Auteur/autrice : patrick reymond

  • Crise alimentaire et fin du libéralisme.

    Crise alimentaire et fin du libéralisme.

    Images Viet-Nam, Inde et FAO au menu.
    Les deux pays cités ont tordus le coup à la libre circulation des marchandises, dans le but de protéger leur population et limiter la hausse des prix.
    La crise alimentaire, d’ailleurs ne se limite pas qu’aux pays du tiers monde :
    "Les premières victimes seront les pays pauvres mais également les pays industrialisés où le pouvoir d’achat des travailleurs ne suffit plus ".
    Quand à la FAO, elle montre du doigt le responsable, et en même temps pointe le risque :
    " La demande croissante à l’échelle mondiale de biocarburants, associée au besoin accrue en terres, pourrait mettre sous pression les terres marginales qui assurent des fonctions de subsistance fondamentales pour les ruraux pauvres et sont fréquemment exploitées par des femmes ".

    On aurait donc :
    "le déplacement partiel ou total des activités agricoles des femmes vers des terres de plus en plus marginales  ", avec en prime, la réduction de la disponibilité en eau et en bois.
    Comme on peut le deviner, dans ce contexte grave, le laisser-faire aboutira à une situation explosive très vite, là où elle ne l’est pas déjà.
    Les interventions, le réglage, ne peut s’obtenir que pays par pays, par une intervention étatique et l’établissement de règles et priorités.

  • Alberta : budget record.

    Alberta : budget record.

    Images Un "modèle"encore, c’est l’Alberta. Le budget explose à 37 milliards de dollars, les assurances maladies sont éliminés.
    L’excédent se monte à 1.6 milliards.
    Là, on rejoint le modèle thatchérien.
    On s’assoit sur une découverte géologique phénoménale et on donne les leçons à ceux qui n’en ont pas et qui doivent lutter avec les effets pervers de ces productions minières qui entraine hausse de la monnaie et désindustrialisation.
    Le syndrome Thatcher  se déploie au Canada sur un mode beaucoup plus étendu et pervers.

    En effet, les ressources minérales canadiennes sont bien plus étendues et diversifiées que les britanniques, et le pays beaucoup moins densèment peuplé.
    L’opposition en Alberta fustige le gouvernement qui "n’économise pas pour l’avenir de la province".
    Pour eux, entasser des torches-culs , c’est "préparer l’avenir". 
    En réalité, la seule manière de "préparer l’avenir", c’est de brider et limiter la production d’hydrocarbures, pour appliquer le proverbe koweiti : "Oil in the ground is better than dollar in bank".
    Le Canada et l’Alberta risquent de payer cher cette profusion de ressources naturelles.
    D’abord au point de vue écologique, ensuite au point de vue économique.
    En effet, le "modèle hollandais" démontrait qu’une ressource naturelle (le gaz de groningue) n’apportait en réalité aucune valeur ajouté. Elle faisait simplement baisser l’efficacité globale de l’économie d’autant.

  • Nouvelles énergies-énergies nouvelles…

    Nouvelles énergies-énergies nouvelles…

    Images_4 Le baril atteint les 120 $ et les pays producteurs ne veulent pas engager d’investissements, sans garantie de débouché sur 30 ans.
    la raison ? La volatilité de la demande, beaucoup plus qu’on ne l’a dit.
    En effet, chaque $ d’augmentation entraine des investissements en chaine, pour réduire la note, et chaque dollar d’augmentation risque d’entrainer la récession, si elle n’est déjà là.
    Le Grenelle de l’environnement n’a strictement encore rien sorti, mais les ménages s’aperçoivent des flambées (de prix, pas de cheminées), aussi, avec pragmatisme, on va vers des investissements de remplacement.

    Les chaudières gaz deviennent anecdotiques, pour les chaudières fioul, les fabricants stopperont les chaines de fabrication sous peu, sans aucun doute, seuls surnagent les chaudières à granules et les PAC (pompes à chaleur) de tous ordres, haute, basse température, aérothermie, géothermie.
    Même si ce n’est pas la solution miracle, le principe est bon, celui d’une réduction de consommation.
    Et le cartel de l’OPEP est aussi pragmatique.
    Il sait très bien que le pétrole occupe une place hypertrophiée, très aisément réductible, même dans le transport.
    En effet, la différence de consommation suivant les marchés (10.5 L en moyenne aux zétazunis, 6.5 en europe pour un véhicule particulier), indique des marges de manoeuvres importantes, et les voitures récentes sont très sobres.
    En outre, bien des pans de l’économie se sont drogués au pétrole. Visiblement certains subissent une cure de désintoxication profonde. le premier est l’agriculture, et l’enchérissement du coût des voyages va booster des productions locales, de même que l’enchérissement du coût de l’alimentation qui en résulte.
    Succès donc pour les pays pétroliers, mais succès à mon sens, très provisoire.

