Auteur/autrice : patrick reymond

  • UE : déculottage agressif.

    UE : déculottage agressif.

    Images_3 Les faits sont têtus, les vrais puissances, les vrais puissances.
    La donnée du monde actuelle est aussi incontournable.
    Les USA sont dépendants en tout. Que ce soit en énergie ou produits industriels.
    Cette dépendance vis-à-vis de l’extérieur contribue à une agressivité certaine de la politique étrangère.
    Mais dans le même temps, la puissance militaire décroit.
    Les pays européens de l’OTAN ont quasiment supprimés leurs armées, réduites à rien.
    L’armée américaine, bureaucratique et enlisée ne vaut guère mieux.
    Pendant ce temps là, on avait oublié la donne fondamentale.

    Il y a toujours parité nucléaire entre Russie et Etats-unis.
    La Russie possède la technologie anti-aérienne capable de neutraliser l’USAF et, mais c’est nouveau, la technologie capable de neutraliser la thalassocratie (on a vu, ces dernières années, l’US navy être fréquemment "surprise", par l’aviation ou la marine russe, voire chinoise).
    La "force" américaine est toute relative, on l’a vu dans l’affaire géorgienne.
    Même équipée, entrainée et encadrée par les yankees, renforcés par des mercenaires, l’armée géorgienne n’a pas tenu le choc, même s’il n’y avait pas, sur le terrain une différence sensible de force militaire.
    Seulement voilà. la couverture aérienne géorgienne n’existait pas, détruite ou neutralisée, la puissance de feu, stupidement employée, n’a servi à rien.
    Pourquoi ? Les russes s’en tiennent à la leçon de la seconde guerre mondiale.
    "La principale arme du blindé, ce n’est pas le canon, mais le moteur" (Heinz Guderian).
    L’armée américaine et son clone géorgien s’en tenaient eux aussi à la leçon de la seconde guerre mondiale.
    Quand on rencontre une résistance, on l’écrase sous l’artillerie.
    Mais cela ne fonctionne que contre des adversaires très affaiblis ou très inférieurs, ou mieux, des civils.
    Les européens, englués dans leur vassalité sont incapables de penser autrement que par la voie US.
    Ils sont tout aussi incapables de négocier avec les russes, qu’ incapables de les affronter.
    La Géorgie, logiquement, devrait se dissoudre en luttes internes.
    Plus rapidement encore que pour l’ Irak et l’Iran, le commandement militaire US, conscient de la disproportion des forces veut éviter tout conflit avec les russes, menant sa propre politique d’apaisement, alors que la réthorique de Washington s’enflamme.
    Beaucoup de pays de l’union européenne, notamment les pays proches de la Russie, veulent l’affronter, oublieux de leur strip-tease militaire, achevé, ainsi que de leur dépendance énergétique, immense.
    Le programme de l’union européenne est simple :
    – reconstruire  une défense,
    – construire une indépendance énergétique, la vraie, celle des économies,
    – ne pas regarder les slaves comme des sous développés, mais les traiter, comme des êtres humains, avec respect (pour certains, ce sera dur),
    – éviter de provoquer ses voisins, par des politiques irresponsables, notamment les tchèques, lituaniens et polonais (sans parler du Kosovo, bien sûr).
    A l’ouest, il n’y a pas de guerre ni prévisible, ni préparée.
    Il serait bon que les pays de l’est européen acceptent, eux aussi, l’histoire du siècle dernier.
    Quand à toute sanction contre la Russie, elle trouverait l’ Allemagne très peu favorable.
    Son conflit avec l’URSS a laissé des traces épouvantables et elle n’a visiblement aucune envie de remettre le couvert.

    Bien entendu, l’arriération de la position de certains ministres, notamment, B. Kouchner est criante.
    Mais, leur position est celle d’un croyant. Il leur est difficile de renoncer partiellement à leur foi en la toute puissance US. La foi ne se partage pas. On l’a entièrement, ou pas du tout.
    En attendant, l’union européenne s’est condamné à faire le petit chien, celui qui jappe, de loin, comme un fou, débordant de rage, mais trop froussard pour approcher.   

    vendredi 29 août 2008.

