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  • La Tchéquie victime d’une poussée de fièvre photovoltaïque

    La Tchéquie victime d’une poussée de fièvre photovoltaïque

    Breaking-news  La fièvre photovoltaïque est un syndrome qui a été bien identifié depuis deux ans, lors de sa première manifestation massive en Europe, durant la première partie de 2008. Ce fut la célèbre "grippe photovoltaïque espagnole" qui fit de nombreuses victimes et participa aux ennuis économiques de ce pays. Pour bien comprendre ce processus violent, il faut tout d'abord en analyser les causes. Elles sont simples.

    1- il faut tout d'abord un pays à la fibre écolo, ou plus exactement voulant séduire son électorat écolo, et qui décide subitement d'octroyer de larges subsides aux implantations de modules photovoltaïques sur son territoire, bien sûr sans établir de quotas en volumes,

    2- une autre condition est la situation de l'industrie photovoltaïque actuelle où les capacités de productions sont deux fois plus importantes que le marché, où les prix, en conséquence, s'effondrent et où tous les industriels veulent se refaire sur les volumes,

    3- enfin il est nécessaire que des liquidités existent, ce qui est une condition largement satisfaite aujourd'hui par les largesses keynésiennes des divers plans de relance qui, on le sait, préfèrent s'investir dans des coups plus ou moins spéculatifs comme le pétrole papier ou la chasse aux subventions d'Etat garanties sur 20 ans, plutôt que dans l'aide à des PME locales, plus ou moins mal en point.

    En 2009 ces trois conditions étant réunies en Allemagne, telle une nuée poussée par les vents d'Est, les industriels asiatiques ont déferlé sur les tarifs attractifs pour faire ainsi exploser les prévisions en volumes les plus optimistes d'au moins un GW. La verte Allemagne envisage sérieusement de baisser les tarifs sponsorisés qui prélèvent sans raison du pouvoir d'achat à ses citoyens.

    En ce début 2010 c'est maintenant la Tchéquie qui est dans l'oeil du cyclone, avec des tarifs sponsorisés du MWh à 480 euros (12,25 couronnes par kWh), supérieurs à ceux de l'Allemagne.

    Alors, sous la menace photovoltaïque, les Députés tchèques viennent de voter à toute vitesse un texte donnant le feu vert au gouvernement pour réduire les tarifs actuels. Au niveau actuel ils assurent au prix du marché des modules un pay-back autour des cinq ans sur la base d'un prix d'installation de 3 euros/kW où 2,5 euros/kWh. Le texte qui fixe le seuil de révision des tarifs pour un pay-back inférieur à 11 ans, doit passer maintenant devant la Chambre Haute. Entre temps ce sont quelques GW qui seront commercialisés dans ce pays.

    LIRE la nouvelle sur Reuters. Elle confirme qu'il sera toujours audacieux de faire des prévisions sur ce business subventionné par des pays largement endettés.

    Le 18 Mars 2010

  • Plastic Omnium : l’allègement des véhicules de plus en plus nombreux ouvre un boulevard aux plasturgistes

    Plastic Omnium : l’allègement des véhicules de plus en plus nombreux ouvre un boulevard aux plasturgistes

     Plastic Omnium lors de sa présentation des résultats 2009 a rappelé sa vision du marché mondial des pièces plastiques pour à l'horizon 2015. Pour cet industriel, leader mondial dans son activité, le marché mondial des pièces plastiques pour véhicules va se pousuivre et même s'accélérer en raison d'une double croissance: celle du nombre de véhicules produits et celle de la quantité de pièces en plastiques divers composant le véhicule (FIG.I).

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    Pour PO le marché mondial de la voiture devrait passer de 56 millions d'exemplaires à plus de 81 millions en 2015, avec une Europe encore à 22 millions de véhicules premier marché mondial, suivi de la Chine puis des Etats-Unis à 15 millions chacun, viennent ensuite la Corée et le Japon à 14 millions et les autres à 15 millions. C'est donc une croissance de 46% en volume entre 2009 et 2015, ou de 30% seulement entre 2005 et 2015, en se rappelant que le marché en 2005 avait atteint 62,5 millions d'exemplaires.

