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  • Le japonais Showa Denko va développer de nouveaux électrolytes organiques à base de sels Li2B12F12

    Le japonais Showa Denko va développer de nouveaux électrolytes organiques à base de sels Li2B12F12

    B12F12anion Les électrolytes destinés aux accumulateurs de type Li-Ion sont obtenus à partir de solvants organiques polaires, le plus souvent de la famille des carbonates, le plus simple étant l'éthylène carbonate, hétérocycle obtenu par réaction de l'oxyde d'éthylène avec le CO2 : Voir cette réaction. Pour faire de ces solvants des conducteurs ioniques, il faut leur ajouter des sels de Lithium solubles constitués de gros anions de type PF6 ou BF4.

    Le japonais Showa Denko annonce qu'il va développer, sous licence de l'américain Air Products and Chemical de nouveaux électrolytes à bases d'anions de structures de types B12F122- (FIG.).

    Ces anions présentent des stabilités thermiques et chimiques vis à vis des traces d'eau bien supérieures aux anions classiques. Ces propriétés devraient être particulièrement appréciées dans les batteries polymères à parois souples pour véhicules électriques dont les caractéristiques morphologiques, telles que l'épaisseur, doivent rester figées durant toute la vie de la batterie et si possible du véhicule. 

    LIRE le communiqué de Showa Denko

    Le 26 Novembre 2009.
      

  • L’Europe : une formidable machine à produire du CO2 et autres gaz à effet de serre

    L’Europe : une formidable machine à produire du CO2 et autres gaz à effet de serre

    L'Europe des 27, en raison de ses activités humaines, émet chaque année une moyenne d'un kilogramme de CO2 par m2 (4,2 milliards de tonnes pour une surface de 4,19 millions de km2). Cette caractéristique à une seule vertu : elle est facile à mémoriser. La carte de cette Europe des émissions de CO2 n'est vraiment pas sympathique (FIG.I). L'échelle pour représenter les caractéristiques de nos grandes villes affiche des valeurs supérieures à 5kg de CO2/m2. Une large partie de l'Angleterre, le Nord de la France, la Belgique, les Pays-Bas, l'Allemagne, le Nord de l'Italie sont rouge sang. C'est bien là qu'il faudra bien un jour déclarer la guerre aux émissions carbo-polluantes avec autre chose que des moulins à vent issus des contes de Cervantes.

    FIG.I : l'Europe émet un kilogramme de CO2 d'origine fossile par m2 et par an en moyenne. Dans les grandes agglomérations le score dépasse les 5kg! (Cliquez sur la carte pour l'agrandir)

    Europe-CO2-2000-2004

    Ces études sur les émissions de GHG en Europe (projet CarboEurope) conduites par une équipe dirigée par Detlef Shulze du Max Planck Institute a également cartographié les puits de CO2 en Europe (FIG.II). Ce travail conclut que ce sont environ 19% des émissions de l'Europe géographique qui sont absorbés par les plantes et les sols d'Europe. Le bilan descend à 15% lorsque les émissions de CO2 des tourbières et des sols cultivés sont prises en compte (LUC). Heureusement plus à l'Est se trouve la Russie qui constitue un excellent puits à CO2 (FIG.II, partie de gauche). Juste retour des choses, une large partie du dioxyde de carbone formé en Europe provient après tout de la combustion de pétrole et de gaz russes importés.

    FIG.II : Les terres et les plantes européennes absorbent 19% des émissions de CO2 d'origines fossiles, mais ce phénomène est compensé à 80% par des émissions de méthane et d'oxyde d'azote

    Europe-GHG-2001-2004
    Les auteurs pour compliquer un peu les choses prennent en compte les émissions de méthane et d'oxyde d'azote pour montrer que ces émissions annihilent à hauteur de 80% le piégeage du CO2 ( partie de gauche) et en concluent que ce sont ces émissions qu'il faut absolument combattre.

    Nous voilà tout à fait dans la logique paradoxale des climatologues qui veulent toujours s'attaquer aux paramètres de second ordre, peut-être moins porteurs de conflits. Sur la première figure l'unité est le kg de CO2/m2/an, sur la seconde c'est la centaine de grammes de CO2. C'est clair Monsieur Shultze, c'est aux émissions des centrales au charbon et à celles des grosses limousines qu'il faut donc s'attaquer. Mais dire cela en Allemagne n'est peut-être pas encore politiquement correct? Allez donc savoir?

