A 1789 milliards, la dette publique de la France progresse de 131 milliards par an

Dette France

Les trois derniers trimestres de 2011 auraient pu faire illusion (FIG., courbe rouge), mais les données sur la dette publique des Administrations publiées par l’INSEE relatives au premier trimestre 2012 remettent les valeurs sur leur tendance longue qui affiche depuis 2007 une croissance de cette dette de 131 milliards par an.

A noter que le déficit cumulé de la Sécu, bien souvent commenté en mal, à 237 milliards d’euros ne représente que 13,2% des 1789 milliards de la dette au sens de Maastricht.

Remarque: ces données sont à comparer avec un PIB cumulé sur les 4 derniers trimestres de 2004 milliards d’euros et en croissance en euros courants de 2,59% (FIG., courbe noire).

Pour être supportable (ou durable comme vous voulez) la croissance de la dette de nos administrations devrait revenir vers les 50 milliards d’euros par an…pour l’instant sa croissance est « indurable » (ou insupportable, formulation tout de même plus audible).

ACCEDER aux données excel de l’INSEE sur le sujet

 

Commentaires

18 réponses à “A 1789 milliards, la dette publique de la France progresse de 131 milliards par an”

  1. Avatar de ced
    ced

    Quel est le rapport avec l’énergie?

  2. Avatar de Tonton
    Tonton

    Je ne connais pas les détails des critères de Maastricht pour le calcul de la dette.
    Dans quelle mesure existe-t-il une dette cachée ? Comme les caisses de compensation des retraites et d’autres impayés…

  3. Avatar de Eric

    Pour se faire une idée « exacte » de ce que représente la dette: http://www.pataplouf.fr/la-dette-pour-les-nuls/

  4. Avatar de Ray
    Ray

    A Communauté Européenne de Défense (CED)
    Il existe un rapport du premier ordre entre bonne ou mauvaise santé économique des pays européens et les cours du pétrole benchmark des prix de l’énergie par l’intermédiaire des taux de change du dollar. Une Europe mal gérée, endettée, faible ou divisée fait baisser l’euro et affermit le dollar. Un dollar fort éloigne les liquidités du marché du pétrole: mieux vaut acheter des bonds américains que du pétrole papier pour couvrir ses liquidités contre les risques de dévaluation. Les cours du pétrole baissent. Inversement devant un dollar faible il faut se couvrir en pétrole dont les cours montent. En 2011 et 2012 le marché est passé d’un dollar faible à un dollar qui s’apprécie par rapport à l’euro, ceci explique la montée initiale des cours du Brent vers les 120$ le baril puis le repli au-dessous des 100$ actuel.
    La zizanie affichée Hollande-Merkel a affaibli l’euro et fait baisser les cours du brut.
    Mais Hollande le sait-il? On peut en douter.

  5. Avatar de el gringo
    el gringo

    La Sécurité Sociale a un déficit réel beaucoup moins important que le chiffre que vous citez car il faut tenir compte des remboursements déjà effectués par la CADES. Le déficit réel s’élève a environ 140 milliards d’euros. La totalité de la déficit de la Sécurité Sociale devrait même être remboursée en 2025 (enfin, on peut rêver).
    http://www.senat.fr/rap/a11-078/a11-0781.html
    Dans les chiffres de l’INSEE, le résultat de la CADES n’est pas comptabilisé en tant qu’administrations de sécurité sociale (ASSO) mais organismes divers d’administration centrale (ODAC) ce qui permet au passage de masquer d’autres déficits.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/ODAC

  6. Avatar de el gringo
    el gringo

    Ajoutons que l’Etat est aussi un très mauvais payeur en « oubliant » de financer certaines mesures ce qui creuse le déficit de la Sécurité Sociale d’environ 10 milliards d’Euros chaque année.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9ficit_de_la_S%C3%A9curit%C3%A9_sociale_en_France#cite_ref-7

  7. Avatar de Tonton
    Tonton

    D’après le lien de l’INSEE donné par Ray, la CADES est comprise dans la dette au sens de Maastricht.

