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  • Les surcapacités de raffinage mondiales rendent l’aval des compagnies pétrolières insupportable

    Les surcapacités de raffinage mondiales rendent l’aval des compagnies pétrolières insupportable

     Le monde pourrait manquer de pétrole nous dit-on. Peut-être, mais il ne manquera pas de raffineries. Le raffinage américain a tourné à 77,7% de ses capacités la semaine dernière, une des pires valeurs observées en période sans ouragan dans le Golfe du Mexique. La demande boulimique de pétrole américaine n'est plus au rendez-vous, les Sociétés contrôlent et réduisent leurs dépenses énergétiques en gasoil ou en kérosène, les raffineries qui utilisent de plus en plus d'éthanol et réduisent les productions des fractions de distillation à faible valeur ajoutée consomment moins de pétrole par gallon de carburant (LIRE). Au sein des pays OCDE, par rapport à une situation "normale", il est possible d'estimer les surcapacités de raffinage autour des 5 millions de barils/jour, pour un besoin de 46 millions de barils/jour, une moitié venant de la baisse des consommations et l'autre moitié provenant de l'utilisation des biocarburants et des gains opérationnels de rendements en carburants. Cet excédent est d'autant plus handicapant pour les Sociétés de raffinage que des stocks de produits raffinés officiels ou flottants ont été constitués depuis un an à titre spéculatif pour profiter de la courbe en contango des cours de ces produits. Enfin la profession sait que la situation ne pourra aller qu'en empirant avec les investissements massifs réalisés dans l'aval par l'Arabie Saoudite, dans les technologies de GTL au Qatar et par la volonté des dirigeants russes de favoriser l'exportation de produits raffinés en jouant sur les taxes à l'export. Plus tard viendront les investissements irakiens et iraniens. L'aval de l'industrie pétrolière va, durant la décennie à venir, se déplacer vers les pays producteurs du Moyen-Orient et vers la Russie. Des raffineries au sein des pays OCDE devront donc être obligatoirement stoppées.

     Réduction-raffinage-2010

     Tout au long de 2009 des raffineurs américains comme Valero ou Sunoco ont fermé certaines de leurs raffineries. A Aruba et à Delaware City pour le premier, à Eagle Point, N.J. pour le second. La volonté de Total de fermer sa raffinerie de Dunkerque est de notoriété publique. BP a présenté de piètres résultats dans ce domaine. Mais parmi les grands opérateurs c'est Shell qui vient de présenter le plan de rationalisation de l'aval le plus drastique. Après la conversion de la raffinerie de Montréal au Québec en terminal, Shell va se pencher en 2010 sur le sort de 5 raffineries de faibles tailles, représentant 566 mille barils/jour soit 15% de la capacité de raffinage du Groupe, dont quatre en Europe et une en Nouvelle Zélande (FIG., points jaunes). L'objectif affiché est de réduire encore les effectifs de 1000 personnes et d'économiser annuellement un milliard de dollars.