    LIRE un résumé de cette étude et voir les cartes de cette étude.

    Le 25 Novembre 2009.

  • La Chine devrait choisir une voie originale de développement de son industrie automobile

    La Chine devrait choisir une voie originale de développement de son industrie automobile

    Chinois-moderne  Les grandes métropoles chinoises ne pourront pas se payer le luxe d'un développement de l'automobile sur le mode américain des années 60, sous peine de congestion générale du trafic et de pollution excessive d'une atmosphère déjà en péril. Alors il faut intégrer le fait que la Chine est déjà un grand des batteries et souhaite conforter sa position dans les années à venir, assise sur d'importantes ressources minières en terres rares et en sels de lithium. D'après la toute puissante National Development and Reform Commission (NDRC) la Chine devrait en 2009, produire 140 MWh de batteries de type Ni-MH et 900 MWh de batteries de type Li-Ion. Son objectif est d'en produire 360 MWh et 4000 MWh respectivement en 2010. Formidable croissance qui devrait largement profiter aux développements des marchés des véhicules hybrides et électriques. Les règlements concernant les véhicules de nouvelles technologies, devraient être publiés au printemps 2010 par les autorités chinoises, mais d'ores et déjà, la NRDC annonce des objectifs de 100 milles véhicules électriques en 2012 et de 4 millions d'exemplaires en 2020. La Chine devrait devenir un grand pôle mondial de production et de commercialisation de véhicules électriques dans la décennie à venir.

    LIRE l'article de gasgoo.com.

    Le 25 Novembre 2009

  • Dans un scénario improbable de consommation débridée, le CERA ne voit aucun risque de pénurie de pétrole jusqu’en 2030

    Dans un scénario improbable de consommation débridée, le CERA ne voit aucun risque de pénurie de pétrole jusqu’en 2030

     Le CERA (Cambridge Energy Research Associates) célèbre bureau d'études sur l'énergie du Massachussetts, vient de publier une actualisation de ses projections de consommations et de ressources de pétrole mondiales pour les décennies à venir. A partir d'une base de données qui recense 24000 champs pétroliers ou gaziers actifs et d'un éventail de 450 champs actuellement en développement (FUD), cet institut de recherches conclut que les capacités de productions estimées à ce jour à 92 millions de barils/jour pour une demande de 84 millions de barils/jour, pourront suivre une éventuelle croissance de la demande jusqu'à 115 millions de barils/jour en 2030 (FIG.I).

    FIG.I : les capacités de production de pétroles pourront suivre une demande de 115 millions de barils/jour en 2030

    CERA-2009-b

    Ce travail estime que 40% des champs exploités sont sur leur phase de déclin avec une vitesse de décroissance médiane de 7.5% et de 6,1% après pondération par les volumes. Cela veut dire que 60% des champs en production actuellement sont sur leur première phase en plateau. Ramenée à l'ensemble des productions, la vitesse de décroissance moyenne est de 4,5%. Cette valeur va aller en augmentant lentement avec le temps, mais l'estimation des ressources ultimes va elle aussi s'accroître au cours du temps, avec les nouvelles découvertes et la progression des techniques d'exploration et de production.
    Le CERA estime les ressources ultimes à 4800 milliards de barils dont 1100 milliards ont déjà été extraites du sous-sol. Il est à remarquer que cette valeur de 4800 milliards de barils est dans la fourchette haute des estimations de Richard Nehring (LIRE).

    Pour le CERA  la part des ressources non conventionnelles (huiles lourdes, sables bitumineux, biocarburants, coal-to liquid, gas-to liquid, gaz liquéfiés) passera de 14% aujourd'hui à 23% en 2030. Par la suite les capacités de production mondiales aborderont un long plateau d'une vingtaine d'années jusqu'en 2050 (FIG.II).

    FIG.II : les capacités de production de combustibles liquides croîtront jusqu'en 2030 puis aborderont un plateau jusqu'en 2050

    CERA-2009

     Cette date de 2050 est très importante puisque c'est la date pour laquelle, si l'on en croit nos climatologues, les émissions de gaz carbonique devront avoir été divisées par trois par rapport à aujourd'hui (ou par deux par rapport à la référence 1990). Il faut donc pour être exhaustif dans ces prévisions, intégrer cette contrainte, ce que le CERA n'a pas fait encore. Peut-on imaginer une consommation de pétrole croissante compte tenu de cette contrainte?

