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  • Le ministre du pétrole saoudien reprend la parole

    Le ministre du pétrole saoudien reprend la parole

    Alnouaimi                             Al-Nouaïmi le ministre du pétrole saoudien, doit lire les articles de Blogenergie.com puisqu’il vient de prendre la parole dans la revue de Pierre Terzian, Petrostratégies. Fort des nouvelles capacités de production de son pays, Il ne dit bien sûr que des choses censées:

    • que le pétrole ne pourra plus descendre au dessous du coût marginal des carburants alternatifs qu’il estime à 60 – 70$ par baril,
    • que les prises de paroles des divers membres de l’OPEP ne sont "que des opinions",
    • que l’Arabie Saoudite avec une capacité de production de 12,5 millions de barils dès 2009 aura 1,5 à 2 millions de barils de latitude dans ses productions,
    • que de nouvelles réserves saoudiennes, qu’il estime à 200 milliards de barils, à mettre à jour devraient persuader le Marché que le pic de production du pétrole n’est pas pour les 5 à 10 ans à venir,
    • que les prévisions de consommations mondiales de pétrole pour 2030 sont régulièrement revues à la baisse.

                         Ces déclarations rappellent aux autres petits joueurs de l’OPEP que le vrai patron c’est lui. Voilà une bonne nouvelle.

  • Sarkozy en Afrique…

    Sarkozy en Afrique…

    Images_5 A fait comme les carabiniers, il arrive bien tard en Afrique du sud, commis voyageur apportant EPR et centrale à charbon.  L’une pour 2014, l’autre pour… un jour…peut, ou alors demain.
    Une assistance technique d’ingénieurs d’EDF, voilà où en est réduit la superpuissance sud-Africaine, importer 10 ingénieurs pour essayer de faire repartir sa production.
    C’est vrai que pour les jeunes hommes brillants, la finance c’est beaucoup plus jouissif et moins compliqué.
    On gagne plus, on peut frimer, alors qu’un investissement industriel auquel participe un jeune ingénieur sera souvent pleinement opérationnel 25 années plus tard.

    Il sera alors retraité ou mort.
    Mieux, j’ai vu justement un ingénieur mourir presque centenaire, retraité depuis 30 ans. Et ses brevets ne sont même pas tous encore exploités.
    Le retour sur investissement n’est pas encore accompli.
    Pour dire que pour rattraper 25 ans, et peut être plus de retard d’investissements en Afrique du sud, il faudra plus que 10 ingénieurs et deux ou trois ans.
    Le flux d’investissements ne doit jamais s’arrêter, on voit ce que cela a donné pour l’union soviétique, c’est aussi très long à rattraper…
    Quand à l’affirmation de Sarkozy : "Vous êtes victimes de votre succès. La croissance progresse et il faut que la fourniture d’énergie suive  ", elle est entièrement fausse. Centrales obsolètes, réseau à l’abandon, production de charbon insuffisante, déclin de l’investissement dans les mines de charbon, et pour finir, grâce au manque d’électricité, effondrement de l’économie.
    Car une économie moderne, elle peut fonctionner sans bourse des valeurs, mais pas sans électricité.

  • La question alimentaire II…

    La question alimentaire II…

    Images_4 La question alimentaire est la juxtaposition de deux éléments, la nourriture du pauvre, et celle du riche, ce qui explique la proportion de la production animale, responsable de la faim dans le monde.
    Le riche, à toutes les époques, mange de la viande. Le pauvre non.
    L’une dépendant de la grande exploitation (latifundia), l’autre, de la petite (minifundia), voir du jardin familial.
    Cette question, qui semble archaïque est reposé de plein fouet par la crise énergétique.
    Dans la grande exploitation "moderne", la seule chose qui est moderne a été le remplacement de la main d’oeuvre servile, par la main d’oeuvre mécanique.
    Mais son but est le même : vendre sur le marché des produits, le plus cher possible.