    CONSULTER la présentation de Shell

    Le 4 Février 2010

  • L’éolien offshore en Europe, une ressource énergétique subventionnée en pointe

    L’éolien offshore en Europe, une ressource énergétique subventionnée en pointe

     Par manque de larges espaces inhabités, l'Europe va devoir conquérir sur les mers les espaces nécessaires à l'implantation de ses futures éoliennes. A la fin 2009 il y avait déjà plus de 2GW de puissance éolienne offshore installée nous révèle l'EWEA dans son document consacré à ce thème (FIG.). Elle en prévoit un de plus pour la fin 2010 et affirme que des autorisations sont accordées sur les côtes européennes pour pouvoir implanter jusqu'à 16 GW au delà des 3,5 GW en cours de construction. Il faut prendre les valeurs avancées par cette institution pour les horizons 2020 ou 2030 avec beaucoup suspicion, l'avancement des programmes étant fortement dépendant des aides d'états, du contexte économique et des moyens opérationnels lourds disponibles pour construire et implanter de tels moulins à vent dont la taille unitaire va aller en grossissant. Pour l'horizon 2030, l'AWEA parle de 130 GW installés, alors que Siemens ne parle que de 70 GW (LIRE). J'aurais plutôt tendance à croire dans la projection de Siemens qui a dû sûrement intégrer que l'éolien offshore plutôt nordique, entrerait en compétition avec les solutions photovoltaïques du sud de l'Europe par exemple. Ce marché est pour l'instant dominé par Siemens qui a installé 70% de la puissance en 2009 suivi de Vestas avec 19%, Win-Wind qui a atteint 5% et la filiale allemande d'AREVA, Multibrid, qui a également installé 5% de la puissance. Les développeurs leaders ont été l'électricien néerlandais Dong (54%) allié à Siemens (LIRE) et les allemands E-On (17%) et RWE (16%).

    Offshore-europe-2000-2009 

     La taille moyenne des éoliennes qui était de 2,9 MW en 2009 va avoir tendance à grossir dans les années à venir avec les nouveaux standards de 3,6 MW de Siemens et Vestas, mais aussi avec les nouveaux venus dans les 5MW avec REpower et Multibrid et les futurs équipements de 6MW ou 7,5 MW envisagés respectivement par REpower et Clipper.

     En dehors de l'Europe, le Canada (Colombie Britannique) et les Etats-Unis pourraient permettre aux constructeurs européens d'exporter leurs technologies. Il est à prévoir cependant que GE après le rachat du norvégien ScanWind (LIRE) ne restera pas longtemps en dehors de ce créneau en forte croissance. 

    LIRE le récent rapport de l'EWEA sur le sujet.

    Le 4 Février 2010

  • Exploitation de la biomasse à des fins énergétiques: les grands Groupes entrent dans la danse

    Exploitation de la biomasse à des fins énergétiques: les grands Groupes entrent dans la danse

     A ce jour, 8% de la consommation d'essence américaine est assurée par de l'éthanol essentiellement américain provenant des champs de maïs locaux. Demain, avec l'homologation attendue du mélange E15, à 15% d'éthanol, par l'EPA, ce sont 13 à 14% de l'essence américaine qui proviendront d'éthanol local ou éventuellement importé. Pour l'instant, la production d'alcool américain est encouragée par une subvention fédérale de 45 cents/gallon et protégée par une taxe à l'importation de 54 cents/gallon. De ce fait le Brésil, deuxième producteur mondial exporte très peu vers les Etats-Unis. Le premier grand pétrolier américain qui a concrètement pris conscience de l'importance croissante de l'alcool, est le grand raffineur américain Valero. Ce dernier, au printemps 2009, a mis la main sur la plupart des grandes usines d'éthanol de VeraSun alors en faillite pour avoir spéculé sur les cours du maïs. Vient de tomber l'annonce de l'alliance de Shell avec le troisième mondial producteur de sucre, le brésilien Cosan. Ensemble les deux Groupes voudraient pousser les productions au-delà des 2 milliards de litres d'alcool produits par Cosan aujourd'hui et utiliser le réseau Shell en Europe et aux Etats-Unis pour distribuer le produit. Bien sûr une telle menace effraie les producteurs de bioéthanol US qui demandent à grands cris le renouvellement des subventions et des taxes protectionnistes qui ne sont actées pour l'instant que jusqu'à la fin de l'année.

    Pellets La production d'éthanol cellulosique à prix compétitif ne semblant pas être pour demain, il est dévoilé que le grand Mitsubishi Corp. voudrait s'allier au très grand du bois américain Weyerhaeuser pour développer une importante filière américaine biomass-to-energy. Cette activité produirait de grandes quantités de granulés (pellets) pour les applications industrielles telles que l'apport de biomasse dans les centrales au charbon et autres chaudières d'industries. Mitsubishi dispose déjà d'usines de production de pellets au Japon et est impliqué dans la gestion de l'allemand Vis Nova Trading.

