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  • Les entrées de commandes à l’industrie en Europe se traînaient dans les bas-fonds au mois d’Octobre

    Les entrées de commandes à l’industrie en Europe se traînaient dans les bas-fonds au mois d’Octobre

    Eurostat, comme il le fait depuis des lustres, compare les entrées de commandes à l'industrie en Europe d'un mois sur l'autre et lance ainsi des messages parfois très optimistes, parfois moins allants, au gré de ces micros variations. En fait, ces variations n'ont que bien peu de significations et ne traduisent pas le caractère alarmant de l'état de l'industrie en Europe. Le seul message qu'Eurostat devrait passer aux politiques qui nous dirigent est le suivant: les entrées de commandes à l'industrie européenne au mois d'Octobre ont baissé de 28% par rapport à celles d'il y a deux ans. En effet, elles ont baissé de 12 à 15% entre Octobre 2009 et Octobre 2008 (TAB.), mais il ne faut pas oublier qu'elles avaient baissé de 15 à 17% entre Octobre 2008 et Octobre 2007. Le bilan sur deux ans est sans appel!

    Entrees-commandes-2009-10

    Une fois de plus cet indicateur avancé des entrées de commandes montre l'état de délabrement de l'industrie européenne. Il n'est pas vrai que l'industrie allemande, réputée si dynamique, soit en phase de redressement. Le monde a de moins en moins besoin de la technologie allemande pour se développer, on trouve aussi bien ailleurs et beaucoup moins cher. Quand aux clients européens ils se font de plus en plus rares, au fur et à mesure des transferts d'activités vers des zones monétaires plus favorables.

    Il faut donc être très pessimiste sur l'activité industrielle européenne en ces débuts de 2010. De telles nouvelles devraient tout de même participer à l'affaiblissement de l'Euro contre les autres monnaies.

    LIRE le communiqué d'Eurostat.

    Le 7 Janvier 2010

  • Les choix et les modes de consommation des nouvelles générations bousculent les marchés traditionnels

    Les choix et les modes de consommation des nouvelles générations bousculent les marchés traditionnels

    Les économistes distingués, les sociologues et autres scientifiques en charge de l'étude des évolutions des comportements humains en relation à la démographie commencent à percevoir que la crise que le monde vient de traverser n'est pas qu'un simple soubresaut économique habituel. Au dessous de la crise économique et financière se cachent de profonds bouleversements au sein des mentalités des nouvelles générations. Ces phénomènes liés à l'urbanisation croissante des populations, à l'abandon de certaines valeurs traditionnelles, à la meilleure compréhension d'un monde globalisé font l'objet d'études approfondies de la part des scientifiques en charge de percevoir les prémices de tels phénomènes mais aussi de la part des équipes Marketing en charge de l'élaboration des politiques produits de leurs boutiques. Les modes de pensée évoluent, la hiérarchisation des valeurs est chamboulée et finalement les modes de consommation se transforment en profondeur. Souligner cette évidente généralité ne présenterait que peu d'intérêt si certains indicateurs, en train de changer de signe ou de grandeur, n'illustraient pas de façon spectaculaire l'ampleur de ces phénomènes. Le belge Ron Lesthaeghe a réalisé de profondes études sur le phénomène de "Seconde Transition Démographique" lié aux modes de vie des nouvelles générations et de leur impact sur les choix politiques lors de l'élection pour le deuxième mandat de G. Bush. On attend bien sûr la même étude pour analyser l'élection d'Obama. Le comportement des jeunes Japonais fait également l'objet de recherches intenses et les constructeurs de voitures voudraient comprendre pourquoi les jeunes nippons vivant dans les grandes métropoles, ne veulent plus se laisser piéger par la possession d'une voiture. Les Etats-Unis connaissent eux aussi ce phénomène comme le montre la baisse continue des titulaires du permis de conduire parmi la population des 16-19 ans (FIG.I), ce qui fait dire à L.R. Brown que la voiture n'est plus l'objet préféré de socialisation des adolescents américains, ce sont maintenant d'avantage Internet et le Portable.