    L'autre paramètre est l'accroissement de la teneur en plastique par véhicule qui va devenir indispensable pour alléger les véhicules et les rendre plus sobres selon l'équation simple:

    Plastic-omnium-masse-conso-émissions

     PO imagine un objectif d'émissions de CO2 autour des 100 g/km à l'horizon 2020, après les 130 grammes en 2015. Pour cela il faudra réduire les masses de tous les véhicules dont celles des véhicules hybrides en forte croissance (FIG.III). Les véhicules électriques, pour compenser les 200 kg de la batterie et accroître leur autonomie, devront être, eux aussi, allégés.

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     La masse de plastique par véhicule moyenne passera de 17% en 2009 à 30% en 2018. Si l'on suppose que la masse moyenne des véhicules produits en 2018 sera 10% inférieure à celle de 2009, cette évolution correspond à une croissance en masse de plastique de (30 x 0,9) / 17 soit 60% environ.

     60 % de plus de plastique par voiture sur un marché s'étant accru de 46% cela conduit à une multiplication par 2,3 des masses de pièces plastiques à produire. Il est facile d'en déduire que Plastic Omnium et ses homologues plasturgistes ont de beaux jours devant eux.

    LIRE une excellente présentation récente de PO sur ce sujet.

    Le 18 Mars 2010

  • TGV Haramain saoudien: Siemens abandonne son offre et va se joindre au consortium chinois

    TGV Haramain saoudien: Siemens abandonne son offre et va se joindre au consortium chinois

    Haramain-High-speed-train  C'est une info du Financial Times de ce matin qui mérite toute l'attention des européens: Siemens était sur les rangs pour participer à l'offre concernant la phase II du projet Haramain de train à grande vitesse qui reliera sur 450 km Médine à La Mecque. C'est la phase la plus importante puisqu'elle comprend le coeur du projet à savoir les voies ferrées, leur alimentation, la signalisation et les rames de train, maintenance comprise. Parmi les divers postulants allemands, français, coréens ou chinois, ce sont ces derniers qui tiennent la corde. Alors Siemens vient de jeter l'éponge et rejoint la proposition chinoise dans laquelle il fournira la signalisation et les équipements électriques.

     Siemens sous-traitant d'un "prime contractor" chinois…tout un symbole!

    LIRE le papier du FT

    Le 17 Mars 2010

  • En début de cette année les Italiens ont acheté plus de voitures que les Allemands

    En début de cette année les Italiens ont acheté plus de voitures que les Allemands

    S’il fallait en ce début d’année, trouver une illustration simple de la politique économique mercantiliste allemande que dénonce dans le Financial Times notre excellente Ministre des Finances, c’est sans nul doute dans l’industrie et le commerce des voitures en Europe qu’il faudrait aller le chercher. En Janvier et Février de cette année les premiers acheteurs de voitures en Europe sont les Italiens qui avec 408 mille véhicules immatriculés, devancent les Allemands qui n’ont immatriculé que 376 mille véhicules. Par rapport à la même période de 2009, les achats italiens progressent de 25%, les achats allemands régressent de 20% (FIG.). Voila toute la rigueur allemande en pleine crise qui a volontairement stoppé de façon abrupte la prime à la casse en 2009 et qui demande à ses industriels (VW, Opel, BMW, Daimler, etc.) de se débrouiller pour vendre leurs véhicules sur le marché extérieur dont celui de la Zone euro.

