Après un feu dans sa raffinerie de Scotford (Alberta) le 19 Novembre sur un "upgrader" qui permet de transformer le bitume extrait des sables en pétrole synthétique, RD Shell annonce finalement l’arrêt de l’installation pour maintenace et réparation. Il est ainsi privé d’une production de 155 mille barils par jour. Les incidents sur les raffineries américaines sont répétitifs, ils sont souvent attribués à la vétusté des installations. Dans ce cas ce paramètre ne joue pas, alors attribuons le au manque de chance. Cette nouvelle ne participe pas à la détente les cours des produits raffinés aux USA qui perdent en ce moment 3 cents par gallon, à 2.41$ le gallon pour l’essence sur le Nymex.
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Shell arrête une usine de traitement des sables bitumineux de l’Alberta.

Bear Stearns monte son prix du brut pour 2008 et les cours objectifs de Sociétés pétrolières.
Bear Stearns revoit à la hausse ses prévisions de prix du pétrole américain WTI pour 2008, en le portant de 60$ le baril à 75$. Il ne prend pas beaucoup de risque, ce prix étant le prix moyen actuel sur une tendance longue de plus de quatre ans. Ce pronostic l’amène à revoir à la hausse les cours de BP, Chevron, Marathon Oil, Total et Murphy Oil. Il place les deux premiers en "overperform". Ce classement se justifie pour Chevron, malgré la faiblesse des marges de raffinage; par contre il est difficilement compréhensible pour BP qui aura du mal à sortir à court terme, de sa médiocrité malgré un nouveau management de bonne qualité.
Les taux de change amortissent l’envolée des cours du brut
Le taux de change euro / dollar amortit la folle envolée des cours du brut, mais ne la neutralise pas. Entre le 4 Septembre et le 20 Novembre le brut WTI s’est apprécié de 32% en dollar et "seulement" de 21% en euros. On peut voir sur les courbes que le Yen ou le dollar candien amortissent aussi la tendance.
Les cours du brut américain attendus à la baisse, ceux de l’éthanol en hausse
Le Marché du pétrole américain intègre lentement mais sûrement que l’Arabie Saoudite et les Etats du Golfe vont vouloir faire un geste de détente, lors de la prochaine réunion de l’OPEP, le 5 Décembre, à Abu Dhabi. Un autre paramètre important pour le futur des cours, est la valeur des stocks de brut à Cushing, Oklahoma ou s’échange physiquement le pétrole brut WTI. Au plus bas depuis quatre semaines, à 6 millions de barils en dessous d’un niveau moyen acceptable estimé autour de 20 mbl, ils participent à la surévaluation du brut. Enfin, les investisseurs s’allégeant en Bouse, les taux longs continuent à baisser, le 10-years-Bond était à 3.847% hier, ce qui incite les investisseurs à fuir le dollar et à investir dans les papiers en euros ou en "pétrole" qui joue le rôle du produit refuge anti inflation. L’ensemble de ces paramètres antagonistes devrait tirer les cours du baril du WTI au dessous de 95$.Le marché de l’Ethanol attent une révision du Renewable Fuel Standard (RFS) de la part de l’administration US (EPA) qui fixerait des fourchettes de teneur en fuel éthanol dans l’essence à la hausse. De nombreux Etats accepteraient un niveau minimum relevé de 5,9% à 10%. Les valeurs biocarburants ont baissé de 19% au mois d’Octobre alors que le fuel éthanol récupérait 12%.

Areva chinoise.
Areva a vendu son réacteur nucléaire EPR, ou plutôt deux à la Chine, pour un montant de 8 milliards d’euros, ce contrat, c’est une première, est libellé en euros.
Il y a peu, Westinghouse avait emporté un contrat concernant quatre centrales, mais ce qui intéresse visiblement les chinois, c’est le saut technologique que représente l’ EPR, et qui les a conduits à faire beaucoup de concessions (notamment sur la devise du contrat).
Si l’ EPR est un nanard, le montant reste quand même modeste, si c’est plus intéressant qu’une centrale classique, le coût reste aussi modeste, pour une percée technologique.
Le pouvoir chinois reste donc sur une position forte, soit il ne perd peu ou rien. Soit il gagne beaucoup.Au point de vue économique, les 20 milliards de contrats annoncés avec Pékin permettent de faire patienter un peu plus pendant que la Chine est en train de plumer l’industrie européenne, un peu plus chaque jour.
On fait donc durer le système, en espérant que Pékin, veuille bien avoir l’amabilité de réduire son excédent commercial, en réévaluant sa monnaie.
Ce qui permettrait aux européens de souffler un peu.
En résumé, les ventes d’ EPR, les contrats sont des gâteries pour cacher que N. Sarkozy n’a rien obtenu.
Du moins, rien d’essentiel.
Pékin gagne du temps.
Jusqu’où ?
Le plan stratégique énergétique européen: un catalogue à la Prévert
La Commission Européenne vient de sortir un papier de seize pages pompeusement appelé: "Un plan stratégique européen pour les technologies énegétiques". Que trouve-t-on dans ce document? Tout d’abord il rappelle les objectifs : réduire les coûts des énergies NON polluantes (les peu polluantes iront se faire voir) et mettre en position de pointe les industries possédant les technologies à faible intensité carbonique. Puis arrive l’état des lieux: nous prenons du retard, nous n’innovons pas, l’Europe doit être la première, on est pressés. Enfin arrive un plan à la Prévert pour 2020 et 2050: beaucoup de choucroute, un peu de paella, un zeste de coq au vin.Commençons par la choucroute:
- doubler la capacité de production des grandes éoliennes!!! (mais pourquoi! où est le stratégique?)
- un réseau électrique européen unique et intelligent (pour suppléer à l’éolien quand il est défaillant)
- lancer un marché grand public des appareils et systèmes de conversion énergétique et d’utilisation finale plus efficaces dans le secteur de la construction, les tranports et l’industrie comme la polygénération et les piles à combustibles (traduction: récupérer la chaleur des systèmes à rendement lamentable comme les PAC?)
- stockage de l’énergie: une avancée décisive attendue pour 2050 (vaste programme!)
- véhicules à pile à combustible à hydrogène. (il faut bien gaspiller de la ressource, l’Europe en a trop)
Puis la paella : 6. démontrer la maturité commerciale de la génération de l’électricité à grande échelle à partir de l’énergie photovoltaïque ou de l’énergie solaire concentrée
Le coq au vin: 7. maintenir la compétitivité des technologies de fission, ainsi que les solutions à long terme de gestion des déchets. Puis démonstration de la Génération IV à l’horizon 2050. 8.Achever la construction de ITER et préparer la démonstration de la faisabilité de la fusion nucléaire.
Puis des actions plus consensuelles:
- biocarburants de deuxième génération concurrentiels et au caractère durable de la production (un peu court le cahier des charges: toxicité, miscibilité à l’essence, transportabilité?)
- démonstration industrielle de procédés de capture et séquestration du CO2 (il faut espérer qu’en 2020 il y aura un ou plusieurs standards industriels sur catalogue)
Enfin vient le plan d’action: jouer collectif, on compte sur le secteur privé, bien identifier les niveaux: national, communautaire, mondial.
Pour 2008 six actions prioritaires se dégagent: éolien, solaire, bioénergie, CCS, réseau électrique, Nucléaire Gen.IV.
La commission propose la création d’une "alliance européenne de la recherche dans le domaine de l’énergie".
On attend les avis du Conseil et du Parlement. A suivre..

