Le marché de l’eau parisien va retourner à la gestion municipale.
La production était détenue par la ville et la distribution par Veolia et Suez.
Bien entendu, les performances du secteur privé n’ont pas été éclatante du tout, sauf pour le montant à payer.
Distribution et production vont donc être réintégrés dans une même société.
Pour bien préciser les choses, l’idéologie libérale faisait l’impasse sur un aspect de la gestion privée ; les 15 % de rendement demandé par l’actionnaire, qui renchérissait les coûts, le court-terme de la gestion, qui faisait que le volume des investissements n’était souvent pas à la hauteur, toujours au profit de l’actionnaire, enfin l’opacité de la gestion, qui, comme dans tous les cas où les fluides sont concernés,
(eau, électricité, gaz, pétrole…), on sombre dans un marécage.
En effet, pour ce genre de produit, il est très difficile de donner un coût exact.
On investit, en espérant que cet investissement rapporte et qu’en même temps, il dure le plus possible. Mais les infrastructures ont cela de commun qu’on ne sait jamais à l’avance, leur durée, les travaux d’entretiens nécessaires.
Tout ce qui a été investi doit être désinvesti un jour (Keynes), mais il est difficile de tracer une frontière claire sur des dépenses courantes, des dépenses d’investissements, de savoir si celui-ci est fait correctement et que le suivi des équipements est correctement fait.
En bref, s’il y a une leçon à tirer de ce passage au privé, c’est que dans le public et dans le privé, les hommes sont les mêmes, ni pires, ni meilleurs, les différences de rendements ne peuvent être que marginales. Les dérives des grandes entreprises privés, prouvées par la crise actuelle, montrent qu’elles peuvent très bien, elles aussi, être des bureaucraties irresponsables.
Mercredi 19 novembre 2008.

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