    Teenagers-permis de conduire

    La baisse impressionnante des achats de voitures aux Etats-Unis (LIRE) est probablement en partie liée à ces phénomènes d'urbanisation et de moindre importance apportée au statut social que confère la possession d'une "caisse". Une conséquence de cette désaffection est la toute nouvelle baisse du Parc Automobile américain, les mises en déchets de 14 millions de véhicules dépassant largement les 10,4 millions de véhicules immatriculés en 2009 (FIG.II). Compte tenu de la lenteur de la reprise du marché automobile et de la persistance attendue de la mise au scrap des vieux véhicules, cette baisse du Parc Automobile américain va se poursuivre dans les années à venir.

    Parc-US-1991-2009

    Ces observations ainsi que la baisse de la consommation d'énergie aux Etats-Unis (LIRE) sont indicatrices du chamboulement en cours des comportements d'une part de la population américaine qui comprend peut-être que le modèle basé sur le gaspillage des biens est définitivement révolu.

    VOIR les travaux de Ron Lesthaeghe et LIRE le papier de Lester R. Brown sur le sujet.

    Le 6 janvier 2010

  • Les ventes unitaires de voitures américaines, devenues inférieures à celles de la Zone Euro, ont-elles connu leur étiage?

    Les ventes unitaires de voitures américaines, devenues inférieures à celles de la Zone Euro, ont-elles connu leur étiage?

    Après des ventes du mois de Décembre supérieures à un million d'unités, également réparties entre 4X4 et berlines, les ventes de voitures américaines semblent avoir connu leur étiage. En cumulé sur 12 mois mobiles ces ventes se sont effondrées de près d'un tiers sur les 18 derniers mois (FIG.I) pour finir l'année 2009 à 10,4 millions d'unités vendues.

    Ventes-voitures-USA-cumulées-2009-12

    Parmi les constructeurs américains, c'est Chrysler qui paie le tribut le plus lourd avec un retrait de 48% sur la période, suivi de GM qui voit ses ventes reculer de 40% (FIG.II). Ford sauve les meubles avec un retrait de 26% seulement et de 12% sur l'année 2009 en raison d'une timide reprise de ses ventes. Les marques allemandes limitent les pertes avec une chute de 20% sur la période considérée.

    Ventes-vehicules-cumul-2009-12

    Au rythme ou vont les ventes américaines, il se pourrait que les ventes cumulées sur les douze derniers mois remontent lentement vers les 12 millions d'exemplaires dans le courant de 2010. Cela veut dire que certains citoyens américains vont revenir lentement sur leur décision, prise en 2008 ou en 2009, d'espacer dans le temps leurs achats de véhicules neufs.

    Les ventes de véhicules qui avaient été sensiblement identiques en 2008 dans la Zone Euro et aux USA (12,8 millions d'exemplaires) ont donc fortement chuté aux Etats-Unis mais se seront accrues vers plus de 13 millions en Zone Euro en 2009. L'offre européenne commercialement agressive, parfois aidée fiscalement, et proposant des modèles économes en carburant, moins en décalage avec les attentes des consommateurs, peut expliquer cette inversion historique.
     

    Le 6 Janvier 2010
     

  • Pour voir, Total mise 800 millions de dollars sur les gaz de schistes de Barnett dans le Texas

    Pour voir, Total mise 800 millions de dollars sur les gaz de schistes de Barnett dans le Texas