Réserves prouvées de pétrole US en baisse à fin 2006
Selon le Department of Energy américain les réserves prouvées de pétrole ont baissé de 785 millions de barils en 2006, soit -3,6%, pour atteindre un peu moins de 21 milliards de barils. Ces réserves représentent 12,7 ans de la production de l’année. La baisse des réserves est due à des révisions de -10% dans le Golfe du Mexique et de -8% en Alaska, ainsi qu’à de faibles découvertes; elle représente 48% de la consommation annuelle.Par contre les réserves de gaz "sec" se sont appréciées de 3,3% à 36 milliards de barils équivalents de pétrole. Ces réserves de gaz représentent 11,4 ans de la consommation 2006.
Cette révision des réserves de gaz permet d’apprécier les réserves de liquides contenus dans ces gaz. Il en résulte un stock global de liquides (pétrole + liquides contenus dans les gaz) à fin 2006 de 29,4 milliards de barils en baisse de 1,6% par rapport à l’année précédente. Cette baisse représente 20% des productions de l’année.
Ces nouvelles confirment l’inexorable décroissance des productions de pétrole américaines (FIG.) imputable à l’épuisement et au non renouvellement des champs existants.

Chavez président à vie? Les sondages disent « Non »
L’intitut de sondage Datanalisis, après un sondage réalisé entre les 20 et 24 Novembre, sur un échantillon de 1854 personnes , déclare avoir trouvé 49% de personnes qui auraient l’intention de voter "Non" à un référendum pour la nomination de Chavez Président à vie, contre 39% qui voteraient "Oui". L’opposition Catholique et étudiante semble progresser au Venezuela. Quoiqu’il en soit Hugo Chavez est au pouvoir, sauf accident, jusqu’en 2013.
TOTAL: de Margerie affirme vouloir poursuivre ses projets iraniens
Christophe de Margerie, le patron de Total, est persuadé d’une chose: l’équilibre des approvisionnements mondiaux, et donc européens, en gaz et pétrole a besoin des ressources iraniennes pour être assuré. Il l’a répété à Pékin, au cours d’un diner organisé en l’honneur des dirigeants français. "Les énormes ressources en gaz iraniennes peuvent constituer une assurance contre les menaces politiques de rupture d’approvisionnement de l’Europe, en gaz provenant de Russie". "Les discussions avec les autorités iraniennes se sont ralenties, dit-il, mais non du fait des exigences politiques du gouvernement français". "Je serais très heureux d’avoir un contrat (South Pars) prêt à signer, mais il n’y en à pas encore de rédigé"."Parfois vous avez intérêt a mettre la pédale douce, mais avec l’Iran nous préserverons nos relations à long terme"Ce projet de South Pars est ralenti, c’est évident, par les contraintes politiques mais aussi par des questions de gros sous entre Total-Shell et le négociateur iranien NOZARI qui depuis, est devenu ministre du Pétrole en Iran. Une date butée, Juin 2008 a été fixée pour conclure un accord. Le risque de l’arrivée d’un troisième larron chinois, qui emporte le tout, n’est pas nul; mais c’est un sujet qui sera sûrement abordé par N. Sarkozy, avec les dirigeants chinois.

La Chine et la Russie vont construire une raffinerie dans le port de Tianjin.
Les deux pays seraient tombés d’accord pour construire une raffinerie, de 10 millions de tonnes par an de capacité ( 200 mille barils par jour), dans le port de Tianjin, situé dans le Nord de la Chine. Le Chinois CNPC et le Russe Rosneft constitueraient une Joint Venture pour porter le projet qui concrétise les accords passés entre les deux Sociétés en Mars 2006.