Le CPB néerlandais publie mensuellement les données du commerce mondial. Il vient de publier les données du mois de Mai qui affichent une progression de 2,3% en un mois et se retrouvent à l’indice 166,6 (base 100 en 2000) valeur proche de celle du mois de Mars après une chute de 2,2% en Avril. En tendance sur trois mois la faiblesse des exportations asiatiques fortement impactées par le tsunami japonais, (FIG., courbe bleue, échelle de droite) se traduit par une stagnation du commerce mondial (FIG., courbe rouge, échelle de gauche).
Les économistes les yeux braqués sur la consommation à crédit américaine ont tendance à sous-estimer l’impact du tsunami japonais et de ses conséquences sur l’offre, faute de disponibilité de composants de très haute technicité dans toutes les régions du monde. On a vu les fabricants de voitures réduire leurs cadences non seulement au Japon mais aussi en Europe et aux Etats-Unis. Citons par exemple l’impact sur les usines américaines d’assemblage de Honda, Toyota, Mitsubishi et Nissan qui entre Janvier et Juillet ont vu leurs productions décroître de 240 mille véhicules, soit une baisse des volumes de 12% par rapport à la même période de l’année précédente. Ces productions étaient encore en retard de 29% pour le seul mois de Juillet par rapport au même mois de 2010 avec un manque de 77 mille véhicules ce qui montre que la gestion de la pénurie en certains composants japonais est toujours d’actualité. Les arrêts de production des usines dans le Kansai par manque d’énergie électrique, la baisse des exportations japonaises de 3,3% au mois de Juillet par rapport à celles du même mois de l’année précédente confirment cette poursuite de l’effet dévastateur du tsunami.
Remarque: l’effet tsunami apparaît clairement en cette fin du mois d’Octobre avec les publications de ventes de voitures dans le monde qui reprennent leur progression à partir du mois d’Août (WardsAuto). Les économistes ont de toute évidence sous-estimé ce paramètre en criant au double-deep.
L’Europe a ressenti bien entendu l’impact de la catastrophe japonaise qui a été amplifiée par la décision de la Chancelière Merkel de stopper les centrales nucléaires allemandes les plus âgées. Ce « tsunami écologique » s’est immédiatement traduit par un renchérissement des prix du gaz naturel qui a percuté de plein fouet la rentabilité des grandes Sociétés de l’énergie allemandes.
Un des meilleurs indicateurs avancés de l’activité européenne est sûrement le niveau des entrées de commandes à l’industrie manufacturière allemande qui détermine les facturations de cette industrie deux mois à l’avance en moyenne. Après les mois de Mars et Avril en retrait par rapport aux commandes de Février, l’industrie allemande a vu ses commandes repartir en Mai et en Juin pour atteindre un plus haut de trois ans à l’indice 119 (FIG.II, courbe rouge). Compte tenu du délai de deux mois, les facturations de l’industrie manufacturière allemande des mois de Juillet et Août seront probablement en hausse.
Le PIB allemand du troisième trimestre profitera de facturations industrielles favorables et pâtira d’importations d’énergie en croissance en volumes.
Bien que le consensus des économistes dans le monde prévoit une rechute ou une stagnation de l’économie mondiale, rien dans les données objectives ne permet d’affirmer une telle issue. Le repli observé au deuxième trimestre largement imputable aux désordres causés par le tsunami japonais sera-t-il un épiphénomène dans un processus de croissance molle en France, plus dynamique en Allemagne (FIGIII)? Ou bien est-ce l’amorce d’une rechute économique? Bien fort serait celui qui pourrait aujourd’hui trancher entre les deux options…sinon que prévoir le malheur est devenu un mode trivial de pensée apprécié en Occident. L’optimisme niais du scientifique agnostique est devenu une valeur ringuarde. La pensée écolo-religieuse qui doit punir l’homme de ses excès bat son plein. Le tsunami n’est-il pas un signe divin qui est venu punir le peuple japonais de ses excès technologiques?
Le 18 Août 2011





Laisser un commentaire