    Dans l'extraction de gaz ou de pétrole s'il vous manque une carte majeure il faut, comme au Poker, payer pour apprendre. Il manquait à Total une carte importante, sa compréhension de l'exploitation des gaz non conventionnels dans les schistes bitumineux américains. Pour cela il faut utiliser les technologies du "fracking" qui reposent sur des forages horizontaux accompagnés de fracturation des roches par injection sous pression de solutions aqueuses complexes. Total, après ses camarades européens BP et StatoilHydro, vient comme eux, de combler cette lacune en s'alliant à Chesapeake. Pour cela, il va prendre 25% des parts dans les droits d'exploitations, sur une zone de 120 mille hectares, que possède son nouveau partenaire, sur le gisement de schistes bitumineux texan de Barnett (FIG.). D'après Total, sa part représente des réserves prouvées de gaz de 130 millions de barils équivalent pétrole et de 270 millions de réserves estimées. Pour cette acquisition Total va payer 800 millions de dollars en cash et s'engage à financer à hauteur de 60% les investissements de nouveaux forages, jusqu'à concurrence de 1,45 milliards de dollars sur une période maximale de 6 ans.

    Barnett-shale-formation-map-lg[1]

    Il est à noter que Total réalise cet investissement à un moment où les cours du gaz naturel sont encore bas (< 6$/MMBTU ou 34$/baril équivalent pétrole) et où le taux de change du dollar est avantageux. Façon comme une autre de participer à la révolution énergétique américaine en marche, dans un pays qui se découvre être le premier producteur de gaz naturel au monde, grâce à des innovateurs comme Chesapeake.

    LIRE le communiqué de Total. LIRE également les commentaires du FT.

    Le 5 Janvier 2009

  • L’EIA publie les données de flux, de volumes et de prix du photovoltaïque américain en 2008

    L’EIA publie les données de flux, de volumes et de prix du photovoltaïque américain en 2008

    Tardive mais intéressante synthèse publiée par l'Energy Information Administration sur les technologies, les flux, les volumes et les prix du photovoltaïque américain en 2008.

    PV-US-Shipment-2004-2008
    Les livraisons de cellules et de modules avaient été très fortes cette année là, en raison de la demande européenne et de la crainte de voir s'éteindre les aides fédérales qui finalement ont été reconduites. L'ensemble des technologies avaient profité de l'aubaine (FIG.).

    LIRE le rapport de l'EIA.

    Le 5 Janvier 2010. 

  • La Russie, premier producteur mondial de pétrole, a accru ses extractions en 2009

    La Russie, premier producteur mondial de pétrole, a accru ses extractions en 2009

    Kremlinmoscow Alors que la Russie, en fin 2008, au maximum de la crise, fréquentait régulièrement les réunions de l'OPEP, un observateur naïf aurait pu croire que ce grand pays allait s'associer au mouvement collectif de pression à la baisse des extractions de pétrole, formant ainsi une "SUPER-OPEC" capable de réguler définitivement l'offre mondiale. Les divergences économiques et politiques entre Russie et Arabie Saoudite rendaient un tel accord impossible. Alors les membres de l'OPEP se sont serrés la ceinture, tandis que l'Ours russe décidait par solidarité bien comprise, de pousser à fond ses extractions. Une dépêche Reuters reportant une présentation du Ministre russe de l'Energie, vient confirmer ce qui figurait déjà dans le rapport OPEC du mois de Décembre: les productions russes de pétrole en 2009 devraient flirter avec les 9,925 millions de barils par jour ce qui constitue le record historique de l'ère post soviétique de la Russie. Ce volume quotidien est à comparer aux 9,78 millions de barils/jour de 2008 et aux 9,87 millions de 2007.

    Ce résultat est tout à fait en contradiction avec les prévisions pessimistes des peak-oilers qui prédisaient, bien sûr, une chute inéluctable des extractions russes pour 2009 et les années suivantes. Dans les faits c'est la croissance des productions de champs de l'Est-sibérien, exportant vers l'Asie, qui explique ce bon score russe. Les acteurs du pétrole russe, tel que Rosneft, sont hautement motivés pour produire plus s'ils peuvent exporter et être payés en dollars. Durant 2009 ces industriels ont profité de la dévaluation du Rouble qui a laminé les coûts d'extraction en dollars mais aussi d'une politique de taxe de la part du Premier Ministre Poutine, rendue beaucoup plus flexible et donc favorable, avec la montée des cours du pétrole sur le marché mondial.