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     Pour comprendre le non-sens économique du mercantilisme allemand au sein de la Zone euro que dénonce régulièrement l’économiste Jean-Pierre Petit (LIRE par exemple « L’avenir incertain du modèle allemand »), il faut s’imprégner du pessimisme de Bernard Connolly qui explique comment la création de la Zone Euro avec un euro volontairement sous-évalué au départ, a permis à l’Allemagne de renforcer son leadership économique aux dépens des plus faibles de la Zone. Pour Connelly un certain nombre d’hypothèses seraient envisageables pour résoudre le contresens économique de la Zone euro comme la sortie de l’Allemagne, suivie d’une puissante dévaluation de la monnaie commune, ou celle des pays les plus fragiles qui pourraient ainsi dévaluer leurs monnaies respectives. Mais à aucun moment il n’imagine l’Allemagne aidant les pays les plus faibles à s’en sortir en leur évitant une formidable période de récession et de déflation. C’était pourtant un simple conseil du Ministre Lagarde que de demander à l’Allemagne de revoir sa politique restrictive de consommation interne qui pourrait rendre moins amère la pilule à avaler pour les citoyens des pays les plus fragiles de la Zone.

     Mais ce qui apparaît dès à présent, c’est que les clients fidèles des industriels allemands étant justement les membres de ces Etats cigales, l’industrie allemande va souffrir de plus en plus de cette absence de clientèle solvable. Destatis (LIRE) annonce que les entreprises industrielles allemandes de plus de 50 salariés ont supprimé 250 mille emplois en 2009 (-4,9%, le mythe de l’industriel allemand conservant à tout prix ses ouvriers est une blague), la reprise traîne en longueur et le commerce extérieur germanique est languissant avec une chute des exportations de 18% en 2009. Lors des crises de confiance à venir, vis à vis des plus faibles, il faudra bien d’une façon ou d’une autre que l’Allemagne s’implique afin d’éviter tout effet de château de cartes et de voir la moitié de sa clientèle de la Zone euro sombrer dans la faillite. Cette zone monétaire absorbe encore 43% des exportations allemandes, une paille.

    LIRE un excellent résumé des idées de Bernard Connolly sur le blog de l’Institut Turgot

    Le 16 Mars 2010

  • Les plantureuses productions de pétrole de l’OPEP commencent à agacer les marchés

    Les plantureuses productions de pétrole de l’OPEP commencent à agacer les marchés

     Les papiers attachés aux cours du pétrole sont devenus des instruments financiers qui se sont totalement détachés des vicissitudes de l'offre et de la demande physique du produit ainsi que de ses niveaux de stocks. Par exemple depuis un an les cours du brut à New-York ont plus que doublé dans un marché à la demande dépressive et à l'offre abondante. Les lecteurs du Blog Energie savent bien que depuis des mois (FIG.), accompagnant la hausse des cours, les membres de l'OPEP se sont assis sur leurs quotas définis en Décembre 2008 et produisent gaillardement 2 millions de barils de plus par jour. A ces données, il faut ajouter les productions non plafonnées de l'Iraq qui seront appelées à croître dans les années à venir avec l'arrivée des pétroliers internationaux auxquels les autorités locales ont confié la mise en valeur d'immenses champs pétroliers. En bref, le marché n'est pas près de manquer de pétrole, le premium pour charger du pétrole en 2015 a fortement baissé, affirme Bloomberg.

    OPEC-prod-quotas

     Le phénomène est amplifié par la confirmation de la poursuite probable de cette poussée de l'extraction par les données chiffrées de Baker Hugues qui constate un accroissement du nombre de forages en ce début d'année dans les pays de l'OPEP. Au prix du baril, on peut comprendre l'empressement de ces membres à vouloir produire plus. Mais à quelques jours de la réunion de l'OPEP qui se tiendra le 17 Mars à Vienne, certaines voix de sages bédouins se sont élevées pour affirmer qu'à ce rythme de croissance des productions les cours risquaient de chuter lourdement.

     Il n'en a pas fallu plus pour que subitement le pétrole perde 1,4$/baril et repasse en-dessous des 80 dollars. Bien sûr, la réunion à Vienne passée, les choses reviendront dans l'ordre et les cours du papier-pétrole pourront reprendre leur ascension pour retrouver les sommets attendus de 96,5 dollars (Goldman-Sachs) puis de 104 dollars en 2012 (Société Générale) et enfin de 150$ en 2014 (Merrill Lynch). La route est toute tracée par de fins stratèges, à moins que l'économie mondiale, minée par cette saignée programmée, ne retombe en crise d'ici là.