  • La « considération » des russes…

    La « considération » des russes…

    Bouffon_2 Dans tous les drames, il y a une note comique.
    Une est apportée par notre impayable ministre des affaires étrangères, "A l’évocation de sanctions, Moscou ironise sur "l’imagination maladive" de M. Kouchner  ".
    Les échanges, fort peu diplomatiques, ont eu lieu.
    Il y a un mot en langue russe pour M. Kouchner, c’est Dourak.
    Et visiblement, il les a fait beaucoup rire.
    Les Pays de l’est, la grande-bretagne sont pour des sanctions, la France, la Russie, l’Italie, contre.
    Il faut l’unanimité en la matière, et Moscou saquera impitoyablement les trop agressifs.
    On ne saurait, de plus, trop ignorer que depuis Bismarck, il y a toujours eu une branche de la diplomatie allemande, pro-russe, y compris pendant la seconde guerre mondiale.
    Ce bloc est aujourd’hui prépondérant, l’énergie n’y est pas étranger.

    De plus, Les sanctions ne peuvent s’appliquer que dans le sens Russie/UE, les russes exportant de l’énergie et des matières premières.
    En ce qui concerne l’écart technologique, l’ouest n’a plus d’avance sur la Russie, et celle-ci pourra toujours se fournir vers des pays plus compréhensifs.  
    En ce qui concerne l’isolement de la Russie, il est tout relatif, le groupe de Shanghaï visiblement ne lui veut pas et lui apporte son soutien.
    La plupart des pays tiers, d’ailleurs, saluent la position russe. 
    Elle est isolé simplement de l’UE et des EU, même les si pro-occidentales Turquie et Jordanie ont eu des contacts -fructueux, apparemment- à une date récente.
    Bien sûr, on prétend que le soutien est timide, gêné. Mais il est là. 
    Le Guardian, lui dresse un constat : "Georgia is the graveyard of America’s unipolar world. ".
    Les européens vont devoir donc réapprendre l’art du choix et de la politique, alors que depuis 20 ans, c’était la politique de l’alignement.

    Jeudi 28 août 2008.

  • EPR, quand tu nous tiens…

    EPR, quand tu nous tiens…

    Images L’EPR, vous savez, cette crotte de brontosaure, prend du retard, explose les budgets et constitue désormais, la parfaite vitrine de l’industrie nucléaire française.
    "un manque de rigueur inacceptable  " et "Ils ne savent pas construire un EPR dans les délais et le budget annoncés. Ce retard va entraîner un dépassement budgé taire : qui va payer la facture ? Combien va coûter cet EPR aux Français ? On n’en sait rien. Et on s’entête à le construire. Nicolas Sarkozy ose même annoncer qu’on va en faire un deuxième !  ".
    En outre, on semble oublier que l’EPR français n’est pas le premier, mais le second.
    L’EPR finlandais connait les mêmes déboires, la même absence de professionnalisme, la même légèreté 

    dans le traitement du dossier.
    La centrale d’Olkiluoto est un gouffre. Permettra t’ elle le moindre soupçon de retour sur expérience ?
    C’est douteux. Quand on veut aller trop vite, en construire un deuxième puis un troisième, sans avoir digéré les enseignements du premier, il est logique d’aller à l’échec, de refaire les mêmes bêtises et "d’acquérir, à grand frais, beaucoup de regrets ".
    N’ayez crainte pour Areva, la firme ne supportera pas le cout des foirages des chantiers Finlandais et de Flamanville, c’est vous.
    D’autant que si l’EPR Finlandais, qui devrait désormais être fini en 2011, a déjà dérapé de 1.5 milliards, il dérapera encore d’un autre milliard et demi, d’ici là.
    Areva aurait mieux fait d’entretenir son parc existant, au lieu d’accumuler les impairs et les contaminations normales et non plus accidentelles, tellement elles étaient courantes.
    L’explosion des couts se poursuivra et se retrouve finalement caricaturale. C’est l’augmentation des prix de l’énergie classique qui plombe et plombera de plus en plus le nucléaire.

    Jeudi 28 août 2008.

