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  • Toyota prend 25% des parts dans un nouveau projet d’exploitation de salines riches en Lithium en Argentine

    Toyota prend 25% des parts dans un nouveau projet d’exploitation de salines riches en Lithium en Argentine

     La Société australienne Orocobre vient d'annoncer qu'elle allait former avec une filiale du Groupe Toyota une joint venture pour développer et exploiter une saline riche en potassium et en lithium, la Salar Olaroz, située dans le nord-ouest de l'Argentine. Toyota détiendra 25% de cette Société commune et apportera la garantie du Gouvernement japonais, via le JOGMEC, pour au moins 60% du financement de l'opération. A partir des saumures de cette saline, Orocobre estime que ce sont 1,5 millions de tonnes de carbonate de lithium et 4,4 millions de tonnes de potasse qui pourraient être globalement extraites. Cette saline présente l'intérêt de se trouver dans une zone à forte évaporation favorable à l'exploitation de saumures concentrées et présente un rapport Mg/Li relativement faible, rendant plus facile la purification du Lithium.

     Rappelons que SQM et Chemetall les deux grands acteurs de l'extraction et de la valorisation du lithium non chinois dans le monde, estiment les réserves mondiales à 14 à 17 millions de tonnes de Lithium (LIRE), soit 75 à 90 millions de tonnes de carbonate. C'est donc un gisement important pour satisfaire aux besoins croissants de lithium dans le monde.

    Remarque importante: rappelons pour les écrivains des nombreux blogs et autres gazettes qui recopient stupidement les Fables sur la pénurie de lithium, conséquence du développement des véhicules électriques, qu'une tonne de lithium utilisée dans une batterie dans laquelle 50% de ce lithium seraient électrochimiquement inactifs (irréversible qui varie, à ce jour, de 30 à 50% selon le type de sel de lithium choisi et la tension de charge et part présente dans l'électrolyte), permet, pour une tension moyenne décharge de 3,1V, de stocker:

     (1000/6.9) x 0,5 x 26,8 x 3,1 = 6000 kWh d'énergie électrique, l'équivalent de 370 batteries d'énergie moyenne de 16 kWh. On peut retenir simplement une valeur moyenne de

    2,7 kg de lithium par batterie de voiture électrique

    qui va globalement peser dans les 160 kg (100 Wh/kg). Les progrès accomplis par l'utilisations de sels présentant de meilleurs rendements et l'utilisation de tensions accrues devrait faire passer la masse de lithium moyenne au dessous des 2kg par batterie de 16kWh dans un avenir proche.(LIRE)

    Le lithium est un élément de faible masse atomique: 6,9. Un million de tonnes de Lithium permettrait donc de construire 375 millions de batteries aujourd'hui et plus de 500 millions demain. Le lithium n'est pas une ressource rare, mais il existe un avantage concurrentiel évident à l'extraire de salines performantes du style de la Salar Olaroz. Toyota l'a bien compris.

    Salar-Olaroz-Argentina

    LIRE la présentation d'Orocobre et l'ANNONCE de la JV

    Le 21 Janvier 2010
     

  • Toshiba veut valider un pilote complexe de génération d’électricité sur une île au sud d’Okinawa

    Toshiba veut valider un pilote complexe de génération d’électricité sur une île au sud d’Okinawa