     LIRE l'intéressant papier de Bloomberg sur le sujet qui, pour une fois, met en évidence les contradictions de ce marché complètement loufoque et totalement manipulé.

    Le 15 Mars 2010

  • Un exercice de haute école: prévoir l’activité des industries du photovoltaïque

    Un exercice de haute école: prévoir l’activité des industries du photovoltaïque

     Après la débandade des autorités espagnoles en 2008 qui, effrayées par la croissance incontrôlée de la facture, avaient subitement stoppé toutes les autorisations d'implantation de modules solaires sur le territoire, de tristes prévisions d'activités avaient été réalisées pour l'exercice 2009. i-Suppli au mois d'Avril avait prévu un marché 2009 de 3,5GW (LIRE) qui devait succéder au marché 2008 de 6 GW. Nomura Securities pronostiquait également des volumes commercialisés en baisse pour 2009 (FIG.) autour des 5 GW.

     Nomura-2002-2011-2009Rares étaient ceux qui prévoyaient un marché en croissance. Seul peut-être, Gartner, à partir d'une base erronée, prévoyait une croissance en volumes de 24%, pour atteindre 6,4GW en 2009 avec une stagnation du chiffre d'affaires mondial. (LIRE).

    PV-market-2009

     Le résultat qui vient d'être publié par Solarbuzz (FIG.II) indique qu'entre 2008 et 2009 le marché mondial des modules photovoltaïques s'est accru de 6% pour atteindre 6,43GW. Ce marché dopé par la demande germanique en fin d'année voulant profiter des tarifs avantageux encore en vigueur, par une demande italienne soutenue, par une croissance japonaise subventionnée et par une bonne activité américaine, a finalement fait beaucoup mieux que prévu par la plupart des analystes de ce marché.

     Dans ce marché dominé à 74% par les pays européens et leurs aides tarifaires, il est évident que de vouloir avancer tout pronostic sur les activités à venir relève du doigt mouillé. Pour l'instant tout le monde annonce un marché en croissance soutenue, mais seuls les consommateurs qui paient l'électricité au prix fort, pourraient un jour ne plus être d'accord. L'enthousiasme écologique mercantile pourrait se heurter au mur des réalités économiques.

    LIRE le résumé du papier de Solarbuzz

    Le 15 Mars 2010

     

  • La consommation de carburants pour le transport routier va inexorablement décroître en Europe

    La consommation de carburants pour le transport routier va inexorablement décroître en Europe

     L'Europe est un gros importateur en ressources énergétiques fossiles. Les importations de combustibles minéraux publiés par Eurostat indiquent une dépense de 287 milliards d'euros en 2009. La facture croît avec les prix du brut: elle était de 27 milliards d'euros au mois de Décembre dernier, elle avait atteint les 48 milliards d'euros en Juillet 2008 au plus fort de la bulle financière sur les commodities. Il est évident qu'une telle dépense pour l'Europe qui voit de moins en moins de pétrodollars venir se recycler dans son économie au profit de l'Asie, est un formidable frein à son développement. Il lui reste cependant une option importante: réduire à tout prix ses consommations en énergies primaires fossiles et tout particulièrement ses consommations en produits pétroliers dans les transports terrestres. Par exemple, en 2008, ces consommations ont représenté pour la France 44% des 1,946 million de barils/jour de consommations pétrolières. La répartition des consommations totales de carburants entre véhicules légers ou petits utilitaires et poids lourds ou bus était respectivement de 60% et 40%. 

    Mix-europe-2007-2009 

    Sous l'impulsion des mesures financières d'incitations gouvernementales, de la demande de la majorité des consommateurs pour des véhicules à prix réduits et d'une nouvelle approche marketing des constructeurs mettant en avant des véhicules moins polluants et donc moins avides de carburants, un retournement des ventes au profit des petits véhicules s'est nettement dessiné depuis deux ans. En 2009, les ventes des catégories "small" et "lower medium" ont atteint 75% des volumes (FIG.), en parallèle la cylindrée moyenne des voitures neuves commercialisées a fortement chuté et la dispersion entre grands pays s'est considérablement réduite.