    Et l’augmentation des prix l’avantage scandaleusement, tandis que seule, la production d’autosuffisance n’apporte rien, ou si peu, et n’améliore pas la situation des personnes qui la font.
    Ils sont moins pauvres que les autres, c’est tout.
    Mais pour empêcher la dislocation des sociétés, une seule réponse est possible, qu’un état fort impose des structures qui justement permettent au plus grand nombre de disposer de ces terres, cela souvent à l’encontre de l’intérêt des plus riches, à qui on demande d’être moins gourmands.
    La survie de Cuba après l’implosion de l’ URSS et la fin de l’aide qu’elle lui apportait est justement celui d’une agriculture biologique, très intensive et très productive, réussie.
    La Russie d’ailleurs n’a souvent traversé ses multiples périodes de troubles que parce qu’une mesure était un socle accepté : le lopin de 5000 M2 par famille.
    Et en Europe Occidentale, à certaines époques, on raconte que les paysans mangeaient de "l’herbe", il faut lire cela comme la production de leur jardin, en effet, on appelait les légumes "l’herbe".
    A l’inverse, les états en déshérence tombent en friche, et leur population en quenouille…
    Voltaire l’avait vu : "il faut cultiver notre jardin". Déjà (1759) un présage révolutionnaire…

  • La question alimentaire.

    La question alimentaire.

    Images_3 La question alimentaire se pose de façon de plus en plus lancinante devant l’augmentation des prix et devant l’augmentation des prix de l’énergie.
    On dit que la planète peut techniquement nourrir sans peine les 9 milliards d’êtres humaines que certains prévoient. C’est théoriquement possible.
    Mais c’est politiquement improbable.
    Pourquoi ? Parce que produire est le plus facile, répartir est plus compliqué. Il y faudrait un monde vraiment égalitaire et une structure sociale harmonieuse.
    En effet, un état fort peut augmenter sa population, la nourrir, imposer des structures agricoles, une politique qui lui permette de la nourrir.

    Car approvisionner correctement et à bon prix une population est une question politique et non pas de marché.
    Le marché n’a jamais rien fait de bon en la matière.
    Car ce qui pose problème est l’alimentation des pauvres et souvent, les pauvres sont hors les circuits commerciaux, ils ne sont donc pas intéressant au niveau économique.
    Au mieux, ils pratiquent l’autosubsistance, hérésie aux yeux des fanatiques du marché.
    Ils consomment ce qu’ils produisent,  au mieux avec un excédent ridicule, au pire sans.
    Il faut donc un pouvoir vraiment fort qui impose le respect des droits des pauvres : l’accès à un foncier que les riches considèrent comme "le leur" même non exploité, maintien de prix intérieurs élevés pour encourager la production.
    La latifundia est synonyme de mauvaise exploitation, la minifundia n’a pas d’excédents, et entre les deux, l’équilibre est instable. Ou les exploitations dégénérent, ou elles grandissent.
    Dans la latifundia moderne, le tracteur a remplacé la main d’oeuvre servile, mais sa production n’est toujours pas à  la disposition des pauvres. 

  • Vestas, une année éolienne 2007 en demi teinte

    Vestas, une année éolienne 2007 en demi teinte

    Vestas1                              Vestas Wind Systems, fabricant historique danois d’éoliennes vient de publier quelques informations sur son exercice 2007. Son chiffre d’affaire 2007 à 4.86 milliards d’euros s’est accru de plus d’un milliard d’euros par rapport à celui de 2006 et son résultat net à 291 millions d’euros est à comparer aux 111 milions de 2006. Les résultats financiers sont bons. Cependant en 2007 Vestas, avec près de 5000 MW d’éoliennes livrées, a perdu 5 points de part de marché qui a atteint 23% contre 28% en 2006. Ce phénomène est attribuable à la montée en puissance des fabricants chinois et à des difficultés de productions en raison de délais et de problèmes de qualités rencontrés avec certains sous-traitants. Ces difficultés ont entraîné une augmentation du carnet de commande de 20% en fin d’exercice à 4,8 mrds euros (une année de C.A.).