    Le scénario le plus probable est donc une consommation stagnante de pétrole d'ici à 2025 ou 2030 autour des 85 millions de barils/jour, la croissance des consommations de pétrole des pays en développement étant compensée par la décroissance de celles des pays OCDE. Puis jusqu'en 2050 les consommations de pétrole sous la contrainte climatique aborderont une phase de décroissance rapide. Un tel scénario où finalement, après 2050, les ressources non conventionnelles représenteraient au moins la moitié des consommations totales qui se situeraient autour de 40 à 50 millions de barils/an, conduirait à une satisfaction des besoins en ressources énergétiques liquides conventionnelles largement au-delà de la fin de ce siècle.

    Il va falloir un jour que les prévisionnistes de tous poils intègrent la contrainte climatique. Ne perdons pas espoir, cela va arriver.

    LIRE un résumé des nouvelles prévisions du CERA.

    Le 24 Novembre 2009
     

  • Le trafic routier américain confirme sa lente reprise au mois de Septembre

    Le trafic routier américain confirme sa lente reprise au mois de Septembre

    La consommation de carburant d'un pays donné dépend de l'efficacité énergétique de son parc de véhicules, de l'ampleur de son trafic et de la fluidité de ce dernier essentiellement déterminé par le bon dimensionnement et la qualité de ses infrastructures routières. Les Etats-Unis premier consommateur mondial de carburants ne jouissant pas d'un parc de véhicules particulièrement économe en énergie, il est important de connaître et de suivre l'évolution de son trafic routier.

    Après une chute de 4% de ce trafic sur une période de 18 mois, depuis le printemps de cette année le trafic routier américain a repris quelque vigueur qui est confirmée sur les valeurs du mois de Septembre (FIG.). Malgré cette reprise il apparaît que le trafic se situe vers des niveaux enregistrés en 2004. Il faut donc pronostiquer pour les mois à venir une lente progression des consommations de carburants américaines. Cette progression dépendra en particulier des niveaux de prix de l'essence à la pompe.

    Trafic-USA-2009-09

    LIRE les statistiques US.

    Le 23 Novembre 2009
     

  • Un rapport souligne une timide réduction des consommations moyennes des véhicules américains

    Un rapport souligne une timide réduction des consommations moyennes des véhicules américains

    L'EPA vient de publier son rapport annuel 2009 sur les caractéristiques techniques et la consommation moyenne des véhicules américains commercialisés. Les chiffres confirment que la consommation moyenne des véhicules a abordé depuis 2005 avec la montée des prix de l'essence, une timide décroissance. Les consommations moyennes des SUVs et autres 4X4 sont passées de 14,1 litres/100km en 2004 à moins de 13 litres en 2008. Celles des limousines est passée de 10,2 litres/100km à 9,7 litres en 2008 (FIG.I).

    Conso-vehicle-US-1975-2009

    L'ensemble des véhicules commercialisés affiche entre 2004 et 2008 une baisse des consommations d'un litre aux cent kilomètres à 11,2 litres en 2008.

    Ce retrait des consommations s'est accompagné d'une stabilisation de la part de marché des voitures qui après un plus bas en 2004 à 48% est remonté depuis autour des 52% (FIG.II).

    Conso-vehicle-USb-1975-2009

    Enfin il faut noter la croissance inexorable et continue de la masse moyenne des véhicules qui affichent 1,6 tonne pour les voitures et plus de deux tonnes pour les 4X4 (FIG.III). Il y a là la tare fondamentale des véhicules routiers américains qui doivent être hauts et lourds pour être sécurisants et porteurs d'un statut social valorisant. Seules des normes de consommations drastiques obligeront les constructeurs à appliquer de façon moins relâchée les bases de conception de tout véhicule économe: une masse et un coefficient de pénétration dans l'air les plus faibles possibles.

    Conso-vehicle-USc-1975-2009

    Cette peu brillante situation en 2009 des caractéristiques énergétiques des véhicules américains porte en elle bien des espoirs. En effet, cela ne peut aller qu'en s'améliorant.

    LIRE le rapport de l'EPA.

    Remarque : on passe des miles/gallon aux litres aux cent kilomètres et réciproquement par la formule y=235/x

    Le 22 Novembre 2009 
     
     

  • SunPower pris dans la tempête boursière après la nouvelle de manipulations comptables

    SunPower pris dans la tempête boursière après la nouvelle de manipulations comptables

    L'américano-philippin SunPower, Société connue pour sa gamme de modules photovoltaïques monocristallins SunPower 315, les plus puissants du moment et présentant de superbes rendements de conversion de 19%, vient de faire savoir que son centre de production dans les Philippines avait un peu trafiqué les chiffres comptables, faisant ainsi apparaître une erreur avouée, à ce jour, de 15 millions de dollars. Cette info à immédiatement fait chuter le cours en Bourse de la Société qui a perdu près de 19% sur la semaine et 42% depuis le début de l'année (TAB.).

