Pour la première fois depuis 25 ans, la demande de pétrole devrait se contracter.
C’est, sans doute, la concomitance de deux pics. Le pic de la production, et celui de la consommation.
Si, en effet, il reste beaucoup de pétrole sous la surface de la terre, le problème est désormais, à quel coût ?
Le pétrole bon marché « permettait » de le gaspiller. Sa raréfaction, relative (forte dans certains pays du tiers-monde, faible en OCDE) seulement, est néanmoins un signal fort pour les usages non-vitaux.
Le gaspillage ostentatoire souffre. C’est le plus visible dans une civilisation, même si ce n’est pas le plus important.
Tout le monde pense aux gigantesques SUW US, aux tours de villes automobiles de la jeunesse, deux signes en voies d’extinction.
Ce sont ces usages, clinquants, qui trinquent en premier.
Mais il est clair que d’autres usages, moins visibles, plus liés à des flux économiques, sont bien plus dispendieux.
La mauvaise construction coûte cher, le chauffage qu’elle nécessite, et la climatisation qu’elle réclame par la suite sont des gouffres bien plus importants, mais passent inaperçus.
On peut aussi rajouter ces si bons haricots kenyans, que vous avez acheté à votre supermarché.
Pour soigner l’un des symptômes, c’est facile. On peut continuer à sortir.
A pieds. On peut réduire tout ce qui n’est pas strictement indispensable.
Et investir. Dans des véhicules moins gourmands, dans des appareils moins gourmands, dans de la réhabilitation.
Mais le pic de la consommation, vient sans doute d’un élément bien plus profond, c’est la remise en cause du système économique, du haricot kényan.
C’est l’épuisement d’un schéma, de la croyance de la résilience éternelle du système, au delà de tous les aléas.
Attali parle de 10 à 20 % de récession, Roubini, de 5 % (sur deux ans). La consommation des pays développés va dégringoler, mais celle des pays émergents aussi. Jamais la Chine, même avec son plan de soutien, ne pourra pallier la déconfiture économiques US, sans parler d’une japonaise et d’une européenne…
Là aussi, sur le plan énergétique, le découplage est une idiotie. On a fait en sorte de mondialiser. Maintenant il faut payer la note. Sur le plan énergétique, les consommations vont donc chuter. Souvenez vous de l’URSS.
Mardi 18 novembre 2008
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