Les émissions moyennes de CO2 des voitures vendues en Europe en 2008 ont baissé de 5g/km

 Chaque année, T&E publie à partir des données de masses et de consommations des véhicules neufs vendus dans l’année, transmises par les constructeurs à la Commission Européenne, publie une synthèse des caractéristiques d’émissions de CO2 moyennes par pays et par constructeur. 2008 qui, avec des émissions moyennes de CO2 à 153,5 g/km en baisse de 5 g/km par rapport à 2007, aura été une année de transition entre l’avant et l’après crise, présente des résultats contrastés d’un pays à l’autre et d’un constructeur à l’autre.

1) Les résultats de caractéristiques d’émissions de CO2 par pays (FIG.I):

 Parmi les trois pays dont les consommateurs achètent les voitures les moins polluantes (Portugal, France et Italie) c’est la France qui s’illustre avec une baisse des émissions de 9 g/km pour arriver à une moyenne de 140g/km. Ce résultat lui permet de passer devant l’Italie. On mesure ici l’impact de la politique gouvernementale intelligente de primes à la casse et autres Bonus-Malus.

 En Europe, seule la Finlande qui fait partie du trio des nations importantes les plus polluantes (Suède, Allemagne et Finlande), fait mieux que la France avec une diminution des émissions moyennes de CO2 de 14g/km. Elle laisse ainsi l’avant dernière place à l’Allemagne. La Suède progresse également avec une réduction moyenne de 7g/km. Quand à l’Allemagne, avec une réduction de 4g/km, elle montre qu’une fraction aisée de sa population qui roule dans de grosses berlines, n’a rien à cirer des émissions de CO2 des véhicules qu’elle utilise.

T&E-cars-CO2-country-2008

2) Les résultats de caractéristiques d’émissions par constructeur (FIG.II)

Ce graphique très intéressant que publie T&E représente la caractéristique moyenne d’émissions de CO2 en fonction de la masse moyenne des véhicules vendus, par constructeur.

T&E-cars-CO2-target-2008

Il permet de positionner la performance de chacun d’entre eux par rapport à l’objectif 2015 européen (points verts sur le Graphe) qui varie en fonction des masses moyennes de véhicules. Les trois constructeurs allemands BMW, Daimler et VW sont ceux qui produisent en moyenne les voitures les plus lourdes en Europe. Mais parmi ces trois constructeurs les politiques d’émissions de CO2 sont très différentes. Alors que BMW pour la deuxième année consécutive est le constructeur qui réduit le plus ses émissions de CO2 moyennes en Europe, avec -14 g/km en 2007 et -18 g/km en 2008, les Daimler (-7g/km) et les VW (-6 g/km) gèrent ce problème avec beaucoup de flegme, malgré la grande distance qui les sépare de leur objectif 2015.

 A partir de ces résultats par constructeur il apparaît donc qu’en 2009 et au delà il va falloir que les professionnels mettent les bouchées doubles pour atteindre l’objectif. Nul doute que les progrès vont aller en s’accélérant, une demande plus responsable d’après crise des consommateurs est là pour les stimuler.

LIRE cette étude.

Le 18 Sept. 2009.

Commentaires

6 réponses à “Les émissions moyennes de CO2 des voitures vendues en Europe en 2008 ont baissé de 5g/km”

  1. Avatar de Olivier
    Olivier

    Attention aux chiffres de la suède, le parc automobile étant composé de nombreuses voitures carburant au biogaz et au e85. Donc les émissions de CO2 à l’échappement ne représentent pas l’accumulation de CO2 dans l’atmosphère.
    On peut donc affirmer sans erreur que le parc automobile Allemand est le plus gros émetteur de CO2 (par voiture mais aussi le total du parc).

