Le trafic maritime mondial est à la recherche d’économies de carburants

Navire                          Le trafic maritime mondial  dominé par de grands affréteurs comme Moller-Maersk ou le japonais Nippon Yusen est on le sait un gros consommateur de produits pétroliers et donc un gros émetteurs de CO2 et autres saletés contenues dans les produits pétroliers de bas de gamme utilisés comme carburants. Pendant longtemps l’Agence Internationale de l’Energie a sous-estimé la consommation mondiale en carburant de cette activité et donc ses émissions de gaz à effet de serre, jusqu’à ce que l’Organisation Maritime Internationale par une étude analytique démontre que les émissions de CO2 étaient de 1,12 milliards de tonnes par an, contre un 0,55 avancé auparavant par l’AIE (LIRE). Ceci représente près d’un vingtième des émissions mondiales estimées de CO2. A titre de comparaison, en 2007, l’économie allemande a généré 857 millions de tonnes de CO2.

                       Jusquà présent les progrès réalisés dans l’efficacité énergétique du transport maritime ont beaucoup été mis à profit pour accroître la vitesse et la taille des navires. Si la taille est un facteur de réduction des consommations à la tonne x kilomètre transportée, la vitesse des navires liée à la puissance des moteurs, favorise le nombre de rotations aux dépens de la consommation. Cette industrie a donc été pendant longtemps sur un schéma d’économie d’investissements, aux dépens de la consommation.

                      Pour un porte conteneurs, la vitesse est passée de 21 à 23 noeuds dans les années 1990 à 25 noeuds de nos jours, or il est avancé qu’un accroissement de vitesse de 4% (un noeud) augmente la consommation de 13% environ.

                     Mais voila, l’accroissement des cours du pétrole vient de chambouler cette équation économique. Il semblerait qu’il soit maintenant beaucoup plus rentable pour une flotte marchande, d’accroître marginalement le nombre de navires afin de pouvoir réduire leur vitesse moyenne et donc de réduire la puissance des moteurs, pour atteindre un nouvel optimum économique.

                     C’est pour cela que les grands opérateurs veulent des navires consommant 30 à 40% de moins que les bateaux actuels. Les constructeurs de moteurs que sont Mitsubishi Heavy Industries (Japon) et Warstila Corporation (Finlande) pour répondre à cette demande ont décidé de s’associer pour développer une nouvelle gamme de moteurs diesel à faibles consommations, à faibles vitesses de rotation (autour de 140 tours par minutes) et donc à très haute fiabilité et à maintenance réduite. Ces moteurs qui seront disponibles à partir de 2011 et 2012 équiperont des navires de moins de 30000 tonneaux de diverses configurations produits par les chantiers asiatiques.

                   Il reste donc des économies importantes à réaliser sur les consommations en produits pétroliers par le transport maritime qui devrait lui aussi, tout comme le transport aérien, être soumis à des quotas d’émissions de CO2. Un exemple de plus qui montre l’élasticité de la demande aux prix, mais à l’aide d’un processus d’adaptation lent, du type de celui d’un parc automobile, c’est à dire sur vingt à trente ans environ. Délai nécessaire pour concevoir et lancer de nouveaux produits économiques en carburants, puis pour remplacer progressivement le parc existant.

Le 9 Septembre 2008.

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