    Les industriels japonais appliquent un bon principe censé être universel: avant de lancer une nouvelle technologie dans la nature, il est nécessaire de la valider et de l'optimiser sur un équipement pilote représentatif des futures générations industrielles. Bien sûr une telle démarche peut sembler au départ onéreuse, mais elle évite par la suite bien des déboires industriels et des retards lourds de conséquences financières et opérationnelles. C'est ainsi que Toshiba, avec l'aide de l'Agence japonaise des Ressources Naturelles et de l'Energie d'une part et du METI d'autre part, vient de décider de lancer un pilote de génération d'énergie électrique qui simulera les modes complexes du futur. Pour cela l'industriel va utiliser les installations existantes thermiques et éoliennes de l'île de Miyako au sud d'Okinawa, auxquelles il va adjoindre 4 MW de génération photovoltaïque qui seront composés de 3MW représentant une ferme raccordée au réseau, 600MW simulant des générations et des consommations industrielles et 400 MW simulant des applications domestiques (FIG., vue par un artiste). Ces installations seront équipées en tampon de batteries de 4MW de type Sodium-Soufre, ce qui suppose une énergie installée autour des 24 MWh, et de 200 kW de batteries de type Li-Ion SCiB de Toshiba. L'ensemble sera piloté par un système de contrôle et de supervision (Micro Energy Management System) développé par Toshiba. L'ensemble devrait être opérationnel avant la fin de l'année. Les modules solaires seront fournis par Sharp.

    Toshiba-Okinawa-test

    Le message important qu'il faut retenir de ce projet est le rôle fondamental de "load leveling" (FIG.) que vont jouer les batteries Sodium-Soufre au sein du système complexe. C'est le seul système électrochimique à ce jour qui peut être envisagé sérieusement pour du stockage de masse d'électricité en raison de la grande disponibilité des matériaux utilisés (sulfure de sodium, carbone, alumine béta comme séparateur et aluminium comme boîtier). La France (ou l'Europe) doit impérativement lancer un ou plusieurs projets sur ce type de stockage. Pour l'instant la seule source industrielle pour ce type de batteries est le japonais NGK Insulators (LIRE) qui assure avoir reçu commande de la part d'EDF EN. ("NAS batteries: Overseas market is active due to orders received from Abudhabi and EDF-EN. Demand for stabilization of the power distribution system is expected to increase due to the spreading use of renewal energy." déclare NGK dans son dernier rapport trimestriel).

    Pour un prix plancher de 140$/kWh annoncé par NGK et une autonomie de 7 heures ce type de batterie reviendrait à un million de dollar par MW installé (7 MWh) ce qui, par les temps qui courent, est réellement une bonne affaire.

    Load-leveling 

    LIRE le communiqué de Toshiba

    Le 20 Janvier 2010
     

  • La disparition des glaciers himalayens pour 2035, une certitude ne reposant sur aucune étude sérieuse

    La disparition des glaciers himalayens pour 2035, une certitude ne reposant sur aucune étude sérieuse

    Himalaya Voici un nouveau scandale qui émerge des glaciers de l'Himalaya au sein de l'Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC ou GIEC chez nous). L'affirmation péremptoire qu'une fonte totale des glaciers pourrait se réaliser d'ici à 2035, avec une probabilité de 90%, figurant dans les documents de cette instance, reposerait sur un article du New Scientist paru en 1999 et repris lors d'une campagne du WWF indien en 2005. Or cet article initial ne reposait alors sur aucune base solide ni sur aucun travail sur le sujet, sinon sur des "spéculations" d'un scientifique indien, issues d'une conversation téléphonique entre le Journal et ce scientifique de la Nehru University à Delhi.

    Les méthodes de l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours, se transformant en quasi certitudes scientifiques, en disent long sur le manque de compétence et de rigueur de cette instance en charge d'établir la vérité officielle sur le changement climatique. L'United Nation Environment Program et la World Meteorological Organization dont dépend l'IPCC devraient regarder plus à fond les modes de gouvernance et de décision de cette instance à qui le Prix Nobel a été attribué.

    Cette nouvelle intervient après la publication dans Nature Geoscience, par les équipes du LEGOS de Toulouse et leurs collègues de Colombie Britannique qui, grâce à l'imagerie satellitaire issue des observations de SPOT 5 et ASTER, estiment que la vitesse de fusion des glaciers de l'Alaska avait été jusque-là surestimée de près de 50%. Les auteurs de cet article concluent leur travail par: "We suggest that estimates of mass loss from glaciers and ice caps in other mountain regions could be subject to similar revisions."

    LIRE un article du TIMESONLINE sur le sujet qui va défrayer la chronique.