    L'électricien allemand RWE annonce également qu'il va construire pour 2011 une usine de production de pellets aux Etats-Unis, en Géorgie où des usines de papier ont cessé leur activité et ont libéré de larges capacités d'exploitation des forêts. Cette unité qui aura une capacité de production de 750 mille tonnes de granulés par an devra alimenter la centrale thermique de Amer aux Pays-Bas dont l'objectif est de porter de 30% à 50% le mix bois-charbon qu'elle consume. Remarque: cette production de bois représente une énergie de 3,7 TWh thermiques par an, soit dans les 1,4 TWh électriques.

    La nouveauté dans ces diverses informations provient du fait que les grands Groupes semblent sortir des programmes à minima, subventionnant quelques PME innovantes impliquées dans la recherche de valorisation de la biomasse, pour entrer de plein pied dans un business à leur taille, au sein de filières éprouvées et pérennes. Les marchés de l'éthanol de maïs ou de cane à sucre, ceux des granulés de bois font partie de cette catégorie.

    Le 4 Février 2010

  • Comment réussir dans le colossal marché potentiel des batteries pour véhicules électriques?

    Comment réussir dans le colossal marché potentiel des batteries pour véhicules électriques?

     Le marché des batteries avec l'arrivée des véhicules électriques va changer d'échelle. De quelques dizaines de Wh pour un ordinateur portable, à un kWh pour un véhicule hybride le marché va passer à des batteries de 5 à 10 kWh pour les véhicules hybrides rechargeables au secteur (Plug-in) et à des batteries de 16 à 25 kWh pour les véhicules purement électriques. Les spécialistes du secteurs fourbissent leurs armes pour affronter la croissance exponentielle de la demande qui selon le Nikkei pourrait passer d'un marché des batteries de traction de voitures de 3 milliards de dollars en 2010 à plus de 20 milliards en 2014. Cette croissance nécessitera des investissements d'une multitude de sous-traitants des grands constructeurs de batteries qui produisent les matières électroactives, les feuillards supports, les électrolytes, les séparateurs et autres composants. Il est possible de citer l'exemple du japonais Nippon Denko qui est une entreprise spécialisée dans l'élaboration d'alliages de Fer et divers dérivés du Bore, du Chrome, etc. Elle s'est diversifiée dans la production d'électrodes à base de spinelle de manganèse LiMn2O4 et compte passer sa capacité de production de 700 tonnes de spinelle par an à 2700 tonnes en 2010. Un calcul simple montre que ce volume est suffisant pour alimenter 40 mille batteries de 24 kWh de Renault-Nissan par exemple. Donc voici un exemple d'un sous-traitant qui ne se contente pas de vendre la matière active, il a investi pour pouvoir produire un composant important de la batterie: les électrodes positives.

    FIG. Le marché mondial des batteries pour EV devrait dépasser les 20 milliards de dollars en 2014 (Nikkei)

    Li-Ion-market-2008-2014

     L'autre porte d'entrée sur ce marché sera l'innovation avec des électrodes de plus fortes capacités volumiques qui pourront s'oxyder à plus hautes tensions (5V) ou qui pourront emmagasiner plus de lithium par unité de volume comme les composites à base de Silicium. Les domaines des séparateurs résistant à haute température ou des électrolytes (conducteurs ioniques) ininflammables seront favorisés pour assurer une sécurité intrinsèque à la batterie et lui permettre de monter en tension de charge. Ces progrès devraient déboucher sur de meilleurs rendements et donc sur une moindre utilisation de matières pour stocker l'énergie électrique de façon plus compacte. Dans un premier temps les constructeurs nippons visent un objectif de prix de batterie de 500$/kWh à l'horizon 2015, c'est à dire demain. Ces réductions de prix devraient permettre d'élargir le marché des batteries à d'autres applications industrielles.