  • Ossétie/Abkhazie…

    Ossétie/Abkhazie…

    Images_2 En 1908 eu lieu une crise internationale qui nous menât aux portes de la guerre.
    Elle eût lieu à l’occasion de l’annexion de la Bosnie-Herzégovine par l’Autriche-Hongrie.
    L’Autriche-Hongrie l’administrait depuis près de 40 ans, et, une fois que la crise se fut dénouée, le roi d’Angleterre eut une remarque, en tout petit comité.
    "et tout ça pourquoi ? Pour un léger changement de statut des populations concernées !"
    On peut dire aussi cela de l’indépendance des républiques Ossétes et Abkhazes.
    Sous perfusion de Moscou, elles subissent à peine, une léger changement de statut.

    Les géorgiens, eux, jugent leur pays depuis longtemps. Ils votent avec leur pieds.
    La population y atteint 4.3 millions d’habitants, un million de moins que lors de l’indépendance, ce million vivant souvent… en Russie…
    Quand à la "guerre froide" dont certains ont reparlé, elle est fort improbable.
    En effet, il n’y a aucun moyen de faire face à la Russie.
    Elle posséde plus de 8 000 nucléaires, mais aussi le pouvoir de mettre à bas l’occident : 9 millions de barils jours de pétrole, du gaz et de l’uranium.
    En face, l’armée US n’existe quasiment plus.
    Elle est embourbée en Irak et en Afghanistan, présente dans 800 bases dans le monde, en surrextension.
    Et elle est mise en difficulté par son budget, qui la noie, plus qu’il ne l’aide.

    Ce qui se passe ? C’est une crise de nerf occidentale, devant la reconnaissance de son impuissance et de sa faiblesse.
    En réalité, la seule marge de manoeuvre des occidentaux dans cette histoire est TRES simple.
    Il s’agit de définir une POLITIQUE de REDUCTION des consommations énergétiques.
    C’est compliqué. Faire la morale au nom des droits de l’homme, tout en massacrant à tout va, c’est beaucoup plus dans les possibilités actuelles.

    Mercredi 27 août 2008

  • Les douraks occidentaux.

    Les douraks occidentaux.

    Images Les occidentaux semblent atteints de folie. Des douraks.
    A l’heure actuelle, ils ont grandement besoin de la Russie, pour des raisons politiques, militaires, mais aussi économiques et énergétiques.
    La Russie a beaucoup moins besoin d’eux. Pays autocentré, autosuffisant, le "socialisme dans un seul pays" s’appuyait sur cette réalité.
    Donc, après les provocations diverses, guerre contre la Serbie, occupation du Kosovo, indépendance dans des conditions très contestables de celui-ci, agression de l’Ossétie du sud, il fallait, bien évidement compter sur une réaction.
    Elle a eu lieu sous deux formes.

    La punition de l’agression, et la reconnaissance des indépendances Ossétes et abkhazes. Pour commencer.
    On peut, bien entendu supposer que les punitions russes se poursuivront.
    D’abord l’Afghanistan. On peut imaginer toute une gamme de rétorsions, allant de l’interruption du flot de ravitaillement de l’OTAN passant par la Russie à l’aide directe aux insurgés.
    Dans ce cas, la situation des forces de l’OTAN vireraient à la catastrophe.
    Déjà, la simple rupture de l’approvisionnement signifierait une montée en flèche du coût humain et financier de l’occupation.
    Les convois passant par le Pakistan sont fréquemment détruits, et le transport aérien est dispendieux.
    Dans le même temps, les autorités officielles afghanes sont de plus en plus agacées contre les bombardements.
    L’Irak, si satellisée, s’émancipe. On fixe un terme à l’occupation.
    La Géorgie devient problèmatique, la Syrie sera rééquipée militairement, la situation iranienne sera consolidée.
    Le président Ukrainien multiplie les agressions anti-russes,  au contraire de son gouvernement qui glisse vers une position plus russophile qu’à l’origine.
    En bref, la suffisance de l’occident risque de tourner à la catastrophe.
    Elle bombe le torse, mais ses moyens militaires sont désormais inexistants.
    On parle d’isolement de la Russie, un isolement qui est tout relatif d’ailleurs, en oubliant qu’elle est membre de l’OCS, et que l’OCS n’ a pas fait signe de se désolidariser.
    En outre la position occidentale est cocasse finalement.
    Prétendre à l’illégalité de la mesure, alors qu’on a pris la même mesure pour le Kosovo, qu’on pousse à la roue dans le Sinkiang et le Tibet, en même temps que les géorgiens ont fait preuve de l’incapacité militaire de l’occident.
    Le "kriegspiel" osséte est l’application des doctrines militaires des USA et de la Russie.
    Les résultats géorgiens ont été terrifiant contre les civils, mais contre des militaires, la débandade a été  caricaturale.
    Quand à la question démocratique ? Foutaises ! Quand à la grande idée des occidentaux dans la région, elle portait le nom prédestiné de nabucco.
    Ce nom était très mérité.