    Bourse-cours-2009-11

    Cette information, outre le caractère cavalier de l'affaire, conforte les questionnements de certains sur la rentabilité opérationnelle de l'entreprise, dans un Marché où les prix en dollars poursuivent leur repli. Existe-t-il encore un marché viable pour des produits en position haut de gamme, plombés par les coûts du silicium monocristallin et la complexité de son élaboration?

    Parmi les autres acteurs du photovoltaïque on notera la poursuite de la descente aux enfers de l'allemande Q-Cells dont le cours à un peu plus de 10 euros vient des sommets à 100 euros en début 2008. Inversement les Groupes chinois comme Suntech et taïwanais comme Motech connaissent une embellie. Le Marché boursier qui anticipe un rééquilibrage des marchés du photovoltaïque vers l'Asie, a définitivement positionné les entreprises florissantes de production de modules photovoltaïques dans cette région du monde.

    Le greenbusiness, c'est d'abord et exclusivement du business qui profite aux entreprises les plus performantes du moment. Le concept de génération spontanée d'entreprises "vertes" sur un territoire en jachère industrielle (LIRE) comme l'est notre pays, ne peut germer que dans l'esprit embué de politiciens inlassablement en campagne. Le comble, c'est que certains esprits avisés arrivent à se laisser ainsi charmer.

    LIRE l'info concernant les déboires comptables de SunPower

    Le 22 Novembre 2009

  • Le chinois Suntech conforte ses ventes en Europe et profite de la valorisation de l’euro

    Le chinois Suntech conforte ses ventes en Europe et profite de la valorisation de l’euro

    Le N° 1 mondial des modules photovoltaïques à base de Silicium, le chinois Suntech, lors de la publication de ses comptes du troisième trimestre vient d'annoncer qu'il revoyait à la hausse ses volumes de ventes pour l'année, en les plaçant dans une fourchette 640MW à 660 MW qui se substitue aux 600MW antérieurs. Cette prévision pleine d'optimisme semble être due au succès de ses ventes en Europe qui ont représenté 76% de son activité lors du trimestre (FIG.). L'activité dans les pays européens autres que l'Allemagne, dont la France en particulier, a été soutenue.

    Suntech-2009-Q3

    Cette activité en euros est d'autant plus intéressante pour Suntech, qu'il enregistre des gains de change en raison de la valorisation de l'euro par rapport au dollar.

    Suntech prévoit donc de poursuivre ses accroissements de capacités de production pour les porter à 1400 MW à la mi-2010, dont 450MW seront destinés à produire la version haut de gamme Pluto, fierté du management de Suntech. Les volumes de ventes devraient augmenter d'au moins 75% l'an prochain pronostique Suntech. Il est évident que la part de l'Asie, en raison des récentes mesures d'encouragement chinoises, devrait prendre une place plus importante dans la pondération des ventes et prendre ainsi le relai d'un marché allemand peut-être moins allant.

    LIRE les résultats de Suntech.
     

  • Les cours du pétrole hésitent entre le casino et la dure réalité d’un marché en repli

    Les cours du pétrole hésitent entre le casino et la dure réalité d’un marché en repli

    D'un côté vous avez le pétrole papier grand support du Carry Trade, sport spéculatif qui consiste à emprunter du dollar à la FED à 0% d'intérêt et, avec l'aide de ce cash, à jouer au casino de la valorisation de tout autre actif, matière première, pétrole ou dérivés, actions diverses, autres monnaies, etc. Chaque fois que Ben Bernanke annonce, tout comme le faisait son prédécesseur magicien déchu, qu'il n'est pas venu le temps de la remontée des taux administrés, c'est une bouffée d'oxygène qui se répand sur les marchés. On a ainsi vu en début de semaine le WTI remonter vers les 80$ le baril.