     Conséquences de ces évolutions commerciales et technologiques, les émissions nominales moyennes de CO2 des véhicules vendus en 2009 ont fortement chuté (FIG.II).

    CO2-voitures -europe-2006-2009

    Les émissions de CO2 moyennes des véhicules neufs immatriculés en 2009 ont été réduites de 5,1% pour friser les 145 grammes de CO2 au kilomètre. Cette valeur correspond à des consommations moyennes de 6,2 et 5,5 litres aux cent kilomètres pour des véhicules à essence ou diesel respectivement. Si, à partir de la structure du parc automobile français, on suppose que la consommation des voitures et autres véhicules utilitaires mis à la casse en Europe en 2009 consommaient au moins 8 litres d'essence ou 7 litres de gasoil aux 100km, ces véhicules, à taille du parc sensiblement constant, ont donc été remplacés par des véhicules neufs consommant 24% de carburant en moins en moyenne. Les ventes de voitures neuves en Europe en 2009 ont atteint 14,5 millions d'exemplaires soit 6,3% du parc automobile estimé à 230 millions. Il est facile de conclure que de remplacer 6% du parc auto par des véhicules consommant un quart en moins, c'est 1,5% de la consommation de carburant économisé pour l'année suivante, par simple effet de noria.

    Le taux dynamique de remplacement du parc automobile par des voitures de petites cylindrées et de faibles consommations est un élément important et récurrent de réduction des consommations de pétrole en Europe. En partant du modèle français, il peut être évalué à 0,4% des consommations totales de pétrole en 2009. Bien sûr ce paramètre n'est pas le seul à déterminer les consommations de carburants par les voitures en Europe. La circulation totale exprimée en milliards de véhicules kilomètres qui est le produit de la taille du parc par le trajet moyen annuel des véhicules, est un paramètre déterminant. Il va dépendre de l'activité économique, des prix des carburants et du développement des transports en commun. L'Europe et son système de reporting moyenâgeux est incapable de nous donner la moindre information sur le sujet. On sait cependant que pour la France à 553 milliards de km x véhicules, la circulation avait baissé de 1% en 2008. L'autre paramètre est la fluidité du trafic, la qualité des infrastructures routières et le mode plus ou moins sportif de conduite local. L'opposition systématique de mouvements idéologiques bornés à toute amélioration des infrastructures routières n'est pas de nature à faire progresser rapidement ce poste important d'économies. L'introduction des véhicules hybrides est une façon de détourner le problème en offrant une technologie mieux adaptée aux "bouchons écologiques" urbains ou périurbains.

    Pour les poids-lourds, leur activité est étroitement corrélée à l'activité économique et il est connu par ailleurs que cette activité en Europe est très faible. Par contre les ventes de ces poids-lourds ayant fortement régressé le taux de renouvellement du parc est très faible en ce moment. Cependant de bonnes avancées dans l'économie des carburants peuvent être obtenues par l'optimisation de la logistique soit à l'échelle européenne mais aussi à l'échelle d'un pays ou d'une région. L'introduction de structures légères en aluminium par exemple dans la définition des poids lourds (FIG.III, étude d'Alcoa) est également un facteur important d'optimisation de la charge.

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    De telles solutions sont d'autant plus intéressantes économiquement que les prix des carburants, comme en Europe, sont élevés. 

     Sur douze mois glissants, la consommation de pétrole des pays européens de l'OCDE affiche une baisse continue des consommations (FIG.IV) qui était au mois de Novembre dernier à 14,6 millions de barils/jour soit à 7,4% en-dessous du maximum observé en Octobre 2006. Compte tenu de la conjoncture économique médiocre et des efforts déployés pour maîtiser les consommations de pétrole, ce mouvement de forte chute des consommations, avec une pente d'un million de barils par an, devrait se prolonger sur une partie de 2010.