    Mardi 26 août 2008

  • « Ce qui ne veut pas dire qu’un plafond, un jour, ne se reconstituera pas ».

    « Ce qui ne veut pas dire qu’un plafond, un jour, ne se reconstituera pas ».

    Images Dans l’ oeuvre, considérable, de Fernand Braudel, on peut lire cette phrase complète.
    Il avait senti, il y a plus de trente ans, le caractère fragile de cette croissance si politiquement importante.
    Plafond des productions agricoles, plafond des transports ou de l’énergie, cette "reconstitution" est non seulement probable, mais inévitable et seul le terme est incertain.
    Certains pensent le terme lointain, d’autres plus proche, sinon déjà atteint.
    Pourquoi cette croissance est elle si politiquement importante ?
    Parce que le terme de croissance permet d’éviter de penser à la répartition.
    Dans un gâteau qui augmente, le fait que certains, le 1% le plus riche en tire l’essentiel, permet de faire

    l’impasse sur le reste.
    L’impasse, quelle est elle ?
    Elle est très bien, aussi, décrite par Braudel.
    Jusqu’en 1970, NY était la principale ville industrielle du monde. Entendons nous. Cette industrie, c’était une myriade de micro-industries, de la confection, des imprimeries, de la fabrication alimentaire et accessoirement, marchande.
    Déjà, il y a 30 ans, le phénomène de DISPARITION du capitalisme, le vrai, celui de la concurrence de tous les jours, qui faisait le levain du capitalisme, par lequel il se renouvelait, n’existe plus.
    "la petite production marchande donne, chaque jour, à chaque instant, naissance au capitalisme et à la bourgeoisie, d’une façon spontanée." (Lénine).
    Le fait de produire à un bout du monde, de vendre à l’autre bout, outre que cette manière de faire est très dispendieuse en énergie, est l’anticapitalisme même.
    On regarde la Russie d’un air méprisant. Une caste d’oligarque s’est crée. "De nul mérite, elle a grandi en une nuit, comme un potiron. " (Cardinal de Richelieu). Mais, n’ayons aucune jalousie, notre propre aristocratie, aussi incapable, aussi suffisante, aussi sûr d’elle même ne vaut guère mieux.
    On est arrivé à la phase terminale.
    Le communisme est considéré comme  TRES bien, par la caste dirigeante. Mais à son profit exclusif.
    La clef de sa réussite, c’était l’énergie bon marché.

    Lundi 25 août 2008.

  • Le retour de la guerre en Europe.

    Le retour de la guerre en Europe.

    Images Les lobotomisés de la classe politique européenne disent que l’UE, c’est la paix, parce que le commerce, c’est la paix.
    Pourtant, du 15° au 18° siècle, l’histoire européenne est remplie de contre-exemple :
    – Venise contre l’empire ottoman, presque 250 années de guerre, malgré le fait que ce soit deux partenaires commerciaux privilégiés,
    – le commerce franco-britannique, franco-espagnol, franco-hollandais, anglo-hollandais, ibéro-hollandais, etc, etc, etc… n’empêchèrent absolument pas des conflits épouvantables, sans ralentir le moins du monde les échanges commerciaux.
    Les épisodes burlesques furent abondants : les espagnols, en guerre contre les hollandais, faisaient 

