Siemens ne voit pas de transition énergétique mondiale pour 2030

La vision par un grand industriel incontesté allemand,  Siemens, du futur de la génération électrique dans le monde en 2030 est très éloignée des prévisions affirmées de la propagande de l’écologisme ambiant sous forme du concept fumeux de « transition énergétique » (sic). Sur les 7000 GW de puissance électrique à installer dans le monde d’ici à 2030, le gaz et le charbon (ou lignite) assureront la ressource énergétique primaire de 45% des nouveaux équipements. Le nucléaire ne participera que marginalement à hauteur de 5% en puissance à ces nouvelles réalisations.

En 2030,  59% de l’énergie électrique mondiale appelée (37000 TWh au total selon Siemens) proviendront du gaz (24%) et du charbon (35%). Alors que 11% proviendront du nucléaire. Le vent (7%) et le soleil (2%) sources hautement intermittentes n’occuperont globalement qu’une place toujours marginale.

La question pertinente à poser dans le cadre de ces projections globales me semble être la suivante: mais que vont devenir les nations qui ne disposeront ni de gaz ni de charbon ou de lignite extraits localement? Sombrer économiquement sous le fardeau des importations énergétiques hors de prix ou mettre en place un processus systématique de délestage sélectif aux heures de pointe d’appel en puissance électrique,  gestion de la pénurie de pays sous-développés.

Une certitude les Entreprises qui devront investir dans ces futures installations de génération et de distribution devront être financièrement solides. Ni le français EDF, ni le franco-belge GDF-Suez,  ni les Allemands E-On et RWE ne semblent  répondre aujourd’hui à cette condition nécessaire.

Mais, me direz-vous, ces prévisions ne concernent majoritairement que l’Asie, l’Océanie et l’Amérique Latine où seront localisées les grandes industries consommatrices de puissance électrique. Il suffira que l’Europe précautionneuse  importe de Chine à grand frais son Aluminium, sa soude et son chlore et la planète « occidentale » sera sauvée du réchauffement infernal simulé. Foutaises! Le CO2 est un gaz volatil.

LIRE le papier de Siemens sur le sujet.

Le 12 Décembre 2012.

Commentaires

11 réponses à “Siemens ne voit pas de transition énergétique mondiale pour 2030”

  1. Avatar de Tonton
    Tonton

    Même Siemens voit plus d’électricité produite à partir de nouvelles installations d’ici 2030 que d’éolien et de solaire (vu leurs faibles facteur de capacité) !

    Merkel qui est en fait l’intermédiaire entre le peuple allemand et ses industriels va devoir faire passer la pilule une fois son élection passée. Où sont passés les industries flamboyantes d’éoliennes et de panneaux PV ? Qui va payer la note ? Où sont les réseaux promis ? Comment expliquer que certains pays limitrophes veulent couper les accès électriques de leurs pays devant les injections d’éoliens du Nord ? etc.

    Un excellent papier de l’IFRI par Maïté Jaureguy-Naudin résume bien la situation http://www.ifri.org/?page=detail-contribution&id=7457

  2. Avatar de Tonton
    Tonton

    C’est tout chaud : Enerpresse met en édito la dernière étude la dena, c’est croustillant http://www.enerpresse.com/wp-content/uploads/2012/12/ENR10721-01_Couverture-ENRx20121212134550.pdf

  3. Avatar de I. Lucas
    I. Lucas

    En ce qui concerne les centrales à charbon, les analyses de marché de Siemens sont tout à fait similaires à celles parues dans la presse britannique :

    http://www.guardian.co.uk/environment/picture/2012/nov/20/which-countries-most-coal-power

    Les USA vont diminuer leurs émissions de CO2 en substituant du gaz au charbon pour la production d’électricité.

    La durée de cette transition énergétique dépendra du progrès technique dans les autres formes d’énergie.

  4. Avatar de Grunchard
    Grunchard

    Excusez-moi mais je ne retrouve pas les chiffres cités dans le texte dans les diagrammes présentés:
    gaz (24%), charbon (35%), 11% proviendront du nucléaire; vent (7%) et soleil (2%).
    Merci de m’éclairer (c’est le cas de le dire).

