabilité de certaines unités de production de tailles insuffisantes. La création d’une véritable industrie par le procédé d’hydrogénation de Neste Oil à Rotterdam (LIRE) devrait à terme consolider cette filière.

    Le 28 Juin 2008