     La bataille entre innovateurs nippons ou coréens et productions low-cost chinoise sera rude. Seule une avance systématique d'une génération de batterie permettra aux industriels de l'OCDE de résister face à la déferlante chinoise. Les sous-traitants nippons ne vont pas tarder à arriver en Europe ou aux Etats-Unis dans les bagages des constructeurs de véhicules. Les Etats les plus malins les accueilleront à bras ouverts avec un argument essentiel, la présence de laboratoires pointus et ouverts sur les problèmes industriels qui les aidera dans leur démarche innovante.

    LIRE la nouvelle concernant Nippon Denko

    Le 3 Février 2010

  • Les ventes cumulées sur 12 mois de véhicules en France flirtent avec les plus hauts historiques

    Les ventes cumulées sur 12 mois de véhicules en France flirtent avec les plus hauts historiques

    Analyser une série de données mensuelles de façon cumulée sur 12 mois mobiles est un bon procédé pour déceler les tendances à moyen et long terme des phénomènes. Cette méthode appliquée aux immatriculations de véhicules en France depuis 15 ans, permet de mesurer l'implication des divers gouvernements de notre pays sur le commerce des voitures. C'est en effet au grè des "balladurettes" en 1992, des "juppettes" entre 1994 et 1996 et autres mesures incitatives de types Bonus ou Super-Bonus, un des modes d'actions préférés de ceux qui nous gouvernent pour essayer d'infléchir la donne économique. Malheureusement la part de véhicules importés croissant, ces mesures ont de plus tendance à relancer l'économie de nos voisins aux dépens de celle de notre nation. Il y a là une des limites du système, une autre limite est donnée par le fait que tout processus incitatif connaît un essoufflement, au nom du postulat de ma Grand-mère qui affirme qu'il est difficile de faire boire un âne qui n'a plus soif. Enfin, ces dispositifs n'étant pas indolores pour le budget de l'Etat, ils arrivent à lasser même les gestionnaires les plus insouciants. C'est ainsi que paradoxalement, à l'issue d'une crise économique particulièrement sévère, la France se retrouve en 2010 avec des immatriculations de véhicules, cumulées sur 12 mois, proches du record "Jospin 2000" de ces dernières années qui avait dépassé les 2,3 millions d'unités (FIG.). Ce record succédait à une grave crise des ventes de 1997 amorcée sous le gouvernement Juppé.

    Ventes-cumul12-France-2010-1

     Selon un mode de respiration illustré par ce graphe, il est possible de prévoir un essoufflement des ventes de véhicules durant 2010. Son amplitude dépendra essentiellement de l'offre de nouveaux produits répondant aux nouveaux besoins du marché orienté vers les produits "low cost" ou écolos.

    Remarque: les ventes de 2,3 millions de véhicules sur 12 mois assurent un taux de renouvellement du parc de 37 millions de véhicules proche de 6,2% par an. Cette rotation rapide qui correspond à un renouvellement du parc en 16 ans par des véhicules moins polluants, est excellente pour les économies de carburants et la réduction des rejets de GHG.

    Le 3 Février 2010
      

  • BP sur fond de bonnes performances en amont, perd de l’argent dans le raffinage et les énergies renouvelables

    BP sur fond de bonnes performances en amont, perd de l’argent dans le raffinage et les énergies renouvelables

    Résultats en demi-teinte pour BP au dernier trimestre 2009. Les productions de pétrole et de gaz ont été bonnes sur toutes les zones d’activité. Elles ont dépassé, hors TNK-BP sa joint venture russe, les 3 millions de barils équivalents pétrole (FIG.), battant ainsi le record trimestriel des quatre dernières années.

    Productions-2006-2009-T4

    Par contre après avoir passé en provision de 0,5 milliard de dollars pour restructuration du raffinage et passé un write-off de 1,6 milliard de dollars sur des acquisitions américaines dans le domaine, l’activité aval ressort en perte de 1,94 milliard sur le trimestre et affiche un profit limité à 743 M$ sur l’année. L’indicateur de marge de raffinage de BP au quatrième trimestre est ressorti à 1,49$/baril à comparer aux 5,20 $/baril un an auparavant. Cette valeur de l’indicateur illustre la très grande disponibilité de produits raffinés sur le marché mondial et le caractère artificiel de la montée des cours du pétrole brut depuis le printemps 2009.