    1. Avatar de I. Lucas
      I. Lucas

      Les chiffres cités concernent l’énergie produite (des TWh)
      le graphique concerne les puissances installées (des GW)

      1. Avatar de S. Agapoff
        S. Agapoff

        La question serait donc « d’où viennent ces chiffres, qui ne sont pas cités dans le papier de Siemens et dont le calcul n’est pas explicité ? »

  5. Avatar de anonymous56
    anonymous56

    @Raymond

    1)
    Ray dit « Sombrer économiquement sous le fardeau des importations énergétiques hors de prix ou mettre en place un processus systématique de délestage sélectif aux heures de pointe d’appel en puissance électrique, gestion de la pénurie de pays sous-développés. »

    Je crois que les graphiques sur cette page vont beaucoup te plaire pour ton sujet ci-dessus :
    http://www.theoildrum.com/node/9713

    2) Ray dit :
    « Une certitude les Entreprises qui devront investir dans ces futures installations de génération et de distribution devront être financièrement solides. Ni le français EDF, ni le franco-belge GDF-Suez, ni les Allemands E-On et RWE ne semblent répondre aujourd’hui à cette condition nécessaire. »
    Pourrais-tu détailler et développer plus ton idée s’il te plait ?

    3) Ray dit :
    « Mais, me direz-vous, ces prévisions ne concernent majoritairement que l’Asie, l’Océanie et l’Amérique Latine où seront localisées les grandes industries consommatrices de puissance électrique.Il suffira que l’Europe précautionneuse importe de Chine à grand frais son Aluminium, sa soude et son chlore  »
    Donc metallurgie et chimie de base inorganique. Y-a-t-il d’autres industries qui sont aussi electro intensives ?

    @Tonton
    Excellent :
    http://www.enerpresse.com/wp-content/uploads/2012/12/ENR10721-01_Couverture-ENRx20121212134550.pdf

    Une vrai gabegie en perspective en allemagne :
    * des fortunes à dépenser en construction de lignes
    * des oppoositions de riverains oposés à la dégradation du paysage et redoutant les champs electromagnetiques ou les infrasons des éoliennes
    * des fortune à dépenser en subventions pour les propriétaires d’éoliennes et de panneaux photovoltaiques
    * des redevances supplémentaires à reverser aux propriétaires de terrain ou aux colectivités locales pour le passage des lignes électriques
    * une hausse forte des tarifs d’électricité à payer par le consommateur alors que nous sommes en pleine depression economique.
    Bref la scoumoune !
    Avec çà, il va bientot être trop cher d’utiliser des robots pour construire de grosse berlines allemandes en allemagne !!!!

  6. Avatar de anonymous56
    anonymous56

    @ Raymond Bonnaterre

    Peux-tu s’il te plait répondre à mes questions 2) et 3) ci-dessus et en particulier à la 2).
    Merci d’avance.

  7. Avatar de Raymond Bonnaterre
    Raymond Bonnaterre

    Les grandes entreprises de production et de distribution d’électricité en Europe ne se lanceront dans de futurs grandioses projets que si elles disposent des ressources financières pour investir et si elles sont assurées d’un pay-back raisonnable. Pour l’instant elles sont très affaiblies par l’arrêt du nucléaire en Allemagne et par le contrôle administratif des tarifs en France. Il suffit de se reporter aux cours de bourse de ces groupes pour voir qu’il y a en ce moment de réels problèmes financiers à résoudre. Le remboursement annoncé des aides tarifaires (CSPE) à EDF par le budget de l’État, transfert d’une part des aides des tarifs d’électricité à l’impôt, ne suffira pas.

  8. Avatar de Tonton
    Tonton

    C’est pourtant simple, il suffit de nationaliser.

    C’est une idée allemande pour une fois, pas française.

    http://www.spiegel.de/international/business/member-of-merkel-cabinet-calls-for-nationalization-of-german-power-grid-a-877576.html

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