Faut-il tempérer les messages alarmants sur les conséquences du réchauffement de notre planète?

 Par les temps qui courent, devant l’unanimité des prévisions de modifications climatiques annoncées par de nombreuses équipes de par le monde, ne pas hurler avec les loups est un exercice dangereux. Au pire digne du bûcher de l’inquisition écologique, au mieux d’une puissante raillerie des faiseurs d’opinions, sortes d’ayatollahs allumés de la Maison Verte. En raison de cette pression, la France a peur. Peur de manquer d’air, de manquer d’eau, peur des gaz, des ondes électromagnétiques, des rayons ionisants, peur de son ombre, peur d’elle même, maladie auto-immune invalidante qu’elle essaie d’exorciser avec son stupide Principe de Précaution, onguent de charlatan. Et pourtant dans les faits climatiques expérimentalement observés dans le monde, il est possible de détecter certains phénomènes de régulation ou d’amortissement qui plaident pour un message toujours ferme contre le gaspillage énergétique, mais plus nuancé sur les conséquences attendues des émissions croissantes de GHG.

FIG.I : La teneur en CO2 dans l’atmosphère (en violet) ne suit plus le rythme de croissance des émissions anthropiques (en rouge) depuis 5 ou 6 ans. Pourquoi?

Fraction-atmosphérique-Fossile-1980-2008 

La comparaison des vitesses d’accroissement des émissions de CO2 par les activités humaines mesurables (combustion des énergies fossiles et production de ciment) à l’accroissement de la teneur en dioxyde de carbone dans l’atmosphère montre que depuis quelques années, une part de plus en plus importante de CO2 est absorbée (LIRE). Tout se passe comme si l’augmentation de la teneur en gaz carbonique dans l’atmosphère et ses effets indirects (croissance des végétaux, fonte de la banquise arctique en été, pression partielle accrue) permettait une plus grande absorption de ce gaz par les terres et les mers (FIG.I, la courbe violette ne suit pas du tout l’allure de la courbe rouge). Ce phénomène est cohérent avec l’acidification observée de certaines eaux marines, au détriment du développement des coraux dans certaines régions et plus tard (vers 2100 selon Gattuso) des ptéropodes de la Mer Arctique (LIRE). En 2000 la croissance de la teneur en dioxyde de carbone dans l’atmosphère correspondait à 56% du CO2 émis, en 2008 (courbe verte, échelle de gauche) ce ratio n’est plus que de 49%. Va-t-on assister à des fluctuations de ce ratio au cours du temps ou bien à une poursuite de sa décroissance sous l’impact des émissions croissantes? Voila une question importante à laquelle il serait intéressant de répondre. Pour l’instant les études de Raupach, Canadell et Le Quéré publiées en 2008 (LIRE) ont montré que ce ratio devrait croître au cours du temps, elles avaient, de toute évidence, sous-estimé certaines modifications récentes dans les données d’entrée.

FIG.II : Le niveau moyen des mers, malgré l’accroissement des teneurs en CO2, ne tend pas à augmenter de façon continue ou croissante. Pose momentanée? Quelle en est la raison?

Niveau-moyen-mers-1993-2009

Un autre paramètre présente une grande importance pour quantifier de façon extensive le réchauffement de notre planète: c’est le niveau des mers. Ce phénomène est lié à la disparition des réserves d’eau continentales, comme les glaciers, et à la dilatation des masses d’eau de surface sous l’effet du réchauffement. Un réchauffement de plus en plus intense devrait entraîner une augmentation croissante du niveau moyen des océans. Or les mesures réalisées à ce jour montrent un certain tassement de cette croissance du niveau des océans depuis 2006 (FIG.II). Bien sûr ces phénomènes sont complexes avec un accroissement du niveau très net observé dans l’Océan Indien depuis 2006, mais avec une certaine décroissance dans l’Atlantique et le Pacifique.

Voila deux exemples qui semblent sinon contredire, du moins atténuer pour l’instant certains messages alarmistes. Ce ne sont peut-être que des observations instantanées et non significatives, mais elles mériteraient d’être abordées avec objectivité, même si elles vont un tant soit peu à l’encontre des catastrophes annoncées. Quel est le rôle de la fonte de la banquise arctique en été sur ces phénomènes? Il y a là une donnée nouvelle qui avec l’accroissement des émissions chinoises de GHG, mériterait d’être étudiée.