    Le rapport de l'OPEP du mois de Décembre prévoit que ces volumes russes vont poursuivre leur croissance en 2010 pour se diriger vers les 10 millions de barils/jour qui ont déjà été atteints au mois de Novembre. Le principal moteur de cette croissance étant une exonération de taxes à partir du premier Décembre 2009 sur les productions de 13 champs russes, ce qui devrait ainsi booster leurs productions. Pour mesurer la taille du bonus accordé, il faut savoir que la Russie revoit tous les mois ses taxes à l'exportation et qu'elles ont été revues à la baisse de 4$/tonne de brut pour le mois de Janvier, à 267 dollars/tonne nous informe RIA Novosti. Ceci représente dans les 36 dollars le baril.

    LIRE la dépêche de l'Agence Reuters.

    Le 4 Janvier 2010

  • 2009 fut l’année du photovoltaïque au silicium chinois ou taïwanais

    2009 fut l’année du photovoltaïque au silicium chinois ou taïwanais

    La sortie de la crise économique et des errements tarifaires espagnols dans le photovoltaïque ont causé de profonds ravages dans les industries photovoltaïques européennes. L'effondrement des prix du Silicium chinois et de celui des wafers a porté un rude coup au norvégien REC un des leaders mondiaux dans le domaine. Malgré un rattrapage de window-dressing de fin d'année son cours a chuté de 30% en 2009, il avait déjà plongé de 77% en 2008. Produire du Silicium et ses dérivés en Europe ou aux Etats-Unis est devenu une activité peu lucrative. Comme quoi, on peut être un acteur majeur du greenbusiness et perdre sa culotte. L'autre exemple de plongeon boursier est celui de Q-Cells le leader allemand du photovoltaïque. Lui aussi, malgré le coup de pouce de fin d'année qui a fait opportunément remonter le cours au dessus des 10 euros, finit l'année 2009 avec une dégringolade de 55%, il en avait déjà perdu 75% en 2008. Il ne fallait pas placer ses économies dans l'industrie du photovoltaïque européen en 2009. Par contre les milieux boursiers ont bien compris que l'avenir de cette industrie se trouvait maintenant en Asie. Les cours de certains acteurs chinois cotés à New York ont été multipliés par 5,8 (Trina Solar), par 4,5 (Canadian), par 2,6 (Yingli). Le plus gros des acteurs asiatiques, Suntech, n'a gagné que 42% et son homologue taïwanais Motech a presque doublé de valeur (TAB.).

    TAB. : variations des cours en 2009 de quelques industries représentatives du greenbusiness

    Bourse-cours-2009-12-fin

    Malgré la résistance politique de certains acteurs allemands contre les importations chinoises, au travers de leur instance de lobbying, le BSW, mais sauvés par le gong en 2009 en raison d'une très forte demande locale qui a voulu profiter des derniers tarifs d'achat de l'énergie électrique encore attrayants, il est clair que sous les coups de la concurrence chinoise, l'industrie européenne du photovoltaïque va rencontrer de plus en plus de difficultés à dégager du cash pour investir sinon pour survivre. L'avenir de cette industrie peut passer soit par une évolution vers la conception de systèmes plus complexes à forte valeur ajoutée, soit par un changement radical de technologie en adoptant les techniques en couches minces et en abandonnant pour l'essentiel la technologie silicium cristallin. Mais pour cela il faudra faire les bons choix technologiques et atteindre une maîtrise parfaite de ces technologies pour essayer de concurrencer le Silicium sur les applications haut de gamme les plus lucratives.

    Les modules photovoltaïques appelés à devenir des composants banalisés, ne seront produits dans quelques années que par une poignée d'acteurs mondiaux qui auront su valoriser leur maîtrise technique et leurs coûts au watt des modules. Pour l'instant de nombreux acteurs du secteur profitent de relations privilégiées locales avec de très nombreux installateurs de taille artisanale. Mais les circuits de distribution eux aussi seront appelés à évoluer.