  8. Avatar de el gringo
    el gringo

    Quand on parle de Sécurité Sociale, on sous-entend le régime des salariés du privé uniquement. Depuis l’adossement de certains régimes publiques aux comptes de la Sécurité Sociales en 2004 et 2005, la lecture des comptes est devenue très compliquée (même pour la Cour des Comptes).
    Dans ses chiffres, l’INSEE comptabilise tous les organismes privés ou publiques incluant les régimes spéciaux (comme par exemple la SNCF dont le régime de retraite à un déficit de 3 milliards d’euros par an). « Sont ainsi pris en compte les passifs de l’État, des organismes divers d’administration centrale (ODAC), des administrations publiques locales et des administrations de sécurité sociale. »
    http://www.insee.fr/fr/bases-de-donnees/bsweb/doc.asp?idbank=001532244
    Le déficit des organismes de Sécurité Sociale géré par l’ACOSS ne concernant que le « privé » (en théorie) est reprise chaque année par la CADES qui est supposé l’amortir. Les comptes de la CADES font apparaître un déficit actuel (dette reprise accumulée – amortissements) autour de 150 milliards d’euros.
    La différence (87 milliards) est du ressort de l’Etat ou des entreprises publiques.

  9. Avatar de Tonton
    Tonton

    Ainsi, au final, la dette au sens de Maastricht reflète bien l’enveloppe de dettes qu’il faut activement réduire même si les experts de l’INSEE ou de la Cour des Comptes peuvent s’y perdre en recoupant leurs catégories.
    On arrive à 90% de dettes par rapport au PIB que l’on va sûrement dépasser l’année prochaine et commencer à résorber l’année d’après (avec des hypothèses de croissance à partir de 2014 de 2% !).

  10. Avatar de el gringo
    el gringo

    Avec des taux autour de 2.5%, la charge de la dette (même avec une dette de 90% du PIB) reste tout aussi supportable qu’un taux de 4% et une dette de 60% du PIB comme il y a 5 ans avant début de la crise.
    http://www.aft.gouv.fr/articles/tec-10-du-jour_7124.html

  11. Avatar de Tonton
    Tonton

    Les taux sont très fluctuants et comme l’a montré le bricolage européen, si un pays se fait attaquer avec pour conséquence des flambées du prix de son financement d’autres voient symétriquement leurs taux baisser d’une manière tout aussi spectaculaire jusqu’au cas de l’Allemagne qui emprunte à des taux négatifs.
    Spéculer sur l’évolution de la dette à partir d’une date t dans une situation pour le moins instable est ainsi un raisonnement trop précaire.
    Même sans la pression suffocante de la dette, une réforme de l’Etat français est d’une importance absolue. Elle sera longue et dans la durée et devra voir la France épargner plus, consommer moins, relever la charge sur les entreprises, étouffer la rente. Vaste entreprise que la gauche devra mener.

  12. Avatar de el gringo
    el gringo

    En 2000, le PIB de la France était de 1500 milliards d’euros et les recettes de l’Etat de 300 milliards soit 20%. Aujourd’hui, le PIB est environ à 2000 milliards d’Euros et les recettes de l’Etat sont tombées à 280 milliards d’Euros soit 14%.
    A comparer avec l’Allemagne dont le budget (Etat + Landers) est de 680 milliards d’euros et 600 milliards de recettes pour un PIB de 2500 milliards d’euros soit un taux d’imposition de 24%.
    En France (avec les régions), on a 450 milliards de dépenses pour 320 milliards de recettes.
    Les 100 milliards de déficit supplémentaire depuis 2000 ne viennent pas d’ailleurs. La France a perdu 100 milliards de recette fiscale depuis 2000.
    http://archives.lesechos.fr/archives/2010/LesEchos/20712-13-ECH.htm

  13. Avatar de Tonton
    Tonton

    Effectivement, j’avais en tête que depuis 2000 (cela a commencé sous Jospin quand on avait une cagnotte et qu’on creusait le déficit, pour être complet) les prélèvements obligatoires ont baissé de 22 points.
    Cependant on peut s’accorder qu’un échelon voire deux dans l’administration territoriale est inutile, les départements pour commencer, ainsi que dans la représentation des élus et les dépenses des collectivités locales.
    Par ailleurs, d’après vos chiffres, les prélèvements obligatoires sont en France bien inférieurs à ceux des Allemands pourtant ils ont pris en exemple dès qu’il s’agit du nombre de fonctionnaires, de la compétitivité (fiscalité sur les particuliers plus élevée, moins forte sur les entreprises), etc.
    D’où vient la différence car ils prélèvent plus au final semble-t-il ?