Si cela permettait au moins d’alléger ce climat maladif de peur qui se répand.

Le 7 Novembre 2009.

 

Commentaires

19 réponses à “Faut-il tempérer les messages alarmants sur les conséquences du réchauffement de notre planète?”

  1. Avatar de JP
    JP

    Sur le second graphique, je vois une hypothèse qui me parait plus vraisemblable que la votre:
    -il y a des pauses, qui durent une ou deux années
    -on observe une pause en 1998 et 1999
    -une autre pause en 2003
    -la dernière en 2006 et 2007
    -et c’est reparti en hausse en 2008 et 2009

  2. Avatar de ray
    ray

    C’est possible JP, mais le phénomène ne s’emballe pas depuis 4 ans alors que les émissions de CO2 chinoises elles, n’ont pas chômé. Si l’on en croit les spécialistes les phénomènes devraient s’accélérer. Pour l’instant on n’observe pas cette accélération annoncée. A suivre!

  3. Avatar de Pascal
    Pascal

    Fervent partisan de la thèse du réchauffement climatique, j’approuve complètement votre article. La thèse du réchauffement climatique est devenue trop unanime, limite intégriste en refusant la moindre remise en cause. Or ça risque de la déservir: les opposants à cette thèse profiteront de la moindre anomalie statistique pour tenter de convaincre que le réchauffement climatique est une imposture.
    De plus le green-washing donne le sentiment que cette thèse est récupérée à des fins mercantiles.
    Les défenseurs de la thèse du réchauffement climatique doivent veiller à ne pas braquer les populations contre eux. Pourquoi toujours avancer ces chiffres catastrophiques (les médias ont une grosse responsabilité avec leur envie de faire du sensationnalisme). Par exemple quand un média annonce que la fonte de l’Antarctique ferait monter le niveau des mers de x mètres, ça n’a aucun intérêt, cette fonte ne pouvant avoir lieu (sauf imprévu) avant des siècles.
    A vouloir prévoir le pire, on risque d’être décrédibilisé si ce pire n’arrive pas.

  4. Avatar de ray
    ray

    Effectivement, Pascal, la recherche du scoop apportant la célébrité pour les chercheurs sur le climat est très tentante. Il y a là un risque de surenchères évident.
    Pour éviter le piège il faut absolument valider la cohérence des résultats de simulation avec les données expérimentales connues. Malheureusement dans de gros travaux récents cet impératif de cohérence n’est même pas respecté. Cela pose bien sûr problème.

  5. Avatar de JP
    JP

    Vu que d’une année à l’autre la progression des émissions de co2 est assez régulière, on voit bien déjà dans la première moitié de la courbe qu’elle n’est pas parfaitement corrélée « en temps réel » avec ces émissions.
    C’est quelque chose d’autre qui est responsable des creux et bosses dans la courbe montante. Sachant que l’on y observe aussi des variations mensuelles non négligeables ( impact des variations saisonnières du climat?), je suis tenté de voir dans les variations aléatoires du climat global d’une année à l’autre le facteur qui, en perturbant le cycle naturel du carbone, génère ce « bruit » superposé au « signal » (la tendance croissante sur le long terme).

  6. Avatar de edgar
    edgar

    Raymond, je suis personnellement « climat-sceptique », et je t’envoie ce lien vers un site, que tu connais certainement déjà : http://www.pensee-unique.fr/
    Une mine d’infos rigoureuses et très à contre-courant depuis un bon moment déjà.

  7. Avatar de JP
    JP

    Edgar, vous ne devez pas être très matheux, ou pas très rompu au raisonnement scientifique. Le site semble bourré d’erreurs de raisonnement (je dis « semble » car j’ai arrété de le parcourir après avoir lu trois articles, tous trois boiteux)

  8. Avatar de ray
    ray

    JP, je suis d’accord avec vous. Il doit y avoir plein d’autres paramètres qui interviennent dans la régulation climatique de notre planète autre que la teneur des gaz à effet de serre soit de façon directe ou indirecte. Et c’est bien la question. Que la croissance à long terme du niveau des mers soit indéniable, il demeure à déterminer cette vitesse de croissance qui d’après certains travaux devrait s’accélérer. Or aujourd’hui cette accélération n’est pas observée. Est-ce aléatoire ou est-ce du à l’existence de boucles de régulations?Je n’en sais rien.