  • Pour quelques barils de plus.

    Pour quelques barils de plus.

    Images Les occidentaux devraient être content, la production de pétrole est largement déconcentrée.
    Dans les années 1970, les grandes compagnies contrôlaient 75 des réserves et 80 % de la production. Aujourd’hui 6 et 24 % respectivement, le reste étant passé par des producteurs nationaux (et nationalisés).
    Les compagnies classiques deviennent des techniciens, chargés de récurer les chiottes.
    En effet, pour les compagnies nationales, le facile, pour les "experts", le reste.
    Là aussi, la supériorité est reconnue ! Ils ne sont pas contents ?
    Les pays producteurs ne veulent (ou ne peuvent) augmenter la production, a moins de "sécuriser la demande à horizon de 30 ans ".

    Les investissements sont en effet, lourds, très lourds, et les pays de l’OPEP savent très bien que la désintoxication du pétrole est possible rapidement.
    Quand à la part de la spéculation et de dépréciation du dollar dans la flambée actuelle du prix du pétrole, si elle difficile à connaitre, elle est colossale.

  • Trop de compagnies…

    Trop de compagnies…

    Images Il y a trop de compagnies aériennes et le bénéfice est trop faible, selon l’ IATA (agence internationale du transport aérien). Le chiffre d’affaire atteint 480 milliards de $ et le bénéfice est de 5.6 milliards, en 2008, il ne sera plus que de 4.5.
    Pourtant, ce secteur a subi toutes mesures possibles et imaginables pour son redressement. 
    " Des cacahouètes " et "l’industrie est loin de réaliser la marge de 7% pour couvrir ses investissements  ".
    Un secteur non rentable, qui tient, finalement, par habitude.
    Bien sûr, le résultat est paradoxal, et le nombre de passagers augmente encore fortement, mais pour combien de temps ?
    1000 appareils nouveaux en 2007, 1200 en 2008, pour quelle finalité ?

    Là aussi, on retrouve un cas classique de surinvestissement.
    Il est beaucoup plus facile de vouloir grandir, augmenter le nombre d’appareils, de destinations, d’aéroports, mais, là aussi, finalement, on a été trop loin.
    Le trafic peut augmenter encore, mais, là aussi "les lignes rentables sont rares"…
    Le résultat de la multiplication nombre de voyageurs X prix du billet ne donne pas de rentabilité. Si l’on augmente l’un on diminue l’autre.
    Nul doute que l’avenir du transport aérien est déjà tracé. Epuration, par mort des plus faibles, concentrations, cartellisations, nationalisations…
    Il s’adaptera certes et se maintiendra un certain temps, mais son expansion forte est très sujet à caution.

  • Impuissance européenne…

    Impuissance européenne…

    Cccp L’Union européenne est devenue l’union soviétique du début du XXI° siècle, sectarisme, idéologie, incompétence sont les caractères qui la définisse, et c’est encore plus criant sur le plan économique, et affolant sur le plan énergétique.
    Le néolibéralisme ambiant interdit toute politique, face à des états producteurs qui eux sont eux : "Porteurs d’une histoire nationale prestigieuse et structurés par une forte tradition étatiste, les grands pays émergents utilisent leur essor économique dans le cadre de stratégies de reconquête de puissance   ".
    C’est criant pour la Russie, mais c’est évident pour la Chine, déterminant pour le Vénézuela, éclatant pour l’Iran, et général pour tous les pays excédentaires.

    En face, nous possédons une élite qui ne sait que dire aux puissances que "le libéralisme c’est bien !" (ça fait rigoler les chinois et leur 100 milliards d’euros d’excédents sur l’Union européenne) et qui épuisent leur population de régression sociale.
    Quand à la bêtise des cercles dirigeants, elle est éclatante. 55 % de l’énergie est importée aujourd’hui. 80 % en 2030.
    Il ne leur vient même pas à l’idée qu’il est techniquement possible de réduire de moitié ces consommations (et faire tomber la dépendance à un niveau bien moindre), parce que cette nouvelle révolution industrielle réclame de jeter aux orties 50 années de bêtises bruxelloise, une action publique résolue et déterminée, en plus d’être couteuse.
    Tous les traités européens sont des monuments d’inepties. L’Europe est tombé dans le piège à con qu’elle a tendue.
    Quand à la réduction des consommations ? Elle se fera. Mais par la misère. Un pauvre, ça consomme beaucoup moins qu’un riche.