  14. Avatar de el gringo
    el gringo

    Il faudrait d’abord savoir ce que recouvre le statut de fonctionnaire dans les 2 pays et faire la différence entre fonction publique et emploi publique.
    La fonction publique française regroupe l’ensemble des fonctionnaires de France, soit :
    2,151 millions de fonctionnaires d’État selon l’Insee.
    5,277 millions d’agents de la fonction publique, fonctionnaires inclus, au 31 août 2010, soit 22 % des emplois en France.
    5,971 millions de personnes si l’on suit une approche économique, en ajoutant les ODAC, ou les personnels d’organismes privés assurant des missions de services publics et financés partiellement par le budget de l’État, comme les personnels de l’enseignement privé sous contrat ou des hôpitaux privés sous dotation globale.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Fonction_publique_fran%C3%A7aise
    En 2008, le nombre d’emplois dans les services non marchands à caractère public s’élevait à 5,2 millions en France contre 4,5 millions en Allemagne.
    Un des raisons de cette différence a été la politique de privatisation en Allemagne ces 10 dernières années. A lui seul le changement de statut de la Post et de la deutsche Bundesbahn s’est traduit par la suppression de plus d’un million d’emplois publics. Cette politique de privatisation a également concerné bon nombre d’hôpitaux, de régies municipales (énergie, eau, ordures ménagères) ou encore d’institutions de prise en charge de la petite enfance (5000 emplois à Berlin), et elle s’est doublée d’une autonomisation budgétaire des établissements dans le secteur hospitalier ou l’enseignement supérieur.
    En Allemagne, seuls 37% de ces emplois dans les services non marchands à caractère public sont des emplois de fonctionnaires assermentés, dont l’unité des statuts (pour les trois échelons de gouvernement) est garantie par la Loi fondamentale, auxquels s’ajoutent les militaires (4%).
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/lechevalier/2011/08/24/les-depenses-publiques-en-allemagne-d%E2%80%99ou-proviennent-les-ecarts-avec-la-france-iv-des-evolutions-contrastees-de-l%E2%80%99emploi-public/

  15. Avatar de Tonton
    Tonton

    Merci beaucoup pour ces informations précieuses.
    Peut-être faudrait rajouter la moindre densité de la France en terme d’habitant/km qui explique la présence de plus de centres de soin, d’éducation et de police par 1000 habitants qu’en Allemagne. Ainsi que des réseaux de transport, routes, chemins de fer et lignes de tension.
    La France c’est 36 000 communes et le pays qui a plus de ronds-points que le reste de l’Europe…

  16. Avatar de Tonton
    Tonton

    Merci beaucoup pour ces informations précieuses.
    Peut-être faudrait rajouter la moindre densité de la France en terme d’habitant/km qui explique la présence de plus de centres de soin, d’éducation et de police par 1000 habitants qu’en Allemagne. Ainsi que des réseaux de transport, routes, chemins de fer et lignes de tension.
    La France c’est 36 000 communes et le pays qui a plus de ronds-points que le reste de l’Europe…

  17. Avatar de Ray
    Ray

    Faudrait-il parler aussi de l’efficacité économique et de la productivité du personnel de nos administrations, de la pertinence de leurs choix d’investissements (Palais régionaux, ronds points imposants) et de leurs performances dans des achats parfois trop arrosés? Tous ces paramètres sont-ils peut-être en ce moment trop éloignés d’un optimum économique nécessaire?
    Une Administration qui redistribue et prodigue le bien, c’est merveilleusement moral…. mais est-ce économiquement supportable. Pour l’instant l’état de la dette et surtout sa progression débridée nous indiquent que ce le sera de moins en moins, sauf si el gringo nous annonce pour bientôt des taux réels inférieurs à Zéro…les prêteurs étant trop contents de cantonner leurs liquidités dans une France financièrement sûre mais où l’inflation sévit (difficile à concilier).

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