    LIRE le résumé de la publication du LEGOS

    Le 19 Janvier 2010.

  • Un exemple de croissance soutenable et de transition vers la décroissance: la population mondiale

    Un exemple de croissance soutenable et de transition vers la décroissance: la population mondiale

    Durant les années 1970, alors que la population mondiale croissait de 2% par an certains se sont inquiétés de la disponibilité potentielle des ressources naturelles. C'est de là que sont apparues, par exemple, les Etudes du Club de Rome et les théories du peak-oil. Depuis cette conviction d'une pénurie imminente a été entretenue par les acteurs de cette époque qui ont, bien sûr, pris quelques années, mais continuent inlassablement à nous expliquer les méfaits de toute progression géométrique et autres lois exponentielles. Une croissance de 2% par an conduisant à un doublement en 35 ans, il aurait été possible de prévoir mathématiquement à partir des 3,5 milliards de terriens de l'époque, une population mondiale de 14 milliards d'habitants en 2040. Or la prévision moyenne des Nations Unies annonce pour 2040 dans les 8,8 milliards de terriens. Alors que s'est-il passé? Le désir de bien-être des femmes de plus en plus nombreuses a pris le dessus sur les mathématiques. Devant la baisse de la mortalité infantile, l'effacement des coutumes et des religions face à l'éducation et avec la démocratisation de méthodes contraceptives plus ou moins élaborées, de plus en plus de femmes ont décidé de réduire le nombre d'enfants procréés. C'est ainsi que, malgré le vieillissement des populations mieux soignées, le taux de croissance annuelle de la population mondiale a régressé depuis les années 1970 pour atteindre en 2010 une valeur voisine de 1,1%. Les projections du scénario médian des Nations Unies sont basées sur une poursuite de cette décroissance (FIG.I) qui devrait passer en un siècle de 2% par an à 0% de façon quasi linéaire. Une extrapolation peu audacieuse de ces prévisions permet d'estimer que la population mondiale devrait passer par un maximum autour des 9,3 milliards d'individus vers les 2060 pour décroître ensuite.

    Population-mondiale-1950-2080 

    Ce processus bien analysé de Transition Démographique qui aura vu la population mondiale croître de façon provisoire en raison de son vieillissement, implique en retour, une décroissance à venir durant la deuxième partie de ce siècle. Le 21ème siècle connaîtra donc à la fois la baisse de la croissance puis la décroissance de la population mondiale.

    Pour illustrer ce phénomène il est utile d'examiner ce processus au sein de divers pays les plus avancés .

    Parmi les pays les plus avancés il en est un parfaitement représentatif: le Japon. Pour des raisons culturelles ce pays étant quasiment fermé à toute immigration de masse, il est possible d'llustrer par cet exemple le phénomène de transition démographique. La population du Japon est passée par un maximum entre les années 2004 et 2006, elle est entrée maintenant en phase de décroissance (FIG.II). En 2009 la population japonaise a baissé de 75 mille personnes avec 1144000 décès pour 1069000 naissances. 

    Population-japon-1950-2050

    A cette profonde modification des modes de vie des femmes japonaises, de plus en plus urbanisées et désirant participer à l'activité économique et culturelle de leur pays, il est intéressant de mettre en parallèle les consommations d'énergie de la population globale pour essayer de quantifier l'impact sur le monde du train de vie de ces 127 millions d'habitants évoluant dans un cadre de très haute technologie. La consommation cumulée sur 12 mois glissants d'électricité qui avait dépassé les 1000 TWh en Juillet 2008 a baissé de 8,5% depuis pour atteindre 925 TWh à la fin 2009. Quand à la consommation de pétrole, à 4,4 millions de barils/jour (FIG.III), elle est en baisse à l'automne 2009 de 18% depuis le plus haut constaté en Juin 2005.