  • 5 fois plus de voiture en 2050 ????????????

    5 fois plus de voiture en 2050 ????????????

    Images C’est simple, on prend une évolution passée, on la projette en avant, et hop.
    On dit une connerie.
    Le parc automobile s’accroitrait en passant à 2.9 milliards (au lieu de 600 millions aujourd’hui) en 2050.
    D’abord, pour faire une bonne projection, il faut partir d’une bonne base, contrairement à ce que dit l’article, le nombre d’automobile dans le monde serait aux alentours de 800 millions et non de 600…
    Suffira de trouver le carburant pour les faire rouler. Mais, bien sûr les "experts" ont parlés.

    Il faudrait réduire consommations et poids des véhicules (et sans doute les équiper de pédales, enlever la carrosserie et les appeler "vélo"), alors que la production d’énergie n’est pas sûr du tout, les pics pétroliers, gaziers, charbonniers et nucléaires sont passés ou proches…
    "Il faudra trouver de nouvelles technologies tel que le moteur hybride ou d’autres innovations que nous sommes incapables d’imaginer, prévient le FMI".
    Par contre, personnellement j’imagine très bien ces innovations : augmentation des prix, augmentation des taxes, désolvabilisation de la population, rationnement…
    Qui réduirait drastiquement le nombre de véhicules.
    D’ailleurs certains pays sont déjà rentrés dans cette logique : voitures hors de prix, transports en commun chers, pour chasser le quidam vers le VELO…

  • Transport aérien…

    Transport aérien…

    Images Pour répondre à un internaute qui disait que malgré la mauvaise tenue du secteur aérien, le trafic progressait encore de 6 %, je noterais d’abord qu’une variation, d’une année sur l’autre n’a pas forcément grande signification, que le périmètre de la hausse est à définir,et qu’enfin, cela ne règle pas le sort des petits aéroports abandonnés, de la concentration du trafic sur les grands et de la crise du transport en son ensemble.
    Cinq petites compagnies américaines ont arrêtés leur activité en 10 jours, les grandes, elles, se sont pratiquement toutes placées sous le régime de la loi des faillites, ce sont donc les créanciers qui ont financé en bonne partie le transport aérien, et pas les clients.

    Au bout du compte, on aura une fabuleuse augmentation des prix, une cartellisation, et les projections de trafic, que ce soit au niveau automobile (X 5) ou au niveau aérien (X3), sont complètement idiotes.
    Il n’y a ni l’espace, ni la ressource énergétique pour de telles flambées.
    Quand à l’état de la flotte, des aéroports, du contrôle aérien et du matériel de contrôle aérien, il est souvent (toujours) pitoyable
    C’est simple, il suffit de faire tourner l’outil de production, sans investir, sans moderniser.
    En outre, un certain nombre de compagnies aériennes défaillantes, cela signifie aussi défaillance de commandes à l’industrie aéronautique.
    Insidieusement, le carnet de commandes se dégonfle, et on parle de "difficiles décisions pour adapter la taille du réseau". En clair, ça va faire mal pour beaucoup de villes, qui se retrouveront triffouilli les oies, ou plutôt, comme il s’agit plutôt des ZUSA, Coal-city, Silver-city, perdu au milieu de nul part, et très atteint économiquement.
    Mais le transport aérien, finalement n’apparaitra, dans quelques temps que comme ce qu’il était : une activité pas très utile, dont on peut facilement se passer.
    D’ailleurs, la récession est souvent une plus dure épreuve pour le transport aérien que pour les autres secteurs.

  • Plongée dans l’inconnu.

    Plongée dans l’inconnu.