  2. Avatar de Cedric
    Cedric

    L’effet pervers de ce bonus/malus français soi-disant intelligent est que le parc automobile s’est encore plus « diesélisé », c’est bien si on regarde les chiffres d’homologation à l’échappement mais moins bien si l’on considère qu’il faut plus d’énergie pour raffiner et désulfurer du gasoil que de l’essence, sans compter qu’on doit maintenant importer ce gasoil. Donc au global il n’est pas dit que l’on émette vraiment moins de CO2 qu’auparavant.
    Par contre, avec ce trop plein de diesel dans le paysage automobile français, on se retrouve avec des villes irrespirables et on a passé l’été en pollution à l’ozone (due aux NOx émis par les diesels, de l’ordre de 10 à 30 fois plus que l’essence).
    Donc entre CO2 un peu plus faible ou équivalent et NOx et particules, mon choix est vite fait.

  3. Avatar de ray
    ray

    Cedric, faites attention à un paramètre important: la densité relative des deux carburants. Si l’on prend les valeurs de l’EIA américaine, la densité de l’essence est égale à 0,737 alors que celle du gasoil est de 0,843. Le gasoil étant plus dense que l’essence, il possède une énergie supérieure par unité de volume.
    Le biais provient du fait que nous achetons les carburants au volume alors que nous devrions en toute rigueur les acheter au poids. Il ne serait pas complexe de modifier les pompes à essence pour facturer au poids, il suffirait de mesurer la température du carburant et de corriger des densités. Mais ce qui serait beaucoup plus complexe à modifier c’est la TIPP, taxe française miraculeuse qui permet au produit le plus dense d’être le moins onéreux au litre.
    Remarque: les émissions de CO2 en g/km corrigent de ces densités puisqu’elles sont en masse. Elles sont donc beaucoup plus rigoureuses que les consommations affichées en litres aux cent km.
    Quand aux NOx je dois vous avouer que sachant qu’ils ne représentent que 6% de l’effet de serre, loin derrière le CO2 et le CH4, j’en déduis que ce n’est pas un paramètre du premier ordre.

  4. Avatar de Cedric
    Cedric

    Entièrement d’accord avec vous sur les densités des carburants et la taxation favorable au gasoil.
    Cependant, je ne parlais pas de ça ni même de l’effet de serre due aux NOx, mais du problème de santé publique que représentent ces NOx (et autres particules) pour l’être humain. Ils créent des problèmes respiratoires, des pluies acides et aggrave la pollution à l’ozone (comme on a eu cet été dans la région marseillaise).
    Je vous invite d’ailleurs à lire le rapport de l’AFSSET à ce sujet début septembre 2009 : http://www.afsset.fr/index.php?pageid=452&newsid=486&MDLCODE=news
    Pour moi, le gouvernement a fait le choix de gagner quelques grammes de CO2 sur un rapport, même si ça ne se traduit pas forcément dans la réalité (voir mon post précédent), au détriment de la santé publique en disant que les normes euro sont respectées, ce qui ne règle malheureusement pas le problème des NOx dus au diesel.

  5. Avatar de ray
    ray

    Merci pour le lien Cedric, c’est la première fois que je lis un article sur le NO2 dans les rejets de véhicules diesel, objet de toutes les craintes.
    Si je comprends bien on oxyde les oxydes d’azote volontairement sur des catalyseurs en NO2 pour que ce dernier réagisse avec les particules dans le filtre. C’est donc un système auto-nettoyant. Mais on se retrouve parfois avec un excès de NO2 qui n’est pas bon à respirer. Il y a là un problème de réglage de quantité de gaz à oxyder pour se retrouver avec des teneurs quasi nulles de NO2 à la sortie du pot d’échappement.
    Moi je veux bien, mais il y a peut-être des problèmes plus graves et plus urgents à régler côté santé publique.
    LIRE l’invention Suisse sur le sujet qui fait penser au fil à couper le Gruyère.
    http://www.enterprise-europe-network.ch/marketplace/index.php?file=bbs-show.php&bbsref=09%20CH%2084FB%203CP3

  6. Avatar de Christian
    Christian

    Juste pour être taquin : les Danois, la conscience aérée par les éoliennes, sont ceux qui stagnent le plus …
    Comme quoi, l’effet néfaste essentiel des politiques pseudo-environnementales est peut-être à rechercher non pas tant dans leur inefficacité propre mais dans l’absence de mobilisation qu’elles causent de surcroît…

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