    Conso-Japon-cumul-2005-2009-09

    Il est donc possible de constater que pour ce pays très en avance sur le reste du monde sur bien des points, de la technologie à la mode des teenagers, qui va être impacté par la baisse de sa population vieillissante, voit ce phénomène s'accompagner d'une baisse de consommation d'énergie et plus particulièrement de pétrole. Pour cette population largement urbaine, aux transports de masse largement développés, la possession d'une voiture par les jeunes générations est devenue une option de second ordre. Les fabricants de véhicules nippons essayent de lutter contre cette désaffection en proposant des modèles plus adaptés aux attentes du moment, tels que des véhicules hybrides puis, dans quelques mois, électriques.

    Parmi les autres populations du monde la Corée du Sud devrait suivre le schéma du Japon avec 15 à 20 ans de retard.

    Population-USA-1950-2090  L'autre modèle d'une transition démographique avancée mais impactée par une immigration soutenue est le modèle américain du Nord (USA, Canada) auquel on peut joindre l'Australie et les grands pays européens comme la Grande-Bretagne ou l'Espagne et dans une moindre mesure la France dont les flux migratoires assurent une croissance soutenue de la population.

     Pour les Etats-Unis la croissance de la population est dans sa phase de déclin. Une extrapolation des projections des Nations Unies permet d'espérer un maximum de population vers 2070 aux environs des 410 millions de citoyens, soit 100 millions de plus qu'aujourd'hui (FIG.). Dans ce type de pays tel que les Etats-Unis, le Canada et l'Australie, les consommations d'énergie devraient se stabiliser et même décroître en raison de l'importance du gisement que constitue la réduction du gaspillage. Pour ces pays l'évolution des populations dépendra pour partie des politiques d'immigration qui seront appliquées dans le futur.

    Le scénario qu'il est donc possible de retenir pour les pays les plus riches de la planète est un tassement rapide de la croissance de la population accompagné de son vieillissement. Elle devrait passer par un maximum vers les 2040 pour ensuite décroître. Ce phénomène, accompagné d'une forte urbanisation des populations, se traduira par une importante baisse des consommations d'énergie et plus particulièrement de pétrole de la part de ces populations. La baisse des consommations de pétrole des pays de l'OCDE déjà largement entamée (LIRE) devrait donc se poursuivre tout au long du siècle et compenser ainsi les croissances initiales de consommations des pays en voie de développement d'Asie ou d'Amérique du Sud.

    L'impact des évolutions des populations sur le monde et de leurs modes de vie sur les consommations d'énergie et autres commodities ont un effet pour l'instant mal évalué et difficilement quantifiable. L'adaptation des populations aux contraintes de prix ou de pollution, leur recherche de plus de bien-être, peuvent mettre à mal bien des prévisions. Ces processus d'adaptation participent à la soutenabilité d'une moindre croissance qui évoluera NATURELLEMENT vers la décroissance en raison du processus de transition démographique en cours qui implique vieillissement des populations suivi de la réduction de leurs tailles. Les deux phénomènes successifs, âge et nombre, devraient avoir de fortes répercussions sur les besoins en énergie des populations tout au long de ce siècle. 

    Remarque: le cas de la Chine constitue un cas particulier de transition démographique anticipée par la volonté politique des dirigeants qui ont édicté des règles sur les possibilité de procréation des femmes de ce pays. La population chinoise devrait passer par un maximum de 1,46 milliards d'habitants vers 2030. Nul doute que la décroissance de population qui suivra allègera faiblement les besoins en énergie et en diverses commodities de ce pays.

    Le 18 Janvier 2010 

  • Un marché du pétrole incertain mais ayant conscience d’avoir trop poussé le bouchon

    Un marché du pétrole incertain mais ayant conscience d’avoir trop poussé le bouchon

