Les pays de l’OCDE ont poursuivi leur mouvement de baisse de consommation en produits pétroliers au mois d’Août

 La baisse mondiale des consommations en produits pétroliers attendue dans les années à venir et qui accompagnera tout naturellement la lutte contre les émissions de GHG, proviendra dans un premier temps des actions menées contre le gaspillage énergétique engagées dans les pays de l’OCDE. Ces pays devront réduire leurs consommations de pétrole pour compenser et même dépasser l’accroissement des consommations dans les pays NON OCDE. Ces baisses annoncées proviendront de la fermeture des raffineries les moins productives, du développement des biocarburants, de l’abandon progressif du fuel comme moyen de chauffage domestique, des nombreuses mesures d’amélioration de l’efficacité énergétique dans les transports de toutes sortes et de la lente mais inéluctable substitution des carburants pétroliers par l’électricité dans les véhicules électriques. Le maximum OCDE des consommations cumulées sur 12 mois date de 2005 (FIG.I). Quatre ans déjà!

Conso-pétrole-OCDE-2005-2009-08 

  L’Energy Information Administration américaine tient à jour les consommations mensuelles moyennes des pays de l’OCDE. Ce suivi, très instructif, montre qu’au mois d’Août de cette année ce sont les consommations des pays européens de l’OCDE qui ont affiché la meilleure performance avec une baisse des consommations de 1,24 millions de barils/jour par rapport à celles du même mois en 2008. L’Allemagne (-0.37), la France (-0.26) et l’Italie (-0.12) faisant la course en tête. Pour l’ensemble des pays OCDE, cette baisse des consommations moyennes de pétrole au mois d’Août ressort à 1,86 millions de barils/jour pour afficher une consommation de 44,4 millions de barils/jour.

 Sur l’ensemble des premiers 8 mois de 2009 la consommation moyenne OCDE ressort à 45,2 millions de barils/jour en baisse de 2,6 millions de barils/jour par rapport à la même période en 2008. Les baisses de consommations du Japon et de l’Europe représentent près de la moitié du résultat (FIG.II).

Conso-pétrole-OCDE-2009-08
 
  

ACCEDER au Tableau Excel de l’EIA pour connaître les détails

Le 9 Décembre 2009
 

Commentaires

8 réponses à “Les pays de l’OCDE ont poursuivi leur mouvement de baisse de consommation en produits pétroliers au mois d’Août”

  1. Avatar de I.Lucas
    I.Lucas

    Autre lecture du même graphique :
    – dans l’OCDE, l’élasticité de la consommation de pétrole au prix du pétrole est de -0,15
    – au plan mondial cette élasticité est de – 0,07
    l’élasticité de la demande de pétrole au PIB est de +0,8 !
    le graphique l’illustre parfaitement :
    – la baisse très légère dans la période 2004-2008 est due à la hausse du prix du pétrole dans un contexte de forte croissance mondiale
    – la baisse depuis 2008, est le fait de la crise économique
    Les politiques climatiques jouent sur la dérivée seconde (elle incurve légèrement les courbes vers le bas) à cette échelle de temps, on ne doit voir aucun effet des politiques climatiques.
    Autre façon de dire la même chose :
    le bonus malus français a été calibré sur une valeur du CO2 de 100€/tonne
    un barril de pétrole en brulant relâche 1/2 tonne de CO2
    donc le bonus malus est l’ équivalant de 60$/barril ; pacé à l’endroit le plus sensible cela a un effet sur les choix d’achat automobile du consommateur et cet effet se verra dans les consommations de carburant dans 5 ans
    En résumé dans ce graphique on voit l’élasticité au prix, puis l’effet de la crise ; on ne voit pas la politique climatique

  2. Avatar de ray
    ray

    Effectivement, pour voir la « politique climatique » faudrait-il encore qu’elle existe. Mais ceux qui font l’essentiel de la politique climatique ne sont pas les mêmes que ceux qui sont à Copenhague. Ils sont essentiellement dans les bureaux d’études et de marketing des constructeurs automobiles pour ce qui est du pétrole. Ils préparent en ce moment les futures générations de véhicules qui elles feront apparaître des baisses importantes de consommations en carburants.
    La baisse de consommation du parc automobile, à trajet moyen constant, est un phénomène continu mais cumulatif qui dépend du taux de renouvellement de ce parc, de sa croissance et du delta de consommation entre la moyenne du parc et celle des nouveaux modèles. C’est ce dernier paramètre qui va être du premier ordre dans les années à venir.
    LIRE :
    http://www.leblogenergie.com/2009/09/do%C3%B9-vient-lincoh%C3%A9rence-des-messages-defficacit%C3%A9-%C3%A9nerg%C3%A9tique-et-des-pr%C3%A9visions-incessantes-de-croissa.html
    Après on pourra discuter l’infini pour savoir si ce phénomène est attribuable aux prix des carburants, à la prise de conscience écologique, au vieillissement des populations, aux choix de modes de vie des jeunes populations urbaines, à l’amélioration du réseau routier, etc. Mais à mon humble avis le mouvement amorcé possède un certain caractère irréversible.
    Quand à la relation PIB consommation de pétrole, on devrait assister à un changement de pente notable, puisque par définition elle suppose que les progrès techniques agissent peu sur la consommation d’énergie, ce qui était vrai jusque là, mais va être de plus en plus erroné.