                                 En 2008 Vestas va accroître ses capacités de production de près de 3000 MW au quatrième trimestre. Il va d’autre part lancer la construction progressive d’usines en Chine et aux USA qui accroîtront les possibilités de production de 2500 MW à l’horizon 2010.

  • Tous les taxis new-yorkais vont devenir hybrides

    Tous les taxis new-yorkais vont devenir hybrides

    Milesk1                   Le maire de New York, Michael Bloomberg, vient d’annoncer que la "Taxi and Limousine Commission" venait de décider que les "black cars", limousines de prestige qui transportent les dirigeants de Sociétés dans New York devraient atteindre un niveau de consommation de carburant très bas, compatibles avec les véhicules hybrides, à savoir 25 miles par gallon en 2009 et 30 miles par gallon en 2010 (voir la courbe). Cette décision fait suite à la première décision de la Commission en Décembre 2007 qui concernait les taxis jaunes et qui exigeait des niveaux de consommation de type hybride pour les nouvelles licences de taxis à partir du 1/10/2008.

                                Nul doute que ces mesures vont accélérer la mise au catalogue de nouvelles voitures hybrides par les fabricants américains. En attendant, c’est Toyota, leader dans le domaine qui devrait en profiter.

  • Vingt dollars de folie dans les cours du baril de pétrole

    Vingt dollars de folie dans les cours du baril de pétrole

                                     Sur des critères objectifs de productions et de stocks, le prix du baril de pétrole devrait être proche du coût marginal du baril le plus cher, celui extrait des sables bitumineux, majoré d’une marge raisonnable: le tout pouvant être estimé aux environs de 80$. Mais les liquidités fuyant la faiblesse du dollar, l’immobilier déprimé, les hypothèques "titrisées" et la Bourse en général, se réfugient sur les matières premières, dont le pétrole. Et pourtant, l’OPEP et l’Iraq réunis produisent de plus en plus: 32 millions de barils par jour de pétrole et 37 millions avec les condensats liquides, tirés de l’extraction de gaz, nous indique l’AIE pour le mois de Janvier.Opecproductionjan2008 En huit mois les volumes produits par l’OPEP élargi à l’Iraq se sont accrus de 1,6 millions de barils par jour, soit 2% des besoins mondiaux, pour atteindre 43% de ces besoins mondiaux de pétrole. La querelle sur les quotas entre producteurs et consommateurs constitue un écran de fumée inutile. Nul au sein de l’OPEP n’a envie de réduire ses volumes de production, les rapports sont excellents et les besoins de financement de chacun des membres sont immenses.

                                Dans les mois à venir l’Angola qui est en phase de montée en production pour de nombreux champs offshore, produira plus et l’Arabie Saoudite aura des capacités supplémentaires avec la mise en production du nouveau champ de Kursaniyah. Pourquoi demander bêtement à l’OPEP de produire plus, alors qu’elle le fait déjà! Elle a donc raison de dire que le Marché est correctement approvisionné en pétrole brut, mais il faudrait qu’elle rajoute qu’elle a les moyens de produire plus si nécessaire, et ça c’est le rôle traditionnel de l’Arabie Saoudite qui curieusement se tait.

                               Depuis le début de l’année, les stocks de pétrole brut aux USA sont en phase de reconstitution en raison d’une reprise des importations de brut et d’un ralentissement des volumes raffinés.Usastocks Enfin, et cela devrait jouer un rôle important avec la reprise de printemps des consommations d’essence aux US, les stocks d’essence se sont totalement reconstitués durant l’hiver et sont passés au dessus des 227 millions de barils, le plus haut de l’an dernier.Usagasoline

    Il est donc raisonnable de pronostiquer que le statut de valeur refuge du pétrole devrait s’affaiblir dans les semaines à venir. Un signal fort pourrait venir de la reconstitution des stocks à CushingUsacushing, où se négocient physiquement les lots de WTI et qui pour l’instant restent faibles, malgré une reconstitution des stocks dans la région du Golfe du Mexique. Le passage de ce niveau de stock au dessus des 19 ou 20 millions de barils pourrait constituer le signal à la baisse qu’attendent les professionnels.

