Le métier de compagnie pétrolière internationale (IOC) est une activité très ingrate. Entravées de plus en plus par les compagnies pétrolières nationales (NOC) très attachées à leurs ressources, les IOC sont obligées pour survivre d’aller prospecter et produire là ou plus personne ne peut les suivre. Il s’en suit une politique industrielle de risque dans l’offshore profond ou les régions hostiles du globe comme l’Arctique. Elles pâtissent également de la réduction des consommations de pétrole dans les pays développés, là où elles sont le mieux implantées, ce qui entraîne l’existence de larges surcapacités de raffinage comme aux Etats-Unis, en Europe et au Japon, surcapacités qui plombent les marges de raffinages. Elles sont enfin l’objet d’attaques de la part de mouvements écolos extrémistes, symboles d’un capitalisme à détruire, obstacles à un retour à la vie frugale d’un monde de Bisounours. En France nous détenons avec la Compagnie pétrolière Total, une des plus impopulaires du moment. Seul le Royaume-Uni nous challenge ce leadership dans le domaine, avec sa pétrolière BP qui elle aussi n’en rate pas une…malgré un logo très écolo. Pour déterminer quelle est, parmi les deux, la plus impopulaire, sans avoir recours au moindre sondage d’opinion, je vous propose un arbitre imparable: l’évolution des cours de bourse des six derniers mois des deux Sociétés (FIG.).
Vous serez alors surpris de constater, malgré la chute des cours de BP de ces dernières semaines, combien notre pétrolière nationale effraie les investisseurs. En effet, pour l’instant, son cours de Bourse a baissé d’avantage que celui de son homologue anglo-saxonne tant décriée.
C’est peut-être le sort réservé à Total par l’opinion, sorte de bouc-émissaire boursier. Quoiqu’il arrive de malsain dans le monde du pétrole et du gaz, elle aurait sa part de responsabilité. Triste sort pour une compagnie qui n’a jamais découvert la moindre trace de pétrole dans le Golfe du Mexique!!
Le 6 Juin 2010


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