  3. Avatar de René Grau

    Bjr,
    je ne retrouve pas l’élasticité de la demande de pétrole au PIB telle qu’indiquée par Lucas (soit +0.8).
    En 2006, 2007 et les 6 premiers mois de 2008, le PIB mondial déflaté a cru de 5% en moyenne annualisée pour une augmentation annualisée de la conso de pétrole de 1 Mbaril/j soit + 1.1 %, d’où une élasticité de 0.22.
    cordialement,
    RG.

  4. Avatar de JP
    JP

    Bah, de toutes façon mesurer l’élasticité mondiale, c’est additionner des choux et des carottes.
    Pour que cela ait une utilité, il faudrait que les évolution des différentes économies soit extrêmement corrélées.

  5. Avatar de ray
    ray

    René c’est ce genre de ratio, quel qu’il soit, qui a permis à l’IEA et autres officines de faire des prévisions alarmistes de consommations de pétroles de 120 à 130 millions de barils par jour à l’horizon 2030 et qui ont fait tant de mal à l’économie mondiale. Elles en reviennent peu à peu. Quand un américain échange son 4X4 glouton contre une Prius il ne fait pas baisser le PIB mondial, et pourtant il abaisse sa consommation de carburants de moitié pour ses déplacements routiers. C’est aussi simple que cela. Nous sommes un milliard d’individus dans l’OCDE pour lesquels les fonctions « je me déplace », « je me chauffe » ou « je me rafraîchis », vont consommer deux ou trois fois moins d’énergie fossile dans les décennies à venir. Cela devrait largement impacter ce genre de relation.

  6. Avatar de I.Lucas
    I.Lucas

    à René
    pour calibrer une relation entre le PIB mondial et la consommation de pétrole mondiale, il faut prendre une période de stabilité du prix du pétrole, par exemple la période 1985-2004
    de 2004 à fin 2007 la production a été quasi stable alors que la croissance a été forte
    Les prix ont fortement augmenté
    en résumé :
    il faut faire une régression en introduisant deux paramètres : la croissance et le prix
    et avoir une période assez longue 1985-2007
    l’année 2008 est très particulière puisque la production de pétrole a augmenté, tandis que les prix montaient aussi : une bulle spéculative s’était formé qui a éclaté assez vite
    Le niveau de prix actuel est également anormalement élevé, si on s’en tient aux seules considération du marché du pétrole
    – on est en dépression économique
    – deux augmentations de production sont attendues, l’une en Caspienne : Kashagan
    et l’autre en Iraq
    sur plus long terme (post 2012) tout dépend
    -de la croissance économique (y aura t il reprise?)
    – de la vitesse de déclin des puits de pétrole en exploitation
    – de la vitesse du progrès technique

  7. Avatar de rené Grau

    Bjr Lucas,
    effectivement l’élasticité au Pib est fonction du prix du pétrole; pour des prix inférieurs à 40/50 $ ( en $ constants 2009), on retrouve bien une élasticité historique autour de 0.8 comme vous l’aviez indiqué.
    L’élasticité à 0.22 environ correspond au passé immédiat et pour un prix du wti entre 70 et 90 $.
    Concernant le prix ‘anormalement » élevé du baril, j’ai déjà échangé à ce sujet avec Raymond: je pense que le pétrole devient une valeur refuge parallèlement à l’or dont le prix est lui aussi « anormalement » élevé par rapport à l’inflation. A mon sens , les opérateurs achètent en fonction d’ anticipations à moyen terme ( 2 à 3 ans) et non de données immédiates.
    RG.

  8. Avatar de JP
    JP

    @Lucas
    Permettez moi de radoter: vous calibrez parfaitement sur la base du passé, mais cela ne résout pas le problème qui voue vos anticipations à l’erreur.
    Un dollar supplémentaires de PIB, selon qu’il est créé aux US, en France, en Inde ou en Chine, ne se traduira pas de la même manière dans la demande de pétrole, ainsi que Ray l’a illustré.
    Ça n’aurait pas de conséquence si les évolutions des économies nationales étaient parfaitement corrélées, puisqu’alors la répartition des dollars supplémentaires de PIB mondial entre les différentes économies se ferait dans des proportions constantes (ou ne variant que très lentement, avec la variation du poids relatif des économies).
    Or http://www.leblogenergie.com/2009/12/la-bonne-tendance-du-fret-a%C3%A9rien-en-asie-contraste-avec-sa-langueur-en-europe.html
    voila une, parmi beaucoup d’autres, raison de penser que l’ancienne corrélation entre les économies ne tient plus.

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