De nombreux organismes (l’AIE de l’OCDE, l’ EIA américaine) ou groupes pétroliers (Exxon Mobil, RDS, BP) publient régulièrement leurs propres projections de consommations d’énergies fossiles ou renouvelables dans le monde pour les décennies à venir. Il me parait cependant important de consulter aussi les prévisions dans ce domaine de l’IEEJ japonais qui apportent une vision asiatique à ces problèmes et qui nous permettent d’oublier, pour un temps, l’incompétence écolo-compatible de ministres socialistes de l’énergie français gaillardement limogés ou fraichement parachutés sur ce poste prestigieux.
Ce qui ressort de ces études japonaises est tout d’abord une croissance continue de la demande énergétique dans le monde (FIG.I) estimée à 1,6% par an pour une croissance économique mondiale anticipée à 2,9% par an entre 2010 et 2035.
Dans le mix énergétique, la part mondiale des énergies fossiles (gaz, pétrole, charbon) en légère décroissance passerait de 88% en 2010 à 85% en 2020 et le pétrole conserverait sa place de leader au sein du trio.
Bien entendu, ce sont les consommations asiatiques et celles du Moyen-Orient qui avec une croissance des consommations énergétiques de près de 2,5% par an qui règleraient la musique (FIG.II)
De ces études japonaises, il ressort que les consommations de produits pétroliers vont poursuivre leur croissance jusqu’en 2035 au moins, (FIG.III), sur un rythme moyen de 1,23% par an et atteindre les 114 millions de barils par jour à cette date. Dans ces chiffres il est possible de retrouver sensiblement la progression annuelle actuelle des consommations de produits pétroliers qui est de l’ordre d’un million de barils par jour.
Ces accroissements de consommations seront accompagnés d’une augmentation des prix du baril de pétrole brut, en particulier en raison d’une très forte demande asiatique en pétrole du moyen-orient. Il faut bien intégrer pour comprendre les fluctuations à long terme des cours du brut, cette dépendance croissante des approvisionnements des pays asiatiques (Chine, Japon, Corée, Inde et même Indonésie) vis à vis des monarchies pétrolières du Moyen-Orient qui elles-même, consomment de plus en plus de leurs propres ressources et s’intègrent en raffinage.
En parallèle les consommations mondiales de gaz naturel progresseront de façon encore plus dynamique, de près de 2% par an.
Une approche mondiale des besoins en énergie dans les décennies à venir montre que les ressources fossiles seront loin d’être marginalisées soit par épuisement de ces ressources soit par une hypothétique réduction de la demande. Au contraire, un accroissement de la demande énergétique asiatique, en particulier vers les ressources du Moyen-Orient, se traduira dans les décennies à venir par un accroissement de la demande mondiale et une tension sur les prix qui sont perceptibles dès aujourd’hui sur les marchés.
Ceux, obnubilés par la croissance des productions de condensats de gaz américains, et je sais qu’il y en a, qui espèrent encore une chute des prix du baril de pétrole risquent d’être déçus. Avant de jouer, malgré leur soi-disant expertise proclamée, je leur conseille amicalement de lire cette étude japonaise de l’IEEJ.
Le 7 Juillet 2013



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