                                     En conclusion, les indicateurs de flux et de stocks du pétrole mondial ne justifient pas des cours du baril à 100$. Le marché qui fait beaucoup trop de géopolitique et sert de refuge aux liquidités errantes devrait en prendre conscience et amorcer une décrue des prix du baril vers un niveau de 80$ qui serait plus raisonnable et plus en phase entre offre et demande physiques.

  • ENI va prospecter dans le bassin de l’Orénoque

    ENI va prospecter dans le bassin de l’Orénoque

    Eni                           Le Venezuela et la compagnie pétrolière italienne ENI ont signé Vendredi 29/02/2008 avec le pétrolier national PDVSA, un accord d’évaluation des réserves dans le bloc "Junin 5" du bassin de l’Orénoque. Ce gisement pourrait contenir jusqu’à 2,5 milliards de barils de réserve et pourrait entrer en production vers 2014.

                               D’après le Président Paolo Scaroni,  ENI dont les réserves prouvées sont de 7 milliards de barils, serait prêt à investir 10 milliards de dollars sur ce projet. Mais il faut prendre ces informations avec beaucoup de prudence compte tenu du caractère fantasque du dirigeant venezuélien et du peu de fiabilité du pétrolier ENI dans la gestion des grands projets complexes.

  • Alliance entre Sociétés pétrolière et forestière américaines

    Alliance entre Sociétés pétrolière et forestière américaines

    Weyerhaeuser                      Chevron, la deuxième Société pétrolière US après Exxon-Mobil, et un gros forestier américain Weyerhaeuser ont décidé de créer une joint venture Catchlight Energy pour "rechercher et développer les technologies permettant de convertir la biomasse cellulosique de diverses origines en biocarburants".

                        Rien n’est dévoilé sur la nature ni sur les planning des projets de cette filiale. On peut cependant avancer qu’elle est née de parents aisés ayant fait fortune dans le pétrole pour l’un et le bois pour l’autre. Weyerhaeser, fondée en 1900, possède des bois aux Amériques (USA, Canada,Brésil, Urugay) et en Australie. Cette Société a réalisé en 2007 un chiffre d’affaires de plus de 16 milliards de dollars et un résultat de 790 millions dans le bois, la construction et diverses activités annexes. La filiale disposera donc de toutes les ressources matérielles et financières pour réussir.

    Voir un exposé général, en anglais, de sa possible future stratégie.

  • Zone Euro : les prix à la consommation tirés par l’énergie

    Zone Euro : les prix à la consommation tirés par l’énergie

                                 L‘indice des prix de Janvier 2008 à la consommation de la Zone Euro a crû de 3.2% en douze mois, un an plus tôt cet accroissement n’était que de 1.8%. Hors énergie cet indice n’aurait varié que de 2.4% en douze mois, en effet les prix de l’énergie dans la Zone Euro ont varié de 10.6% en douze mois (FIG.) et ce sont eux qui impactent le plus l’indice des prix. Il faut en effet se souvenir qu’en Janvier 2007, il y a un peu plus d’un an, les cours du pétrole brut avaient chuté jusqu’à 50$/baril en raison de conditions climatiques exceptionnelles dans tout l’émisphère NordPrixjanvier2008. Cet effet de base de référence prend tout son impact sur les statistiques du mois de Janvier 2008. Autre facteur qui explique cette croissance des prix: l’indice Alimentation-Alcool-Tabac qui croît de 4.8% en douze mois, dont 5.4% pour les seuls produits alimentaires. Seuls les prix des télécommunications tirent l’indice vers le bas avec une baisse des prix de 2.9% en un an.

                               Ce phénomène conjoncturel d’augmentation des prix des produits énergétiques et alimentaires ne doit pas être confondu avec un processus inflationniste. En effet les taux d’intérêts à 10 ans américains et allemands sont inférieurs à 4% ce qui indique que le Marché n’anticipe pas d’inflation durable sur le long terme, surtout par ces temps de flottement de l’activité économique aux USA.