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     L'Europe et, avec elle, les pays de l'OCDE sont partis pour une décroissance des consommations de carburants qui va se dérouler durant la décennie à venir. C'est pour cela que les agences prévoyant toujours un net rebond des consommations de pétrole mondiales pour 2010 et au-delà se gourent. De plus, leurs prévisions agissant sur la hausse des cours, introduisent elles-mêmes une boucle de régulation négative des consommations comme cela s'est déjà vu en 2008.

    LIRE la présentation d'Alcoa sur le rôle de l'aluminium dans l'équation énergétique des bus et autres poids-lourds.

    Le 14 Mars 2010

  • Les Agences revoient à la hausse les prévisions d’accroissement de consommation de pétrole en 2010

    Les Agences revoient à la hausse les prévisions d’accroissement de consommation de pétrole en 2010

     Les Agences de suivi et de prévision des consommations de pétrole se trompent régulièrement et parfois lourdement dans leurs pronostics. Cela ne les empêche par de persévérer et de revoir tous les mois leurs chiffres à la hausse ou à la baisse. Elles révisent encore par exemple leurs "prévisions" de consommations pour 2009 et émettent des hypothèses sur les variations des consommations entre 2009 et 2010. Il est donc intéressant d'examiner tous les mois où en sont leurs prévisions, bien qu'elles aient de moins en moins d'impact sur l'établissement des cours des produits pétroliers. Au mois de Mars, c'est l'Energy Information Administration (EIA) qui a le plus chamboulé ses prévisions avec un accroissement de 270 mille barils par jour sur la variation 2010/2009 des consommations qui devraient atteindre 1,47 millions de barils/jour (FIG., courbe rouge). L'EIA justifie de nouvelles prévisions à la hausse pour la Chine et le Moyen-Orient sur la base de fortes progressions des PIB, sorte de méthode globale assez empirique. Ces prévisions ont très peu impressionné le marché qui se pose des questions sur la validité des consommations chinoises qui semblent assez floues. Il semblerait, d'après PetroMatrix que le raffinage chinois étant excédentaire, une partie des produits soient mis en stock ou exportés après traitement, ce qui ferait de la Chine un exportateur net de produits raffinés.

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    L'Agence Internationale de l'Energie (IEA), toujours en pointe, à revu sa prévision 2010/2009 bien que déjà élevée, à la hausse pour la porter à 1,6 million de barils/jour (courbe bleue). Mais plus personne ne se préoccupe réellement de ses publications.

    Paradoxalement, la plus commentée et prise au sérieux a été la nouvelle prévision de l'OPEC qui a revu l'accroissement de consommation de pétrole mondial entre 2009 et 2010 en hausse de 80 mille barils/jour à 0,88 million (courbe verte). 

    Le choix est large, il va quasiment du simple au double et chacun peut choisir son meilleur pronostic. Personnellement j'ai plus tendance à croire en la courbe verte autour de 800 mille barils/jour.

    Remarque: ces prévisions mondiales de consommations pour 2010 qui sont au mois de Mars de 85.24 (OPEC), 85.51 (EIA) et 86 (IEA) millions de barils/jour, englobent le pétrole brut, les gaz comprimés liquéfiés et les biocarburants. Les variations 2010/2009 représentent celles de la demande finale. Pour avoir la variation de la demande en pétrole il faut intégrer une hypothèse de variation des usages de biocarburants. Entre Janvier 2009 et Janvier 2010 la production mondiale de biocarburants est passée de 1,68 à 1,93 millions de barils/jour. En supposant cet accroissement constant tout au long de 2010 il faut donc soustraire 0,25 million de barils aux chiffres indiqués pour avoir la pression exercée sur la ressource pétrolière.