    passer la solde de leurs troupes aux Pays-Bas, par l’intermédiaire des anglais, qui eux-mêmes, faute de pouvoir le faire, le sous-traitait aux… Hollandais, grassement rémunéré à l’occasion…
    Aujourd’hui, après avoir titillé l’ours russe avec la Géorgie, on poursuit l’action d’excitation avec l’Ukraine et la Pologne.
    L’OTAN a montré, dans l’affaire géorgienne une efficacité exemplaire : l’armée géorgienne, pas si petite que l’on a dit, et fort bien équipée, n’a absolument pas tenu le choc et l’affaire a été vite réglée.
    L’OTAN vient de démontrer et sa faiblesse, et son incompétence militaire.
    La voie géorgienne est reconnue désormais comme trop risquée pour l’exportation de gaz et de pétrole.
    Mais comme en occident on n’a rien appris ni compris, il faut rappeler les évidences.
    Les corps de batailles classiques de l’alliance sont englués en Afghanistan et en Irak.
    Leur doctrine de combat, on l’a vu avec l’armée géorgienne est complètement fausse face à un adversaire à parité technologique, leurs troupes ne sont bonnes qu’à tuer des civils.
    Bien entendu, pourquoi ne pas continuer à exciter la Russie avec l’Ukraine et les anti-missiles BMDE ?
    Ou en réarmant la Géorgie ?
    Rogozine est clair pour la Pologne et le BMDE : " un “chat crevé”, car l’efficacité d’un tel système ne pourrait être vérifiée qu’en cas d’échange de coups nucléaires balistiques ".
    La Russie, clairement, n’a pas l’intention de rester en Géorgie, c’est à long terme, trop risqué, mais une épreuve de force indirecte est engagée, non pas avec la Géorgie, mais avec l’ouest.
    Son but est la dislocation de l’OTAN et la moisson russe après l’affaire géorgienne est ample.
    Après l’Azerbaîdjan, c’est le Kazakhstan qui renonce à utiliser les oléducs géorgiens "trop risqués".
    Israël aussi s’était impliqué en Géorgie, Israël va aussi, donc le payer.
    Rien n’est plus simple, Moscou ne refusera plus rien à Damas.

    Le schéma de la crise qui se posera  à l’Europe occidentale est simple. Moscou menacera d’appuyer sur le bouton énergétique"off". Comme à l’Ouest, il y a bien longtemps qu’on n’a plus de politique énergétique, la débandade risque d’être encore plus rapide que celle de l’armée Géorgienne, pourtant devenue exemplaire dans les annales, battant en vitesse le "blitzkrieg" allemand de 1939-1942.

    Dimanche 24 août 2008

  • Tragic airways.

    Tragic airways.

    Images Un crash d’un avion de Spanair a causé la mort de 153 personnes.
    Là aussi, la cause en est dramatiquement simple.
    Plus de rentabilité, détruite par un mélange de carburant cher et d’appareils vétustes, et donc impossibilité d’investir.
    On fait un plan de "redressement" qui ne redresse rien du tout, mais désorganise profondément la société, on garde 80 % des vols, et l’on supprime les 20 % les moins intéressants, on met la pression sur la maintenance, priée de tout faire avec rien du tout, et surtout, en un temps record.

    Donc, on peut constater qu’il ‘y a rien de révolutionnaire là-dedans.
    L’actionnaire principal de Spanair est SAS, pas particulièrement doté d’une mauvaise réputation, mais, simplement, sans moyens financiers pour redresser la société.
    On arrive donc à la note, plutôt salée de 153 morts.
    Bien entendu, tant que les tribunaux ne condamneront pas substantiellement les responsables des accidents, et dans ce cas là, le dommage punitif est irremplaçable, ils continueront comme avant.
    Car même si l’on compte 200 ou 300 millions de $ de dommages, ça sera toujours moins cher que d’investir pour renouveler la flotte.
    Les accidents ferroviaires britanniques ont prouvés que les multiples accidents étaient quasi-provisionnés d’avance, pour un coût modique, finalement. Et il vaut mieux, pour bien des compagnies, un accident de temps en temps, qu’une maintenance sérieuse ou ‘une flotte en bon état.