    Le 3 Janvier 2010

  • Le Québec adopte la norme californienne des émissions de gaz à effet de serre pour les véhicules commercialisés

    Le Québec adopte la norme californienne des émissions de gaz à effet de serre pour les véhicules commercialisés

    "Montréal, le 29 décembre 2009. – La ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, a annoncé aujourd’hui la mise en vigueur, à la mi-janvier, du Règlement sur les émissions de gaz à effet de serre des véhicules automobiles, dont les normes équivalent à celles qui sont en vigueur en Californie. Le Québec devient ainsi la première province canadienne à mettre en vigueur les normes les plus sévères en Amérique du Nord."

    Quebec-GHG-2010 

     Il est clair que depuis la décision d'alignement de l'EPA, c'est la Californie va faire la loi sur le sujet pour tout le continent Nord-américain. D'autant plus que les grands constructeurs mondiaux vont prendre la règle californienne comme base pour composer leur mix de véhicules commercialisés en Amérique du Nord. L'Europe, avec un objectif de 130 g/km en 2012, détermine encore le standard le plus sévère.

    LIRE le règlement québécois.

    Le 2 Janvier 2010

  • Les Etats-Unis ont gaillardement entamé leur première transition énergétique

    Les Etats-Unis ont gaillardement entamé leur première transition énergétique

    Au gré des pressions sur les prix de l'énergie, des crises économiques et de l'arrivée de nouvelles technologies qui feront progresser l'efficacité énergétique des processus, les consommations d'énergies fossiles dans les pays développés connaîtront de nombreuses phases de décroissance au cours du XXIème siècle. Certaines se feront par paliers lors de crises aigues, d'autres se feront de façon continue au fur et à mesure de l'introduction des technologies innovantes dans les applications industrielles (ex.: centrales électriques à cycle combiné) ou dans les applications grand-public (ex. électrification du parc automobile). L'étude des consommations d'énergie aux Etats-Unis depuis 2006 constitue la première illustration en vraie grandeur de ces phénomènes hautement prévisibles. Techniquement, pour bien mettre en évidence les tendances à moyen terme des consommations, il est utile de les examiner en cumulé sur 12 mois mobiles. La consommation américaine globale d'énergie est passée par un maximum en Janvier 2008 où elle avait atteint sur douze mois 101,7 quadrillons de BTU (le QBTU est égal à 293 TWh thermiques). En Septembre 2009 cette consommation était revenue à 95,6 QBTU ce qui représente une chute de consommation de 6% en 20 mois. Compte tenu de la croissance des énergies renouvelables et de la stabilité des productions nucléaires durant la période considérée, les consommations d'énergies fossiles aux Etats-Unis ont décru de 7 QBTU soit de 8% (FIG.).

    Energies-fossiles-US-2007-2009-09

    Cette baisse des consommations provient des baisses de 11% pour les consommations de charbon (2,4 QBTU), de 10% pour celles de pétrole (4 QBTU) et de 2% seulement pour celles de gaz naturel (0,5 QBTU). Elle est bien sûr accompagnée d'une baisse des émissions de CO2 par les utilisateurs.

    Ce résultat important enregistré durant une période très brève de moins de deux ans provient à la fois de la pression sur les prix en début de période, de la croissance des énergies renouvelables (+0,8 QBTU) mais surtout de la crise économique qui a poussé les utilisateurs à mesurer et à restreindre leurs consommations d'énergie. Pour illustrer cet effort citons par exemple le transport aérien américain dont les consommations de kérosène ont baissé de 15% durant la période. Citons également les baisses de consommations de gasoil chez les particuliers et dans les centres commerciaux qui conduisent à une baisse de 15% des consommations.