     Dans ce marché hyper manipulé des produits pétroliers l'incertitude prévaut. Incertitude sur les cours du dollar contre les autres monnaies, avec un USDX qui s'est fortement valorisé en Décembre mais qui depuis à reperdu du terrain. Incertitude sur l'évolution de la régulation des Marchés avec un Gary Gensler, Chairman de la CFTC, qui après avoir complètement retourné sa veste depuis l'arrivée d'Obama, prêche la standardisation et la cotation des dérivés over-the-counter (OTC) aux travers de chambres de compensations à mettre en place. Lumière bien mal venue sur ces 300 mille milliards de dollars de papier pour certains qui préfèrent travailler dans l'ombre. Incertitude sur une reprise économique annoncée mais qui semble vouloir se faire attendre. Tout cela n'est pas très favorable à l'établissement d'une tendance nette sur les cours. Alors les opérateurs ont joué le "Rallye de la Première Neige" classique. Les frimas arrivant, tout le monde veut remplir ses cuves de mazout, alors les cours du fuel flambent et tirent ceux du pétrole. On a vu alors les cours du WTI et même ceux du Brent dépasser les 80 dollars le baril pour même franchir les 82 dollars à New York à la fin de la semaine dernière. Mais rien, à part la neige, ne pouvant justifier cette poussée de fièvre il a bien fallu se replier sur un 78 dollars le baril de WTI hier. Il y a deux ans à la même époque les cours étaient allés friser les 100 dollars le baril (FIG.) pour retomber durant le mois de Janvier. C'est un mois traditionnellement calme, on y attend la fin de l'hiver dans l'hémisphère nord et les opérateurs fourbissent les armes pour la reprise de printemps.

    Cours-WTI-2ans-2010-01

    Pour un nouveau rallye sur le pétrole il faudra donc attendre le mois de Février. Les Pythies du Pétrole vous parleront alors de reprise de l'économie, du boom chinois, de l'épuisement des ressources…du classique somme toute, pour dégager quelques milliards de dollars de marges et préparer les bonus de l'année suivante. 

    LIRE un papier de Gensler récent sur sa vision d'organisation des marchés des OTC.

    Le 16 Janvier 2010
     

  • Les valeurs boursières du photovoltaïque en recul par crainte d’essoufflement de la locomotive allemande

    Les valeurs boursières du photovoltaïque en recul par crainte d’essoufflement de la locomotive allemande

     Le marché mondial des modules photovoltaïques en 2009 a été sauvé par de très fortes demandes d'équipements en provenance du marché allemand. Ces besoins locaux auraient atteint les 4000 MW soit 1300 MW de plus que prévu par les acteurs du marché, le tout sur la conviction que les tarifs préférentiels allemands d'achat d'électricité photovoltaïque allaient être revus à la baisse en 2010. La rumeur, reportée par Reuters, faisant savoir que les autorités allemandes allaient faire baisser ces tarifs de 17% dès le mois d'Avril vient d'avoir l'effet d'une bombe sur les cours des Sociétés du PV mondial. Tout d'abord les Groupes chinois qui exportent massivement en Allemagne ont vu leurs cours de bourse fortement reculer dans la semaine (TAB.) aves un record pour Canadian Solar, action très travaillée, qui a reculé de plus de 20%.

    Cours-PV-asie-2010-01

    De même les acteurs du photovoltaïque européens ont fortement marqué le coup avec un recul des cours de 15% pour le norvégien REC, leader européen du silicium, et une baisse de 11% du cours de Q-Cells le leader allemand des modules photovoltaïques. Quand à l'américain First Solar son cours s'est replié de 11% sur la semaine.

    D'après le Ministre allemand de l'écologie, Ronald Heinneman, les nouveaux tarifs et leur date d'application ne seraient au mieux publiés que la semaine prochaine nous informe Bloomberg.

     Le risque pour l'industrie mondiale du PV est un recul du marché en 2010, estimé jusque là autour des 6,8 GW, déjà largement en surcapacité de production, ce qui entraînerait un nouveau recul des prix. Ces soubresauts d'une activité tenue à bout de bras par les subventions allemandes qui vont coûter aux consommateurs allemands des dizaines de milliards d'euros dans les vingt ans à venir, montre le côté malsain des systèmes de Feed-in-Tariff qui tout naturellement ont tendance à exacerber les effets d'aubaine, suivis par de profonds reculs. En 2008 la profession a connu l'arrêt du marché espagnol, la crainte de revoir un scénario similaire en Allemagne est dans les esprits de tous les acteurs. Il est une certitude, un jour les consommateurs allemands d'électricité seront lassés de se voir tondre pour alimenter grassement une industrie qui sera de moins en moins allemande et de plus en plus asiatique.