    Dimanche 24 août 2008.

  • L’impuissance programmée

    L’impuissance programmée

    Images La question géorgienne était d’une simplicité biblique.
    Poussée par une partie du complexe militaro-industriel, Saakachvili attaque l’Ossétie avec, quoi qu’on en dise, une armée aux normes de l’OTAN, il est défait en quelques heures et à l’ouest, on pousse des cris.
    Que pouvait on faire ?
    Rien.
    Pourquoi ?
    La Russie est une puissance nucléaire.
    Même si la Géorgie avait fait partie de l’OTAN, l’OTAN aurait été impuissante.

    Voler au secours des géorgiens signifiait l’occupation totale du pays.
    Bombarder les russes était impossible.
    Des sanctions contre la Russie ?
    On ne prend pas des sanctions contre un pays si riche en pétrole et en gaz, c’est lui qui peut en prendre.
    De plus, une tension aurait mené le baril de pétrole à des niveaux jamais vu, une récession mondiale carabinée aurait vu le jour.
    Faut il préciser aussi que les USA ont besoin de la Russie, à court terme, et pas l’inverse.
    Les USA ont besoin que la Russie ne souffle sur aucune des braises du moyen-orient.
    Ils dépendent d’eux en Afghanistan, pour les sanctions contre l’Iran, pour leur présence en Irak.

    Comme il faut une petite gâterie dans le cas de ce conflit, elle vient pour la Russie d’Azerbaïdjan.
    Le pétrole et le gaz de cette république a continué à couler. Mais par les pipelines russes.
    Autre gâterie, la Turquie s’éloigne des USA, ainsi que les pays d’Europe occidental, Allemagne, France, Italie.
    L’Allemagne, a, dans les faits, choisie son camp bien avant.
    Le glissement, au moment de la réunification de la capitale de Bonn à Berlin a été le signal.
    Le choix d’un site de capitale n’est jamais anodin.
    Autre gâterie pour le kremlin, morale, cette fois.
    Pouvoir dire tout le mépris qu’on a pour les européens de l’Est, en même temps que leur insignifiance politique. 

    Samedi 23 août 2008

  • Les économies-monde.

    Les économies-monde.

    Images Pour répondre à un certain nombre d’objections, je tiens à signaler un certain nombre de lignes de forces dans l’organisation du monde depuis le 16° siècle, ce n’est pas nouveau, et pourtant méconnu.
    Ce concept, braudelien, est celui de l’économie-monde.
    Une économie monde est constitué par un pays dominant, et surtout une ville dominante, et des périphéries, plus ou moins, et en vérité, de plus en plus dominées.
    Jamais un certain nombre de pays n’ont refusé de vendre ou commercialiser leurs productions, notablement pétrole et gaz, mais ce qui est demandé par le centre dominant, ce sont des vassaux.

    La Russie, par exemple, est un partenaire on ne peut plus fiable dans les accords internationaux, elle fournit le gaz et le pétrole et d’ailleurs, comme beaucoup de pays producteurs, n’aurait pas les moyens de ne pas les fournir.
    Un certain nombre d’évènements politiques ont été dû, à la volonté de satelliser un certain nombre de pays, trop indépendants du "centre" US et le rapprocher de celui-ci.
    On peut citer la conquête US de l’Afghanistan, l’accession au pouvoir de Saakachvili en Géorgie et de Ioutchenko en Ukraine.
    Non pas que les dirigeants de ces pays, notamment la Géorgie et l’Ukraine aient été favorables à la Russie, mais ils essayaient d’établir des règles de coexistences avec leur ancien centre.
    La politique US a consisté à essayer d’ accéder aux ressources fossiles par des états-fantoches à leur botte, en tournant la Russie par le sud.
    Bien entendu, la réthorique de guerre froide réapparait en Occident, qui est comme il est bien connu, sans aucune arrière pensée, ni politique, ni énergétique, ni militaire.
    En réalité, on ne peut pas parler "d’arrière-pensées" dans le cas des USA.
    L’énergie c’est plutôt leur obsession.

    Image : à réutiliser immédiatement pour diaboliser la Russie.

    samedi 23 août 2008