     Dans les énergies renouvelables les volumes annuels s’avèrent être en progression, pour le photovoltaïque avec 203 MW pour BP-Solar contre 162 MW en 2008. Dans l’éolien BP finit l’exercice avec une capacité installée de 711 MW à comparer aux 432 MW à fin 2008. Mais l’ensemble s’avère être bien peu rentable avec une perte opérationnelle de 1,8 milliard de dollar sur l’année 2009. L’image de marque de BP, pétrolière verte, lui coûte donc assez cher.

     Dans le domaine de l’éthanol cellulosique la coopération de BP avec Verenium semble aller doucement, les deux parties ont décidé de renouveler leur coopération durant 18 mois de plus et BP apporte 2,5 millions de dollars pour financer les recherches en attendant de passer la vitesse supérieure au sein de la filiale 50/50 Vercipia. Le passage en phase industrielle de la production d’éthanol cellulosique bloque de façon générale sur les coûts des enzymes, sur la forte demande en énergie pour extraire l’éthanol de bibines très peu concentrées en alcool et, bien sûr, sur les problèmes de logistique.

    LIRE la publication trimestrielle de BP.

    LIRE le communiqué de Verenium

    Le 2 Février 2010.

  • Vers un possible tassement des ventes de 4X4 urbains aux Etats-Unis

    Vers un possible tassement des ventes de 4X4 urbains aux Etats-Unis

     Les Etats-Unis forment un grand pays agricole riche et dynamique. Sa population souvent très attachée à ses grands espaces, prend souvent plaisir à se retrouver dans un cadre rural au volant d'un 4X4 ou d'un pick-up. Le mythe du cow-boy est encore vivant, mais le cheval inconfortable a été mis au rancard. Ce sentiment profondément partagé a donné l'opportunité aux équipes Marketing des constructeurs américains et japonais de véhicules de lancer la mode du 4X4 urbain dans les années quatre-vingt dix, depuis largement diffusée dans la plupart des pays du monde. Bien sûr, ce mouvement qui a connu son apogée en 2004 et 2005 aux Etats-Unis avec plus de 9,7 millions d'exemplaires vendus (FIG., courbe bleue) s'est heurté de plein fouet avec la hausse des prix des carburants, ce qui a entraîné la baisse des ventes de ces produits dés les années 2006 et 2007, alors que les ventes de limousines restaient relativement stables (courbe rouge). Par la suite, la crise financière puis économique a révélé l'inadéquation de cette offre obséquieuse par rapport à une demande plus orientée vers une maîtrise des coûts du transport routier. 2009 finit l'année avec des ventes de "trucks" de 5,15 millions d'exemplaires pour des commercialisations de limousines qui ont repris le leadership, perdu en 1999, avec 5,46 millions d'exemplaires.

    Ventes-US-1979-2009

     L'avenir du 4X4 américain va dépendre pour une large part de la politique marketing des grands groupes. La clientèle rurale pour des questions professionnelles continuera à acheter ce type de véhicule. Il est possible historiquement d'évaluer ce marché autour des 3 à 4 millions d'exemplaires des années quatre-vingts. L'introduction de la technologie hybride va permettre de faire l'économie de quelques litres d'essence aux cent miles, enfin la technologie hybride rechargeable permettra de produire quelques dizaines de milliers de véhicules de très haut de gamme.