  9. Avatar de ray
    ray

    Edgar ton site en référence est beaucoup trop complexe pour ma misérable et limitée intelligence. Non je ne le connaissais pas et je n’en éprouve aucun regret. Ce qui se conçoit bien doit s’énoncer clairement.

  10. Avatar de ray
    ray

    Merci Kad, on ne peut qu’approuver tout ce que dit James Hensen sur les effets du charbon et sur la duplicité des gouvernements qui couvrent son utilisation. A lire absolument.

  11. Avatar de edgar
    edgar

    Raymond, le site est plutôt fouillis, c’est vrai, ça fait très amateur (les pictos, affreux). Le rédacteur est un peu verbeux, en plus, si on lit tout ça prend des plombes.
    Au début j’ai cru à une blague.
    Mais il ne faut pas fier aux apparences, car il y a beaucoup d’infos, énormément de liens, c’est assez tenu, à la longue.
    J’organise ma lecture en sélectionnant des chapitres, et en me concentrant sur les passages en gras (citations traduites en français). Et si ma pauvre cervelle le permet, je pousse jusqu’à essayer de déchiffrer certains graphiques.
    Et puis des fois je clique sur les mots en bleu (liens vers des sources et références, des fois rien pour vérifier qu’il y en a). Mais après j’arrête, parce que bobo la tête…
    J’ai sélectionné pour toi Raymond un article récent, qui s’énonce clairement, je crois.
    http://www.pensee-unique.fr/froid.html#bilan
    remonter ou descendre dans la page pour d’autres articles sur le sujet.
    Et puis ça aussi, au pif :
    http://www.pensee-unique.fr/theses.html#evolution
    http://www.heartland.org/events/WashingtonDC09/index.html
    Et, croyez-moi, je suis pas un imbécile, parce que je suis douanier.

  12. Avatar de edgar
    edgar

    Bref, j’ai l’air narquois, mais, très sincèrement, le site a le mérite de relayer les recherches et parutions – et elles ont l’air nombreuse, non ? – qui mettent en doute la méthodologie et / ou les conclusions du GIEC. Rien que pour ça, ça mérite – à mon humble avis – un peu plus qu’un coup d’oeil rapide.

  13. Avatar de edgar
    edgar

    Raymond, le site est plutôt fouillis, c’est vrai, ça fait très amateur (les pictos, affreux). Le rédacteur est un peu verbeux, en plus, si on lit tout ça prend des plombes.
    Au début j’ai cru à une blague.
    Mais il ne faut pas fier aux apparences, car il y a beaucoup d’infos, énormément de liens, c’est assez tenu, à la longue.
    J’organise ma lecture en sélectionnant des chapitres, et en me concentrant sur les passages en gras (citations traduites en français). Et si ma pauvre cervelle le permet, je pousse jusqu’à essayer de déchiffrer certains graphiques.
    Et puis des fois je clique sur les mots en bleu (liens vers des sources et références, des fois rien pour vérifier qu’il y en a). Mais après j’arrête, parce que bobo la tête…
    J’ai sélectionné pour toi Raymond un article récent, qui s’énonce clairement, je crois.
    http://www.pensee-unique.fr/froid.html#bilan
    remonter ou descendre dans la page pour d’autres articles sur le sujet.
    Et puis ça aussi, au pif :
    http://www.pensee-unique.fr/theses.html#evolution
    http://www.heartland.org/events/WashingtonDC09/index.html
    Et, croyez-moi, je suis pas un imbécile, parce que je suis douanier.

  14. Avatar de ray
    ray

    Merci Edgar d’avoir insisté. J’ai découverts le travaux de Scafetta qui par sa démarche empirique enrichit formidablement le modèle climatique. En fait ses travaux reviennent à superposer les variations d’irradiance solaire aux données du réchauffement climatique qui pour l’instant passent par zéro ce paramètre. Comme les deux effets sont pour l’instant d’amplitudes comparables cela change complètement les résultats.
    Un pavé dans la marre!