     Mais l'autre côté est la dure réalité quotidienne du marché physique. Les raffineries américaines et sûrement européennes, entourées de stocks pléthoriques, ont de plus en plus de mal à trouver des débouchés pour leurs produits raffinés. Le marché lentement mais sûrement se rétrécit sous l'impact des mesures d'économies d'énergies des entreprises et des particuliers. La montée des biocarburants et la recherche tous azimuts de l'efficacité énergétique produisent des résultats qui, à la longue, impactent les marchés. Baisse naturelle d'un gaspillage indescriptible qui a vu son apogée dans les années 2005. Un indicateur est là pour montrer la dureté du problème, c'est le taux d'utilisation des raffineries américaines (FIG.). Alors qu'il se baladait autour des 90% dans les années d'insouciance, le voila qui vient de passer en dessous des 80%.

    Raffinage-US-taux-2006-2009 

    Il va falloir fermer des raffineries, les moins performantes, aussi bien aux Etats-Unis qu'en Europe. Mais comme le dit de Margerie, la patron de Total, personne ne veut commencer le premier, de peur d'avantager les autres.

    A moyen terme, la reprise des productions en friches irakiennes va peser lourdement sur la possibilité de régulation des volumes par l'OPEP. L'intégration vers l'aval de gros acteurs comme l'Arabie Saoudite va plomber les marges réalisées sur les produits raffinés. PFC voit les productions irakiennes s'accroître de 4,7 millions de barils/jour avec les seules adjudications déjà accordées, il estime les volumes disponibles à 3 millions de barils/jour de plus avec celles à venir. L'Irak troisième producteur mondial, c'est donc 5 à 8 millions de barils par jour de plus qui viendront approvisionner des marchés globalement stables ou en repli.

     Non, il n'y aura pas de pénurie dans le marché physique du pétrole et de ses dérivés, surtout si les cours "carry tradés" poursuivent leur rallye. Mais les derricks ne montent pas jusqu'au ciel.

    Le 20 Novembre 2009
     

  • De moindres déboisements en 2008 expliqueraient partiellement la monotonie de la croissance de la teneur moyenne annuelle en CO2 dans l’atmosphère

    De moindres déboisements en 2008 expliqueraient partiellement la monotonie de la croissance de la teneur moyenne annuelle en CO2 dans l’atmosphère

    Il est une observation assez évidente à faire depuis quelques années: malgré la forte croissance des émissions de CO2, dues au développement économique de la Chine, qui a marqué une nette accélération à partir de 2002-2003, résultat de la combustion de charbon dans les centrales électriques et les aciéries chinoises, la moyenne annuelle de la teneur en CO2 dans l'atmosphère à poursuivi une croissance monotone. Cette observation n'empêche paradoxalement pas certains auteurs d'expliquer que les océans ont de plus en plus de mal à absorber du CO2 et qu'ils auraient même tendance à en rejeter plus dans les régions équatoriales, là où remontent les courants chargés de gaz carbonique.

    Pour quantifier les émissions annuelles anthropiques de CO2 il faut considérer deux familles de paramètres. La première famille est constituée des émissions aisément quantifiables telles que la combustion des énergies fossiles et la production mondiale de ciment. La deuxième famille beaucoup plus difficile à cerner et à quantifier provient des modifications par l'homme de l'utilisation des terres (LUC ou Land Usage Change). L'exemple le plus parlant est la déforestation des régions tropicales et équatoriales. Or ces émissions LUC qui étaient admises avec une grande incertitude comme étant de l'ordre de 5,5 milliards de tonnes de CO2 par an ont été revues à la baisse en 2008 en raison d'une moindre déforestation en Asie et dans l'Amazonie. La meilleure estimation pour 2008 serait de 4,4 milliards de tonnes de CO2 toujours avec le même niveau d'incertitude à + ou – 2,5 milliards de tonnes près. Les émissions LUC ne représenteraient plus que 12% des émissions anthropiques (FIG.I).

    FIG.I Les rejets de CO2 anthropiques annuels subissent à la fois une accélération des rejets liés à la combustion des énergies fossiles et un ralentissement récent des déforestations

    Rejets-anthropiques-1980-2008 

    Les scientifiques en charge de prévoir l'impact des émissions de GHG sur le climat sont donc fortement handicapés par cette difficile appréciation des variations annuelles d'émissions anthropiques de CO2. Si l'on en croit les données d'entrée de 2008, la baisse des émissions dues au LUC de 1,1 milliard de tonnes de CO2 aurait largement compensé la croissance des émissions fossiles mondiales, estimées à 0,6 milliards de tonnes par l'Agence de l'Environnement Néerlandaise. Mais peut-être que la valeur du LUC en 2007 avait elle aussi déjà décru? Compte tenu de toutes ces incertitudes il est possible de reconstituer un profil de rejets, illustré dans la FIG.I (courbe verte). Les émissions chinoises de CO2 sont encore nettement marquées à partir de 2002.