    Images_3 Le journal Marianne parle d’une situation pire qu’en 1968. En effet, elle n’évoque guère 1968, qui était une période de ventres pleins, heureux, une crise de croissance.
    Là, on arrive, en plus de toute la floppée de problèmes décrit par marianne, à savoir un président de plus en plus haï, insupportable, un parlement délégitimé et prié de signer là, perte de pouvoir d’achat, régression sociale, mais aussi changement d’époque. (Michael Klare : la fin du monde tel que vous l’avons connu ).
    L’énergie sera toujours, désormais, insuffisante. Une production qui augmentera -peut être-, mais sera très en dessous des besoins.
    Les consommateurs s’appauvriront, et les producteurs s’enrichiront.

    Mais, le schéma de pensée de l’article est sans doute trop linéaire.
    En effet, on ne fait pas assez la place à la possibilité d’effondrement d’un pays, d’un groupe de pays, gros consommateurs.
    Ce genre de crise est, sans doute trop sous-évalué. Que ce soit pour la France, pour les zétazunis, ou pour d’autres, on ne doit pas écarté d’un revers de la main le collapsus, politique, économique ou financier.
    Certains, d’ailleurs, pourraient connaitre les trois.
    La confiance dans le système est tombée très bas, la mondialisation, présentée comme un fait apparait de plus en plus comme une couillonnade.
    Une nation désolvabilisée n’est plus consommatrice. En 2012, que vaudra le dollar ? Si le dollar perd son statut qui voudra être payé en cette monnaie.
    En même temps, les ajustements, sans bruits, se font. Le logement peut se passer d’énergie. Par la pauvreté ou la technologie…
    Trois compagnies aériennes low-cost tirent le rideau aux zétazunis. Elle ne seront sans doute rempacées par rien. Les compagnies aériennes classiques y sont fort mal en point.
    La plupart vont mourir, les vols se raréfiés, et le voyageur prié de prendre un autre mode de transport.
    Les pays du monde sont priés désormais, d’être autosuffisants au niveau alimentaire.
    Les transports de denrées vont donc se raréfier.
    Nous allons vers autre chose.

  • G4G

    G4G

    Ou guerre de la 4° génération.
    Pour répondre à Mamouth qui se demandait si je n’étais pas un peu trop admiratif de la Russie, pour des motifs idéologiques.
    Images "la G4G est le principal moyen mis en œuvre pour non seulement contrer la globalisation mise en place ces dernières décennies mais également pour la détruire. La destruction de la globalisation est en bonne voie ".
    Plusieurs données supplémentaires sont en train de détruire la mondialisation.
    D’abord la crise immobilière et financière,
    ensuite la crise alimentaire,
    ensuite les états nations,
    ensuite la crise énergétique,
    Mais aussi des actions diverses et multiformes.

    La crise énergétique crée plusieurs clivages.
    Entre les puissances, voire, dans le cas de la Russie, superpuissance énergétique, exportatrices (Iran, Arabie, Vénézuela) et les pays consommateurs.
    Entre les puissances agricoles exportatrices, et les pays consommateurs,
    Entre les puissances exportatrices et les importatrices, que ce soient de denrées alimentaires, ou de produits industriels.
    A un bout de l’échelle, on a la Grande-Bretagne, dépendante de l’extérieur en tout.
    A un autre bout, on a la Russie, exportatrice en tout.
    La Russie n’est plus l’URSS, un empire, c’est redevenu un état-nation, cohérent et de plus en plus cohérent face à la pression extérieure.
    La Russie, d’ailleurs a respecté les frontières de l’ère soviétique, bien que de larges parts de populations russes habitent dans les états voisins.
    Les rigolos qui président au FMI, l’OMC s’inquiètent des tendances protectionnistes dans le commerce, disant que cela aggrave la crise.
    Je leur suggère d’aller parler des bienfaisances du marché aux émeutiers (vous savez, les types qui mangent des galettes de boue, en dehors de leur seul repas quotidien), je suis sûr qu’ils apprécieront leur intervention, ils pourraient même les inviter à manger (ils serviraient de repas).
    En réalité, la globalisation-mondialisation n’était qu’une escroquerie, ne fonctionnant que sur une base d’abondance énergétique, "un temps court de l’histoire", comme aurait dit F.Braudel, que certains croyaient éternels.
    Les références de gens destinées aux poubelles de l’histoire : "Nous ou le communisme", sont risibles.
    Face à un appareil militaire et de propagande écrasant, la G4G, est l’utilisation de toutes les possibilités possibles pour contrer, cette "mondialisation inéluctable", cela va de la guérilla classique à la guérilla multiforme : " Le résultat négatif du référendum français sur la constitution europénne en mai 2005 en fait partie, c’est une bataille de type G4G  ".