    Le 16 Janvier 2010

  • Les ventes de voitures en Europe ont sauvé les meubles en 2009, mais sur une tendance longue en déclin

    Les ventes de voitures en Europe ont sauvé les meubles en 2009, mais sur une tendance longue en déclin

     Les ventes de voitures en 2009 en Europe ont sauvé les meubles avec 14,5 millions d'exemplaires vendus, contre 14,7 millions commercialisés en 2008. Cette performance est à créditer aux multiples aides gouvernementales de types prime à la casse, bonus-malus et autres avantages fiscaux, relayées par des politiques commerciales agressives de la part des constructeurs. L'exemple des véhicules low cost de style Dacia, avec une croissance des ventes de 29% en Europe, illustre cette adaptation commerciale à la donne économique du moment. Mais cette bonne performance enregistrée en 2009 doit être replacée dans un contexte plus large (FIG.) qui montre que les ventes de voitures dans la Zone Euro sont passées par un maximum en 1999 et que depuis la tendance est globalement au plafonnement puis à la baisse.

    Immatriculations-europe-1990-2009

     Dans les années à venir, il est probable que dans une Europe vieillissante, au niveau de vie sensiblement engourdi par une économie languissante, les ventes de véhicules retomberont un peu plus, les mesures de stimulation gouvernementales étant peu à peu abandonnées et les pénibles remises à flots des dettes d'Etats étant engagées.

     Eurostat par exemple, dans une étude démographique récente des régions d'Europe estime que le solde migratoire des populations entre 2010 et 2030 sera positif de 30 millions d'individus, ce qui permettra à la population de l'Europe des 27 de croître de 20 millions d'habitants durant cette période. Mais à cette croissance globale sera associée un fort vieillissement des populations qui verra les plus de 65 ans augmenter de 36 millions de membres. En d'autres termes la population active de nombreux pays européens va décroître dans les 20 ans à venir. Parmi les grands pays, seules la Grande-Bretagne et l'Espagne, pays à fortes immigrations, verront croître leur population de moins de 65 ans. Quand à l'Allemagne elle verra sa population décroître de 2 millions d'habitants et le nombre de ses plus de 65 ans augmenter de 5 millions de membres, malgré un solde migratoire de 4 millions d'individus. Tout cela n'est pas très bon pour les futures ventes de véhicules allemands.

    ACCEDER aux statistiques de l'ACEA.

    LIRE l'étude d'Eurostat sur les régions d'Europe.

    Le 15 janvier 2010
      

  • Le fossé entre production électronucléaire et consommation d’électricité s’élargissant, la France métropolitaine voit le solde des échanges se dégrader

    Le fossé entre production électronucléaire et consommation d’électricité s’élargissant, la France métropolitaine voit le solde des échanges se dégrader

    Rien ne va plus dans l'équipe de France du Nucléaire, non seulement elle se fait planter sur des appels d'offres face aux Coréens, mais en plus elle est incapable de produire, à la maison, les quantités d'électricité nécessaires à satisfaire la demande énergétique de ses concitoyens. L'aventure nucléaire française, élément industriel de l'identité de notre pays, va-t-elle finir en eau de boudin? Une Commission dirigée par François Roussely, ancien patron d'EDF a la charge de réfléchir sur les problèmes de la filière française et de faire le point sur l'état de la concurrence mondiale. En attendant ses propositions, il faudrait tout de même regarder les médiocres performances opérationnelles hexagonales qui à fin Décembre 2009 affichent un déficit grandissant de la production nucléaire par rapport à la demande en énergie électrique (FIG.I). Cet éventail qui s'élargit rend l'observateur perplexe. Existe-t-il une seule entreprise au monde qui pourrait espérer bâtir une stratégie mondiale ambitieuse et efficace sur la base de performances opérationnelles quotidiennes médiocres dans son pays? Il n'en existe pas et c'est là un des grands problèmes actuels d'EDF et de son patron que son prédécesseur lui a généreusement légué.