    Pour la suite il sera utile de disposer du rapport entre émissions de CO2 et teneur totale de CO2 dans l'atmosphère terrestre. Cette quantité annuelle est obtenue en multipliant la teneur moyenne annuelle en CO2 en ppm par 1.77 10+14 moles de CO2 soit 7,8 milliards de tonnes. La teneur totale en CO2 dans l'atmosphère a varié de 2640 milliards de tonnes en 1980 à 3000 milliards de tonnes en 2008.

    Mais quel a été l'effet de ce changement de pente de l'ampleur des rejets annuels de CO2 sur la teneur en dioxyde de carbone dans l'atmosphère. Et bien, il n'y a eu aucun effet perceptible (FIG.II). L'équation de la corrélation quadratique depuis 1993, présentant un coefficient de corrélation de 0.999 avec la courbe permet de calculer pour chaque année la pente de cette courbe et donc la variation lissée de la teneur en CO2 dans l'atmosphère. La division de cette valeur en chaque point par la teneur mesurée permet d'obtenir la variation annuelle lissée de la teneur en CO2 en pourcents. Cette méthode permet de s'affranchir des fortes variations annuelles de progression de la teneur en CO2, attribuables à des effets non récurrents. La courbe de corrélation conduit à 400 ppm moyens en 2015 et aux 450 ppm tant redoutés vers 2034.

    FIG.II : la teneur en CO2 moyenne annuelle de l'atmosphère progresse de façon quadratique. La courbe de corrélation depuis 1983 donne une bonne approximation d'une variation dépouillée des aléas annuels peu significatifs

    Teneur-atmosphere-CO2-1980-2008

    Disposant de la variation annuelle des émissions de CO2 et de la variation annuelle de la teneur en CO2 dans l'atmosphère, il est aisé par un rapport des deux valeurs de calculer la fraction atmosphérique (FIG.III). Cette fraction du CO2 restant chaque année dans l'atmosphère a crû jusqu'en 2002 pour atteindre un maximum de 0,49, mais depuis cette date une plus grande partie du CO2 émis est absorbé par les terres et les mers. Cette absorption s'est élevée à 55% du CO2 émis en 2008 (aE=0,45). 

    FIG.III La fraction atmosphérique est obtenue par le rapport de la croissance annuelle lissée de la teneur en CO2 dans l'atmosphère et de celle des rejets annuels exprimés en pourcent du CO2 atmosphérique total

    Fraction atmospherique-1993-2008

    La question que l'on doit se poser est de savoir si cet effet est passager ou bien s'il existe des rétroactions attribuables à la montée de la teneur en GHG ou à d'autre paramètres extérieurs tel que l'irradiance solaire qui pourraient expliquer une possible inversion de tendance. Il a été avancé plusieurs hypothèses ici pour expliquer ce phénomène telles que la croissance de la pression partielle, l'accroissement de la dissolution dans l'arctique en raison de la fonte de la banquise durant les 4 mois d'été, l'existence de surfaces océaniques locales plus froides, l'accroissement des précipitations, etc. 

    Mais ces fractions ne parlent pas de façon très claire, il est bien préférable de revenir aux milliards de tonnes de CO2 (FIG.IV). Alors qu'avant 2002 les terres et les mers absorbaient annuellement dans les 16 milliards de tonnes de CO2, il apparaît que depuis 2006 la nature se débrouille pour en absorber 20 milliards de tonnes soit 25% en plus. 

    FIG. IV : Le CO2 absorbé annuellement par les terres et les mers est passé en quelques années de 16 milliards de tonnes à 20 milliards de tonnes. Pourquoi et comment?

    Fraction atmospherique-1993-2008b

    Ce résultat n'est pas en désaccord franc avec le travail en référence qui conclut à la moindre disparition de CO2 dans les océans, mais alors il faudra expliquer où passent ces milliards de tonnes de gaz carbonique. Cela risque d'être assez "coton".

    LIRE le travail de Le Quéré, Raupach, Canadell et autres qui vient de paraître. On convertira cette unité absurde qu'est le pétagramme de carbone en milliards de tonnes de CO2 en multipliant par (3 +2/3) ou 44/12.

    Le 19 Novembre 2009