    Le 12 Mars 2010

  • Tirée par le poste énergie, la progression de la production industrielle de la Zone Euro séduit les médias

    Tirée par le poste énergie, la progression de la production industrielle de la Zone Euro séduit les médias

     Les Gazettes affichent à grands caractères la bonne nouvelle: la production industrielle de la Zone Euro a progressé de 1,7% au mois de Janvier par rapport au mois précédent. Bien sûr, il n’est pas question de se plaindre que la mariée est trop belle, mais le maquillage y est pour beaucoup. En effet dans cet indicateur figure la consommation énergétique; or, en raison de la variabilité naturelle du climat et de la complexité des mécanismes météorologiques mis en jeu, il a fait très froid sur l’ensemble de l’hémisphère nord au mois de Janvier et donc sur l’Europe. Cela s’est vu sur l’indice français de production industrielle en progression de 1,6%, composé d’un poste « industries extractives, énergie, eau » en hausse de 5,6%, d’un poste « industrie manufacturière » en hausse de 0,8% seulement et enfin d’un poste « construction » en baisse de 0,1%. Ce qui est vrai pour notre pays semble l’être pour la Zone Euro. En effet une analyse plus fine de la publication d’EUROSTAT montre que la variation mensuelle de l’indice « énergie » à +2,6% au mois de Janvier, doit jouer un rôle déterminant dans cette croissance annoncée.

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     Une analyse graphique du comportement industriel de l’Allemagne et de la France (FIG.) montre que le processus de rétablissement de la France est toujours très lent (courbe rouge) et que celui de l’Allemagne stagne depuis cinq mois consécutifs (courbe violette). Avec la fin des intempéries et un moindre impact du poste énergie, il faudra s’attendre donc à une poursuite de ce processus de stagnation industrielle des plus inquiétants.

    LIRE le communiqué d’EUROSTAT.

    Le 12 Mars 2010

  • Les immenses ressources mondiales de gaz naturel vont complètement modifier l’équation énergétique mondiale

    Les immenses ressources mondiales de gaz naturel vont complètement modifier l’équation énergétique mondiale

    Le CERA vient de publier un papier sur la nouvelle équation énergétique des Etats-Unis qui ont découvert depuis quelques années qu'ils disposent d'énormes réserves de gaz naturel soit sous forme conventionnelle en Alaska ou dans le Golfe du Mexique, soit sous forme de gaz de schistes. Ces derniers représentent aujourd'hui 20% des extractions de gaz américaines, en 2035 le CERA pronostique qu'elles devraient représenter 50% des volumes de gaz naturel extraits du sous-sol. Dans le même temps, en raison du prix de revient faible de ce gaz (5$/MMBTU), de sa bonne performance écologique comparée à celle du charbon par une réduction de moitié au moins des émanations de CO2 et de la flexibilité de sa mise en oeuvre en backup des énergies renouvelables, l'utilisation du gaz naturel pour produire de l'électricité aux Etats-Unis devrait doubler.

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    Ce que pronostique le CERA pour les Etats-Unis est également valable pour de vastes régions du monde qui vont avoir de plus en plus accès au gaz naturel provenant de sources les plus diverses. Soit issu de gisements classiques (Europe, Russie, Moyen-Orient, Afrique, Australie) avec un acheminement par gazoduc ou sous forme de GNL. La liquéfaction pourra être réalisée à bord de navires usines pour les gisements offshores (LIRE). Soit issu de schistes qui sont largement abondants dans le monde (FIG.). Tous les continents disposent d'immenses gisements de schistes susceptibles de se transformer en d'immenses ressources prouvées de gaz naturel. Outre la Russie, l'Amérique du Sud, l'Afrique et l'Australie il est important de noter que la Chine dispose de larges réserves de schistes qui pourraient lui servir un jour de ressource énergétique moins polluante que le charbon utilisé massivement aujourd'hui.

    Parmi les modes d'utilisation de ce gaz naturel, c'est bien sûr la génération d'électricité couplée aux énergies renouvelables qui est la principale candidate. Mais il ne faut pas oublier les transports routiers en particulier pour les bus et les poids lourds qui en mode d'alimentation uniquement au gaz pour les véhicules urbains ou en mode d'alimentation mixte gaz-gasoil pour les poids au long cours (LIRE) permettrait de réduire significativement les consommations mondiales en produits pétroliers.

    LIRE le résumé de l'étude du CERA

    LIRE la très intéressante présentation de Richard Newell sur ce sujet à Amsterdam en début de ce mois

    Le 11 Mars 2010