     Le futur de ce marchés américain des véhicules lourds (>2,1 tonnes en moyenne) peut donc être estimé autour des 5 à 6 millions d'exemplaires pour les années à venir. Un compromis entre 4X4 et limousine pour un véhicule urbain plus léger utilisant les plastiques armés et les matériaux composites, présentant un coefficient de pénétration dans l'air acceptable et équipé de la technologie hybride demeure à inventer. Ce serait alors le principal concurrent du traditionnel 4X4 qui tire vers le haut la consommation moyenne du parc automobile américain à des niveaux d'un autre temps (11 litres aux cent km en moyenne en 2009 pour une masse moyenne de 1,9 tonnes, nous dit l'EPA!).

    LIRE les consommations de carburants du parc automobile US publié par l'EPA.

    Le 1er Février 2010.

  • Où il apparaît que les paramètres agissant sur climat sont plus nombreux que ceux imaginés jusque là

    Où il apparaît que les paramètres agissant sur climat sont plus nombreux que ceux imaginés jusque là

     Entrerions-nous dans une phase d'aggiornamento climatique? Certains ironiquement parlent de rétropédalage. Il semblerait que la réponse à cette question puisse être positive. Ne voit-on pas une des grandes prêtresses de l'orthodoxie climatique officielle, avec ses collègues de l'Université de Boulder, avouer qu'un nouveau paramètre de premier ordre, jusque là négligé, pourrait avoir entraîné une surestimation de 30% de l'effet des GHG durant la phase d'emballement climatique des années quatre vingt dix. Ce paramètre mystérieux s'avère être, d'après les auteurs de l'étude, la teneur en vapeur d'eau de la stratosphère qui, ayant baissée durant les années 2000 (FIG.), expliquerait la relative stabilité des températures observée depuis. La moindre présence d'eau réchaufferait la stratosphère et refroidirait la troposphère nous dit-on. L'origine de cette variation de la teneur en eau de la stratosphère est pour l'instant mal comprise (Faible quantité de vapeur issue des zones tropicales? Moindre oxydation du méthane?)

    H2O-stratosphere-Solomon-2010

    Il ressort de tout cela une science climatique d'une grande complexité, jalonnée d'hypothèses plus ou moins fondées, et déterminée par une ribambelle de paramètres dont les GHG. Le manque d'humilité de certaines équipes semble aussi intense que la profondeur de leur ignorance. Il est donc recommandé à ce jour d'aborder les certitudes climatiques de certains avec beaucoup de suspicion. Le doute est une approche philosophique nécessaire lorsqu'on vous prédit l'engloutissement des terres suivi de l'enfer climatique dans quelques décennies. Ne faudrait-il pas simplement admonester les pythies du climat d'un simple "vade retro, satanas!" pour les voir retourner dans leurs laboratoires et s'éloigner des médias qui reproduisent et amplifient à l'envie des vérités approximatives.

    LIRE le résumé du papier de Susan Solomon et col.

    Le 31 Janvier 2010. Modifié le 2 Février (insertion de la Figure issue de l'article de Solomon)

  • Un retour des cours du baril WTI vers les 70$/baril doit être sérieusement envisagé

    Un retour des cours du baril WTI vers les 70$/baril doit être sérieusement envisagé

    Malgré de grands opérateurs à la Goldman et autres Morgan qui veulent jouer encore et encore la hausse du baril de pétrole, le marché prend acte d'un certain nombre de signaux négatifs qui vont du raffermissement du dollar, à la poursuite de la baisse des consommations en produits pétroliers au sein des pays OCDE, à l'accroissement des productions de brut que ce soit au sein de l'OPEP ou dans les pays NON-OPEP, à l'existence de stocks flottants estimés à 150 millions de barils. Mais le signal le plus négatif est donné par les discours des politiques, sincères ou non, qui comme Obama répètent à l'envie la nécessité de limiter la prise de risques excessifs par le système bancaire et l'ardente obligation de mieux contrôler les Marchés. Les prises de paroles du patron de la CFTC, Gary Gensler, qui expose des plans détaillés de mesures de contrôle des opérations over-the-counter (OTC), apportent une traduction opérationnelle à ces discours présidentiels. Bien sûr, tout cela n'est pas encore joué et doit être amendé puis approuvé par les Commissions ad hoc du Congrès pour devenir opérationnel, mais le climat n'est pas favorable aux excès d'une spéculation débridée.