    Generation-nucleaire-cumul-2008-2009-12

    Alors la demande croissant, faute de réel réchauffement attendu, la production nucléaire chancelant sous le poids du vieillissement d'installations en mal de maintenance, le Français moyen assiste à la chute inexorable du solde des échanges d'électricité de son pays avec les pays voisins (FIG.II).

    Solde-mensuel-2009-12

    Autoriser l'implantation de quelques centrales au gaz à cycle combiné en France apparaît à ce jour comme absolument indispensable. La demande solvable est là, mais faudra-t-il attendre on ne sait quel lendemain d'élection pour voir ces autorisations accordées! Notre pays si vif pour passer commandes de dizaines de millions de vaccins, se traîne pour adapter son outil de production d'électricité. Prendrait-il trop de précautions?

    LIRE le rapport mensuel de RTE

    Le 14 Janvier 2009
     

  • Un Groupe industriel peut-il durablement maintenir une politique de R&D efficace dans un pays où il ne produit pas?

    Un Groupe industriel peut-il durablement maintenir une politique de R&D efficace dans un pays où il ne produit pas?

    Le débat actuel portant sur la politique industrielle du Groupe Renault présente un intérêt majeur: il offre la possibilité d’une réflexion nationale sur ce que doit être la politique industrielle de notre pays. De nombreux économistes soutiennent qu’une délocalisation des productions dans les Zones à monnaies et salaires faibles ne serait que profitable pour Renault et que ce ne serait pas un handicap majeur pour notre pays, dans la mesure où le Groupe maintiendrait sa R&D en France. Ce ne sont pas les « productions en France » qui sont importantes, ce sont les « Groupes Industriels français ». Cette affirmation venant d’économistes de grand renom que l’on peut écouter sur BFM par exemple, semble frappée de bon sens. Les tâches ingrates de production dehors, les tâches nobles de R&D chez nous!

    Mais dans ce beau schéma il y a un hic majeur qui est le suivant: Renault n’est pas une entreprise de logiciels ou de téléphonie dont on peut définir les algorithmes à la Google et sous-traiter la production du hard en Asie. Un constructeur de voitures et sa nébuleuse de sous-traitants sont des industries de transformation de la matière. Certes les logiciels jouent un rôle de plus en plus important dans la conception d’un véhicule, mais une très large part est encore consacrée à la transformation d’une ou plusieurs sources d’énergie en mouvement mécanique maîtrisé. L’industrie sans usine (factoryless) à la Tchuruk a montré ses limites, il suffit de regarder le cours de l’action Alcatel qui devient de plus en plus topless.

    Une équipe de R&D n’est efficace dans une industrie de transformation que si elle confronte ses travaux et ses réalisations au Juge de Paix qu’est l’Usine de Production. La définition des nouveaux produits et des nouveaux process industriels sont intimement liés. Ils voient leur aboutissement, réussi ou loupé, en Usine sur les lignes. Seule l’expérience cumulée des équipes de process et de produits est porteuse de progrès. Les retours d’expérience des ateliers sont irremplaçables pour corriger ou amender. Peut-on imaginer un Toyota qui a mis plus de dix ans à maîtriser la technologie hybride sans usine au Japon? Renault affirme dans un communiqué qui fait le point sur sa situation industrielle en France, qu’il y produit 25% de ses véhicules et qu’il y consacre 86% de ses dépenses d’ingénierie. De tels ratios sont excellents, un quart des véhicules produits, les plus sophistiqués, les plus innovants semble être une fraction nécessaire et suffisante pour que la base historique du Groupe joue à fond son rôle de pôle européen de progrès. Il ne faut pas oublier que pour l’instant une grande part de l’innovation du Groupe provient de son alter-ego Nissan au Japon.

