Les émissions de CO2 de la Chine: un sujet trop important pour être laissé à la seule propagande chinoise

                       J‘avais mentionné, lors d’un précédent post, une étude très sérieuse publiée en Août 2007, sur la prévision des émissions de CO2 de la Chine jusqu’en 2010 par deux chercheurs américains Maximilian Hauffhammer et Richard Carson des Universités californiennes de Berkeley et de San Diego. Leur travail part de données analytiques de chacune des Provinces chinoises rassemblées dans un tableau de 588 données qui s’étalent sur une période allant de 1985 à 2004. Il utilise ces données et divers modèles basés sur une équation du type

                  I = P x A x T          dans laquelle I est l’impact, dans ce cas les émissions de CO2; P est la population; A l’affluence ou la progression des populations urbaines et T un index technologique qui va dépendre des nouveaux investissements.Chineco2emissions2015 Cette étude a été réalisée analytiquement, région par région, qui sont très différentes entre elles, ce qui rend donc un modèle global chinois impossible à réaliser, en raison de cette hétérogénéité.  Ils prévoient que les progressions d’émissions de CO2 de la Chine d’ici à 2010 seront bien supérieures aux maigres réductions venant des accords de Kyoto. Les auteurs estiment une croissance annuelle des émissions de CO2 chinoises aux environs de 12% par an qui sera donc, sur la période 2000 – 2010, supérieure à celle de la croissance du PNB de la Chine.                                       

Cette étude argumente sur certains points forts qui sont les suivants:

  • bien des investissements de centrales électriques au charbon et de diverses usines polluantes ont été et sont réalisés dans les Provinces sans que le gouvernement central soit au courant,
  • la remise en ordre dans les années 90 avec la fermeture des usines et des centrales les plus polluantes n’a eu qu’un effet temporaire sur les émissions de CO2 (voir la première courbe);
  • les provinces côtières représentent 14% de la surface de la Chine et représentaient 54% des émissions de CO2 du pays en 2004,
  • et c’est dans ces provinces riches que la population croît le plus et où le facteur affluence prend du poids;
  • entre 1985 et 2004 ce sont les régions les moins développées qui ont vu les croissances des émissions les plus fortes (FIG. ci-dessous, courbe en pointillés). Ce sont les régions où les usines les plus polluantes sont implantées.

Chineprovincesemissionsco2_198520_3 .

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                  La publication du Livre Blanc par les autorités chinoises et la Commission Nationale du Développement et de la Réforme (LIRE)  annonçant la poursuite de la croissance inexorable des émissions de CO2 chinoises vient confirmer, au moins qualitativement, les conclusions de cette étude.

                  Pour ceux qui voudraient aller plus au fond dans la compréhension de ces données, vous pouvez lire l’excellente publication de ces très bons Universitaires californiens (LIRE). Bien sûr c’est un peu plus difficile à suivre que la limpide propagande chinoise. Alors accrochez-vous!

Le 1er Novembre 2008

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