  15. Avatar de JP
    JP

    Oui, enfin, les travaux de Scafetta (supposons qu’ils soient sérieux) montrent pour commencer (vu l’utilisation qui y est faite) que le site pensée-unique est malhonnête.
    1- la courbe ne remet pas en cause le réchauffement climatique sur le long terme. http://www.pensee-unique.fr/images/scafetta2.jpg Au contraire, la tendance de fond devient plus claire (forecasst#1).
    2- ce qu’on voit très bien sur le graphe de Scafetta, c’est qu’il y a eu de 1970 à 2000 un réchauffement rapide, l’effet de la variation solaire venant s’ajouter à celui de l’effet de serre, et qu’il y aura selon lui une stabilité ou un très faible refroidissement entre 2000 et 2030 (le refroidissement du aux variations du soleil compensant le réchauffement par effet de serre). Autrement dit:
    -d’une part le réchauffement observé entre 1970 et 2000 doit être relativisé, et il ne faut pas extrapoler directement sur cette seule base
    -mais d’autre part, il faut également relativiser la stagnation des températures depuis 2000. Il ne faut évidemment pas non plus extrapoler directement sur cette base.
    Et c’est pourtant ce que fait pensee-unique. C’est un charlatan. Du reste le procédé dont il use, repomper des graphiques (comme si un graphique était plus scientifique), et les balancer au public en faisant comme si le contexte d’origine et les commentaires des auteurs allaient tellement de soi qu’on peut les passer à la trappe et les remplacer par ses propres opinions, ce n’est qu’une variante du procédé malhonnête de la citation hors-contexte.
    Autre ruse par laquelle l’auteur de pensee-unique voudrait paraitre scientifique: il se targue d’avoir été Directeur de Recherche au CNRS. Certes, mais en informatique apparemment. C’est suffisant pour faire illusion devant les profanes (y compris un douanier), mais cela ne lui donne aucune compétence pour analyser scientifiquement le réel (ca peut même être un handicap, car en informatique, comme en math pures ou en philosophie, on ne se préoccupe pas de vérité scientifique, mais simplement de créer des systèmes de pensée ayant une cohérence interne et certains s’illusionnent alors en croyant faire de la science).

  16. Avatar de edgar
    edgar

    Euuuh, JP, tu as sans doute raison. Me concernant, je vais plus visiter les liens – nombreux – proposés, que je lis la prose du rédacteur du site.
    Faut-il être scientifique pour s’intéresser aux sciences ?
    Personnellement, je n’ai de certitudes sur rien, je doute – surtout de ce qui est réputé être indiscutable – et cherche l’info là où elle se trouve, comme ici. Raymond, si ça se trouve, a une formation de danseur de mambo, je m’en fiche, les infos auxquelles me renvoient son blog sont de qualité, ça suffit à ma cervelle de douanier. Au fait, JP, tu connais Fernand Raynaud ?

  17. Avatar de JP
    JP

    Je vois tous les jours des commentaires authentiques, dans les forums d’Internet, qui dépassent largement les caricatures de Fernand Raynaud. Donc, non, je n’avais pas pensé à son sketch car votre remarque ne me paraissait pas « trop gros pour être vrai ».
    Quant à savoir si la science est réservée aux scientifiques, bien sur que non. Douter, c’est capital. Mais on le fait d’autant mieux que l’on acquis par l’expérience, ou par l’étude de l’épistémologie, les repères qui permettent de distinguer une démarche scientifique d’une pseudo-scientifique (je considère indispensable de maitriser la « falsifiabilté » de Popper, et les probabilités Bayesiennes. Connaitre Thomas Kuhn et Imre Lakatos, c’est aussi franchement utile.
    Et pour ceux qui qui ont peut étudié la statistique: « petit cours d’autodéfense intellectuelle »

  18. Avatar de michaelgermant

    Même si le réchauffement est connue de tous il faut continuer d’alarmer pour ne pas tomber dans le banal

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