    Cet exemple montre que la politique industrielle est une chose trop complexe pour être confiée aux politiques, mais qu’un engagement ferme de Renault sur sa volonté de transférer les technologies japonaises de véhicules électriques et de productions de batteries en France est une grande chance pour notre pays. Le Groupe se doit de posséder des Unités de Productions en France mais il doit aussi pouvoir faire progresser librement ses technologies sans être entravé par la démagogie de quelques politiques, fussent-ils au plus haut de la hiérarchie de l’Etat.

    Production-industrielle-2009-11 

     Le communiqué de Renault rappelle que sur les 1400 euros de handicap par voiture produite en France par rapport à celle produite en Europe de l’Est, 750 euros représentent des charges sociales. Ne serait-il pas venu le temps de repenser l’assiette de ces charges? C’est politiquement plus ardu à résoudre. La performance industrielle de la France est, il est vrai tellement florissante, qu’on ne comprendrait pas pourquoi nos dirigeants se décarcasseraient pour des broutilles, de plus, électoralement risquées (FIG.) 

    LIRE la situation industrielle de Renault en France sur un site accessible aux pékins de mon genre, l’accession au site media-renault.com étant réservée à l’élite.

    Le 14 janvier 2010

  • Les prévisions de l’EIA de consommations mondiales de carburants pour 2011 n’intègrent aucune contrainte climatique

    Les prévisions de l’EIA de consommations mondiales de carburants pour 2011 n’intègrent aucune contrainte climatique

    La lecture des prévisions de consommations mondiales de "liquid fuels" publiées par l'Energy Information Administration américaine dans son Short-Term Energy Outlook du mois de Janvier, amène à avancer certains commentaires. Pour cette Administration la reprise économique mondiale en 2010 et 2011 ne fait aucun doute, elle prévoit donc une gaillarde croissance des consommations de carburants liquides de 1,08 millions de barils/jour entre 2009 et 2010, ainsi qu'une croissance encore plus marquée de 1,47 millions de barils/jour entre 2010 et 2011 (FIG.). Des croissances respectives de 1,3% et 1,7% des consommations de liquides accompagnent des croissances du PIB mondial de 2,5% en 2010 et de 3,7% en 2011.

    EIA-2008-2011-2010-01

    En particulier dans ces prévisions aucune contrainte climatique n'est évoquée. A une croissance de l'économie doit correspondre inéluctablement une croissance de la consommation d'énergie fossile. Pour apporter à ces prévisions quelques nuances je pense qu'il est au moins nécessaire de les corriger de la contribution des biocarburants à la demande mondiale. En 2009 les productions mondiales de biocarburants peuvent être estimées à 1,56 millions de barils/jour dont 0,3 millions de biodiesel. Pour 2010 il est possible de prévoir une forte croissance des volumes de biodiesel à 0,36 millions de barils/jour, une faible production d'éthanol au Brésil, en raison d'une faible récolte de cane à sucre (0,45 mbl/j), mais de fortes croissances de production d'éthanol aux Etats-Unis (>0,79 mbl/j) avec l'adoption du carburant E15 et dans le reste du monde avec l'arrivée des pays en voie de développement sur ce marché agricole peu complexe. L'ensemble de ces données permet de tabler, de façon prudente, sur des volumes de biocarburants de 1,75 mbl/j en 2010 et de 2 mbl/j en 2011.

    Les consommations mondiales de pétroles vues par l'EIA et corrigées de l'apport des biocarburants (FIG., courbe rouge) apparaissent alors plus mesurées et devraient ainsi demeurer en dessous des 85 millions de barils/jour d'ici à deux ans.

    Bien sûr les reprises de l'information de l'EIA dans la presse et les blogs amalgameront la nouvelle à de pures croissances de consommations de pétrole. Si cette Administration voulait faire monter les cours du brut et soutenir ainsi la spéculation, elle ne s'y prendrait pas autrement.

    CONSULTER les infos du Short-Term Energy Outlook de l'EIA

    Le 13 Janvier 2010