    Le processus global comporte un caractère largement irréversible parce que certaines productions arrêtées durant la crise ne reprendront pas; parce que les investissements réalisés pendant la crise pour atteindre une meilleure efficacité énergétique des processus sont soit définitivement en place soit en cours de montée en puissance; parce que les prix du pétrole sont déjà largement remontés depuis les plus bas du premier trimestre 2009 et vont exercer, à nouveau, leur pression sur la maîtrise des consommations; parce que la montée en puissance des énergies renouvelables va se poursuivre et l'utilisation des biocarburants va s'amplifier avec l'autorisation attendue du mélange E15 à 15% d'éthanol dans l'essence. Le record de fuel éthanol utilisé dans les raffineries américaines (703 mille barils/jour) atteint au mois de Septembre de cette année a représenté 8% des livraisons d'essence. Il devrait atteindre dans les 12% dans les deux à trois ans à venir.

    Cette décroissance des consommations d'énergies fossiles devrait se concrétiser par la poursuite des baisses de consommation de pétrole et de charbon et par une montée relative des consommations de gaz naturel peu onéreux et largement disponible sur le territoire des Etats-Unis.

    CONSULTER les données de l'EIA sur les consommations d'énergies aux U.S.A.

    Le 31 Décembre 2009, revu le 2 Janvier 2010

    Remarque: pour les amateurs de ratios, comme Pascal, l'EIA devrait publier pour 2009 des ratios de consommation d'énergie en baisse de 4 à 5% environ par personne, soit aux environs de 310 MMBTU/personne. Quand à la consommation par dollar de GDP produit, si l'on estime la croissance du GDP chaîné américain en 2009  aux environs d'un pourcent, le ratio energie par $ de GDP devrait descendre de 4 à 5% pour aller vers les  8,1 kBTU par dollar (FIG.II, situation à fin 2008). La pente moyenne estimée graphiquement de ce ratio sur les 58 dernières années est de -1,4%. Le point 2009 de la courbe va donc afficher une rupture de pente notable. La pente des consommations relatives d'énergie fossile sera encore plus marquée, entre 5 et 6%.

    Energie-USA-1950-2008

    Cette décroissance accélérée des consommations d'énergie aux Etats-Unis, encore largement sous-estimée, traduit les modifications profondes des mentalités dans ce pays, de ses modes de vie et du comportement des jeunes générations urbaines qui, ne l'oublions pas, ont élu le Président Obama. Les vendeurs de voitures locaux pourraient expliquer cela mieux encore que je ne le fais. Ce mouvement s'inscrit dans la Deuxième Transition Démographique en marche. A suivre.

  • La forte poussée du fret aérien en Asie au mois de Novembre confirme le dynamisme de la reprise dans cette zone

    La forte poussée du fret aérien en Asie au mois de Novembre confirme le dynamisme de la reprise dans cette zone

     La mesure de la variation du fret aérien qui quantifie les variations de flux à caractère urgent ou important dans les échanges commerciaux, constitue un indicateur avancé de la conjoncture économique dans une zone considérée. L'IATA vient de publier les variations du mois de Novembre qui font apparaître une progression du fret aérien dans la Zone Asie-Pacifique de 15,5% par rapport à il y a un an. Cette référence située en pleine crise, étant éminemment instable il est préférable, en ce moment, de rapporter cette indicateur à la référence d'il y a deux ans qui était alors beaucoup plus stable. Il apparaît alors (FIG., courbe rouge) un puissant mouvement de rattrapage du fret de cette Zone qui devrait rejoindre, vers la fin de l'année, ses niveaux d'il y a deux ans.

    Inversement les variations de fret de la Zone Europe (Courbe violette) n'indiquent aucun mouvement de reprise net avec un fret aérien situé à -16% par rapport à il y a deux ans. Ce chiffre confirme les conclusions du mois précédent qui étaient très pessimistes sur les possibilités d'une reprise de l'activité économique en Europe au cours du printemps à venir. L'Europe s'endort sous les effets du puissant sédatif que constitue le taux de change de l'euro et sous l'emprise croissante de la concurrence asiatique qui devient de plus en plus autosuffisante. Européens, il va falloir se réveiller, même si c'est avec une formidable gueule de bois!

    Fret-aerien-asie-2009-11

    VOIR les chiffres de Novembre de l'IATA