    Cours-WTI-Euro-2010-1

    Le repli du WTI qui avait stupidement dépassé les 80$ le baril au début du mois (FIG.) s'inscrit dans ce contexte plus défavorable aux envols. Un retour des cours du baril, accompagnant la hausse du dollar, autour des 70$, comme durant l'été dernier, semble être une hypothèse raisonnable en attendant je ne sais quel signal qui relancera la spéculation à la hausse, puisque Goldman-Morgan en a décidé ainsi. 

    LIRE la présentation de Gary Gensler sur la réforme des OTC.

    Le 30 Janvier 2010

  • Le raffinage américain, de plus en plus sophistiqué, consomme de moins en moins de pétrole

    Le raffinage américain, de plus en plus sophistiqué, consomme de moins en moins de pétrole

     Les statistiques publiées par l'EIA pour le mois de Novembre confirment la poursuite de la baisse des consommations américaines en produits pétroliers de 2,4% par rapport à celles d'il y a un an, à 18,55 millions de barils/jour. Ce phénomène s'accompagne d'une très faible utilisation de pétrole par les raffineries locales dont la charge est passée au dessous des 14 millions de barils/jour ce qui reporte l'observation d'un tel score, pour un mois sans ouragan, à plus de dix ans en arrière (FIG.).

    Raffinage-US-conso-2005-2010

    Cette baisse continue des consommations de pétrole par le raffinage américain, alors que la charge globale reste relativement stable autour des 17 millions de barils/jour, est une des données de base qui permettent de prévoir la baisse des consommations dans les années à venir. Elle est due à plusieurs paramètres.

     Le plus simple tout d'abord est l'utilisation croissante de fuel éthanol qui est utilisé pour produire essentiellement le mélange E10 qui représente maintenant 80% des consommations américaines d'essence. Sur le million de barils/jour de baisse des apports de pétrole aux raffineries entre 2005 et fin 2009, l'utilisation d'alcool qui est passée de 0,2 million à 0,7 million de barils/jour explique donc la moitié du phénomène. La montée en puissance d'utilisation d'alcool avec l'autorisation attendue par l'EPA du mélange E15 à 15% d'éthanol, devraient accompagner la poursuite de ce phénomène.

     L'autre paramètre important est la recherche de la profitabilité des opérations par les raffineurs qui recyclent de plus en plus les produits peu demandés et de faible valeur ajoutée pour favoriser la production de produits à forte marge comme le gasoil, le kérosène ou le propane l'hiver. Un baril de pétrole produit de plus en plus de carburants nobles et de moins en moins de charges pour la pétrochimie, d'huiles lourdes, de coke de pétrole et autres fonds de barils. Ces produits qui représentaient 18% des produits du raffinage il y a cinq ans n'en représentaient plus que 12% au mois de Novembre.

     La faible demande des transports en produits raffinés, le transfert de la pétrochimie vers l'Afrique et le Moyen-Orient, la fermeture des raffineries les moins performantes des pays OCDE, l'utilisation accrue de fuel éthanol aux Etats-Unis et de biogasoil en Europe devront permettre dans les années à venir, d'assurer la poursuite du mouvement de baisse des consommations de pétrole dans l'OCDE. Une baisse de ces consommations de près de 2% par an observée depuis 2005 (LIRE) permettra de libérer les 0,8 à 0,9 million de barils/jour nécessaires, pour l'instant, à la croissance économique des grands pays en voie de développement comme la Chine, l'Inde ou le Brésil.

     Un tel système conduira donc à des consommations de pétrole sensiblement stables dans le monde et non pas croissantes comme nous l'affirment les officines de prévision de tous poils dont le plus bullish est traditionnellement et maladivement l'IEA (LIRE).

    Le 29 Janvier 2010