Solaire thermique par concentration: avantages et inconvénients du système Stirling

Stirling21                              Bruce Osborn, Président Directeur Général de Stirling Energy System, dit avoir signé deux accords avec des électriciens californiens (Southern California Edison et San Diego Gas & Electric) qui concerneraient l’installation au total d’une puissance solaire de 1750 MW produits par 70 000 systèmes Stirling à disques solaires. Chaque unité d’une puissance pouvant atteindre plus de 26 kW, avec un rendement de 31%, est contituée d’un disque réfléchissant de plusieurs dizaines de m2 de surface constitué de 82 miroirs. Au point focal est positionné un capteur thermique qui transmet l’énergie à un moteur Stirling. Le moteur est un système étanche rempli d’Hydrogène. La dilatation de l’Hydrogène dans la partie chaude et sa contraction dans une partie froide assurent la rotation du moteur qui est couplé avec un générateur d’électricité.

                    On le voit cette solution parait élégante et relativement simple. Comme avantages majeurs on peut noter:

  • la modularité et sûrement la fiabilité,
  • l’absence de fluide caloporteur et d’échangeurs de chaleur complexes,
  • un bon rendement par rapport à la surface des miroirs.

                   Comme inconvénients on peut retenir les points suivants:

  • une emprise au sol importante qui entraîne une puissance de moins de 100W au m2,
  • une inertie thermique quasi nulle, le moindre nuage fait instantanément baisser la puissance,
  • une multiplicité de dispositifs mécaniques et électriques d’orientation de chacun des disques (Fig.).Stirling_dish1

                   La rentabilité compte tenu des cours actuels de l’électricité n’est pas évidente, même en plein désert californien. Un calcul à 120$ le MWh, soit 80 euros, conduit pour 10 heures d’éclairement et une puissance nominale de 25 kW, à un Chiffre d’Affaire journalier par disque de 30$ soit 20 euros. Avec une efficacité annuelle de 90% (en plein désert) on arrive à un chiffre d’affaire annuel de $10,000  ou 6500 euros par disque. L’investissement en petite série est de $150,000 par disque, en grande série on pourra le faire descendre à $70,000. Il faudra donc 7 ans de chiffre d’affaire pour rembourser l’investissement.

                   Quand l’électricité sera deux fois plus chère de tels investissements seront rentables.

Commentaires

4 réponses à “Solaire thermique par concentration: avantages et inconvénients du système Stirling”

  1. Avatar de
    Anonyme

    « un système étanche rempli d’Hydrogène »
    Peut on être réellement étanche avec de l’hydrogene ?

  2. Avatar de Raymond
    Raymond

    Oui bien sûr. Il suffit de sceller par soudure ou brasure et de choisir des matériaux qui résistent à la corrosion fissurante par l’hydrogène, ce qui est maîtrisé. Il existe dans les satellites des accumulateurs Nickel-Hydrogène haute pression qui ont fonctionné plus de dix ans de façon étanche et satisfaisante. S’ils ne savaient pas assurer l’étanchéité ils auraient choisi un autre gaz!

  3. Avatar de un_simple_individu
    un_simple_individu

    Raymond, vous presentez cette solution « solaire_stirling », sous l’aspect exploitation énergetique centralisée. Mais les premiers essais avaient été fait avec des modules « basiques », qui trouvaient tout leur sens dans la production d’énergie individuelle. C’était des petits compresseurs pour faire une analogie simple, de plus ils avaient comme gaz confiné…de l’air. On avait moins de rendement utile, mais était-ce utile? Par contre on réduisait drastiquement les contraintes de fabrications liées à l’étanchéité du bloc moteur. L’hydrogene, ou l’helium imposent, je crois chacun leur contraintes lourde, l’un étant instable et l’autre créant des contraintes d’hyper-fluidité. Ce qui, comme vous le notez, fait augmenter d’autant la facture de l’installation. Enfin, l’orientation des miroirs est elle aussi là pour un rendement max dans le cadre d’un besoin énergie max. Les premiers proto, plus rudimentaires, n’avaient pas ces nécessitées de sur-technicitées. C’est donc à mon sens bien un souci de rentabilité qui fait deriver cette combinatoire de technologie rudimentaire, assumé comme tel, vers des installations lourdes et finalement, fragiles.

  4. Avatar de Raymond
    Raymond

    Lourdes oui certainement, fragiles je ne pense pas parce que le principe est sain. Le problème à petite ou à grande échelle repose sur la rentabilité. Cette rentabilité est limite en plein désert de Californie, elle est donc totalement coulée sous un climat européen à influence océanique. C’est donc un procédé du Désert où l’on peut implanter de larges espaces en grandes quantités. On peut imaginer des applications locales dans les zones sahéliennes, mais elles seront marginales. Nombreux aux USA pensent que le solaire peut devenir la source d’énergie principale des Américains, à condition de voir grand et de savoir stocker l’énergie.

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